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1972-2016 : de L’Aventure c’est l’aventure à Camping 3, vie et mort du cinéma français comique

Prenez un film français comique de la décennie 1970, la dernière avant l’étranglement progressif de la bien-pensance socialo-sioniste, L’Aventure c’est l’aventure (réalisé par Claude Lelouch), puis un film français comique d’aujourd’hui, Camping 3 (de Richard Ontoniente).
Si deux longs métrages ne sont pas comparables (hormis les remakes), on est en droit, dans un genre donné – le comique –, à deux époques données – 1972 et 2016 –, d’observer certaines évolutions, artistiques, politiques, sociologiques.
Ceux qui s’attendent à un énième c’était-mieux-avant seront déçus : il s’agit ici de déterminer pourquoi et comment l’industrie nationale du divertissement, en pointe mondiale il y a un demi-siècle, a-t-elle pu passer de la production d’une pépite farcie d’humour cinglant, de gauloiserie décomplexée, d’intelligence sociale et de cynisme politique, à une indigence à tous points de vue  : réalisation, comédiens, intrigue, scénario.

 

Camping 3 en trois lignes

Troisième et dernier (on l’espère) volet de la série populaire qui se situe dans un camping d’Arcachon, et qui met aux prises des personnages tellement caricaturaux (le Vieux, le Jeune, le Pédé, le Beauf), que les scénaristes devaient être et en vacances et en manque de coke. Le premier volet proposait une satire sociale qui évitait la mièvrerie, avec quelques pointes de cruauté bien senties. Dubosc y incarnait une figure du Français moyen, en retard sur toutes les évolutions, mais au grand cœur et à l’esprit enfantin. Ce qui le sauvait d’un constat douloureux sur le travail (chômeur longue durée) et le couple (célibataire foireux).

 

L’Aventure c’est l’aventure

Cinq malfaisants dans l’âme, pas vraiment passionnés par le travail, et irrécupérables à tous points de vue, se rencontrent par les hasards de la vie et décident, après une étude de faisabilité, de faire dans l’arnaque politico-médiatique. Ils enlèveront donc des personnalités, et commencent par Johnny. Incarnée par Lino Ventura, Charles Denner, Jacques Brel, Aldo Maccione et Charles Gérard, cette sympathique bande de Gaulois traverse une époque riche en rebondissements, de l’Europe à l’Amérique du Sud, et du capitalisme au marxisme. Ou comment faire du fric et berner les gens avec l’idéologie dominante.

Lelouch, c’est peut-être pas Scorsese, mais un réalisateur foutraque qui a pondu, moitié par accident, moitié par talent, au milieu de ses histoires de cul bourgeoises (c’est un fan du Baron et des soirées olé-olé), quelques films regardables, qui sont les éponges d’une époque.

La scène de l’étude de faisabilité :

 

Comme souvent avec les réals paresseux, bride est laissée aux comédiens, ces derniers arrangeant scénario et scènes à leur gré. Ça peut fonctionner avec de grands comédiens, et la France n’en manque pas. Le tournage est bordélique, mais la troupe s’amuse, et le public aussi, donc tout le monde est content à l’arrivée. Maintenant, la question fondamentale : le cinéma français a-t-il été dépolitisé ? Ou, disons, dévitalisé ? Il n’y a plus une once d’interrogation, de critique sociale, dans les films d’aujourd’hui. La subversion politique a été accaparée par la gauche, qui concentre son tir sur un pseudo-fascisme qui n’a jamais existé chez nous, hormis dans le pouvoir profond.
L’exemple parfait, et là on sort une seconde de la comédie, en est donné par Un Français, le film qui retrace la vie d’une bande de skinheads dans les années 80. Le grotesque « danger skin » permettait aux socialistes et à leurs obligés culturels (tous financés par l’État, directement ou indirectement, surtout depuis le passage du CNC sous le giron du ministère de la Culture en 1959) de masquer leur entreprise sournoise de libéralisation du pays, et de désigner un bouc émissaire à la vindicte populaire. Aujourd’hui, le danger skin a été remplacé par le danger FN, un danger qui fait paradoxalement de moins en moins peur.
Les manips politiques, comme les histoires d’amour, finissent mal en général.

