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Les guerres franco-allemandes au service de l’empire – Entretien avec le professeur Yves Caron

Le professeur Yves Caron, né dans la Somme entre les deux Grandes Guerres, est le fruit d’une géographie et d’une histoire. Durement touchée par le conflit franco-prussien de 1870 d’abord, par la Première Guerre mondiale ensuite, sa terre natale est parsemée de nécropoles, cimetières de la jeunesse européenne qu’il ne peut évoquer sans émotion. Ses recherches et sa carrière l’ont ensuite mené aux quatre coins de la France et ailleurs, mais c’est elle qui décida de sa vie et de son engagement.

Enfant balloté par la guerre, il ne va que très peu à l’école. Muni du seul brevet élémentaire, qui à l’époque donnait capacité d’enseignement, il devient instituteur, puis reprend en autodidacte ses études, passe son bac, obtient plusieurs licences, et soutient finalement une thèse de doctorat en histoire. Polyglotte, grand lecteur, Yves Caron a amassé une impressionnante quantité d’informations, puisées à différentes sources, qui l’ont mené à une certitude qu’un impérieux besoin de justice a transformée en combat : la réhabilitation de ceux qu’il appelle « nos cousins germains ». Qui sont les véritables responsables du déclenchement des trois guerres qui nous ont opposés à eux ? La guerre de 14, « d’où vient tout le mal », était-elle évitable ? Quels en étaient réellement les enjeux ? Après avoir brossé le tableau des relations internationales d’alors, en particulier entre les grandes puissances de l’époque – France, Allemagne, Grande-Bretagne et Russie –, le professeur Caron nous rappelle que le terrain de leurs rivalités était en réalité bien plus grand que celui de la seule Europe. C’est en Afrique et dans la péninsule arabique que les plus importantes luttes impérialistes se jouaient. C’est là que se nouèrent pendant la Première Guerre mondiale, sur la dépouille de l’Empire ottoman, les drames qui sont la cause, aujourd’hui encore, des innombrables conflits qui émaillent la région. Déclaration Balfour, Traité de Versailles, cette guerre s’acheva en semant les graines de la suivante.

De même que deux générations de Français avaient été élevés dans la haine de leurs voisins avant la première Grande Guerre, on prépara les esprits pour la Seconde. La propagande américaine disposait pour cela d’une formidable machine : Hollywood. Une fois de plus, on attisa les foules pour les faire consentir au sacrifice suprême. Mais ceux qui ont vécu là, ceux qui ont vu, lorsqu’on les laisse parler, racontent parfois une tout autre histoire. Chercheur de vérité, le professeur a quitté ses livres et est allé dans les villages questionner ceux que l’on a fait taire ; criant dans le désert, résistant à sa manière, il veut faire entendre leurs voix devenues muettes.

Indigné par tous les silences de l’histoire – cette mythologie des vainqueurs – le professeur Caron nous rappelle aussi le martyre des Allemands. Ceux de la Volga d’abord, communauté piégée au sein de l’Union soviétique, considérée comme ennemie et déportée en août 41 en Sibérie. Mais le centre de ses intérêts, tellement tabou qu’il ne put trouver un professeur prêt à l’accepter comme sujet pour sa thèse de doctorat, concerne le calvaire des Allemands de Prusse orientale, Poméranie et Silésie, victimes de ce qu’il considère comme l’un des plus grands génocides de l’histoire. Le nettoyage ethnique de ces terres, planifié lors de la conférence de Yalta en janvier 45, fut mis en œuvre par l’Armée rouge. Beaucoup furent massacrés, les plus chanceux réussirent à fuir vers l’ouest, les autres furent déportés, les femmes violées, les maison pillées. Cette épuration, qui visait à vider ces régions de ses habitants pour les offrir aux Polonais, aux Russes et aux Tchèques, fut entérinée par les accords de Potsdam en 46. Seize millions d’Allemands en furent victimes. Seize millions, dont trois millions périrent et dont plus personne ne parle aujourd’hui.

