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Voltaire horloger

Par Jean-Louis Omer

Puisque nous en sommes à l’histoire, on ne peut pas ne pas évoquer le cas Voltaire – pour qui Dieu était déjà un horloger – et ses rapports occasionnels avec l’horlogerie.

Sans entrer dans la vie du personnage, il arriva un moment où, lui aussi, en butte avec les princes de l’Europe, finira par s’installer au calme, à Genève. Il semble avoir été un homme fort aisé, n’ayant manifestement jamais manqué de moyens ; ce qui, pour un soi-disant paria, n’est pas le moindre paradoxe.

Après moult hésitations, il choisit lui aussi de jouer les exilés de complaisance à Genève ; il y fit l’acquisition d’une demeure que nous dirons d’un standing plutôt cossu ; il se trouva à ce point satisfait de son nouveau séjour, agréablement situé dans un cadre enchanteur, qu’il le nomma « Les Délices ». Auparavant, il avait vécu cinq ans au château de « Sans-souci », la résidence de Frédéric II de Prusse. Il pensait trouver à Genève les conditions idéales pour publier librement ; l’idylle avec les Genevois s’annonçait sous les meilleurs auspices : elle sera de courte durée.

Voulant assouplir la rigueur puritaine de la société genevoise, il se mêlera d’introduire le théâtre au sein de la cité-église ; ses initiatives intempestives finirent par indisposer les autorités locales.

Résultat, il fut prié de faire son baluchon et de transporter ses pénates ailleurs ; ce qu’il fera, mais sans aller bien loin ; jamais trop prudent, il enjambe la frontière française et s’installe à Fernex – quasiment la banlieue de Genève – qui deviendra sous sa férule Ferney. Décidément bien argenté, il rachète le château du lieu qu’il embellit et agrandit en y rajoutant deux ailes. On regrettera qu’il ne l’ait pas nommé « Sam’suffit », en toute simplicité, histoire de rester dans le ton d’autosatisfaction de ses précédents pied-à-terre.

Dans la foulée, il s’attache à transformer cette bourgade campagnarde en une sorte de phalanstère social. Voulait-il narguer les édiles et la société genevoise ? Toujours est-il qu’il mettra tout en œuvre pour développer économiquement ce coin de terre française et favoriser l’éclosion d’une petite industrie locale, après avoir étendu son domaine agricole : poterie, faïencerie, tuilerie, fabrique de bas de soie, dentelles et bien sûr horlogerie…

Voltaire, devenu le patriarche de Ferney, est déjà installé depuis fort longtemps ; il reçoit tel un prince en sa Cour. La haute société libérale de l’Europe défile dans son luxueux château, où il peut faire état de ses dons brillants d’écrivain et d’homme d’affaires. En 1770, Genève est secouée par des heurts violents opposant les vieux genevois de souche aux Français, les « Natifs » ; depuis Calvin, ils n’ont cessé de s’implanter à Genève ; pour renforcer son pouvoir, celui-ci avait encouragé les huguenots qui lui étaient favorables à le rejoindre.

Par la suite, à l’occasion du massacre de la Saint-Barthélemy (1572), puis de la révocation de l’édit de Nantes (1685), d’autres huguenots viendront se réfugier par vagues successives tant à Genève que sur le versant suisse du Jura ; avec le temps, ils avaient fini par représenter un danger de dilution et de perte d’identité pour la population autochtone, qui les accusait, en outre, de voler le travail des siens.

À la suite de ces incidents, il y eut des morts et plusieurs dizaines d’arrestations parmi les Natifs. Voltaire profita des événements pour offrir l’hospitalité aux descendants des français ; il attira à lui les horlogers et leur proposa de leur fournir les moyens d’exercer pleinement leur métier en les rapatriant dans leur pays d’origine. C’est ainsi que naquit la Manufacture royale de Ferney. Laquelle n’eut jamais de royale que le nom. Cependant il réussit à rassembler autour de lui cinq cents horlogers environ (cinq mille à Genève) ; il assura lui-même la diffusion commerciale des produits… à sa façon. Durant les huit années que l’entreprise dura, il fut produit quatre mille montres par an à Ferney, soit le dixième de la production de Genève.