Les films véritablement politiques ont donc disparu des écrans, et ce, depuis la sortie du très symbolique Les Dents de la mer, du très symbolique Steven Spielberg : après la vague subversive des années 60 due à une nouvelle génération de réalisateurs, la plupart italo-américains, le film d’intelligence économico-politique a laissé la place au divertissement, qu’il soit comique ou anxiogène. Un danger nébuleux, qui ne remettait plus en cause la hiérarchie sociale, le pouvoir visible ou même l’État profond, à la Scott (Peter Dale, pas Ridley).
Cette parenthèse se refermera aussi chez nous avec quelques temps de retard, les années 70 étant celles de la profusion du film politique critique : on s’attaquait à l’immigration (Les Chinois à Paris, de Jean Yanne en 1973), aux multinationales (Le Sucre, de Jacques Rouffio en 1978, ou L’Imprécateur de Jean-Louis Bertucelli en 1977), aux médias (Le Prix du danger, d’Yves Boisset en 1983), sur le mode sérieux ou le mode léger. Le mode léger passant mieux aux yeux du grand public. On s’instruit en s’amusant. Pour ceux qui n’étaient pas à la pointe de la culture livresque, ces films faisaient prendre conscience de situations sociales bloquées, de pouvoirs plus ou moins secrets, et des expériences pour y mettre un terme ou les dévoiler.

 

 

Basculement vers le précipice

Qui a décidé de ce basculement ? Là, il y a deux écoles, c’est le cas de le dire.
La première, qui veut que le cinéma de divertissement – de diversion ou d’inconscience – rapportant plus que le cinéma de conscience, la logique du marché a forcé les producteurs à se tourner vers les œuvres inoffensives, sachant que tout film contenant une charge subversive est susceptible de générer des ennuis (fiscaux, économiques, relationnels).
La seconde, qui y voit la sanction d’une évolution intellectuelle due à la baisse de niveau général, symbolisée par la destruction quasi-programmée de l’école française. Pour parler brutalement, les esprits ont été formés à la facilité, la niaiserie, et la soumission. On peut en voir les résultats dans l’étrange promotion d’une Najat Vallaud-Belkacem, qui n’aurait même pas servi de femme de ménage stagiaire sous De Gaulle.
Cela peut aussi résulter d’une conjonction de ces deux évolutions, dont nous ne discuterons pas ici du caractère naturel ou artificiel, c’est-à-dire politique.

Il semble donc que le Système, englobant sa facette politique, sa facette éducative, et sa facette culturelle, pour ce qui nous concerne, ait rendu plus difficile la fabrication d’œuvres orientant les esprits vers l’insoumission, et plus facile celle des œuvres orientant ces derniers vers la soumission, ou opposées à ce glissement. Selon Peter Dale Scott, la surpuissance de l’État profond est le résultat d’une dérive à la fois humaine (un noyau paranoïde à la tête du lobby pétro-militaro-bancaire) et systémique, le pouvoir réel, une fois son opposition neutralisée, tendant à devenir de plus en plus absolu, et visible.
Le « choix » du libéralisme en 1982 par le socialisme français, qui comme par hasard avait mis avant cela 10 ans à avoir la peau du communisme français, a accompagné cette tendance à la dé-conscientisation politique. La politique pour tous, sous la houlette de l’immoraliste Jack Lang, la faisait descendre au plus bas des niveaux, et dissoudre dans un discours de plus en plus cynique, mensonger, piégeant des générations entières de jeunes. Pendant ce temps, les frappes culturelles combinées du média de masse Cinéma & Télévision (symbolisé magnifiquement par Canal+) et de l’Éducation nationale achevaient de dissoudre ce qui pouvait rester de dangereux dans la tête des petits Français.

 

Le réveil du peuple jeune

Le film comique de 2016 est donc éminemment politique, puisqu’il entretient ce mur mental destiné à empêcher toute renaissance de l’esprit critique. Quant au film dit sérieux, il se résume aujourd’hui à une mise en avant des minorités et de leur souffrance, réelle ou fantasmée, ce qui permet de hacher à l’avance toute analyse globale du Système. Pas la peine de rappeler ici la puissance d’imprégnation de l’image animée sur la conscience, ou l’inconscient, du public. À partir du moment où le mensonge socialiste (la trahison sociale qui a sonné le glas d’un siècle de luttes) a envahi la sphère médiatique, ce discours devenant culturellement dominant, il a fallu verrouiller les tubes (au sens informationnel) qui formataient les esprits dans le bon sens.
Une victoire à court terme puisque 30 ans plus tard, grâce à la naissance d’un supertube imprévu, et relativement incontrôlable, une majorité de jeunes découvrait avec colère (ce qui explique en partie la violence des propos sur le Net) ce mensonge dont « on » les a(vait) abreuvés. Qu’ils soient racailles ou nationalistes, Français de souche ou d’origine immigrée, le peuple jeune crache désormais sur ce qu’on essaye de faire de lui. Il ne reste plus que les pauvres hères de la Nuit Debout, mêlés au lumpenprolétariat et à la zone, pour incarner le triste spectacle du socialisme vainqueur, cette impasse de l’Histoire.

