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La permaculture est économiquement viable

La Ferme biologique du Bec Hellouin, un véritable modèle français ?

La luxuriante Ferme du Bec Hellouin, dans l’Eure, apparaît comme un modèle français de permaculture. Pour la première fois, une étude scientifique, réalisée par l’Institut national de la recherche agronomique, se penche sur sa viabilité économique. Réponse en images.

 

 

Produire à la main une profusion de légumes et de fruits sur une terre ingrate qui n’a jamais été cultivée depuis le néolithique… Voilà qui donne espoir pour la mise en culture de sols dégradés ou désertifiés de par le monde ! C’est le pari de la Ferme biologique du Bec Hellouin, haut lieu depuis 2006 d’une forme de culture originale inspirée de la permaculture et du maraîchage biointensif.

Très peu mécanisé, sur une très petite surface cultivée, positionné sur des circuits courts, ce modèle suscite un fort intérêt. Mais est-il économiquement viable ? C’est à cette question qu’a répondu l’étude coordonnée par François Léger sur quatre ans.

 

Quatre années d’étude pour valider une hypothèse

Réalisée en conditions réelles de production et de vente, l’étude a été menée de 2011 à 2015.

À partir des données récoltées, les modélisations montrent que, en fonction du niveau d’investissement et d’intensification, 1000 m2 dégagent un revenu horaire variant de 5,4 à 9,5 € pour une charge de travail hebdomadaire moyenne de 43 heures. Le revenu agricole net mensuel correspondant, de 900 à 1570 € suivant le niveau d’investissement, apparait tout à fait acceptable, voire supérieur, au regard des références couramment admises en maraîchage biologique diversifié.

Lire la suite de l’article sur inra.fr

 

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33 Commentaires

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  • #1546950
    le 01/09/2016 par AliochaDraja
    La permaculture est économiquement viable

    Article passionnant, mais le lecteur vidéo n’est vraiment pas à la hauteur...


  • #1546990

    J’ai déjà vu d’autres vidéos sur la ferme biologique du Bec Hellouin, le lieu semble beau et a son interet parce que productif bien qu’en bio : beaucoup doutent que ce soit compatible,
    mais est-ce reproductible sans une grosse bourse ?
    Il y a d’autres lieux qui fonctionnent bien, qui ont été réalisé avec un plus petit budget et qui n’ont pas un budget com pour se faire connaitre.
    Mon avis : un lieu interessant mais d’autres moins connus le sont probablement plus encore parce qu’à la portée de plus de personnes.

     

    • #1547022
      le 01/09/2016 par clemclem
      La permaculture est économiquement viable

      Oui après visite il y en a bien pour 400 000 euros d’investissement de base.
      Donc voilà...

       

    • #1547043
      le 01/09/2016 par quine carton plein !
      La permaculture est économiquement viable

      salut ,

      peux tu nous faire connaitre ces lieux interressants, je suis intérréssé ...trés .


    • #1547048

      Petite citation d’un ami, après son retour de formation au Bec Helloin, pour exprimer ce qu’il avait ressentie là bas :
      "Soit tu as beaucoup de moyens, soit tu as peu de besoins"


    • #1547231
      le 02/09/2016 par goy pride
      La permaculture est économiquement viable

      @clemclem,

      En conventionnel les investissements ne sont pas moindre. Machines, serres...ça coûte bonbon...Toutefois le conventionnel à l’avantage de pouvoir aisément permettre de créer un "business plan"...en conventionnel tout est réglé comme du papier à musique, c’est rassurant...


    • #1547427
      le 02/09/2016 par georges
      La permaculture est économiquement viable

      Les expériences en permaculture, bio-intensif, agriculture paysanne, maraîchage diversifié sont nombreuses et s’inscrivent chacune dans un environnement différent et sont menées par des personnes ayant des besoins différents. Chaque projet est personnel et le pire serait certainement de vouloir dupliquer un modèle pré-établi. Par contre on peut s’en inspirer.


    • #1547436
      le 02/09/2016 par georges
      La permaculture est économiquement viable

      Pour leur défense, et ils le disent eux même, leur installation s’est faîte à l’arrache, sans formation, sans aides à l’installation, avec beaucoup d’erreurs. Ce n’est pas du tout représentatif. C’est un projet dont le coût aurait pu être réduit très largement.