Oubliés, comme ont été oubliées les victimes allemandes des troupes françaises et américaines après la Libération. Oubliés, comme ont été oubliées les victimes françaises de l’épuration. Ce sont tous ces oubliés, morts une seconde fois de ne pas exister, qui donnent à ce professeur si attachant la force de témoigner encore de ce qu’il a vu, de ce qu’il a entendu, de ce qu’il a compris. Entouré de ses 30 000 livres, vibrant à l’évocation de ses souvenirs, érudit et tellement sincère dans ses indignations comme dans ses attendrissements, le professeur Caron est lui-même un livre vivant, que nous avons eu l’honneur d’ouvrir pour vous.

Anne Lucken, pour la section E&R Haute-Savoie

 

Morceaux choisis de l’entretien :

 

L’entretien en intégralité :

À ne pas manquer, sur E&R :

 

Voir aussi :

Sur la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale, chez Kontre Kulture :

Sur la Première et la Seconde Guerre mondiale,
chez Kontre Kulture :

Pour soutenir les sections régionales d’Égalité & Réconciliation :

 



Article ancien.
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39 Commentaires

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  • Trop intéressant, vraiment quel Monsieur ! on se sent tout petit comme face à une véritable encyclopédie. Cours magistral. Merci : génial. En une heure 70 ans de bobards et d’abrutissement balayés d’un soufflet avec une précision d’horloger Suisse. Passionnant.

     

    • En effet ,c est magistrale !!!
      J ai fini par comprendre une partie qu un "ami epurateur" me racontait !!! Je mettais "ça" sur la "collaboration" !!
      Ce grand monsieur est une bibleotheque vivante il faudra continuer ces entretiens ,c est une mine d or pour l histoire,la vraie
      Je vais essayer de me pencher sur "1917" et la declaration de balfour car il y a des elements que j entends pour la premiere fois
      Merci pour cet entretien d exception !!!!


    • @ le tunisien : tant qu’à vous renseigner sur 1917, enquêtez aussi sur le télégramme Zimmermann (16 janvier) en plus de la déclaration Balfour (2 novembre). Là aussi c’est du lourd... disons que c’est une "gaffe" qui semble avoir été longuement réfléchie et mise en scène. Et dans laquelle trempe également Balfour.

      Comme dit l’autre, "on les entraînera dans la guerre par les cheveux s’il le faut..."


  • Passionnant ! Merci au Pr.Caron et à Anne Lucken.

     

  • Avec mes respects mais ce qu’il raconte n’est pas vraiment nouveau pour les gens un tant soit peu intéressé à l’histoire non officielle. En ce qui concerne " l’un des plus grands génocides de l’histoire" le meilleur bouquin à ce sujet est celui de James Bacques "The Other Losses" ou bien on peut aussi écouter ses conférences sur youtube.

     

  • MERCI MONSIEUR LE PROFESSEUR !
    Un grand merci pour ce cours magistral qui remet l’Histoire à la digne place de laquelle elle n’aurait jamais du choir et qui fait éloge de votre mémoire remarquable .
    Merci Monsieur pour ces 2 heures de partage extraordinaire ! Une pure délectation !

    Un grand Merci également à ’’EetR’’ Haute Savoie pour cet enregistrement qui restera sans aucun doute possible dans les grandes heures historiques de vos archives.