Avec la montée en puissance de la conscience par l’Internet, la fonction vitale du cinéma de divertissement perd de son efficacité : de moins en moins de Français payent pour « oublier » ce qu’on a fait ou ce qu’on veut faire d’eux. Les générations montantes, qui sont nées dans les années de socialo-sionisme, et qui n’ont pas connu la parenthèse enchantée d’ouverture culturelle et politique des années 60-70, sont en train de recréer logiquement une nouvelle ouverture.
Une respiration.

 

 

Camping 3, ce produit culturel vidé de toutes ses entrailles qui en auraient fait le sel, est donc le résultat d’un processus politique lourd, le politique précédant ici l’économique, puisqu’il ne s’est pas opposé, lors du choix de société factice de 1981, au rouleau compresseur libéral anglo-américain, dont nous voyons l’explosif tableau aujourd’hui. L’américanisation et la dépolitisation de notre cinéma viennent de là. Une soumission qui fait l’objet du dernier roman de Michel Houellebecq : derrière sa critique précise de l’individualisme libéral, le grand public et les médias n’ont préféré retenir que la charge antimusulmane. Tant pis pour les aveugles qui tombent dans ce piège médiatique.
Une fausse peur, un faux rire, une peur aussi préfabriquée que le rire, voilà ce que le Système offre en guise de réorientation mentale à ceux qu’il a volontairement aveuglés.

 

Comprendre le basculement médiatico-politique contemporain
avec Kontre Kulture

Cinéma, Système et sionisme, sur E&R :

 
 



Article ancien.
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59 Commentaires

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  • Le procédé est trop facile de faire de "Camping 3" ou de "Un français" une généralité. Je ne ferai pas de liste ici, mais beaucoup de films font la critique du système financier ou abordent la thématique de l’immigration sans tomber dans la niaiserie. On n’a peut-être pas trouvé le nouveau Pasolini, mais je n’avale pas la pilule de l’abrutissement généralisé. Finalement l’article retombe tout à fait dans le "c’était-mieux-avant".

    Il est par contre vrai que le monde culturo-mondain promeut les films "kapos" via subventions et palme d’or, mais ce n’est pas la garantie de leur succès.

     

  • Je pense que l auteur de l’article se trompe.
    Tout était déjà présent dans "l aventure c est l’aventure" du "voleur de pain au chocolat " et piètre cinéaste Lelouch. Il suffit de lire le synopsis du film...je prends ni vu ni connu le concept des "producteurs" de mel brooks mais sans la dénonciation ultra politique du communautarisme et des arnaques juives, j essaye d’engager des stars de l’affiche, et je m’embête pas à écrire un scénario ou un story board...les gens viendront voir si il y a ventura ...

    Par contre le constat est parfaitement vrai. On peut prendre n’importe quelle comédie populaire des années 70 et être sidéré de la qualité.
    Regarder "la septième compagnie" ou "hibernatus", ou encore la scène du cirque entre de Funes et coluche dans "l’aile ou la cuisse" ...Et se dire que le talent français à été étouffé depuis 1981 grosso merdo, lentement et progressivement :
    De plus en plus de communautarisme, de plus en plus d avance sur recette contrôlée par des partisans de l’anti-france, et avoir créé des petits despotes intouchables avec la très ironique "exception culturelle francaise"...
    Tellement culturelle et tellement française...

    Il me semble ne plus jamais avoir ri franchement en voyant un film francais depuis " les apprentis" de pierre Salvadori, qui présentait ce que toutes les comédies faisaient à l epoque : une vision de la société française qui démontre des réalités voir des injustices mais qui n’est pas une insulte perpétuelle à la francitude et une injonction au métissage massif ou a monter des arnaques et prendre un maximun d oseil sans aucun regard critique et concept de bien et de mal...