  • #1547015

    La ferme du Bec Hellouin vend ses légumes à une prix réservé aux magasins de bobo. Leur exemple n’est pas viable pour des micros fermes de province. Beaucoup de ferme en permaculture fonctionne avec des journées découvertes et des stages pour exister. Bec Hellouin ramène beaucoup de bobo dans les formations en permaculture, beaucoup n’ont pas d’impérative en autonomie alimentaire et voie dans la permaculture un paradis bien utopiste. Il existe un fossé invisible entre les expériences en permaculture d’inspiration de P Rabby et un N Fabre, C KÖPPEL, comme si un mouvement dont il ne faut pas parlé, c’était infiltré dans en mère nature.


  • #1547045

    Partie1

    Au risque de me faire des ennemis, je vais exposer ici des arguments contradictoires à l’étude menée par l’INRA sur le Bec Helloin qui n’est pas pour moi (qui suis en voie de m’installer en maraichage bio) le nouvel El Dorado.

    La surface d’étude : l’étude porte sur 1000m² qui comprennent 421m² de serre tunnels. La productivité sous serre est plus forte qu’en plein champ. De plus les 1000m² sont la surface cultivé, elle ne prend pas en comptes les inter-planches, passe pieds et autres allées. On peut facilement arriver à 2000m² si on prend en compte ces surfaces.

    La répartition des cultures sur la ferme et sur la parcelle d’étude  : ça reprend un peu l’argument précédent sur le fait que la parcelle d’étude possède 421m² de serre dans lesquelles on trouve les légumes à plus forte valeurs ajoutée il faut voir ce qui est produit sur le reste de la ferme, si il y a de l’achat revente etc ...

    La commercialisation : vendre des aromates, des mini légumes voire même des fanes de navet à un restaurant gastronomiques ça rapporte bien c’est sûr (peu de temps de travail, forte valorisation du produit) Mais je ne suis pas persuader que si on va voir du coté des maraichers qui n’ont que des marchés et/ou des AMAPcomme débouchés de vente, ce soit aussi rentable. (je crois que pour le Bec Helloin, c’est 50%restos et 50% AMAP)
    De plus, la parcelle étudiée rapporte 37 000€ en moyenne sur les 80 000€ de Chiffre d’Affaire(CA) total. On est sur un rapport 50% du CA sur 1/3 de la totalité des surfaces cultivées. Cela est pour moi un biais non négligeable dans la présentation de cette étude.

    Les temps de travaux : là c’est un peu flou, je ne sais pas qui sont compté (les 2 exploitants ?, les 2 salariés permanents ? les stagiaires en formation ? (qui eux payent pour travailler !)les stagiaires autres (formation type BPREA). Les 1400h/an ne comptabilise pas les 700h/an lié au hors champs (administratif, commercialisation, planification des cultures et des semaines... soit 13h30/semaine) et je trouve cela sous-estimés.

    La fertilisation des sols : avant de mettre en culture un parcelle, les exploitants préconisent 1000T/ha de fumier ce qui représente entre 2000 et 8000 unité d’azote(u N) suivant la nature du fumier (dans le cahier des charge AB, limite=170 u N d’origine animale /ha...)
    Les "couches chaudes" : fumier de cheval sur 40-50cm x 700kg/m3 x 8u N/tonnes= 28 000kg d’azote /ha !!


  • #1547046

    partie 2

    (azote dont un partie se transforme en nitrate, et qui une fois lessivé par les pluie, fini dans les cours d’eau et les nappes phréatique ! Pas très écolo tout ça (ironie !)

    Il y’aurait un tas d’autre points et de détails (et non pas de point de détail hein ! On se calme !) mais je pense avoir exposer les principaux qui, de mon point de vue d’actuel responsable d’exploitation et de futur maraicher bio, montrent que tout n’est pas rose au Bec Helloin et que surtout la permaculture n’est pas la solution miracle. J’ai personnellement vu beaucoup de gens se lancer dans la permaculture et se planter lamentablement parce que persuadés que tout allait pousser tout seul et sans effort grace à Mère Nature et ses insectes ...

    Il y a des chose très inintéressantes sur ce site en Normandie (biodiversité incroyable du à la diversité des cultures et des fleurs, certaines technique culturales, les planches, les buttes etc …) mais le Bec Helloin est surtout un centre de formation, un beau jardin au bord d’une rivière et un lieu avec une communication vers l’extérieur qui est excellente (ils savent se vendre quoi !). Et ce n’est pas un modèle (notament économique) qui doit être porté sur un pied d’estale à ce point.