Une question : où Voltaire voulait-il en venir en se lançant dans ses entreprises  ? Caressait-il un projet utopique, philanthropique, ou cherchait-il à se venger de Genève, dont il affirmait vouloir ruiner le commerce ? Une prétention qui doit bien faire sourire aujourd’hui sur les bords du lac Léman. Certes, c’était un touche-à-tout de génie qui s’intéressait à tout. Ne disait-il pas lui-même : « J’ai tous les goûts de l’âme » ? Même les mauvais, pourrait-on ajouter, le concernant ? Cependant, si je pose la question, c’est qu’en 1778, Voltaire fut enfin autorisé à rentrer à Paris. Il fut accueilli en héros et reçut un triomphe inimaginable pour un personnage de son vivant. Déjà très diminué par l’âge et la maladie, il mourut quelques mois plus tard, solitaire, mais comblé d’honneurs et auréolé de gloire.

Côté sombre du personnage, toute l’œuvre économique qu’il avait contribué à édifier à Ferney s’effondra du jour au lendemain. Il ne restera rien, sinon quelques montres maisons qui font encore de nos jours le bonheur des ventes aux enchères. Il semble qu’il n’ait pris aucune disposition pour assurer la continuité de son œuvre qu’il avait cédée à sa nièce (et maîtresse !) et à un neveu, l’un et l’autre assez peu motivés, comme s’il s’en était soudainement désintéressé.

Beaucoup d’horlogers retourneront à Genève, tête basse, la honte au front, non sans avoir à redouter humiliations et mesures vexatoires. Dans le combat allégorique qui l’a opposé au champion de l’Intolérance, Calvin, le champion de la Tolérance, Voltaire, a été mis KO debout par son adversaire ; il n’a rien construit de durable, il n’a rien laissé derrière lui, abandonnant à leur sort les quelques centaines de personnes et leurs familles qu’il avait placées sous sa responsabilité, dans le seul but de jouir d’une ultime reconnaissance publique et satisfaire ainsi son orgueil démesuré.

Vous aurez compris que le gentleman de Ferney, les grands donneurs de leçons et autres professeurs de tolérance de son acabit, y compris les Rousseau (fils d’horloger qui abandonna ses enfants) et les Diderot (fils d’un maître coutelier : décidément, les articles maison, cela conduit à la philosophie !), ne sont pas de mes meilleures fréquentations… C’est un autre débat.

Se faire sa propre idée sur Jean-Jacques Rousseau, avec Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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39 Commentaires

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  • #345654
    le 02/03/2013 par Monte Cristo
    Voltaire horloger

    L’acharnement sur Voltaire (bhl du XVIIIé siècle blabla), ça finit par devenir lourd, à force...

     

    • #345701
      le 02/03/2013 par Marcel
      Voltaire horloger

      Plus lourd que le dithyrambe permanent et mensonger que nous subissons depuis deux siècles ? Laisse nous savourer encore un peu le rétablissement d’un semblant d’équilibre et de vérité dans la perception du personnage et de son oeuvre.


    • #345730
      le 02/03/2013 par logan
      Voltaire horloger

      Au contraire je me régale de voir certaines vérités émerger chaque jour davantage, un plaisir je vous dit.


    • #345760
      le 02/03/2013 par Jalal13
      Voltaire horloger

      Bien au contraire, je dirais même que ce n’est pas assez étant donné la façon dont il est vu comme un yannick noah de l’époque. Il faut à tout prix rétablir la vérité sur ce personnage néfaste de l’histoire française comme sur tant d’autres personnages historiques soit dit en passant.


    • #345794
      le 02/03/2013 par Monte Cristo
      Voltaire horloger

      Je doute quand même qu’E&R soit la première à critiquer le personnage qu’était Voltaire. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’en faisant cela on enfonce des portes ouvertes, certes, mais je pense qu’il y a plus constructif pour essayer de faire renaître la France de ses cendres ;)


    • #345811
      le 02/03/2013 par lauburu
      Voltaire horloger

      Tout à fait d’accord . En quoi Voltaire se serait-il déshonoré ? Il a passé plus d’un an à la bastille sur ordre de Louis XV pour lui apprendre à etre en conflit avec un grand seigneur . L’Eglise s’en veut encore de l’avoir raté parce qu’il pronait la tolérance . Louis XV lui a interdit de revenir à Paris pendant 28 ans, il a du fuir son pays jusqu’en Prusse ! Il a failli payer très cher son indépendance d’esprit . Ah oui il était riche, parce que son notaire de père lui a sans doute appris à s’enrichir rapidement . Mais au total c’est un peu grace à lui qu’après la Révolution on n’a plus jamais brulé personne en France pour des raisons religieuses . Qui s’en plaindrait ?

