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Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

Depuis deux ans, les États-Unis négocient secrètement un cessez-le-feu régional avec l’Iran. Parvenus à un accord bilatéral, ils ont annoncé une solution au conflit nucléaire et aux sanctions économiques dans le cadre des négociations multilatérales qui traînaient depuis 2003. Témoin privilégié, Thierry Meyssan révèle ce qui est en jeu dans cet imbroglio diplomatique et comment Washington entend organiser le Levant et le Golfe pour les 10 prochaines années.

 

Les pourparlers bilatéraux secrets

Depuis mars 2013, les États-Unis et l’Iran se parlent en secret. Ces contacts ont débuté secrètement à Oman. Pour les Iraniens, étouffés par un siège économique et monétaire sans précédent dans l’Histoire, il n’était pas question de céder face à l’impérialisme, mais de parvenir à un cessez-le-feu de quelques années, le temps de reprendre des forces. Pour les États-Unis, qui espèrent déplacer leurs troupes du Proche-Orient vers l’Extrême-Orient, cette opportunité devait s’accompagner de garanties précises que Téhéran n’en profiterait pas pour étendre un peu plus son influence.

L’équipe états-unienne était dirigée par deux négociateurs hors pair, Jake Sullivan et William Burns. On ignore qui composait la délégation iranienne. M. Sullivan avait été un des principaux conseillers de la secrétaire d’État Hillary Clinton, mais il n’en partageait ni le soutien aveugle à Israël, ni la fascination pour les Frères musulmans. Il organisa les guerres contre la Libye et contre la Syrie. Lorsque Mme Clinton fut éjectée par le président Obama, il devint conseiller pour la Sécurité nationale du vice-président Biden. C’est à ce titre qu’il a engagé les pourparlers avec l’Iran. M. Burns, quant à lui, est un diplomate de carrière ; et, dit-on, l’un des meilleurs aux États-Unis. Il s’est joint aux discussions en qualité d’adjoint du secrétaire d’État John Kerry.

De ces pourparlers, deux décisions au moins sont sorties. D’abord, le Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, veillerait à exclure Esfandiar Rahim Mashaie —l’ancien responsable du Renseignement des Gardiens de la Révolution, devenu chef de cabinet et parent par alliance de Mahmoud Ahmadinejad— de la course à la présidence. De la sorte, l’Iran baisserait le ton dans les instances internationales. Ensuite, les États-Unis veilleraient à faire également baisser le ton de leurs alliés anti-Iraniens et débloqueraient les négociations 5+1 sur le nucléaire de sorte à mettre fin aux sanctions.

De fait, à la surprise générale, le Conseil des Gardiens de la Constitution (dont la moitié des membres est nommée par l’ayatollah Khamenei) censura la candidature d’Esfandiar Rahim Mashaie, alors que les sondages le donnaient gagnant dès le premier tour. Grâce à la division du camp des Révolutionnaires, habilement entretenue par le Guide, le cheikh Hassan Rohani fut élu. C’était l’homme de la situation ; ce religieux nationaliste avait été le négociateur en chef pour le nucléaire de 2003 à 2005. Il avait accepté toutes les demandes européennes avant d’être relevé de ses fonctions par Mahmoud Ahmadinejad lorsque celui-ci devint président. M. Rohani avait suivi ses études de droit constitutionnel en Écosse et fut le premier contact iranien d’Israël et des États-Unis lors de l’Irangate. Lors de la tentative de révolution colorée de 2009, organisée par la CIA avec l’aide des ayatollahs Rafsanjani et Khatami, il prit position pour les pro-Occidentaux contre le président Ahmadinejad. Au passage, son appartenance au clergé permettrait aux mollahs de reprendre l’État aux Gardiens de la Révolution qui en avaient pris le contrôle.

De leur côté, les États-Unis donnaient instruction à leurs alliés saoudiens de baisser également le ton et d’accueillir avec bienveillance le nouveau gouvernement iranien. Durant quelques mois, Riyad et Téhéran se firent des sourires, tandis que cheikh Rohani entrait en contact personnel avec son homologue états-unien.