    Rahan

     

    • #1547112
      le 01/09/2016 par laurent71
      La permaculture est économiquement viable

      Salut Rahan, j’apprécie l’ensemble de ton commentaire, mais t’es sûr de ton coup pour les 1000t à l’hectare ? Habituellement on est plus sur du 100 120t/ha, à 1000 tonnes sur un hectare cela fait plus de 12cm d’épaisseur sur toute la surface !


    • #1547202
      le 02/09/2016 par Yuri G.
      La permaculture est économiquement viable

      Rahan a très bien exposé le biais de l’étude de l’INRA sur le Bec Helloin, sans retirer les qualités de cette exploitation.
      Et oui, je pense qu’il s’agit bien de 1000T de fumier / Ha (ça ne paraît pas aberrant en permaculture, si on part avec un sol très pauvre). Ça laisse donc une idée de l’autonomie de la ferme en terme d’intrants (même si ils sont biologiques). Un modèle qui n’est donc pas reproductible partout, surtout avec la crise de l’élevage qu’on connait dans la plupart des régions.

      C’est pas la première fois qu’une étude de l’INRA est biaisée, mais on dirait que ça leur arrive même quand il veulent "défendre" l’agriculture biologique.


    • #1547246
      le 02/09/2016 par Monsieur Michu
      La permaculture est économiquement viable

      Ah, ah, ah !
      S’il faut apporter 1’000t/ha de matière organique pour restituer 100t/ha de récolte, la belle arnaque !
      Et ça vient d’où, ces 1’000t de matière organique, du pétrole ?
      Nan, il y a des champs autours qui sont chargés d’apporter la paille, les coupes et les "déchets" à composter. De quelle surface de "champs-à-paille" ont-ils besoin ? Ou bien c’est le châtelain du coin qui a 2 hectares de pelouse, et qui leur offre toutes les tontes et les coupes de l’année ?

      Dans ce cas là, on a : 500m2 de référence + 2 hectares hors calcul à la production d’engrais vert. Donc je divise le rendement annoncé par 5.


    • #1547307
      le 02/09/2016 par permaculteur
      La permaculture est économiquement viable

      Rahan va se faire bcp plus d amis en critiquant la permaculture, que d ennemis, car c tjs les modèles qui promeuvent la vie qui sont ainsi critiqués. Il n a rien exposé du tout, car le premier argument est foireux : c est logique que l on ne prenne pas en compte les espaces d allées puisque celles ci ne sobt pas...cyltivees ! 1Ere preuve que l argument ici na aucun bon sens !

      Sur la repartition : sous serre certes, mais il ne faut pas oublier aue nous sommes dans le nord de la France, et que du coup des bequilles sont parfois necessaires, ce que l agricultrue industrielle ne se gêne pas d user franchement, et meme dans des endroits où le climat est clement !! Par ailleurs, si c 50 % des revenus sur 1 tiers de la surface totale, qui vous dit que cette partie n est pas la plus productive et que le reste a besoin de davantage de temps pour se regenerer ? Ou que peut etre les fermiers n ont pas encore tout mis en oeuvre dans le bon sens pour qur la productivité soit maximale ??

      Eh oui, voys etrs prisonniers de la tiedeur des chiffres en oubliant votre bon sens qui vous conduirait à poser les bonnes questions et donc à trouver les bonnes réponses.

      Sur la fertilisation, je ne me prononce pas, ne connaissant pas si ces 1000 t sont vraies ou si ce nest pas encore une fausse information sur un modele qui suscite à coup sûr jalousies et critiques d épiciere. Car qui refuserait d avoir un modele si productif ? Personne, et surement pas la majorité de ceux qui critiquent en avancant des arguments de pollution, une pollution qui ne leur poserait probablemeng aucun pb si l exploitation devait rapporter à ces gens un max de blé !

      Sur le marketing, bcp aimeraient avoir cette qualité de savoir "se vendre", ce serait bien pour que justement leurs produits se... vendent et qur leurs bizness marche bien. Argument donc ultra foireux. Sans parler du fait que tout producteur digne de ce nom est sur les marchés au moins, l AMAP pouvant s y rajouter.

      Globalement une critique affligeante de bêtise.