  • Il faut commencer avant 1892, année de l’alliance franco-russe pour comprendre. En effet, Guillaume II, dès son accession au trône, le 15 juin 1888, ne trouve rien de mieux à faire, après la disparition foudroyante de son père, l’empereur Frédéric III, qui aura régné entre le 9 mars et le 15 juin 1888, suite au décès de Guillaume Ier, que de limoger le chancellier Bismarck, guide de la politique allemande de ses deux prédecesseurs, sur le dossier du NON RENOUVELLEMENT DU TRAITÉ DE NON AGRESSION GERMANO-RUSSE, COLONNE VERTÉBRALE DU SYSTÈME DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE DU CHANCELLIER BISMARCK.
    C’est ce qui a mis le feu aux poudres. Car la Russie se retrouvait isolée, et rechercha des alliances par ailleurs, et de revers vis à vis de l’Allemagne de Guillaume II QUI REFUSA de lui renouveller son amitié de longue date, en remarquant bien que la neutralité russe avait permis les victoires allemandes sur l’Autriche, le Danemark puis sur la France en 1871, et donc l’unité allemande.
    Guillaume II réalisera sa bévue en signant en mer avec le tsar Nicolas II le traité de Björko en 1905, avorté à leur retour dans leurs capitales respectives, sous la pression des parlements et ministres, sans parler du tollé de la presse dans les deux pays.
    La justesse de cette perspective est corroborée par le fait que pour l’Empire, le cauchemard reste une alliance germano-russe, en se souvenant des dires du général de Gaulle, selon lesquels il "ne fallait jamais laisser la Russie et L’Allemagne parler seuls à seuls".
    Il a fallu la révolution russe de 1905, sur fond de guerre russo-japonaise, pour sortir du régime de l’autocratie russe, et instituer le parlementarisme russe qui fit pression pour l’adoption de l’alliance anglo-russe de 1907.
    Il est facile, par ailleurs, de se dire germanophile en citant les "trois gredins" de Lénine, sans évoquer le fait que Lénine était un agent allemand, le train plombé et le colonel Nikolaï.
    L’examen et l’analyse des ventes d’art russe aux USA, et des immenses concessions étrangères octroyées par les soviétiques pendant la NEP, véritable dépeçage du potentiel minier et industriel russe, indique à qui a profité le crime. (KRAMMER, Sociétés de Capitaux en Russie Impériale et en Russie Soviétique, Tunis, 1930).
    La stratégie de l’Empire a consisté à cliver l’alliance germano-russe, ou d’empêcher la possibilité de sa restauration ; cette alliance étant imprenable.

     

    • Exact. L’Angleterre a tout fait pour brouiller Allemagne et Russie, à partir de 1900 au moins.

      Tiré du livre "Chronique du 20e Siècle" :

      année 1900

      Changement de politique au Royaume-Uni

      Londres, 10 septembre

      Joseph Chamberlain, ministre britannique des colonies, définit dans un mémorandum les intérêts de son pays : "En Chine comme ailleurs, il est de notre intérêt que l’Allemagne s’oppose aux Russes." Puis : "Notre principale crainte est de voir la Russie s’allier avec l’Allemagne, ce qui entraînerait une participation de la France. Un affrontement des intérêts allemands et russes, soit en Chine, soit en Asie Mineure, constituerait la meilleure garantie pour notre sécurité. J’espère que nous saurons alors adopter une politique suffisamment claire pour instaurer de meilleures relations avec l’Allemagne et avec des pays comme le Japon et les Etats-Unis. Nous devrions faire tout notre possible pour accentuer la cassure entre l’Allemagne et la Russie, ainsi qu’entre la Russie et le Japon", concluait-il.



    • La justesse de cette perspective est corroborée par le fait que pour l’Empire, le cauchemar reste une alliance germano-russe




