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Les méga-accords de commerce détruisent les marchés locaux

L’exemple de l’Asie, avant l’aggravation pour la France

La multiplication des accords bilatéraux et multilatéraux en matière de commerce et d’investissement dans la région Asie-Pacifique contribue à mettre en place un système d’approvisionnement mondial pour les détaillants. Mais ces nouveaux accords accordent également aux détaillants étrangers l’accès aux pays-hôtes et facilitent l’intégration verticale en agriculture. Nombre de ces nouveaux accords multilatéraux, tels que le Partenariat transpacifique (TPP) et le Partenariat économique global régional (RCEP), servent les intérêts de l’agro-business et des grands détaillants.

 

L’industrie alimentaire mondiale est extrêmement concentrée : une poignée de grandes entreprises domine les chaînes d’approvisionnement alimentaire, depuis les grandes exploitations en monoculture jusqu’aux supermarchés. Ceci permet aux chaînes de détail d’étrangler les producteurs locaux en se fournissant auprès de centres de production bon marché au prix le plus bas. En revanche, les politiques d’approvisionnement local permettent aux gouvernements d’acheter des produits agricoles aux agriculteurs locaux, offrent des prix garantis et conservent des stocks et des systèmes de distribution, ce qui sert l’intérêt général. Mais dans le cadre des nouveaux accords de libre-échange, ce genre de mesures sera interdit.

L’un des autres dangers présentés par les méga-accords commerciaux comme le TPP et le RCEP est la proposition qu’on y trouve de permettre aux investisseurs étrangers de poursuivre les gouvernements devant les tribunaux internationaux ; c’est ce qu’on appelle le mécanisme de règlement des différends investisseur-État (ISDS en anglais). Les investisseurs peuvent attaquer en justice et réclamer des montants de compensation illimités et des intérêts composés. Si ces propositions sont acceptées, les mécanismes de l’ISDS autoriseraient les investisseurs étrangers à déposer plainte contre les gouvernements-membres du TPP ou du RCEP qui choisiraient de mettre en place des réglementations désavantageant les investisseurs étrangers, en réduisant par exemple leurs bénéfices. Cette mesure s’appliquerait même quand les pays essaient de protéger l’intérêt public, en adoptant par exemple une taxe sur les sodas ou sur le sucre pour améliorer la santé publique (comme l’ont fait récemment le Chili, le Mexique et l’Afrique du Sud, et comme aimeraient le faire les pays d’Asie.)

Ce numéro du bulletin de veille des supermarchés d’Asie met l’accent sur les conséquences des accords de commerce et d’investissement sur les agriculteurs, les pêcheurs et les vendeurs de rue. Nous commençons avec une déclaration de « La Vía Campesina » sur le commerce, les marchés et le développement, faite à l’occasion de la quatorzième session de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) qui s’est tenue du 17 au 22 juillet 2016 à Nairobi, au Kenya. Nous examinerons ensuite comment la ville vietnamienne de Hanoï a criminalisé les vendeurs de rue, déjà menacés par l’expansion des détaillants étrangers qu’ont entraînée les nouvelles réglementations commerciales. Nous parlerons ensuite de l’expérience d’une organisation thaïlandaise de sécurité sanitaire des aliments qui poursuit le gouvernement thaïlandais pour ne pas avoir réussi à garantir la sécurité sanitaire des fruits et légumes vendus en supermarché.

Lire la suite de l’article sur mondialisation.ca

 

Approfondir le sujet avec Kontre Kulture

 

Le TAFTA contre les terroirs, voir sur E&R :

 



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3 Commentaires

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  • #1545665

    C’est à une plus grande échelle, ce que les supermarchés ont fait aux épiciers de quartier. Pousse toi de là que je m’y mette ! L’argent des citoyens s’évapore verticalement dans les strates supérieures et n’est que peu réinjecté dans la population. C’était au consommateur de faire valoir son énorme pouvoir et il a fait le choix du supermarché. Reste le supermarché en coopérative, pour redistribuer la monnaie à l’horizontale.

     

    • "C’était au consommateur de faire valoir son énorme pouvoir et il a fait le choix du supermarché."
      Un peu simpliste ce raisonnement... Vous devez etre bien jeune pour ecrire cela, je rappelle que l’installation des super marché en France date des années 70 (80 pour les hypers), que le depart a eu lieu dans le Finistere (fin des années 60) avec Leclerc puis quelque années apres dans le Nord avec Mulliez (Auchan). Au depart c’etait des entrepôts avec simplement quelques produits mais 30% moins cher. Il etait logique que les consommateurs aillent acheter le même produit (exactement le même) dans le magasin qui vend 30% moins cher.
      Ensuite la gamme des produits s’est etendu, puis le nombre de magasins. Le pouvoir du consommateur consistant à faire du bouche à oreille pour dire ou se trouvait le produits le mons cher (bien avant la pub comparative via la TV). Logique qd on a un petit salaire...
      C’etait plutot aux concurrents de copier Leclerc pour empêcher le futur oligopole à venir et aux syndicats de se battre pour le pouvoir d’achat et de ne pas laisser comme seul critere "le prix le plus bas"...
      Le consommateur a fait le seul choix qu’il pouvait faire !!!!


  • Ça fait depuis des dizaines, (voir une centaine ?) d’années qu’on sait ça. Un petit peu de logique suffit à voir les effets de l’internationalisation et de la mondialisation du commerce. Un gamin de 10 ans saura vous répondre que si on ouvre la court de récré. à des voyous plus fort sans régulation ou des régulations qui leurs sont favorables, ça va mal se passer pour lui.