       

      • #346631
        le 03/03/2013 par Un Canadien
        Voltaire horloger

        Il a passé plus d’un an à la bastille sur ordre de Louis XV pour lui apprendre à etre en conflit avec un grand seigneur .




        Ouais, il t’arrive la même chose aujourd’hui si tu te mets à foutre la merde dans les affaires de l’état, j’espère que je ne te l’apprends pas.



        L’Eglise s’en veut encore de l’avoir raté parce qu’il pronait la tolérance .




        Source ?



        Louis XV lui a interdit de revenir à Paris pendant 28 ans, il a du fuir son pays jusqu’en Prusse !




        C’est complètement faux, c’est Voltaire qui a quitté la France, il n’y a pas eu d’ordre de Louis XV le condamnant très précisément à 28 ans d’exil, il a passé tout ce temps à intriguer auprès du roi de Prusse et même jusque chez Catherine de Russie, et s’est fait des couilles en or (et a tenté de s’en faire encore plus de manière assez misérable) sur à peu près toutes les guerres de l’époque. Et ce n’est pas son notaire de père qui lui a appris de simples combines légales pour s’enrichir : il s’est enrichi sur la guerre et la misère des gens, dont il n’avait strictement rien à branler.



        Mais au total c’est un peu grace à lui qu’après la Révolution on n’a plus jamais brulé personne en France pour des raisons religieuses .




        Pas du tout.
        D’abord, c’était les parlements laïcs de France qui utilisaient les lois religieuses pour se débarrasser des indésirables. Ce n’est pas l’Église qui avait le pouvoir civil en France.
        Et ensuite, on n’a plus brûlé personne "pour raisons religieuses" parce que ces parlements laïcs ont pris le pouvoir politique et ont fait leur propre loi, c’est tout. Cela dit, ils ont continué à pratiquer la peine de mort en masse et surtout ont fait fusiller leur peuple trois fois au cours du 19e siècle et l’ont envoyé se faire SAIGNER À BLANC deux fois au cours du 20e (je rappelle à ceux qui ne le savent toujours pas que l’Allemagne n’est responsable d’aucune des deux guerres mondiales et est la seule qui s’est correctement tenue lors des passages douloureux d’avant-guerre face aux états-voyous anglais, français, américain et soviétique) ; et il n’y a plus de révolution depuis pour les dégager, ils sont toujours là.

        Voilà, j’espère avoir apporté certains éclaircissements.


    • #345839
      le 03/03/2013 par goy pride
      Voltaire horloger

      Cela fait deux siècle qu’ils nous emmerdent avec Voltaire ! Face à deux siècles de propagande mensongère massive quoi que nous disions cela ne pèse pas bien lourd !


    • #345881
      le 03/03/2013 par Apocalypse
      Voltaire horloger

      A mon avis, ce n’est que le début !
      Le fait que l’on rejuge actuellement si vivement les penseurs et les précurseurs de la pensée libérale bourgeoise n’est pas sans rapport avec les fruits qu’elle a produits et que nous goûtons chaque jour en 2013.

      @Marcel,

      Mettre dans le même panier Rousseau et Voltaire, c’est tout de même exagéré et injuste. Vous comparez la paille et la poutre...


    • #345922
      le 03/03/2013 par Un Canadien
      Voltaire horloger

      Il le mérite, on a deux siècles et demi de légendes à démonter, c’est du boulot.


    • #345979
      le 03/03/2013 par Longuetu
      Voltaire horloger

      "yannick noah de l’époque"

      Vous l’avez lu par vous-même ?