    • #1547550

      @permaculteur

      Je pense que le sens de mon message est mal compris, je veux juste faire comprendre que la permaculture ne résout pas tout les problèmes et ne devrait pas être présenté comme la solution miracle et que le Bec Helloin est un trop souvent montré comme l’exemple que ça marche forcement. Non tout n’est pas parfait et il faut en être conscient.

      Si on fait une étude, on se doit de la faire correctement. Et c’est aussi ça que je critique, le léger parti pris de l’étude de l’INRA qui nous dis que la ferme du Bec Helloin est aussi productive (et rentable) voire plus que d’autre exploitation en Bio par exemple.

      Lorsqu’un paysan dit qu’il cultive 1 ha de maraichage diversifié, il prend en compte les allées, les passage de roue du tracteur etc( et c’est comme ça dans tous les chiffres fournis par les chambre d’agriculture et autre GAB !!). Or ce n’est pas le cas dans l’étude de l’INRA, ce qui empêche toute comparaison viable entre Bec Helloin et exploitation maraichère bio.Forcement ça fait gonflé les chiffres du Chiffre d’Affaire/m²...

      Pour les serres je ne critique pas leur utilisation, bien sûr que c’est utile et indispensable dans leur région... je critique le fait que la parcelle sur laquelle est faite l’étude comprend la totalité des serres du site et donc forcment ca fait gonfler les chiffres (serres=production à plus haut rendement et légumes qui ont les plus fortes valeurs ajoutées)

      Pour ce qui est de la commercialisation, je ne critique pas le fait qu’ils aient de bons débouchés, mais le fait que ce système ne représente pas la majorité de ce qui se fait dans le reste du pays. Pour une exploitation maraichère diversifiée classique, l’essentiel des débouchés sont : magasins de producteurs, marchés et AMAP (vente directe). Le fait de vendre à un resto gastronomique ne me gène pas et tant mieux pour eux d’ailleurs, mais ne comparons pas cela comme si la vente à un resto gastronomique et la vente en marché/AMAP sont comparables. Ce ne sont pas les même prix de ventes entre les 2 et les mêmes produits.

      Pour la fertilisation, les 1000T/ha (valeur trouvée sur un document du site du Bec Helloin) sont pour la mise en culture d’une nouvelle parcelle, ça peut passer mais là encore c’est le flou dans le rapport d’étude. On sait que les années qui suivent la 1ère années, ils apportent 20-25t/Ha de fumier frais avant les cultures (ce qui est préconiser en AB).


    • #1547551

      Où sont elle dans le rapport ?

      « Eh oui, voys etrs prisonniers de la tiedeur des chiffres en oubliant votre bon sens qui vous conduirait à poser les bonnes questions et donc à trouver les bonnes réponses. »

      je vous invite à aller sur le bas de la page de l’INRA contenant cet article : « IL ÉTAIT IMPORTANT DE PRODUIRE DES CHIFFRES »
      le but de l’étude est du coup plus clair, il s’agit de fournir des chiffres (pour comparaison avec les autres exploitations).
      En ce qui concerne les « bonnes questions » je pense que ma pratique du terrain m’a amené à me les poser et à faire une critique de ce qu’on m’expose ici et de ne pas tout manger sans réfléchir. Ce n’est pourtant pas un mal d’avoir un regard critique et de tirer de mes conclusions ce qui est bon et ce qui est mauvais.
      Pour moi le rapport d’étude ne prouve pas que le Bec Helloin est aussi « performant » qu’on nous le dis (malgré certaine bonnes choses comme l’entretien de la biodiversité, la non utilisation d’intrant, les rotations etc etc)

      « Globalement une critique affligeante de bêtise. »
      Toujours un plaisir de voir qu’exposer des arguments contradictoires peut amener à ce genre de commentaires : )


    • #1547567

      @Monsieur Michu

      Il ne faut pas confondre fertilisation organique (d’origine animale et végétal comme les fumiers, la vinasse de betterave etc) utilisé en bio et la fertilisation minérale (issue de la chimie et du pétrole).
      il est possible qu’un paysans non loin de chez eux leur vende le fumier et la paille dont ils ont besoin , il est possible aussi qu’ils en produisent eux même un partie (car je crois qu’ils travaillent aussi avec des chevaux en traction animale). Mais c’est souvent comme cela le maraicher fait appel à l’éleveur quand il a besoin de fumiers. il s’agit donc de 2 choses bien différentes et on ne peut pas intégrer aux calculs de chiffre d’affaire/m² les surfaces d’un autre paysans !
      Il me semble que la tonte de pelouse est peu voire pas du tout utilisé en mulch.

