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Vent de révolte au sein des élites étasuniennes contre l’espionnage israélien

Alors qu’un projet de loi est à l’étude pour que les ressortissants israéliens n’aient plus besoin de visa pour entrer sur le territoire étasunien, l’exaspération monte au sein du Congrès et de la « communauté du renseignement ».

Le 6 mai dernier Jeff Stein, auteur d’un long article sur le sujet dans Newsweek, écrivait, non sans malice :

« Il paraît aussi improbable de voir les Israéliens renoncer à espionner les États-Unis que de les voir abandonner la matza pour la Pâque juive. »

Mais selon plusieurs rapports confidentiels, les manœuvres israéliennes pour dérober des secrets étasuniens sous couvert de missions commerciales et de contrats de technologie de défense ont « dépassé les bornes ».

Ces rapports interviennent alors qu’un projet de loi visant à assouplir les conditions d’attribution de visa aux citoyens israéliens est à l’étude aux États-Unis. Israël exerce dans le même temps d’intenses pressions pour figurer sur la liste des pays (38 actuellement) dont les ressortissants n’ont pas besoin de visa pour entrer aux États-Unis. En janvier dernier, un membre du Congrès avait qualifié l’un de ces rapports d’ « électrochoc alarmant et même terrifiant », expliquant que les Israéliens pensaient qu’ils « n’avaient qu’à claquer des doigts » pour trouver des soutiens au Congrès capables de voter un changement de loi plutôt que de passer par la procédure réglementaire avec le DHS (département de la sécurité intérieure des États-Unis). Jonathan Broder, journaliste spécialisé dans les questions de défense et de relations internationales pour le site d’information CQ Roll Call, cite un haut responsable de la Chambre des représentants :

« La communauté du renseignement américain craint que l’admission d’Israël au programme de dispense de visa ne facilite l’entrée d’espions israéliens dans le pays. »

En effet, des spécialistes du contre-espionnage auditionnés par le comité judiciaire de la Chambre des représentants et le Comité des affaires étrangères ont déclaré que « l’espionnage de l’État hébreu aux États-Unis [est] sans égal ».

Les services secrets étasuniens aux abois

Plusieurs auditions de ce type ont été organisées au cours des derniers mois par le département de la Sécurité intérieure, le département d’État, le FBI et la direction nationale du Contre-espionnage : « Aucun autre allié des États-Unis ne se permet de franchir la ligne rouge comme les Israéliens », a déclaré un ancien membre du personnel du Congrès, qui a assisté à une réunion confidentielle à la fin de l’année 2013. Parlant d’ « espionnage industriel », il désigne « des gens qui viennent pour des missions commerciales ou avec des sociétés israéliennes travaillant avec des sociétés américaines, ou bien des agents du renseignement directement gérés par le gouvernement, ce qui veut dire – je suppose – en dehors de l’ambassade d’Israël […] Si on leur permet d’envoyer librement des ressortissants, comment pourra-t-on mettre fin à cette situation ? Ils sont incroyablement agressifs. Ils font preuve d’agressivité dans tous les aspects de leur relation avec les États-Unis. Pourquoi leurs services de renseignements seraient-ils différents ? […] Je pense que personne n’a été surpris pas ces révélations. Mais quand vous réfléchissez un peu et que vous entendez qu’aucun autre pays ne profite plus qu’Israël de nos relations de sécurité à des fins d’espionnage, c’est assez choquant. Les gens doivent comprendre que même après l’affaire Pollard, rien n’a changé. »

Un espionnage qui ne date pas d’hier

Une allusion à Jonathan Pollard, tristement célèbre agent de renseignement de la marine étasunienne qui fut condamné à la prison à perpétuité en 1987 pour avoir dérobé des dizaines de milliers de secrets au profit d’Israël (ces informations auraient ensuite servi de monnaie d’échange avec Moscou pour l’émigration des juifs d’URSS, et cela en pleine Guerre froide). Israël avait présenté ses excuses et promis de ne plus jamais espionner les États-Unis sur leur territoire, non sans avoir nié pendant plus de dix ans être le véritable employeur de Jonathan Pollard. Évidemment, d’autres espions israéliens ont été arrêtés et condamnés par des tribunaux américains depuis cette promesse. Comme l’expliquait Paul Pillar, ancien responsable de la CIA pour le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, les sionistes envoyaient des espions aux États-Unis avant même la création de l’État d’Israël pour rassembler des fonds et des équipements pour la cause, puis plus tard pour soutenir le jeune État.

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