      Et c’est toujours d’actualité au vu du lynchage médiatique de Poutine et le téléguidage de la mémère Merkel par Washington...et dire que Grigori Raspoutine avait prévenu "Nico" II du désastre qui attendait la monarchie s’il mettait les pieds dans l’engrenage. Ca a failli marché tant l’influence du prophète thaumaturge était forte sur la Tsarine. Il fallait donc buté le barbu. Chose faite mais avec moult difficulté, car le gaillard avait la peau dure...empoisonné au cyanure et criblé de balles :
      "Le cadavre est retrouvé le 19 décembre 1916 au petit matin. Gelé et recouvert d’une épaisse couche de glace entourant le manteau de castor, le cadavre est remonté à la surface de la Neva au niveau du pont Petrovsky. L’album de photos de police exposé au Musée d’histoire politique de la Russie de Saint-Pétersbourg révèle le visage de Raspoutine défoncé par des coups et son corps transpercé de trois balles tirées à bout portant23. L’autopsie, faite le jour même de la découverte du corps à l’Académie militaire par le professeur Kossorotov, révèle que Raspoutine n’est mort ni du poison24, ni des balles, ni des commotions et des coups assénés, mais que la présence d’eau dans les poumons prouverait qu’il respirait encore au moment où on le jeta dans la petite Neva, la Nevka."


  • Excellente cette vidéo !

    Tout ce qu’il dit sur l’histoire de France pendant la seconde guerre mondiale est vrai. Tout est à réécrire. Le niveau de mensonge est ahurissant. Il parfaitement raison de désigner De Gaulle comme falsificateur de l’histoire. On vit encore dessus.

    Le système qui nous dirige est vraiment d’une pourriture infâme. Dire qu’on est dirigé par l’anti-France n’est absolument pas exagéré.


  • merci à Mr Caron.Dieu vous bénisse.


  • Magnifique document d ’histoire ! l ’ encerclement tenace à partir de 1892 de l ’Allemagne par ses implacables ennemis français et britanniques ( qui surent embringuer la Russie avec eux ) est aussi merveilleusement expliqué par Monsieur Caron qu ’il est occulté par les enfumeurs de l ’ histoire officielle ; la situation de l ’Allemagne en 1914 fait songer à celle de la Russie de Poutine pressée de tous côtés par l ’Otan et ses missiles devant sa porte ! les mêmes méthodes de l ’ Empire pour provoquer une guerre ! Je conseillerais vivement de regarder d ’emblée la version longue de ce document .Grand remerciement à Monsieur le Professeur Caron pour ce grand moment de vérité , d ’intelligence et de justice aussi pour le peuple allemand . Monsieur Caron est un magnifique exemple pour notre jeunesse actuelle abusée par tant de sophistes pervers et ignards .


  • Intéressant, ce professeur Caron. Surtout pour son témoignage authentique où l’on voit que la vérité du vécu humain fait écho à la vérité profonde de l’Histoire. Le récit officiel de l’histoire contemporaine étant la boucle verrouillant les peuples européens, par ablation de leur mémoire collective, il est sûr que celui des deux guerres - qui les ont fait s’entretuer pour la première fois à si grande échelle - constitue la clé de voûte de l’imposture.

    Celle-ci est à plusieurs étages. Pour obtenir ses effets dans le temps, tout en dissimulant la vérité profonde, elle n’aura pas hésité à se servir de toutes les idées politiques modernes et de leur contraire : le nationalisme et le pacifisme, le capitalisme et le socialisme, le colonialisme et l’internationalisme.. Ainsi se comprend la submersion migratoire définitive des peuples européens, après une destruction et un pillage méthodiques de tout ce qu’ils ont construit sur des générations depuis le Moyen-âge, de leur génie, de leur mémoire, de leur histoire.

    Force est de constater que l’Allemagne hitlérienne, jeune nation portée par l’esprit vigoureux de son peuple, était le dernier gros morceau à abattre dans le plan de l’élite impérialiste. Le premier ayant été la France des rois et le deuxième la Russie des tsars. Les deux révolutions ont été financées par qui l’on sait.

    Se demande-t-on pourquoi la République française entérina son alliance avec l’Angleterre depuis le "roi bourgeois" Louis-Philippe ? Celle-ci avait pourtant été aux yeux de la France, pendant des siècles, la "Perfide Albion" et était devenue, par sa position stratégique et son essor bancaire et impérial, le siège de l’oligarchie profonde.