  • #345781
    le 02/03/2013 par lauburu
    Voltaire horloger

    Je ne comprends pas très bien pourquoi à E&R on s’acharne sur Voltaire : on dirait que vous lui reprocher de ne pas etre un cul-béni, ce qui est un comble pour un site aussi peu conformiste que le votre . Vous semblez oublier que Voltaire a été embastillé plus d’un an pour avoir osé demander à Louis XV réparation du fait qu’il s’était fait bastonné par les valets d’un aristocrate ; c’est tout juste si vous ne le traité pas de "collabo", l’injure suprème a E&R ! En fait de collabo, il a passé une partie de sa vie à fuir devant les gendarmes, Louis XV l’a banni de Paris pendant 28 ans, une ville qu’il adorait . Quant à l’Eglise, elle s’en veut encore de l’avoir raté, elle aurait bien voulu le bruler lui et son damné "Dictionnaire Philosophique" . Comme les plus grands de nos écrivains, jamais conformistes, il a du fuir son pays plusieurs fois . La France, " Nation légère et dure" disait Voltaire, ne mérite pas ses grands écrivains . Vous semblez en administrer une nouvelle preuve .

     

    • #345954
      le 03/03/2013 par goy pride
      Voltaire horloger

      As-tu fait l’effort d’écouter attentivement la version alternative en ce qui concerne Voltaire plutôt que de nous rabattre constamment les oreilles avec la version très officielle de l’histoire ?
      Ce type était une ordure finie et un pervers nacissique, Marion Sigaux l’a démontré de manière convaincante en allant aux sources et en citant texto ce qu’a bien pu écrire ce pourri. Nous parlons pas ici de spéculations mais de faits !

      Quant au fait qu’il ait échappé à la mort démontre une fois de plus que l’Eglise était trop permissive et que la noblesse était déjà bien corrompue et mollassone ! En d’autres époques cette vermine ne s’en serait pas sortie aussi facilement.


  • #345882
    le 03/03/2013 par Apocalypse
    Voltaire horloger

    Petite erreur de ma part...

    Ce n’est pas à Marcel que mon précédent message était adressé mais à l’auteur de l’article...


  • #345907
    le 03/03/2013 par TerroirFrance
    Voltaire horloger

    Une lettre de Hugo à .

    à .
    1845.
    Vous me croyez riche, monsieur ? Voici :
    je travaille depuis vingt-huit ans, car j’ai commencé
    à quinze ans. Dans ces vingt-huit années, j’ai gagné
    avec ma plume environ cinq cent cinquante mille
    francs. Je n’ai point hérité de mon père. Ma
    belle-mère et les gens d’affaires ont gardé l’héritage.
    J’aurais pu faire un procès, mais à qui ? à une
    personne qui portait le nom de mon père. J’ai mieux
    aimé subir la spoliation. Depuis vingt-huit ans, je ne
    me suis pas encore reposé deux mois de suite. J’ai
    élevé mes quatre enfants. M Villemain m’a offert des
    bourses pour mes fils dans les collèges et la maison
    de Saint-Denis pour mes filles. J’ai refusé, ayant
    le moyen de faire élever mes enfants à mes frais, et
    ne voulant pas mettre à la charge de l’état ce que je
    pouvais payer moi-même.
    Aujourd’hui des cinq cent cinquante mille francs, il
    m’en reste trois cent mille. Ces trois cent mille
    francs, je les ai placés, immobilisés, comme on dit,
    et je n’y touche pas, car j’ai trop travaillé pour
    vivre vieux, et je ne veux pas que ma femme et mes
    enfants reçoivent des pensions après ma mort. Avec
    le revenu, je vis, je travaille toujours, ce qui
    l’accroît un peu, et je fais vivre onze personnes
    autour de moi, toutes charges et tous devoirs compris.
    Ajoutez quatre-vingt-trois francs par mois comme
    membre de l’institut que j’oubliais. Je ne dois rien à
    qui que ce soit, je n’ai jamais fait marchandise de
    rien, je fais un peu l’aumône, le plus que je puis,
    personne ne manque de rien dans ce qui m’entoure,
    cela va ; quant à moi, je porte des paletots de
    vingt-cinq francs, j’use un peu trop mes chapeaux, je
    travaille sans feu l’hiver, et je vais à la chambre
    des pairs à pied, quelquefois avec des bottes qui
    prennent l’eau. Du reste je remercie Dieu, j’ai
    toujours eu les deux biens sans lesquels je ne
    pourrais pas vivre, la conscience tranquille,
    l’indépendance complète.
    V H.

    Je ne suis pas un grand spécialiste littéraire , mais Hugo et ses amis me sont bien meilleures compagnie que ce Voltaire.