     

    • Le dernier film comique francais reelement bien fait et vraiment marrant c’est le film les visiteurs. 2 décennies plus tard Clavier tourne le film (je ne me souviens plus du titre) l’histoire des parents catholiques coinces bien sur, qui se retrouvent avec des gendres chinois, juif, arabe. Le truc bien lourdingue et film réellement con et pas drole ! Vraiment ! Se foutre de la gueule des francais à ce point ! Et bien, ils l’ont fait et c’était minable !


    • Les Visiteurs ? Un navet imbuvable et pas drôle.
      Les Fugitifs, Les Compères et La Chèvre, soit les duos inégalés Depardieu/Richard, ça se sont d’authentiques petits chefs d’œuvre d’humour français.


    • Fatal de et avec Mickael Youn était très drôle dans le regard à peine caricatural et à peine plus vulgaire du monde du show-biz des années 2000-2010.
      Après, ce que représente le personnage et le reste de sa carrière, je laisse chacun juge, mais ce film au moins vaut le coup d’être vu.


    • > (..) Les Fugitifs, Les Compères et La Chèvre

      J’ai revu les deux derniers récemment (qui m’avaient amusé à l’époque mais j’étais gamin) c’est très mauvais. Depardieu s’ennuie à crever, Richard cabotine péniblement, et puis surtout il y a tout le reste, scénar & dialogues, direction, décors, costume, photo, musique (le péniblissime et inévitable Vladimir Cosma qui nous a bien pourri toutes les 70/80s) son ; c’est objectivement mal foutu, c’est lourd, laid, jamais drôle, jamais beau, ça démarre jamais, c’est embarrassant de médiocrité.

      Chef-d’œuvres d’humour français, ces tristes panouilles ? Et pourquoi pas aussi les "Gendarme" de Louis de Funes ?

      Les derniers films français qui m’ont fait marrer, je crois bien que ce sont ceux de Lauzier, mention spéciale pour "Psy" que je reverrais bien, mais alors, bonne chance pour le trouver.

      PS - Quand à "Le Père Noël est une ordure" il vaut mieux ne pas me lancer sur cette daube.


    • @xaccrocheur

      Tous les goûts sont dans la nature, ma grand-mère détestait de Funès. Mais bon il ne faut pas exagérer, votre humour est très marginal ou beaucoup trop intello si vous n’aimez pas les films cités plus haut...


    • Et les bronzés font du ski ? Pas d’intrigue, une succession de scène drôle, mais quelle fraîcheur, quel bonheur ces excellents comédiens qui se déchainent et qu’est-ce qu’on rigole !


    • Tout à fait d’accord avec vous, bruce marine : la suite des "visiteurs" forment la dernière grande comédie populaire à la française, (l’ultime, j’en ai peur...)

      Mais cela, on le reconnaitra dans 15-20 ans ; c’est ennuyeux parfois d’avoir raison avant tout le monde.


    • Je pense que La Chevre est un très bon film. Il m’a bien amusé, c’est un plaisir de voir Pierre Richard et Gérard Depardieu à l’œuvre. J’ai moins aimé Les Compères, par contre Les Fugitifs était pas mal.


  • Lelouch a fait quelques bons films par hasard, on est d’accord (j’ai un petit faible pour "itinéraire d’un enfant gâté" toutefois)
    "La bête humaine" ou, plus récemment, "germinal" auraient-ils droit de cité aujourd’hui ?(là, on ne parle pas du misérabilisme à la ken loach) ;
    L’invraissemblable succès des cht’is montre à quel point dans des temps incertains, les gens ont besoin de se rassurer (et, si besoin est, de se ré-enraciner)
    Quand aux comédies plan-plan avec clovis cornillac ou dubosc, on est pas sortis de l’auberge....

     

  • Aujourd’hui de toute façon on ne fait plus que de l’art pasteurisé avec date de péremption très courte. Rien de fécond ne doit venir gâter la digestion des ruminants.

    Quand on sait qu’en plus la subvention crée la recherche de la rente. Vous comprenez mieux pourquoi notre culture d’exception est devenue exception culturelle.