      @Yuri G.

      Effectivement, ils ont tout de même besoin "d’importer" de l’extérieur leur fumier, et surement d’autre choses (pailles pour le mulch ?). Ce n’est pas de l’autosuffisance.

      Vous avez également bien résumé un point important : la reproductibilité. Le Bec Helloin est un lieu unique, non pour ses réussites et ses échecs mais parce qu’il se trouve sur un lieu soumis à des contraintes qui lui sont spécifique : climat, type de sol, localisation par rapport aux débouchés de vente etc.. C’est ce qui fait qu’il est difficile de reproduire la même chose ailleurs et c’est pourquoi, de mon point de vue, la comparaison avec d’autres exploitation est difficile et peu pertinente, surtout telle que nous le présente l’étude.


    • #1547607

      @ Rahan

      Je trouve que vous avez assez bien résumé sans complètement enterrer l’expérience du Bec Hellouin. On peut dire qu’il y a du bon, comme du mauvais et qu’il faut faire attention à ne pas les prendre comme exemple.

      J’ajouterai que si aujourd’hui, la ferme peut se targuer d’être performante et rentable, c’est aussi parce qu’ils avaient de quoi tenir financièrement pendant la longue mise en place de l’éco-système. Pour avoir lu leur bouquin, ils y expliquent bien avoir failli tout arrêter car ils avaient peu de rendement les premières années (ils ne sont pas du milieu, il faut le rappeler) et qu’ils sous-entendent avoir pu continuer grâce à leurs économies...et probablement des soutiens (de la Région).

      Bon nombre d’expériences de ce type échouent régulièrement pour cette raison : manque de fond le temps de construire l’éco-système et manque d’expérience (ce qui rallonge le temps nécessaire).


    • #1547690
      le 02/09/2016 par Permaculteur
      La permaculture est économiquement viable

      La contradiction n’a rien de bête en soi, c’est son contenu qui la rend stupide. Donc ta dernière phrase est un sophisme, un mélange logique, un gloubibouga indigeste.

      Tes paroles avancent les faiblesses du système, qui sont ce qu’elles sont, et il n’est pas question de dire que la permaculture sauvera les hommes ! Bien sûr que non ! Car le vrai système à critiquer, c’est notre modèle socio-économique dégénéré qui taxe dès lors que l’on promeut la vie et les lois de la vie, alors que quand tu pollues, répands des pesticides, tout va bien ! Un système qui agit dans la promotion de la destruction, tant de la nature que des relations saines les uns avec les autres, et qui fait l’exact contraire de ce qui rend la vie possible et belle !

      Forcément, un système permaculturel, qui lui agit en fonction de ces lois qui étaient déjà là avant nous, peut dans ces conditions avoir des difficultés et devoir passer par des béquilles, comme les stagiaires qui payent, pour survivre dans un monde qui ne cesse de la plomber. C’est ça la vérité. Les faits sont là, et tu n’as rien à y répondre de concret, si ce ne sont des arguments d’épicerie et des études à n’en plus finir, où les hommes passent leur temps à faire tourner la boite à poux.

      Puisses-tu un jour sincèrement comprendre ce que je dis.


    • #1548569
      le 04/09/2016 par paramesh
      La permaculture est économiquement viable

      @ Laurent, je pense qu’il parle de la création d’un sol maraîcher à partir d’ un sol vierge et là 20cm de fumier je ne pense pas que ce soit de trop, loin de là (après cela dépend aussi du type et de la qualité du fumier mais je ne t’apprends rien)


  • #1547217
    le 02/09/2016 par bistouri !
    La permaculture est économiquement viable

    Le fait d’être viable économiquement en France est toujours une performance !


  • #1547230
    le 02/09/2016 par goy pride
    La permaculture est économiquement viable