 

Le plan de la Maison-Blanche

L’idée de la Maison-Blanche était de prendre acte des succès iraniens en Palestine, au Liban, en Syrie, en Irak et au Bahreïn et de laisser Téhéran jouir de son influence dans ces pays en échange d’un renoncement à poursuivre l’expansion de sa Révolution. Ayant abandonné l’idée de partager le Proche-Orient avec les Russes, Washington envisageait de le distribuer à l’Arabie saoudite et à l’Iran avant de retirer ses troupes.

L’annonce de cette possible division renforça soudainement la lecture des événements régionaux en un conflit sunnites (Saoudiens)-chiites (Iraniens), ce qui est absurde car la religion des chefs de file ne correspond souvent pas à celles de leurs soutiens.

Cependant, cette division ramenait le Proche-Orient à la période du Pacte de Bagdad [1], c’est-à-dire de la Guerre froide, sauf que l’Iran prenait la place de l’URSS et que les zones d’influence étaient réparties différemment.

Outre que cela ne pouvait que vexer l’actuelle Fédération de Russie, ce nouveau partage faisait revenir Israël à l’époque où il ne disposait pas du parapluie états-unien. Inacceptable du point de vue du Premier ministre Benjamin Netanyahu, partisan de l’expansion de son pays « du Nil à l’Euphrate ». Il tenta donc tout ce qui était en son possible pour saboter la suite du programme.

C’est pourquoi, alors qu’un accord sur le nucléaire avait été trouvé à Genève début 2014, la négociatrice états-unienne, Wendy Sherman, s’appuya sur les revendications israéliennes pour faire monter les enchères. Elle affirma soudainement que Washington ne se contenterait pas de garanties sur l’impossibilité pour l’Iran de construire la bombe atomique, mais demandait aussi des garanties sur son renoncement à développer des missiles balistiques. Cette surprenante exigence fut repoussée par la Chine et la Russie, qui firent valoir qu’elle ne ressortissait pas du Traité de non-prolifération et de la compétence des 5+1.

Ce rebondissement atteste que la bombe atomique n’a jamais été la préoccupation des États-Unis dans cette affaire, même s’ils ont utilisé ce prétexte pour contenir l’Iran avec un terrible siège économique et monétaire. Au demeurant, le président Obama l’a implicitement reconnu, lors de son discours du 2 avril, en faisant allusion à la fatwa du Guide de la Révolution interdisant ce type d’arme [2]. En réalité, la République islamique d’Iran a cessé son programme nucléaire militaire peu après la déclaration de l’ayatollah Khomeiny contre les armes de destruction massives, en 1988. À partir de quoi, Téhéran n’a poursuivi que des recherches civiles, même si certaines pouvaient avoir des implications militaires, pour faire tourner les moteurs de bâtiments de guerre par exemple. La position de l’imam Khomeiny a pris force de loi avec la fatwa de l’ayatollah Khamenei, le 9 août 2005 [3].

Quoi qu’il en soit, Washington, considérant que Benjamin Netanyahu est un « fanatique hystérique », a passé l’année 2014 à trouver une entente avec Tsahal. Progressivement l’idée s’est imposée que, dans le partage régional entre l’Arabie saoudite et l’Iran, on devait imaginer un système de protection pour la colonie juive. D’où le projet de créer une sorte de nouveau Pacte de Bagdad, d’Otan régional, officiellement placé sous présidence saoudienne de manière à être acceptable par les arabes, mais en réalité présidé par Israël comme l’ancien Pacte était de facto présidé par les États-Unis qui n’en étaient pourtant pas membres. Ce projet a été rendu public par le président Obama dans sa Doctrine de sécurité nationale, le 6 février 2015 [4].

L’accord nucléaire et la fin des sanctions furent donc remis à plus tard. Washington organisa la révolte de Tsahal contre Benjamin Netanyahu, convaincu que le Premier ministre ne resterait pas longtemps au pouvoir. Mais, malgré la création de Commanders for Israel’s Security et les appels de presque tous les anciens officiers supérieurs à ne pas voter Netanyahu, celui-ci parvint à convaincre son électorat qu’il était le seul à défendre la colonie juive. Il fut réélu.