    Si la République a choisi de développer la France (ou plutôt d’assoir son pouvoir) par imitation de son ancienne rivale, ce n’est pas un hasard. Au passage, cela lui aura permis de gonfler son orgueil dans l’aventure coloniale (le coût de l’opération venant plus tard) et d’entretenir le peuple français de passions revanchardes qu’elle agitera par deux fois pour conduire à la guerre. L’Angleterre n’eut ainsi pas grand-chose à faire pour s’assurer que la France serait en première ligne en 1939, alors que c’était pure folie, surtout vu l’affaissement de ses mœurs.

    A ce niveau de trahison du peuple par ses dirigeants, on ne peut voir ces guerres comme l’aboutissement d’intérêts nationaux, sauf à considérer la nation comme une idée abstraite au service d’autre chose. La suite de l’histoire l’aura confirmé.

     


    • Le premier ayant été la France des rois et le deuxième la Russie des tsars. Les deux révolutions ont été financées par qui l’on sait.



      mais la première révolution a été Anglaise avec la mort de Charles premier et la république de Cromwell financé par des financiers juifs de Hollande. c’est la prise de contrôle du pouvoir de l’Angleterre par la finance qui s’offre enfin le capital ultime : la monnaie (prise en main de la banque d’Angleterre par Lord Nathan Mayer Rothschild) et qui a enfin la main sur un état : ce sera le point de départ de l’empire britannique, la colonisation à outrance du reste du monde, avec, cerise sur le gâteau, les guerres de l’opium.
      Allez juste voir sur wikipédia pour vous en faire une idée (la toute puissante compagnie des Indes)


    • @ paramesh

      Ce que vous dites est juste. Mais c’est délibérément que j’ai souligné l’antériorité de la France comme cible à abattre par cette oligarchie qui a des vues sur l’humanité. Les raisons en sont évidentes et tiennent à sa nature historique toute particulière de nation (organique) éminemment spirituelle, ayant harmonieusement fondu les héritages de la plus haute Antiquité, de Rome et du Christianisme. Cet équilibre unique sur le temps long explique les grandes choses que seule la force d’une telle idée a pu permettre au génie français d’accomplir. C’est donc bien cette idée-là qu’il fallait attaquer et détourner pour qu’elle porte ses mauvais fruits ailleurs, dans le reste de l’Europe et dans le monde. C’est ce qui s’est produit.

      L’Angleterre a eu une fonction instrumentale liée, comme je l’ai dit, à sa "position stratégique" extra-continentale combinée à sa genèse ethnique très particulière, qui en ont fait très tôt le siège idéal, naturel, de cette "oligarchie profonde" (dont la première émancipation s’effectua, à mon avis, sous Jean Sans-Terre et l’on retrouve aisément dans l’oligarchie actuelle les descendants de nombre de ses barons). Évidemment, il aura bien fallu que celle-ci s’en empare définitivement - politiquement, par l’évincement des Stuarts, l’instauration de la dynastie d’Orange, pour aboutir à la création de la nation "britannique", en fait, à la suprématie anglaise sur l’archipel. Son objectif n’a jamais été de détruire l’Angleterre, du moins tant qu’elle en a besoin. A vrai dire, elle en émane en bonne part.

      Du reste, quasiment tout ce que l’Angleterre a produit le fut par l’asservissement ou le pillage, et l’histoire de ses conflits avec l’Écosse et la France s’inscrit dans cette même logique. Ses relations avec le continent européen ont souvent été à sens unique, prenant juste ce qu’il y avait de bon pour elle - ce qui lui a permis d’ailleurs de garder intacts certains caractères, bons ou mauvais.
      Quand on fonctionne ainsi pendant des siècles, avec toujours un sens aigu d’autoconservation - au besoin par la suppression ou la mise à l’écart d’une partie de sa population - et de sauvegarde de ses intérêts, les visées impérialistes universelles s’expliquent naturellement (thalassocratie, racialisme et messianisme politiques). Il y a, là aussi, une idée qui prend racine dans l’histoire profonde de ce pays et de son élite. D’où sa force, justement. Tout le reste (y compris la Banque) n’est qu’un instrument de cette même élite.