  • C’est clair, dans la comédie populaire (le genre peut être le plus difficile)comme dans le reste, et d’une manière générale, il y a eu une évolution culturelle. L’authentique esprit critique et subversif c’est souvent transformé en mépris pour les petites gens ou du moins considérés comme tel.Lelouch n’est toutefois pas le meilleur exemple d’authenticité et d’audace. Il reste sur le fond très petit bourgeois tout en étant dans le genre ego (gros) plutôt sympathique.


  • Je suis atterré par la nullité du cinéma dit comique Français depuis une bonne vingtaine d’années. J’ai grandis avec la bande du Splendid, critique douce amère des classes moyennes dans leurs films superbement dialogués, impeccablement joués, fins, drôles. Et également les films de Joël Séria, trop peu nombreux. Sans parler des films des années 50-60 dialogués par Audiard, quintessence de la culture et de la drôlerie française. Jusque dans les années 90, il y avait quelques films par ci par là, avec notamment les "survivants" du Splendid. A part 2 ou 3 films depuis ces dernières années ("La personne aux deux personnes", "Fatal","Babysitting" sans être non plus transcendants...), grâce à Gamelle de bouse et consorts, c’est le néant. De la finesse et de l’excellence du jeu Français, on est passé à de l’humour bidon communautaire affligeant ou tout est à jeter avec des films qui sont de plus en plus cosmopolitiquement corrects et dont rien dans les années à venir ne restera. C’est toujours ça de pris...

     

    • #1541432

      On va quand même pas faire semblant de découvrir que la médiocrité et la laideur ont pris le pouvoir et sans égard, pas même un regard, écrase la beauté et le talent. A la médiocrité, lui en donner pour son argent, qu’elle n’ait plus rien à se mettre sous la dent. Et que la laideur prenne peur.

      Rien ne justifie la laideur si ce n’est la laideur. Dans la laideur, la seule chose qui soit vraie, c’est que tout est faux.


    • Au fil à couper le beurre.

      On ne le découvre pas, on le rappelle, on doit le rappeler aussi souvent que nécessaire : cette époque est moche, immature et vulgaire. On doit le rappeler sans cesse car on ne doit pas s’habituer à ça, on ne doit pas faire de la laideur la nouvelle norme, non, elle est anormale cette laideur. Il fut un temps où on aurait pas toléré tout ce qu’il se passe maintenant, que ce soit au cinéma, au théâtre ou en politique. Et s’il faut ressasser, on ressassera.



  • il s’agit ici de déterminer pourquoi et comment l’industrie nationale du divertissement, en pointe mondiale il y a un demi-siècle, a-t-elle pu passer de la production d’une pépite farcie d’humour cinglant, de gauloiserie décomplexée, d’intelligence sociale et de cynisme politique, à une indigence à tous points de vue : réalisation, comédiens, intrigue, scénario.




    le cinéma s’est substitué au prêtre et au sage orateur de l’antiquité. Mais en nous servant un message subversif (les gaulois sont paillards, vive la révolution sexuelle,etc). Tout ceci pour faire avancer les intérêts de ceux qui produisaient ces messages. Le cinema est une entreprise de déstabilisation, de manipulation de masses.


  • Pas si vite : vous oubliez "quand même"

    - Mic Mac à... de Jeunet (2009), comédie dans laquelle une bande de recycleurs s’attaque aux grands directeurs de l’armement français

    - Le Grand Soir (2012) de Delépine et Kervern, comédie dans laquelle un Skin (Poelvoorde) et son frère vendeur dans un grand magasin (Dupontel) tentent de survivre dans une zone commerciale où les grandes enseignes règnent et où les rapports humains sont faussés voire inexistants

    et vous oublierez toujours La Soupe aux Choux (1981) de Girault où René Fallet montre deux vieux qui pètent sous un pommier, certes, c’est le côté populaire de la comédie (moi même je pète assez souvent et des fois, un peu, c’est vrai, dans l’espoir de discuter avec Jacques Villeret) mais surtout deux "fossiles" qui refusent la nouvelle société de marché (incarnée par Monsieur le Maire, qui impose "l’expansion économique créatrice d’emploi" avec un parking de "4000 voitures" et un parc d’attraction où les gens "devront sortir le porte monnaie toutes les 2 minutes") puisque eux, ces deux retraités vivant à la ferme, ont tout le nécessaire chez eux (puits, légumes, fruits, vin, bois...) et qui montre aussi les jeunes quittant la campagne pour des emplois aliénant à la ville et qui auront donc besoin d’oublier leur aliénation et leur exode avec des divertissements abrutissants... la boucle est bouclée, en 1h40. Là où beaucoup ne voient qu’un navet (attention, cela donne aussi des flatulences) certains admirent la critique sociale de Fallet.