     

    • #347265
      le 04/03/2013 par lauburu
      Voltaire horloger

      Hugo était fort riche : pour s’en rendre compte, visiter sa maison place des Vosges, et Hauteville House à Guernesey . LF Céline l’admirait entre autres pour avoir réussi à ruiner ses éditeurs, éditeurs qui n’étaient pour Céline que des "semi-maquereaux semi-épiciers" .


    • #348000
      le 05/03/2013 par TerroirFrance
      Voltaire horloger

      Quand même cracher aussi gravement sur quelqu’un qui est mort et qui ne peut plus se défendre , c’est grave et cela mérite punition.

      concernant "l’Hotel"
      C’est en 1832 que Victor Hugo quitte avec sa famille la rue Jean-Goujon pour un appartement de 280 m2situé au deuxième étage de l’hôtel de Rohan-Guémené - ou hôtel de Lavardin - qu’il loue à sa propriétaire Mme Péan de Saint-Gilles par l’intermédiaire du gendre de cette dernière, le notaire Bellanger. Il y connaîtra seize années de vie mondaine, politique et familiale. Durant son séjour en ces lieux, il reçoit ses amis Lamartine, Alfred de Vigny, Alexandre Dumas, Honoré de Balzac, Prosper Mérimée ou encore Sainte-Beuve, et y vit le mariage de sa fille Léopoldine puis le drame de Villequier en 1843.

      Quant à la seconde :

      La maison sise au 38 rue de Hauteville, avait été bâtie vers 1800, par un corsaire anglais. Quand Victor Hugo l’acheta, elle était inoccupée depuis plusieurs années ; on la prétendait hantée ou plutôt "visionnée". Les guernesiais racontaient qu’elle était hantée par l’esprit d’une femme qui s’y était suicidée. Hugo, lorsqu’il écrivit les Travailleurs de la mer s’en souvint et décrit ainsi la maison de Gilliat : "La maison comme l’homme peut devenir un cadavre. Il suffit qu’une superstition l’a tue. Alors elle est terrible. Ces maisons mortes ne sont point rares dans les îles de la Manche".

      Les Contemplations parurent simultanément à Paris et à Bruxelles le 23 avril 1856. Le succès fut éclatant. Du jour au lendemain le poète devint riche. Il put alors acheter la maison au 38 rue de Hauteville qui devait devenir célèbre sous le nom de Hauteville House. Le 16 mai 1856 Victor Hugo nota, dans l’agenda où il consignait toutes ses dépenses et la plupart des faits de sa vie quotidienne, qu’il avait ce jour là acquis la maison de Monsieur William Ozanne.

      Victor Hugo acheta Hauteville House : "pour le prix et somme de 51 quartiers 4 denerels et 3 quints de froment de rente", soit 24 000 F ; il paya comptant 13 920 F. Pour la première fois de sa vie le poète devenait propriétaire, mais c’était en exil.

      je n’ai jamais dit qu’il était pauvre, mais de là à dire qu’il fut riche .

      Tout les hommes devraient naitre avec un terrain , non ?


  • #345911
    le 03/03/2013 par TerroirFrance
    Voltaire horloger

    Et voici une petite perle de vers :

    Le vers, chose hardie et noble par nature,
    Gentilhomme et Seigneur de la littérature,
    Ne doit pas se laisser remorquer et guider
    Par la prose timide : il doit la précéder,
    Et j’entends que sur elle en monarque il domine
    Comme un palais de roi sur une humble chaumine.
    J’entends qu’éclipsant tout , fier et resplendissant ,
    Le vers soit capiteux , soit abasourdissant ,
    Qu’il s’en aille , éclaireur de la pensée humaine ,
    Des mondes inconnus explorer le domaine ,
    Qu’il soit tranche montagne et qu’il n’ait peur de rien.
    Ce que j’aime n’est pas le vers voltairien ,
    Ce vers toujours pointu , toujours antithétique ,
    Spirituel parfois , rarement poétique ;

    ...

    J’en ai des livres entiers !


  • #345925
    le 03/03/2013 par goy pride
    Voltaire horloger

    Remarquez la parfaite adéquation du faciès de cet homme avec sa personnalité ! Une tronche de bouffon vicieux !

     

    • #346668
      le 03/03/2013 par Un Canadien
      Voltaire horloger

      Compare ensuite avec la gueule bonhomme et bienséante de Jean-Jacques Rousseau, d’une beauté et d’une élégance sans nom. Je ne parle même pas de Louis XV.