Concernant la Palestine, Washington et Téhéran étaient convenus de geler la situation d’Israël et de créer un État palestinien, conformément aux accords d’Oslo. M. Netanyahu, qui espionnait non seulement les négociations des 5+1, mais aussi les pourparlers bilatéraux secrets, réagit vivement en annonçant publiquement que, lui vivant, jamais Israël ne laisserait reconnaître d’État palestinien. Il déclarait de la sorte que Tel-Aviv n’entendait pas respecter sa signature des accords d’Oslo et menait des négociations avec l’Autorité palestinienne depuis une vingtaine d’années uniquement pour gagner du temps.

 

La Force arabe commune

Pressé d’en finir, Washington et Londres choisirent la rébellion yéménite pour conclure. Les chiites houthis alliés aux soldats fidèles à l’ancien président Saleh avaient exigé et obtenu la démission du président Hadi qui s’était soudain ravisé. À vrai dire ce dernier n’était plus ni légal, ni légitime depuis longtemps. Il avait été prorogé au pouvoir à l’issue de son mandat sur la base d’engagements qu’il n’avait jamais envisagés de respecter. Ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni n’avaient de sympathie particulière pour aucun des deux camps qu’ils avaient alternativement soutenus à des moments différents. Ils laissèrent donc l’Arabie saoudite affirmer que cette révolution était un coup d’État et tenter une nouvelle fois d’annexer ce pays. Une opération militaire fut montée par Londres pour soutenir Aden depuis l’État pirate du Somaliland. Simultanément, prétextant de la crise yéménite, la Ligue arabe rendit publique la partie arabe du nouvel Otan régional : la Force commune arabe.

Trois jours plus tard, l’accord des 5+1 qui avait été négocié un an plus tôt était également rendu public [5]. Toutefois, entre temps, le secrétaire d’État John Kerry et son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, passaient en revue durant une journée complète tous les points politiques en discussion. Il était décidé que Washington et Téhéran feraient baisser la tension en Palestine, au Liban, en Syrie, en Irak et au Bahreïn durant les trois prochains mois et que l’accord de Genève ne serait signé que fin juin et pour 10 ans si les deux parties avaient tenu parole.

 

Conséquences

- Il est probable que M. Netanyahu tentera à nouveau, au cours des trois prochains mois, de faire échouer le plan états-unien. Il ne serait donc pas étonnant que l’on assiste à des actions terroristes ou à des assassinats politiques non revendiqués, mais dont la responsabilité serait attribuée à Washington ou à Téhéran de manière à empêcher la signature prévue le 30 juin 2015.

Logiquement, Washington encouragera donc une évolution politique en Israël limitant les pouvoirs du Premier ministre. Il faut prendre dans ce sens le discours très dur du président Reouven Rivlin lorsqu’il a chargé M. Netanyahu de former le prochain gouvernement.

- Le Yémen n’a jamais été examiné dans les discussions bilatérales. Si l’accord est signé, ce pays pourrait donc rester le seul point de conflit dans la région durant les 10 années à venir.

- Alors que Washington conclut un accord avec Téhéran et promeut une alliance militaire autour de l’Arabie saoudite, il mène une politique inverse avec les sociétés de ces États. D’un côté, il favorise une division de la région entre États, de l’autre il fragmente les sociétés au moyen du terrorisme et vient même de créer un sous-État terroriste, l’Émirat islamique (« Daesh »).

- Originellement, les États-Unis avaient prévus de constituer la Force commune arabe avec les États du Golfe et la Jordanie, voire ultérieurement le Maroc. Il y a là une cohérence entre les régimes concernés. Cependant, Oman s’est tenu à l’écart bien que membre du Conseil de coopération du Golfe. Tandis que l’Arabie saoudite tente de jouer de son influence pour y inclure à la fois l’Égypte et le Pakistan, bien que ce dernier ne soit pas arabe.

