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Un ancien otage : l’antiterrorisme français est un "service de police politique"

Aux questions telles que : « Reconnaissez-vous Medhi Nemmouche ? Est-il le sarcastique et pétulant jeune homme que l’on dit ? », il me faut répondre par une autre question : pourquoi le parquet, la Direction générale de la sécurité intérieure ou on ne sait quel juge, donnent-il accès à des dépositions qui, un jour ou l’autre, seront légalement rendues publiques ? Lequel d’entre eux a-t-il perdu à Action ou vérité ?

Opération de promotion

Cela relève évidemment de l’opération de promotion. Promotion de quoi ? Nous ne le savons pas encore – promouvoir la nouvelle loi antiterroriste en discussion au Parlement, démontrer que « les services » servent à autre chose qu’à mettre en examen des adolescentes de 14 ans « pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » –, nous verrons bien. Ce qui est certain, c’est que la seule chose qui puisse justifier la mise en danger des autres otages, c’est que quelqu’un ou quelque institution policière a vu là la possibilité de se faire mousser.

Du point de vue des organisateurs de cette fuite, l’opération a bien fonctionné. « Jeune-délinquant-Arabe-Syrie-attentat-France-terrorisme-antiterrorisme », toute l’artillerie sémantique est déballée afin de finir de nous convaincre que nous avons toutes les raisons d’avoir peur. Nemmouche n’est pas un monstre. C’est un sale type, narcissique et paumé, prêt à tout pour avoir son heure de gloire. Ses raisons d’aller en Syrie se rapprochaient probablement plus de celles qui, à un certain degré, mènent des adolescents américains à abattre toute leur classe ou certains de nos contemporains à participer à une émission de télé-réalité, qu’à une quelconque lecture du Coran. Ce qu’il incarne, c’est une forme particulièrement triviale de nihilisme. Il est, à cet égard, un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes.

[...]

J’admets avoir commis une erreur en collaborant avec le service de police politique qu’est l’antiterrorisme. Cela va à l’opposé des positions et des combats que représente mon engagement de journaliste. Je m’en excuse auprès des familles de ceux que cette négligence a mis en danger.

Lire l’intégralité de l’article sur lemonde.fr

Voir aussi, sur E&R :

Sur l’antiterrorisme, chez Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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7 Commentaires

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  • démocratie mdr 96h de garde à vue définition plus que vague de ce qu’est le terrorisme surveillance des individus en fonction de leurs origines ethniques religieuses détention soit disant provisoire avant un procès. Si un individu est mis en prison avant d’avoir été jugé peut on encore parler de présomption d’innocence ? Passeport retiré sur de simples soupçons
    surveillance d’internet : qui décide qui peut ou doit être surveillé ? L’arbitraire pour certains peut devenir l’arbitraire pour tous
    Ce qui est fait aux français d’origine musulmane pourra être fait à tout un chacun à Soral par exemple.


  • Amusant.
    Amusant que d’utiliser un aussi mauvais exemple pour illustrer une aussi crue vérité.
    Car il n’y a aucune répression politique contre les "barbus" en France ; ils fleurissent un peu partout désormais.
    En IDF, ce tableau est flagrant.
    Nemouche serait une victime d’une répression politique ?
    Laissez moi rire... Que son cas soit mis en avant pour promouvoir une loi, qui elle, permettrait de mettre en place une répression plus efficace, je dis "probable, en effet"...

    Mais si l’auteur de l’ Immonde avait un tant soit peu d’honnêteté, il citerait plutôt les cas de Vikernes ou d’Esteban Morillo.
    Là, on est dans la répression politique.


  • Nemmouche est parti en Syrie, à l’instigation de Juifs déguisés en islamistes . En Syrie il a fini par se rendre compte qu’il avait été berné, qu’il combattait pour... Israel ! Furieux il s’est promis de se venger et il a fait un carton au musée juif de Bruxelles . Evidemment il ne peut pas raconter ça aux flics et c’est pourquoi il se tait .


  • Il n’y a que les français qui ne connaissent pas qui est le pseudo juge Brugyer ! Un fils de ......de 1er classe, un collabo politique de 1er ordre.
    Il n’a de justicier que le titre.


  • En France, il existe deux catégories de services de police : la police politique , dont la mission est de protéger le pouvoir ( DCRI...RG...ANTI TERRO......CRS...MOBLOTS...) et la police financière , auxiliaire des services des impots dont la mission est de faire les poches des citoyens ...Le reste .... ?

     

  • Bonjour Monsieur Torres,

    merci pour votre article qui redonne un peu d’éclat et de sens à votre profession dont votre ex-compagnon d’infortune, Didier François, avait au lendemain des "révélations supposées" concernant l’attentat putatif du 14 juillet donné une définition pour le moins étrange,"Nous sommes journalistes, on doit l’explication, l’information, mais il y a un temps pour tout. Dans le cas particulier, il y a aussi un temps de la recherche, de l’enquête, de la justice." On pourrait croire du Donald Rumsfeld.
    D’autres questions peuvent encore se poser dans l’affaire "Nemmouche". Vous, les otages, êtes libérés le 20 avril. La tuerie de Bruxelles a lieu le 24 mai. Nemmouche ayant été un des geôliers de Hennin qui avait lui-même comme voisin de cellule (on a quand même le top des acteurs du terrorisme international de 2014 réunis dans la même maison...fabuleux !), on est presqu’en droit de se demander s’il a profité du vol retour. Vous, les otages, êtes alors rapidement mis en contact de la DGSE qui vous "débriefe" et apprend de vous, au moins de Didier François, qu’un attentat se prépare pour le 14 juillet 2014. A la suite de la parution du Libé faisant sa première page sur ce projet d’attentat, le ministre de l’Intérieur croit devoir démentir totalement l’information, comme le Parquet. C’est-à-dire qu’on a un attentat en préparation, mais pers
    onne ne croit bon d’informer le ministre de l’Intérieur ni de saisir des juges. Dans un état de droit, ça s’appelle une conspiration non ? Etrange quand même qu’il n’ait pas été mis au courant puisque le président et Harlem Désir étaient venus à Villacoublay le 20 avril, à la fois pour reprendre des points à l’ATP, ce qui ne fait pas de mal mais surtout pour accueillir Didier François, ce vieux "Rocky", un ami de 30 ans. Impossible alors, qu’il n’ait pas évoqué, ne serait-ce que pour briller, ce projet d’attentat s’il en avait eu connaissance à ce moment là. Etrange le rôle de Rocjy quand même. En avez-vous reparlé avec lui ? Êtes-vous toujours en contact ? Peut-être pas, visiblement il a une autre conception du journalisme. Lui c’est version "embedded" (dans le lit ?) et Patriot Act version 23.
    A suivre.