      Sans vouloir nécessairement tomber dans la morphopsychologie malgré nombre d’exemples concluants, je ne ferais que citer Soral : "lors des périodes-clés de l’histoire, les hommes ont souvent la tête de ce qu’ils sont."


  • #345930
    le 03/03/2013 par Frederic79
    Voltaire horloger

    Putain, il est génial ce site !! :)


  • #345960
    le 03/03/2013 par Décée
    Voltaire horloger

    Sans compter l oeuvre de Voltaire "Traité sur la tolérance" pour contribuer a rétablir l honneur de la famille Calas, odieusement condamnée et torturée par une justice inique ... Je ne puis penser non plus que celui qui fut pendant 5 ans au palais "Sans Soucis" l hote et l ami intime de Frédéric de Prusse, grand humaniste, ne soit qu un malhonnete homme. Nous portons tous en nous l ombre et la lumiere, a différents degrés certes.

     

    • #346134
      le 03/03/2013 par Preuß
      Voltaire horloger

      Frédéric de Prusse ??? Grand humaniste ?????? HAHAHAHAHAHAHAHAH !!
      "Le jours où mes soldats commenceront à réfléchir, ils refuseront d’obéir." Frédéric, ce grand humaniste, adepte du "dressage" autoritaire.

      Tu divague Décée, cher camarade, arrête de dire des conneries, bois du lait et mange du riz.


    • #346201
      le 03/03/2013 par anonyme
      Voltaire horloger

      un jour qu’il traversait un champ de bataille, un jeune élève officier blessé au ventre hurlait de douleur, Frédéric II l’apostropha sévèrement : tu ne sait pas mourir dignement Junker !


    • #346955
      le 04/03/2013 par Décée
      Voltaire horloger

      Réponse à Preuß :
      "Toutes les religions se valent du moment que ceux qui les professent sont d’honnêtes gens, et si des Turcs et des païens venaient repeupler le pays nous construirions pour eux des mosquées et des temples. »
      Fréderick II. Qu en pense-tu ? (puisque le tutoiement est de mise)
      Il établit également le systeme éducatif le plus perfectionné d Europe de l époque, grand amateur des lettres et des arts (francais en particulier) ainsi que de philosophie, Kant lui meme, lui rend hommage. Il abolit la torture et le servage de facon progressive, rend l économie prospere.
      Quant à sa rigueur autoritaire (prussienne) et son désir de conquetes, elle était de mise chez tous les Grands du monde de l époque et meme plus tard (Louis XIV, Napoléon ... )
      Ses sujets ont donc connu sous son regne (fort peu dispendieux pour lui meme) des conditions économiques favorables ainsi que la possibilité de s instruire pour tous, qui dit mieux ?
      Voila sans boire de lait ni manger de riz, je me garderais bien de conseils alimentaires ni de te taxer de dire des conneries, je préfere argumenter ...
      salut tout de meme camarade !


  • #345963
    le 03/03/2013 par olive
    Voltaire horloger

    Comment peut-on comparer Voltaire à Rousseau, alors que ce dernier n’a cessé, sa vie durant, de dénoncer la collusion entre certains encyclopédistes et le pouvoir ? A la fin de sa vie, Voltaire touchait environ 200 000 livres de rente chaque année. Rousseau, 2000... Quant à l’abandon des enfants, il faudrait peut-être se pencher sérieusement sur cette affaire. Allez, un indice : plusieurs historiens ont épluché les registres des Enfants Trouvés à Paris. En vain...

     

    • #346335
      le 03/03/2013 par Apocalypse
      Voltaire horloger

      @ Olive,

      Rousseau a bel et bien abandonné ses enfants.C’est lui-même qui en parle dans ses Confessions.
      Il ne l’a jamais caché, et on lui a reproché de son vivant...
      Rousseau n’est pas parfait, mais on ne peut pas lui reprocher d’être malhonnête.

      Comparer Voltaire et Rousseau, c’est presque la même chose que de comparer Jésus et Barabbas pour prendre des extrêmes...Il y a une différence de "Nature", tellement forte entre les deux, que les mettre dans le même panier, c’est avouer que l’on ne comprend pas grand chose à la pensée philosophique.