Concernant l’Égypte, Le Caire n’a aucune marge de manœuvre et doit répondre positivement à toutes les sollicitations sans jamais s’engager dans les actes. Le pays n’a aucun moyen de subsistance et ne peut nourrir sa population que grâce à l’aide internationale, c’est-à-dire grâce à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, à la Russie et aux États-Unis. L’Égypte se trouve embarquée dans l’opération « Tempête décisive » au Yémen, toujours aux côté des gens du Sud comme lors de la guerre civile (1962-1970), sauf que les anciens communistes sont devenus membres d’al-Qaïda et que Le Caire est désormais l’allié de la monarchie saoudienne. À l’évidence, l’Égypte devrait chercher à se retirer au plus tôt de ce bourbier.

- Au-delà du Levant et du Golfe, l’évolution régionale va poser des problèmes à la Russie et à la Chine. Pour Moscou, si le cessez-le-feu de 10 ans est une bonne nouvelle, il est amer de devoir abandonner ses espérances au profit de l’Iran au seul motif d’avoir tardé à reconstituer ses forces après la dissolution de l’URSS. D’où l’accord conclu avec la Syrie pour développer le port militaire de Tartous. La marine russe devrait se réinstaller durablement en Méditerranée, à la fois en Syrie et à Chypre.

Concernant la Chine, le cessez-le-feu états-uno-iranien se traduira rapidement par un transfert des GI’s du Golfe vers l’Extrême-Orient. D’ores et déjà, le Pentagone envisage de construire la plus grande base militaire du monde à Brunei. Pour Pékin, mettre son armée à niveau est désormais une course de vitesse : la Chine doit être prête à affronter l’Empire états-unien avant que celui-ci ne soit en capacité de l’attaquer.

Notes

[1] Le Traité d’Organisation du Moyen-Orient (CENTO) ou « Pacte de Bagdad » était une alliance régionale, d’abord pilotée par Londres, puis par Washington bien que les États-Unis n’en soient pas membres, pour contenir l’influence soviétique tout autant que pour arrimer les puissances pro-Occidentales. Il fut signé en 1955 et se termina en 1974 avec la guerre turco-chypriote. Il fut officiellement dissous en 1979 par la Révolution iranienne. Il comprenait l’Irak, l’Iran, le Pakistan, la Turquie, le Royaume-Uni.

[2] http://www.voltairenet.org/article187229.html

[3] On trouvera une étude très complète de la crise nucléaire iranienne dans : « Qui a peur du nucléaire civil iranien ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juin 2010.

[4] http://www.voltairenet.org/article186680.html

[5] http://www.voltairenet.org/article187240.html

Comprendre le Moyen-Orient avec Kontre Kulture :

 
 



Article ancien.
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13 Commentaires

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  • #1157863
    le 06/04/2015 par La Voix du Nord
    Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

    Un constat concernant le proche orient fait apparaître l’influence déclinante de la Russie au profit
    Concernant la Chine , par contre , du point de vue militaire , face à l’expansion us dans la région , elle sera au rendez vous . C’est une intime conviction .
    Un dernier totalement personnel , est d’ordre economique : comment fait l’empire pour multiplier depuis 92 , les conflits au proche orient ? Même avec l’aide de certains belligérants , ceci reste une gageure ; d’autant qu’ils sont présents parallélement , un peu partout sur le globe ! ...


  • #1157866
    le 06/04/2015 par Dominique de Villepin
    Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