  • Quel plaisir de revoir le Pr Caron !!

    Il y a un livre sur Amazon allemand
    "Le mythe de l’infamie allemande"

    Quatrième de couverture :
    http://liberation-44.forumactif.org...


  • Ce Monsieur parle comme quelqu’un qui a vécu les événements,
    et sa description du comportement des soldats allemands est
    totalement exacte.D’ailleurs dans "Le silence de la mer",on retrouve
    ce comportement .
    Soral,poursuivi comme un criminel jusqu’à Moscou,a reçu un
    compliment qui est un encouragement à poursuivre son travail
    de recherche sur les réalités historiques .
    Mais qu’il est difficile d’extraire des petites vérités,sous le manteau
    de la grande Vérité Officielle !

     

    • Comportement de la troupe allemande en France confirmé par un de mes amis âgé de 13 ans en 1944, à la jeunesse turbulente en Normandie, et qui m’en a appris de bien bonnes... sur les remplaçants zaméricains également !
      Mais Sardou est passé par là...

      Excellent entretien, très riche, au contenu recoupé par bien d’autres sources !

      Pour Georges Marchais, il est utile que le PCF clandestin a reçu l’ordre de Moscou d’envoyer le maximum d’ouvriers qualifiés dans les usines allemandes dès fin 1940, bien avant Barbarossa. Il ne fait aucun doute que Marchais est entré chez Messerschmitt sur ordre, et son accession au poste de premier secrétaire du PCF doit sans doute beaucoup aux services rendus durant la guerre. Je tiens à préciser que je ne dis pas cela par sympathie communiste mais par soucis d’objectivité historique.


  • La première partie (30-35minutes) est un peu confuse. L’orateur connait tellement de détails qu’il a tendance à ne pas aller au bout d’une idée et à bifurquer sans arrêt. On a du mal aller au bout des "trois gredins" par exemple !

    Mais la suite (analyse des rapports de pouvoir entre France et Allemagn, origines de la guerre de 70, traité de Versailles etc) est vraiment de grande valeur et rafraichissante. Très "mal pensant"... J’ai beaucoup aimé.

    Encore !


  • légion d’honneur pour cet homme !. quand on voit à qui on la donne de nos jours.....


  • #1382498

    C’est heureux de constater que les plus érudits d’entre nous sont les octogénaires (Pr Caron, Pr Faurisson, JMLP). Ils possèdent l’antériorité historique et les notions du temps longs quand l’un d’eux part selon un proverbe africain qui souligne qu’ "un vieillard qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle". Non seulement ils sont passionnant à écouter mais l’on apprend plus d’eux que les cursus scolaire puis post Bac que nous infligent l’éducation nationale. Très instructif dont une partie historique sur l’histoire du génocide des allemands de prusse que je méconnaissais. Merci à ce Professeur de nous avoir fait partager ses multiples connaissances.

    E&R a-t-il des nouvelles du Pr Faurisson car en regardant cette vidéo, je n’ai pu m’empêcher de penser à lui. J’espère qu’il va bien.

    Autre info, le 423è journal de bord de Mr. Le Pen vient d’être publié.


  • vous êtes sûr que c’est le père d’Aymeric Caron, ils ne se ressemblent pas !

    Mais moi, à 88 et même à 80 ans, qu’est ce que j’aimerais ressembler à ce professeur.

     

  • Bravo à vous M. Caron. Vous êtes un grand Monsieur. Que Dieu vous garde.


  • Merci à M.Caron. L’histoire, telle que vous la racontez ou l’avez vécue, a une grande valeur.
    Certaines coupures de montage et votre dernière phrase augurent d’une suite à venir : tant mieux.


  • Homme de Picardie-en-France, devant l’éternel...


  • Le titre de la musique au début ? Merci.