    A prendre avec des pincettes. A mon avis la permaculture c’est productif, même beaucoup plus productif que l’agriculture conventionnelle, mais ce n’est pas rentable (en maraîchage strict) selon le paradigme économique actuel à moins de vendre les produits à des prix indécents et/ou de bénéficier d’une main d’oeuvre gratuite voire même qui accepte de payer pour bosser (stages de "découvertes", de "formation" payants...)
    Le facteur limitant de la permaculture c’est l’énergie et le temps qu’est capable de consacrer un individu sur une unité de surface. Dans les sociétés traditionnelles on ne comptait pas le temps ni l’argent ou plutôt on les comptait différemment qu’aujourd’hui, c’est à dire quand un paysan avait besoin de main d’oeuvre supplémentaire en dehors de quelques journaliers qui se contentaient d’une misère, de vin à volonté et de solides repas chauds, il pouvaient compter sur ses voisins, cousins, frères, femmes et enfants...pour venir prêter main forte et ceci gratuitement selon la logique du don et contre-don dans une communauté où les individus sont liés de manière organique. Aujourd’hui c’est la machine qui rempli ce rôle de la main d’oeuvre. Nous pourrions envisager un retour au système ancien mais le problème c’est que cela nécessite une restructuration complète des rapports sociaux et économique, sinon on va avoir un système d’exploitation où des chômeurs, migrants...seront "invités" à bosser pour des clopinettes, genre l’équivalent de 500 euros mensuels, dans des fermes permacoles dans une société où un salaire de 2000 euros net suffit à peine à vivre normalement...
    Je ne dis pas ça pour décourager les initiatives en permaculture car cette agriculture est bien l’avenir de l’agriculture. Mon propos est de rappeler que sa viabilité dépendra aussi d’une restructuration complète des rapports sociaux et de l’économie...


  • #1547242

    Ma femme a voulu m’offrir une formation chez eux... J’ai voulu en savoir plus. Le prix est très excessif ! Et à la lecture du programme, on en connait déjà la moitié si on a regardé quelques vidéo de l’assos brin de paille et lu un peu sur la permaculture. J’ai donné des cours (pas de perma) à des particuliers, je sais combien ça coute. Ils ont trouvé un filon pour les bobos, comme une connaissance qui à fait la formation et qui correspond aux pigeons visés par le mirage. Dommage.


  • #1547359
    le 02/09/2016 par Ciceron
    La permaculture est économiquement viable

    et voilà, c’est reparti.

    une bonne idée à la base, fichue en l’air par des pinailleurs rigoristes de tous poils qui, plutôt que de critiquer légitimement les avantages et les limites de ce mode de production, en admettant qu’à ce stade tout n’est pas encore réglé, crient à l’arnaque, la manip’, le miroir aux alouettes etc. etc.

    j’habite en Ile de France, région saturée (entreprises, réseaux routiers, villes nouvelles etc. etc.) et je rêverais ! que la Présidente de la Région, plutôt que d’inviter de nouveaux sièges sociaux à la Défense, ou pousser des projets idiots de complexes centre de loisirs/centre commerciaux s’engage dans un projet ambitieux d’agriculture alternative (je laisse le choix du terme adéquat) avec l’objectif de : donner du boulot, produire de qualité, assurer l’indépendance ou quasi-indépendance alimentaire de la région.

    quitte à partir sur des projets/études à grande échelle, et à tirer les leçons des erreurs commises.

    on devrait bien arriver à dégotter quelques (dizaines, centaines ?) de millions par un tel projet, et réunir des experts de bonne volonté pour cela.

     

    • #1547506
      le 02/09/2016 par laurent71
      La permaculture est économiquement viable

      si pour produire en partant d’une terre pauvre, il faut 1000 tonnes à l’hectare de fumier, mon pépé avait bien raison, la richesse des terres pauvres c’est l’élevage...


  • #1547442
    le 02/09/2016 par Telecaster
    La permaculture est économiquement viable

    Pour autant que je la comprenne, la permaculture est non seulement viable mais absolument nécessaire, mais sous la forme appropriée , en petites unités locales . Une unité de production par hameau, par quartier , par lotissement . La localisation idéale pour un potager en permaculture étant devant sa fenêtre de cuisine . Mais ceci suppose une condition qui est de nature politique : l’accès au foncier , soit par propriété soit par jouissance .
    Quant à la main -d’oeuvre nécessaire , pourquoi ne pas employer les bénéficiaires de Rsa au plan local sur leur commune ? Un tel modèle menacerait gravement les lobbies chimiques et la grande distribution . Des citoyens payés par l’état pour produire des biens de première nécessité . . .
    En attendant il faut encourager tous les propriétaires de maisons individuelles à faire un coin-potager et à couvrir leur sol avec leurs tontes de pelouse , tailles de haies , feuilles mortes et épluchures , Récupérez l’eau de pluie, bricolez-vous une petite serre .