     

  • Pratiquement tous les films soit disant comique ont pour but de montrer avant tout les méchants blancs racistes et les gentils diversités. Pour moi , il y a vraiment quelque chose de gênant. Toutefois, les Français ne sont absolument pas racistes de nature , pour preuve le nombre d’entrées que réalisent certains de ces films ( intouchables, camping 3, qu’est qu’on a fait au Bon Dieu , etc.)... En ce qui concerne le comparatif entre les anciens films comiques et ceux des 10 dernières années, je suis né en 1983 et je préfère regarder les films avec De Funes, Bourvil, Coluche, le Splendid .

     

  • Quel travail ! Excellent article !
    Bravo à vous.


  • Pour faire de bons films ,il faut un réalisateur ,un dialoguiste,et surtout des acteurs .Et maintenant si on en trouve ? c’est comme chercher de l’or dans une carrière .On avait tout çà à l’époque ,maintenant on a des acteurs d’occases qui arrive la plus part de anal + et de la télé en général .Avec de la merde on ne peut faire que de la merde .Et après c’est chacun ses gouts .


  • L aventure ç est l aventure est un chef d œuvre, pas de meilleur exemple pour illustrer la baisse generale du niveau du cinema Francais
    tout y est, dès 73, la critique est complète.

    A voir absolument.

    Et vive la Suisse Libre !!!!!!


  • En cherchant un peu on peu en trouver quelque uns (mais je vous l’accorde il faut chercher un peu et ce ne sont pas tous des chefs d’œuvre mais souvent d’agréables comédies sans prétention), en voici quelque uns que j’ai vu :

    Bernie (1996)
    C’est arrivé près de chez vous (1992)
    Tatie Danielle (1992)
    Une époque formidable (1991, tragi-comique)
    Le bal des casse pieds (1992)
    Cuisine et dépendances (1993)
    On connait la chanson (1997)
    Un air de famille (1996)
    Le gout des autres (2000)
    Une heure de tranquillité (2015)
    Le diner de cons (1998)
    Uranus (1990)
    Le bonheur est dans le pré (1995)
    Les trois frères (1995)
    Tanguy (2001)
    Le Vélo de Ghislain Lambert (2001)
    Les convoyeurs attendent (1999)
    Les portes de la gloire (2000)
    Le boulet (2002)
    Le déménagement (1997, avec Dieudo)
    Pop redemption (2013, avec Alexandre Astier)
    Mais qui a tué Pamela Rose ? (2003)
    Enfermés dehors (2006)
    Le créateur (1999)
    L’été en pente douce (1987)
    etc...

    Inversement, dans les années 70, il y avait les films des Charlots, entre autres, dont le charges subversive n’est pas ce qui sautait le plus aux yeux et dont le comique était un peu balourd pour tout dire...

     

    • Et les films des Inconnus :
      Le pari ("le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout !")
      Les 3 fréres ("Non mais aujourd’hui, il y a des gens qui ne peuvent même plus manger de la viande."..."Bah, ils n’ont qu’à manger du poisson").
      Les rois mages. ("¨Prince d’Albazair la radieuse (...) ...et de nombreuses petites provinces dont l’énumération serait longue et fastidieuse.").


  • Il y a une film drôle, (enfin moi j’aime beaucoup) les bodin’s. Christian (mon favori) le vieux garçon, et sa mère Maria, la vieille harpie. La scène de la répétition du mariage devant le prêtre, et la pièce montée en flanc tremblotant ! Mais je croie qu’ils sont Belges. Au départ, sans pub, ils ont cartonnés !


  • Bonjour,

    Il faut aussi tenir compte dans quel état d’esprit on regarde un film, si on va voir un film de pur divertissement avec la grille de lecture que l’on a pris l’habitude de voir pour regarder le monde sur internet, c’est sûr qu’on risque de passer à côté du film car il n’appuie pas assez à nos goûts sur divers points de vue dont le réalisateur n’avait pas la prétention de dénoncer.