     

  • @ Monsieur Caron

    Les combattants du passé pleurent dans un profond silence. Autour de votre récit réunis, l’entente véritable est bien cordiale.


  • J’ai adoré l’entretien très enrichissant n’est-ce pas ? Cependant, j’ai un sérieux manque d’analyse historique. Trop de noms cités qui me sont inconnu. J’aimerais approfondir (ou même bâtir) mon analyse pour la période d’avant première guerre mondiale. Que me conseillez-vous de lire, de regarder ?
    Merci


  • Exemplaire. Ca a le mérite de remettre les pendules à l’heure et les idées à leur place. Merci aux savoyards pour cette excellente initiative...


  • je suis d’abord très impressionné par ce summum de connaissance, qui s’appuie, je crois d’après vos dires, sur plus de 30 000 livres lus, qui plus est, écrit en Anglais, Russe, Allemand et bien sur Français. Oui,vraiment très impressionnant..
    Et je suis certain(malheureusement) que bon nombre de nos historiens actuels, ne peuvent prétendre à une telle accumulation de connaissance.
    Merci, en particulier, pour votre éclairage sur la partie allant, de la guerre de 1870, jusqu’à 1920 ( balfour, ect...)
    Ensuite (excusez ma prétention) je voudrais juste vous faire part d’une remarque, concernant les analyses historiques. En effet , lorsque celles ci, sont trop chargées de "philie" ou de "phobie", le risque est (consciemment ou inconsciemment) de s’éloigner de l’objectivité...
    N’empêche, j’aurais bien aimé avoir un grand-père comme vous, moi qui eu le mien mort en déportation en sibérie, pour me transmettre votre passion de l’histoire, que vous avez à fleur de peau...à 88 printemps...oui vraiment, très impressionnant...


  • La vérité éclatera un jour ! Un grand homme !


  • Même en connaissant beaucoup de choses, on ne peut s’empêcher d’halluciner.
    l’ambition de l’Angleterre avant 14 était d’éliminer l’Allemagne définitivement. Mon grand père en 23 , avait honte d’être Français lorsqu’il était en troupe d’occupe. quant à l’épuration, mon père a assisté à des scènes qui marquent surtout quand on connait certains acteurs.
    tout cela pour dire que la nature humaine, lorsqu’il yu a des enjeux, pas jolijoli


  • Politicien de l’étranger ! La germanophilie ne vaut pas mieux que l’américanophilie délirante de nos dirigeants, ça reste de la collaboration.
    Pour comprendre le problème que pose l’Allemagne au reste de l’Europe et la mentalité dégueulasse du peuple Allemand (qui fait par exemple qu’ils prennent du plaisir les Grecs pour que les Italiens aient peur en entendant leurs cris), il faut remonter à Charlemagne, voir à la chute de Rome.
    Les hordes barbaresques venu de Germanie ont fait chuté Rome mais elles n’ont pas détruit la civilisation dominante sur le continent Européen. Les Germains, nos cousins, sont restés des hommes préhistoriques jusqu’à l’époque de l’Empire Carolingien, la Germanie n’est pas un point zéro civilisationnel, les Allemands n’ont pas créé une civilisation, ils l’ont juste rejointe après bien des péripéties. Hitler lui-même avait finit par le reconnaitre à demi-mot : l’"Histoire" spécifique de l’Allemagne génère pour le peuple Allemand un terrible sentiment d’infériorité et de honte (qui n’a rien à voir avec leur période Nazi, qui est bien plus ancien) et pour vivre avec, ils ont l’ont refoulé et fabriqué de toute pièce un roman national totalement fallacieux (comme les Bretons ont pu le faire pour supporter leur tragédie historique). Ce roman national prétend que le peuple Allemand est à l’origine de la civilisation Européenne de par le fait que les tribus germanique qui sont à l’origine de la chute de Rome ont provoqué l’émergence d’un ordre nouveau et d’une nouvelle civilisation. Ces fameuses hordes barbaresques ont bien provoqué la mise en place d’un ordre nouveau, mais elles ont été assimilé par la civilisation qui existait déjà. Quoiqu’il en soit les Allemands considèrent les leaders barbaresques fraichement civilisés qui ont pris la direction des états issus de la décomposition de Rome comme des Allemands, ce qui est faux, ils sont devenus autre chose en s’assimilant dans la civilisation, mais c’est à l’origine du concept de la "race des seigneurs". Charlemagne, roi de France et empereur Carolingien était Allemand !
    Et ce concept provoque une volonté constante des germaniques à dominer l’ensemble de l’Europe continentale parce que c’est le droit le plus légitime, il a fait des Allemands le peuple le plus impérialiste d’Europe depuis la chute de Rome. Le concept de race aryenne supérieure n’est qu’une dérive de la race des seigneurs.