  • #1547514

    Je n’ai absolument rien contre la permaculture, mais je ne comprends pas pourquoi tout le monde focalise sur ce mode de production, comme s’il était le seul, ou s’il présentait LA solution à... Je ne sais pas quel problème en fait.
    J’imagine que les gens s’imaginent que la terre est chère et qu’ils sont condamnés à optimiser de petites surfaces, que la mécanisation surtout fait peur en raison de ses coûts.
    La culture tout court c’est bien aussi. Faut pas avoir peur du travail c’est sûr.
    Mais la terre n’est pas si chère, au pire elle se loue pour très peu, surtout dans le maraîchage, et un tracteur non plus n’est pas si cher, sans parler des occasions.

    Avec 10 Ha, un tracteur, et 5 personnes, nous produisons des dizaines de tonnes d’à peu près tout, en maraîchage bio dans le sud.
    Bien sûr c’est un métier la terre, et ça ne s’improvise pas je pense, mais ça peut s’apprendre.

    Quant à la production en bio, il n’y a aucun soucis à se faire
    En ce moment je m’occupe pas mal des courges, on a passé les 15 tonnes déjà, et c’est pas fini... on sera pas loin des 20 à la fin.
    Bon ça pèse vite c’est sûr, et je ne saurai plus dire combien de graines on avait mis, ni la place qu’elles prennent exactement, je dirai 1 ha grosso modo.

    Je connais des gens en conventionnel qui produisent moins que nous sur des exploitations équivalentes.


  • #1547671
    le 02/09/2016 par Philippe.G
    La permaculture est économiquement viable

    Bonsoir,
    Agronome, j’ai travaillé 25 ans successivement dans la production, son encadrement et son financement. Je suis un adepte de la matière organique et ne peux que partager les avantages de la permaculture.
    Le reportage laisse entendre que ce système est économiquement viable ce qui est possible avec peu d’équipements et beaucoup de travail manuel (attention aux tempéraments nonchalants !). Mais on comprend à la fin que la commercialisation se fait en direct dans un magasin fermier.
    J’attire votre attention sur le fait que les systèmes de production fermiers et de vente directe sont par nature rentables, pour peu que le producteur ait un niveau d’activité et une technicité correcte. La raison tient au fait que le prix de vente des denrées est au cours du marché intérieur européen qui est un des plus lucratif du monde (Pas étonnant que les Américains sont intéressés par le TAFTA). Les producteurs "normaux", ceux qui vendent au négociant ou à la coopérative sont rémunérés au cours mondial (c’est à dire le prix le plus bas du monde), ce qui est une escroquerie gigantesque car plus de 80 % de la production agricole européenne en volume est consommée sur place. La valeur ajoutée des producteurs est happée par les circuits de distribution et par la Grande Distribution à plus de 70 % des volumes et ce grâce aux subventions de l’UE. En effet, savamment calculées, elles permettent aux agriculteurs de survivre malgré des prix de vente artificiellement bas, mais ne permettent pas de renouveler leur effectifs.

    En bref, il faut être prudent pour attribuer à la permaculture une rentabilité qui provient pour une grande part du bon niveau de rémunération des prix en vente directe.

     

    • #1548357
      le 03/09/2016 par Bananonyme
      La permaculture est économiquement viable

      Très intéressant. Merci.


    • #1548577
      le 04/09/2016 par paramesh
      La permaculture est économiquement viable

      il faudrait peut être aussi s’interesser un peu moins à la rentabilité pure qu’à la qualité et l’efficacité de la production. le but ne doit pas être de produire plus, ou moins cher mais produire efficacement et de bonne qualité. Autrement restez dans le pétrole, il n’y a pas mieux si on se fout des conséquences collatérales.
      en ce sens la permaculture n’est pas efficace pour tous les climats, le fait de faire des buttes surélevées dans des régions sèches et chaudes n’est pas concluant (sauf pour certaines production peu gourmandes en eau comme les tomates)


    • #1550124

      Il faut de l’eau très régulièrement pour la tomate, sinon c’est le cul noir, et pas qu’au pied, pour éviter l’acarien faut un bon taux d’humidité, donc faut de l’aspersion en plus.
      Alors c’est pas les salades ok, mais dire que ce n’est pas gourmand en flotte c’est abusif.
      Rien à voir avec la rhubarbe ou les asperges par exemple.

      Sinon produire un produit de qualité oui, mais si ça n’est pas rentable, et bien on ne produit plus rien et on ferme la boutique.

      La vente directe ça coule de source.


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