    Si on regarde les visiteurs 3 du point de vue de l’historien, c’est sûr qu’on risque d’être déçu. Mauvais film par ailleurs à tous points de vue à mon sens.

    Par contre dans le registre de la comédie, j’ai beaucoup apprécié des films comme OSS117 1&2, Babysitting 1&2 (très rafraîchissants) mais si je m’étais mis dans la peau du sociologue en les regardant pour savoir quelle place le beur de service représentait dans un contexte social donné, comparé au réel, et si il y avait moyen de décrypter un quelconque message politique derrière, je n’aurais peut être pas pas eu la détente nécessaire pour me marrer et prendre le film pour ce qu’il est, un divertissement pur.

    J’ai regardé récemment Jo avec Louis de Funès, et au delà de la nostalgie il faut reconnaître que le rythme et la prestation des acteurs semble beaucoup plus naturels que ce qu’un film avec Kev Adams ou Max Bloubil peut donner comme impression.

    Rive droite Rive gauche par exemple est un film politique de Philippe Labro de 1984. On peut le regarder comme une sorte de dénonciateur des magouilles politiques sous l’ère Mitterrand, film carrément de science fiction car un avocat réussi à faire tomber un des hommes les plus puissants de France et en ce temps là, Monsieur, la presse ne s’achetait pas (et mon Q sur la commode), tout l’inverse de la réalité quoi. Le salaud du film ressemble étrangement à Jean-Marie Le Pen, coïncidence ? Je ne pense pas.

    Histoire de me faire incendier, j’avais beaucoup apprécié Le Cactus, avec Clovis Cornillac, Pierre Richard et ... Pascal Elbé (pataper pataper :-)) )


  • On constate effectivement depuis quelques années dans le cinéma Français une sorte de transposition de l’idéologie dominante concernant la famille (recomposée, black-blanc-beur), les religions ("ils sont partout"), le sexe (rôles de pd, de lesbos, de féministes) sous tous ses genres.
    C’est flagrant et merdique.
    Quand je revois des "Louis de Funès", je me marre et je me dis coool, ça provoque une certaine excitation, comme l’assurance de rire de me sentir "léger" :)
    Aujourd’hui j’ai tourné le dos au cinéma Français, à cour d’idée, qui brasse de l’argent certes, et tant mieux pour certains, mais c’est devenu nullissime.


  • Chacun de ces acteurs avait assez d’épaisseur et d’envergure pour donner la réplique aux autres avec talent.
    Si le scénario est béton, alors c’est que du bonheur servi par un groupe généreux de types qui connaissaient leur métier (s’en est un). Je trouve qu’il y a dans ces films entre les personnages, le décor, l’intrigue...une fusion harmonieuse et haute en couleur qui fait plaisir à voir et à entendre.

    Le genre de film que les issus de l’émigration d’alors appréciaient. Un biais de réconciliation sur lequel le système a désormais mis une croix...ou plutôt un Q.


  • bel article peut être pas assez approfondi vu l’importance, un peu trop tendance à mettre la faute sur le socialisme et leur choix du libéralisme c’est pas sous Pompidou qu’est passé la fameuse loi d’endétté la France sur les marchés.
    Pour le reste il faut revenir aux bases qu’est ce que la culture comment s’est elle constituée ?


  • Vous avez oublié les bronzés .., quand même ..


  • pas un seul film avec Jean Dujardin ? oh le pôvre.


  • "Soumission" de Houellebecq une charge anti-musulmane ? Pas du tout d’accord...

     

  • Superbe analyse, qui confère au morceau d’anthologie. Tout y est, et c’est d’autant plus apprécié, lorsque l’on est né dans les année 50, pour être de la génération témoin de la dérive.

    Le cinéma était un de nos divertissements favoris, mais devant la médiocrité de ce qui nous est proposé depuis quelques lustres, nous n’y mettons plus les pieds.

    Nous sommes las, entre autre, de recevoir les sempiternelles leçons de morale ou d’antiracisme du niveau de la classe maternelle, d’autant qu’avec le privilège de l’âge, ont devient, avec un esprit un peu affûté, assez vite maître dans l’art de décrypter les manipulations du système, de plus en plus grossières d’ailleurs.