  • Le grand siècle Français est entièrement du à Richelieu qui a provoqué la balkanisation de l’Allemagne selon le principe immuable qu’une France forte c’est une Allemagne faible.
    Rien n’est plus proche de la mentalité Américaine que la mentalité Allemande en réalité : les deux ont honte de leur Histoire (chez les Américains on a une nation bâtie sur l’esclavagisme et le vol de terre par le génocide et sur la guerre perpétuelle pour construire la puissance), les deux sont incapables d’entretenir des relations d’égal à égal avec les autres peuples, vous pouvez être leurs vassaux ou leurs ennemis, mais ni leurs alliés, ni leurs partenaires, ni leurs amis.
    Le discours du monsieur est d’ailleurs bâti en forme de culpabilisation des Français sur les rapports qu’ils ont entretenu avec les Allemands au XIXe et au XXe siècle. Quelle différence avec la manière dont les Américains s’y prennent pour dominer le peuple Français ? Devrions-nous avoir honte de Richelieu qui a conçu notre rapport particulier à l’Allemagne ?
    Est-ce que les Allemands ont honte eux que Hitler soit dans la continuité du Saint-Empire Romain-Germanique et que l’organisation actuelle de l’UE soit dans la continuité d’Hitler ? Il ne me semble pas, ils ont plutôt l’air d’y prendre un plaisir vicieux.
    Dans ce cas pourquoi devrions nous avoir honte que les dirigeants aient préféré prendre le devant quand Bismark a entrepris de réunifier l’Allemagne et la Prusse alors que c’était le prélude inévitable à un nouvel affrontement quand on connait l’Histoire de l’Europe. Ils n’ont fait qu’appliquer l’art de la guerre : attaquer en premier pour choisir son terrain. Et ils ont pris une branlée humiliante, il faut bien le reconnaitre, perdu du territoire et permis à l’Allemagne de commencer à menacer l’Angleterre.
    Un peuple libre, souverain, prospère et puissant n’a pas honte de son Histoire et ne vit pas dans la culpabilité perpétuelle. C’est pour cela que les Etats-Unis et l’Allemagne vont relativement mieux que nous et qu’ils sont en train de bouffer la France malgré toute la saloperie qu’ils ont pu faire par le passé (même si elles sont bien pire que les notre à tout point vu).

     

    • Je vous cite, les coquilles en moins :

      "Le grand siècle français est entièrement dû à Richelieu qui a provoqué la balkanisation de l’Allemagne selon le principe immuable qu’une France forte c’est une Allemagne faible."

      "Rien n’est plus proche de la mentalité américaine que la mentalité allemande en réalité : (...) les deux sont incapables d’entretenir des relations d’égal à égal avec les autres peuples."

      Il faudrait savoir : lorsque Richelieu balkanise l’Allemagne pour l’affaiblir, la France prouve-t-elle que, contrairement aux mentalités américaine et allemande que vous dénoncez, elle est capable "d’entretenir des relations d’égal à égal avec les autres peuples" ?

      Vous êtes bien incohérent.


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