    C’est la première fois à ma connaissance que la rupture entre les États-Unis et Israël est si visible, cela s’explique par une vision politique et des intérêts qui sont complètement divergents. Les États-unis n’ ont pas pour but de se mettre le monde Arabo-musulman à dos , ils ont parfaitement compris que ce n’ était pas la bonne stratégie, l’ Irak s’ est soldé par un échec, ce conflit a fait des milliers de morts et au final c’est la Chine qui a gagné le pétrole Irakien. Les États-Unis sont dans une nouvelle politique , plus amicale avec ces pays dont l’ Iran qui reste une grande nation. On peut se dire également qu’ils ont accepté l’ Iran de développer son programme nucléaire pour justifier dans le futur une énième intervention armée mais comme je l’ai expliqué , les gagnants de l’intervention Américaine en Irak ce sont les Chinois car l’ Irak produit deux millions de barils de pétrole par jour dont la moitié partent en Chine, de ce faite l’ intervention Américaine en Irak est plus ou moins un échec même si cela leur a permis d’ y installer des systèmes de reconnaissances et des installations militaires dans la région. Le lien est très simple à comprendre , contrairement à ce que je peux lire un petit peu partout, le but des États-Unis n’ est pas d’amoindrir le monde Arabo-musulman mais bien au contraire , comprenant que ce n’ est pas la bonne stratégie les États-Unis souhaitent renouer des relations amicales avec l’ ensemble des pays de la région. Ce que n’ ont rien compris les Israéliens d’ où les divergences politiques . Les guerres sionistes de Bush, Rockefeller et Rothschild ont considérablement dégradé l’image des États-Unis , le peuple Américain est dans la même situation que nous , il subit la domination sioniste très prépondérante sur son pays. Le peuple Américain a compris que les sionistes amèneraient leur pays dans un mur. Les sionistes et Israéliens désirent faire des guerres partout , pour le judaïsme, pour le plaisir de tuer , nous avons les mêmes va-t-en guerre cancérigènes dans notre pays , je pense bien évidemment à BHL mais il n’ est pas le seul. Je sais déjà ce qu’ on va me dire l’ Irak, l’ Afghanistan, aujourd’hui la Syrie, la Libye, et le terrorisme international.
    - L’ Irak : Saddam a été éliminé car il voulait facturer son pétrole en euro et non plus en dollars, véritable déclaration de guerre.
    - L’ Afghanistan : Région très stratégique car situé entre la Chine, la Russie , sans oublier les divers ressources.

    1

     

  • #1157875
    le 06/04/2015 par Dominique de Villepin
    Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

    - Syrie : Les États-Unis désirent que l’ Europe ne soit plus dépendant du gaz et pétrole Russe , pour cela l’ alternative c’est l’ Arabie saoudite, il faut donc faire passer les gazoducs par la Syrie ce que ne veut pas Bachar el Assad , voilà pourquoi il est à abattre .

    - Lybie : Khadafi a osé prendre l’ initiative de refuser le dollar et l’ euro et a appelé les nations africaines à utiliser une nouvelle monnaie , le dinar d’ or, véritable tremblement économique mondiale.

    - le terrorisme international : Tous les pays du monde vont y avoir droit même aux États-Unis, les frères Tsarnaev.

    Je ne cherche en aucun cas à soutenir la politique des États-Unis , je suis conscient que ce sont les plus indisciplinés de tous voir même les plus grands terroristes. Ce sont les plus forts et ils ont fait usage de la force, ils ont fait le choix des armes . La situation est grave mais elle peut-être encore plus grave . Je tenais simplement à dire que les États-Unis défendent des intérêts précis, qui sont malheureusement sanglants également , mais ce ne sont pas des guerres raciales, pleinement sioniste et anti gentil comme le souhaitent les Israéliens.


  • #1158154
    le 06/04/2015 par samsonbest
    Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

    Une analyse qui n’est pas Une,a courte terme
    tout cette analyse tombera a l’eau,avec un president
    finissant et les deux chambres republicaines,Nathanyahou
    sortira vainqueur et de toutes facons en Iran il y aura surement
    ceux qui seront contre car leur maintient au pouvoir en depend,
    et encore une fois une analyse a bon marche.Disons tout simplement
    c’est le souhait de notre Meyssan.


  • #1158874
    le 08/04/2015 par amar rabah
    Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

    L’analyse de Meyssan vaut ce que vaudra la musique de chambre devant la musique symphonique ....il analyse les nominations , les cabinets diplomatiques , les aller et venues des ministres et n’a aucune connaissance des grand mouvements souterrains des peuples et ce qui traverse les consciences collectives des nations ...