      Rousseau est dans une démarche de recherche de vérités, de connaissances, de sagesse. Je ne me permettrais pas de juger ici, dans quels domaines Rousseau a raison ou tort, mais le fait est qu’il cherche vraiment...(Il ne fait pas semblant, ne joue pas un rôle social, n’est pas une "posture" d’intellectuelle ou de philosophe pour qu’on dise de lui qu’il est ce genre d’homme).
      C’est vrai à tel point que Rousseau a très vite compris qu’il ne pourrait pas vivre de sa pensée car dès lors, sa démarche philosophique se trouverait corrompue par le fait de devoir obligatoirement produire une pensée qui plait et donc qui se vend. Rousseau dit (et il a bien raison) que ce qui lui a permis de produire une pensée élaborée, honnête, originale, intelligente et authentique, c’est le fait qu’il puisse subvenir à ses besoins autrement que par sa plume.On voit donc à quel point la recherche de la justesse, était importante aux yeux de Rousseau...

      Que dire de Voltaire si ce n’est que c’est la démarche inverse ?

      Les deux auteurs ont certes des points communs : de culture française, même siècle, écrivains, belles plumes...
      Ils ont critiqué l’arbitraire, l’absolutisme (pas pour les mêmes motifs). Les points communs s’arrêtent ici...


    • #347034
      le 04/03/2013 par olive
      Voltaire horloger

      @ apocalypse, je n’ai pas grand chose à redire, sinon sur les premières lignes. Car il arrive que l’on confesse des crimes qu’on n’a pas commis... Si la question vous intéresse, vous pouvez vous pencher sur les (nombreux) travaux de recherche consacrés aux enfants de Rousseau


    • #347289
      le 04/03/2013 par lauburu
      Voltaire horloger

      Rousseau, c’est un génie sorti du ruisseau (sans jeu de mots...). Chateaubriand lui doit son style, qui se trouve tout entier dans trois pages des Confessions, quand Rousseau parle d’une soirée qu’il a passé dans un jardin au bord de la Saone . Il ne réclamait comme droits d’auteur que d’etre payé comme un copiste de musique ! Personnage extraordinaire, volontairement pauvre, un vrai républicain, à la Romaine . Et il était célèbre dans toute l’Europe. Lui aussi a du fuir , il a meme failli se faire lapider par une foule ameutée par un curé, du coté de l’étang de Bienne . La fin du grand homme a été particulièrement atroce : il a été battu à mort par sa vieille maitresse et par l’amant d’icelle (un palefrenier de 36 ans...). Sic Transit...Ils ont bouffé les maigres économies de JJ pendant un an, ensuite ce fut la misère . Voltaire et Rousseau, deux génies que tout semble opposer et qui étaient parfaitement conscients de leur valeur réciproque .


    • #347413
      le 04/03/2013 par olive
      Voltaire horloger

      @ lauburu,

      c’est une version très romanesque de la fin de Rousseau. Cette légende a d’ailleurs couru dès le lendemain de sa mort !


    • #347460
      le 04/03/2013 par Apocalypse
      Voltaire horloger

      @Olive,

      J’ignorais totalement ces études sur les enfants de Rousseau. Cela m’intéresse beaucoup.
      Merci à vous !


  • #345966
    le 03/03/2013 par pseudonyme
    Voltaire horloger

    Donc en gros l’article lui reproche d’avoir sciemment saboté sa propre affaire juste pour s’amuser ? ... Pas très sérieux comme reproche, il y a tellement de chose à reprocher à Voltaire, mais ça...


  • #345994
    le 03/03/2013 par lacomediehumaine
    Voltaire horloger

    voltaire était une merde. que justice lui soit rendu !

     

    • #346553
      le 03/03/2013 par Cat A
      Voltaire horloger

      Une GROSSE MERDE moulée à la truelle.


  • #346078
    le 03/03/2013 par erik lenormand
    Voltaire horloger

    Pierre Milza, dans sa biographie consacrée à Voltaire en 2007, écrit :"Voltaire éprouve un immense plaisir à voir le misérable bourg de Ferney se transformer sous ses yeux en une agglomération prospère, avec ses quatre fabriques de montres, ses trois autres petites manufactures et ses nouvelles maisons abritant des artisans cossus. Tout cela est fort éloigné de mes préoccupations ordinaires, écrit-il en 1770 au marquis de Laborde, mais j’ai le plaisir de décupler les habitants de mon hameau, de faire croître du blé là où il croissait des chardons, d’attirer des étrangers, et de faire voir au roi que je sais faire autre chose que " L’histoire du siècle de Louis XIV et des vers".