  • Voici une petite liste des bonnes comédies françaises :
    Playtime, Mon oncle et Les Vacances de M. Hulot de J. Tati
    Le Pere noel est une ordure et Les Bronzés par la troupe le Splendid
    Pour 100 briques t’as plus rien (un film souvent oublié mais qui m’a bien amusé)
    Quelques films de Pierre Richard : Le Distrait, On aura tout vu, Le Grand blond.
    Buffet Froid de B. Blier.

    Il y en a sûrement d’autres à rajouter. Quels sont selon vous des incontournables qui n’ont pas encore été mentionné ? J’ai par exemple vu très peu de film de Louis de Funes.

     

    • Le cave se rebiffe
      Le triporteur
      Des films de De Broca : Le magnifique et les tribulations d’un chinois en chine
      Les films de Jean Yanne
      Bon baisers a lundi (et d’autres films dialogues par M.Audiard)
      Le cormoran (avec Paul Meurisse)
      Les films de Jean-Pierre Mocky avec l’inspecteur Lavardin (Jean Poiret)
      Ridicule de Patrice Leconte
      Le Viager de Pierre Tchernia
      Signes exterieurs de richesse
      Promotion Canape
      N’importe quel film avec Bertrand Blier, Jean Poiret, Claude Pieplu ou Jean-Pierre Marielle me fait rire
      J’en oublie d’autres mais voila ce qui me vient a l’esprit...


    • D’accord avec vous pour le film pour 100 briques t’as plus rien. ( rien que le titre). Pour De Funes, il y a le film Joe. Rien que des quiproquos, pas de temps mort, ca va vite. Des acteurs (Galabru, Blier le commissaire, Claude Jeanssac). Il a ete beaucoup redifuse, rien que la musique ! Un bijou ce film. Le Pari des inconnus (le tabac c’est tabou, on en viendra tous a bout) . Les 3 freres (avec ou sans patates).


  • Le meilleur ... "Les vieux de la vieille ", film tiré d’un roman de René Fallet avec Gabin, Noël Noël et Pierre Fresnay

     

  • Concernant les films sur fond de politique de l’époque je vous conseille :

    - " Z " et " l’Aveu " de Costa Gavras

    - " I comme Icare " d’Henri Verneuil, un film sur le complot et les services secrets, qui ne passe jamais à la télé, on se demande pourquoi...

    - " Mille milliards de dollars " d’Henri Verneuil, un film qui dénonce les multinationales

    4 films excellents que j’ai vu des dizaines de fois.

     

  • Le souci de nos jours c’est que cet humour personne ne le comprend plus ou une très faible minorité.
    Vous ressortez ce film en salles demain et il fera un bide. La médiocrité a envahi nos écrans.
    J’ai pris un immense plaisir à revoir le film hier soir... Ça fait un bien fou.


  • il est vrais que le cinéma d’aujourd’hui est triste a pleurer ,entre les films de pd, de gouines, les films avec le bon arabe le bon black etc.. mais il faut tenir compte que l’humour n’est plus le même de nos jours qu’il y a 20 ou 30 ans ce qui faisait rire il y a 30ou 40 ans ne fait plus rire de nos jours exemple : Fernand renaud, regardez un de ses scketch et bien c’est pas drôle (a mon avis) mais a cette époque les gens allez le voir et il avait du sucés .. la liste est longue et rare sont ceux qui nous font encore rire ...mais il est vrais aussi que les films des années 70/80 (film humour) et bien c’était42 autre chose que ce que l’ont nous propose de nos jour.


  • 3 films non cite, mais reussits.
    - inspecteur la bavure avec Coluche
    - Fallait pas ! ... De Jugnot 1996 et avec Jugnot
    - ca reste entre nous. De Martin Lamotte 1998
    Des comedies vraiment sympas.


  • Film les babas-cool (1981) avec Clavier, Anemone (qui veut parter en Inde dans un hashram) le parisien qui débarque. La fin du film, grosse baston. La phrase :"va baiser tes chevres" ! Bon film, quand il repasse, je le regarde. J’ai remarqué que les anciennes comedies plaisent à tous. C’est comme pour la musique, l’ancien plait. Les nouveautes !! Que de la merdasse comme dirait l’autre !

    Pour le monsieur qui demandait les films de De Funes. Alors, Joe, rabbi Jacob, l’aile ou la cuisse, hubernatus, il y a aussi un film où il joue avec Annie Girardot et elle est épatante et De Funes aussi. Mais je n’ai plus souvenance du nom. (Comme dirait l’autre).

     

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