    Ce qui est déterminant dans cet accord " nucléaire" entre les courtiers occidentaux d’Israël et l’Iran ce sont les tendances lourdes en cours en Orient et en Afrique du nord et qui vont s’accélérer par la guerre du Yemen ...
    la première tendance c’est la crise du wahabisme comme idéologie islamiste arabe et comme appareil théologique et politique impérial saoudien défini par les USA comme instrument de la guerre froide et comme moyen coercitif pour parasiter le conflit israelo-arabe

    cette crise du wahabisme va dessiner un retour à des identités anthropologiques au sein des peuples musulmans dans l’aire convenue du Sunnisme et des transferts notoires en matière de nouvelles identités religieuses notamment en Syrie où toutes les minorités et un grand nombre de communautés sunnites modernistes, laïques , de la classe moyenne vont devenir chrétiennes , (le mouvement chaque jour se déclare de façon insistant ) ....l’Irak sunnite arabe débarrassé de ses éléments daeshisés aura tendance à se coaguler dans un chiisme arabe évolué, pour la survie de ce pays sous le minimum de démocratie participative qui permettra la reconstruction du pays détruit par 30 ans de guerre

    l’Afrique du nord et l’Egypte sont entrain de connaitre un grand réveil des identités préislamiques ou des phénomènes intrus que la civilisation n’a jamais connu auparavant comme la christianisation , le paganisme social , l’athéisme , ...des pays comme l’Égypte et le Maroc sont entrain de connaitre des phénomènes d’atheisation sans précédent ... En Algérie le phénomène du paganisme berbère ou la christianisation de la Kabylie sont des tendances lourdes et qui risquent d’exploser les prochaines années avec cette hystérisation du wahabisme suscitée par la guerre du Yemen

    L’iran par cette accord , déjà , commence à se désengager du conflit arabo-israelien sous la poussée des aspirations nationalistes des courants persans qui vont mettre fin à l’option révolutionnaire et vont conduire à la déchiisation progressive de la société et son orientation vers un développement de type eurasien
    ( a suivre )

     

  • #1158878
    le 08/04/2015 par Pierre Loup
    Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

    Bref les points forts que je retient de ce très bon résumé
    - les États-Unis sécurise leur positon au moyen-orient via un accord avec l’Iran et un partage irano-saoudiens de l’endroit.
    - cette sécurisation se fait au détriment d’Israël qui n’a jamais été rien d’autre qu’un fardeau pour les États-Unis d’où le fait que les israéliens(en mode panique) vote pour leur extrémiste soit le psychopathe Bibi.
    - En faisant cela les États-Unis peuvent concentrer tout leur potentiel militaire en Asie pour pouvoir contenir leur seul vraie rival soit la Chine.
    - En parallèle a tout cela, les États-Unis réussissent a bloquer et contenir la Russie en la séparant de l’Europe via l’Ukraine, l’Europe de l’Est et la Géorgie. Cela leur permet de mettre en place leur bloc transatlantique avec l’Europe.

    Bref l’Empire américain en pleine manoeuvres massive au quatre coins du globe.

     

    • #1158999
      le 08/04/2015 par Dominique de Villepin
      Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

      Effectivement c’est cela qu’ il faut retenir , il s’ agit d’ un bloc transatlantique, c’est d’ ailleurs pour cela que je ne crois absolument pas à la guerre. Les États-Unis ne sont pas cinglés. Les troupes Américaines à la frontière Russe ce n’ est que du bluff, et Poutine le sait très bien . C’est une réponse adéquate au projet Eurasiatique soutenu par Poutine, là encore ce sont les sionistes de combat comme BHL qui désirent la guerre car ces gens sont irresponsables. Néanmoins ce que vous avez développé est à mon sens très secondaires , les motivations Américaines restent surtout stratégiques, géopolitiques, minières, pétrolières. La religion, l’ ethnie, et même le conflit Israélo-palestiniennes ne sont que secondaires.


    • #1159001

      En plus, c’est pas la première fois que la "résistance immuable" iranienne des ayatoullât propose son derche à l’Oncle Sam, l’Iran-contras à tout de même mis Reagan au pouvoir et avec lui Bush père...

      Au moins avec d’autre on ne s’en va pas dans la romance d’une mystique totalement obscure et décollée du réel, où au réveil on finit toujours pas avoir mal au derrière...


    • #1159004
      le 08/04/2015 par Dominique de Villepin
      Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

      Par ailleurs ils peuvent mettre les murs qu’ils veulent cela n’empêchera pas la Chine de récupérer le pétrole Libyen, Nigérien,Irakien,Iranien, et encore moins d’ acheter l’ Europe . Je pense à Pirelli, PSA, IBM, club Méditerranée, l’ aéroport de Toulouse et ce n’ est qu’ un début.