    En 1770, Voltaire était âgé de 76 ans... A cet âge fort respectable, il aurait pu vivre retiré, en simple rentier. Ce n’est pourtant pas le choix qu’il fit. Témoignant d’un certain mépris, dans sa jeunesse, pour le bas peuple qu’il qualifiait volontiers de "canaille", Voltaire au fil de l’âge s’est rapproché du peuple et l’expérience tout à la fois économique et philanthropique menée à Ferney en apporte la preuve tangible. Selon l’adage commun, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et si une chose est bien certaine concernant François-Marie Arouet, c’est qu’il était tout le contraire d’un imbécile...
    Par ailleurs l’auteur de l’article fait le procès bien injuste à Voltaire de ne pas avoir su assurer sa succession à la tête de son entreprise manufacturière de Ferney. Est-ce sa faute si son neveu et sa nièce ne furent pas à la hauteur de l’enjeu ? La succession entreprenariale a de tout temps été un problème difficile à régler et elle le demeure toujours, alors pourquoi donc faire ce mauvais procès à Voltaire ? Quant à son legs, il est en premier lieu bien entendu littéraire et philosophique. L’édition des œuvres complètes de Voltaire effectuée à sa mort à Kehl , rassemble 70 volumes de 500 pages chacun...Une œuvre protéiforme, évolutive qui comporte des écrits de jeunesse et des écrits rédigés à l’âge mûr donc empreints d’une sagesse toute autre...
    Qui dit mieux ? Combien de ces ouvrages ont lu l’auteur de l’article et ceux qui ont la dent si dure vis-à-vis de Voltaire ?


  • #346605
    le 03/03/2013 par lola
    Voltaire horloger

    Il y a 15 j’étais Voltairien, et contre Rousseau, car j’avais pas lu et on m’avais mal expliqué !
    En 15 ans j’ai lu, presque tout, et on m’a expliqué !

    Voltaire c’est un peu un BHL de l’époque, un pique-assiette, en plus intelligent quand même !

    Rousseau c’est autre chose, il a rien à voir avec les philosophes des lumières, il est pas dans le courant qui mené aux racistes Jules Ferry et Clémenceau, il a été réduit, caricaturé !

    Depuis j’ai appris qu’il était en contact, avec mon père spirituel Pascal Paoli, le grand humaniste du 18 éme siècle ( U babbu di a nazione Corsa), le père de la nation corse (qui finalement l’a écrite sa constitution, avant celle des USA et de la France, 5 villes porte le nom de Paoli aux états-unis, il est connu universellement, sauf...en France)

    Et oui ça a dut géner Malet-Isaac et Nathan etc...(lol), la France est parfois mesquine dans son oligarchie, Je ne parle pas du peuple, je suis francophile pour toujours grâce à Luchini et quelques autres (francophile oui, française jamais ! )

    Donc Paoli a finit par écrire la première constitution du monde moderne !

    Son contrat social à Rousseau ça vaut vraiment le coup !

    Et il a dit cette phrase que je n’oublierais jamais :"Il est encore en Europe un pays capable de législation:c’est l’île de Corse.La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté,mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver.J’ai quelque pressentiment qu’un jour cette petite île étonnera l’Europe"

    Désolé pour mon écriture je suis une autodidacte, mais j’apprends, j’apprends.....


  • #347352
    le 04/03/2013 par Dindon
    Voltaire horloger

    Pas de référence à la Franc-maçonnerie ?
    Car il en a été très proche et en a fait partie à la fin de sa vie ...


  • #350166
    le 06/03/2013 par MagnaVeritas
    Voltaire horloger

    La vérité : l’horloger, c’était Rousseau, c’est vérifiable. J’ai même vu une montre signée, magnifique.


  • #350172
    le 06/03/2013 par MagnaVeritas
    Voltaire horloger

    Que Rousseau aie soi-disant abandonné ses enfants le regarde. Il a commis l’erreur de se trouver une femme totalement indigne de lui, peut-être est-ce l’explication.

    Mettre diderot et voltaire les minables dans le même sac que Rousseau est insulter ce-dernier tout en faisant bien trop d’honneur aux premiers.


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