    • #1166167
      le 19/04/2015 par Révolutionnaire khoméiniste
      Les dessous de l’accord Iran/États-Unis

      En plus, c’est pas la première fois que la "résistance immuable" iranienne des ayatoullât propose son derche à l’Oncle Sam, l’Iran-contras à tout de même mis Reagan au pouvoir et avec lui Bush père...




      La République islamique d’Iran ne s’est jamais soumise à une puissance étrangère, et certainement pas à l’Oncle Sam : après avoir résisté pendant presque 15 ans aux pressions et menaces visant à la priver de son programme nucléaire, l’Iran a contraint Washington de reconnaitre son droit inaliénable à se doter de ce type d’infrastructure, et meme à enrichir de l’uranium sur son sol, malgré les protestations effrénées des sionistes ; sans parler de la levée annoncée des sanctions illégales qui entravaient les échanges entre l’Iran et le reste du monde (y compris et surtout avec ses principaux partenaires, c-à-d des pays non-occidentaux).

      L’affaire Iran-Contras n’a pas "mis Reagan au pouvoir", mais s’est déroulée pendant le mandat de ce dernier. Là encore, on voit mal en quoi cet épisode dénoterait une quelconque "soumission" de l’Iran aux Etats-Unis. Les quelques misérables missiles anti-char obtenus clandestinement et au prix fort par l’Iran, qui par ailleurs subissait un embargo total, sont une bagatelle par rapport au soutien tous azimuts et massif des deux blocs impériaux de l’époque (OTAN et Pacte de Varsovie) et de leurs larbins régionaux à Saddam dans sa guerre d’agression (centaines d’avions de chasse de dernière génération dont certains avec pilotes francais inclus, milliers de chars, armes chimiques, images satellite et renseignements en direct, résolutions favorables à l’ONU, largesses financières saoudiennes, etc.).

      Quant à Bush père, son élection n’a rien à voir avec l’Irangate. Rappelons aussi que ses soutiens internationaux se situent plutot du coté du régime wahabite des Saoud, dont les liens avec la famille Bush sont de notoriété publique (ce n’est pas pour rien que le prince Bandar Sultan est mieux connu sous le pseudonyme Bandar Bush).

      Bref, aucun Etat musulman n’a su sauvegarder son indépendance et sa souveraineté face à l’impérialisme étasunien comme l’Iran islamique. De toute évidence, les vassaux de l’empire que sont l’Arabie saoudite, le Qatar, Bahrein, les Emirats Arabes Unis, le Maroc, l’Egypte, la Jordanie, le Pakistan, la Turquie et consorts, liés à Washington par des pactes de défense et dont les territoires sont émaillés de bases militaires US, sont très mal placés pour donner des lecons de résistance à l’Iran.


  • #1159074

    Très bonne analyse sur la situation. Sauf que pour moi se passe avec l’iran la syrie et on peut ajouter l’Ukraine montre que les USA sont une puissance déclinante. Ils ont la peur de la bataille sur plusieurs fronts qui a fait explosé plusieurs empires par le passé (espagnol anglais allemand.... )Pour Moi les Etats unis du dollars discute avec l’iran parcequ’ils n’ont plus choix (il y a quelques mois encore ils menaçaientt d’une intervention et aujourd’hui c’est le changement complet de cap se qui n’est pas du tout l’état d espirt américain depuis 100 ans) J’entend par la qu’ils douteent de leur maitrise stratégique militaire qu’ils ont cru avoir depuis 50 ans. L’introduction des terroristes pour se battrent à leur place m’avait t déjà paru comme un aveux d’impuissant (rappelé vous des romains qui recrutait des barbares par milliers pour défendre ce qu’il restait de rome) . De plus ils ont peur des russes et encore plus des chinois qui dans 20 ans sera surement la première armée du monde en effectif et technologie. Cette négociation ressemble à du gagne petit ou comment retarder un éclatement prévisible...C est vraiment un empire qui s’écroule il manque plus que l’éclatement bancaire .....