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Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 : chronique d’un mensonge vivace

Présentée dans les manuels scolaires comme une conquête de haute lutte, la prise de la Bastille se résume à la reddition d’une prison à laquelle la légende prête d’abriter des victimes de l’arbitraire royal, mais au sein de laquelle sont en réalité détenus 7 prisonniers – 4 faussaires, 1 libertin et 2 fous –, défendue par 32 Suisses et 82 Invalides, et dont le gouverneur refusa de tirer cependant que les émeutiers brandirent bientôt sa tête au bout d’une pique. Quelques semaines après un fait d’armes que les Révolutionnaires eurent beau jeu d’ériger en symbole, l’un des rares témoins de l’ensemble du siège livre un témoignage rétablissant une vérité pourtant encore ignorée par nombre de nos concitoyens...

Avant la publication des relations des témoins oculaires du siège de la Bastille, les légendes les plus fantastiques avaient circulé dans Paris sur ce prodigieux événement. On disait, et tout le monde répétait que Bernard-René Jordan de Launay, gouverneur de la prison, avait, en leur promettant des armes et des munitions, attiré dans la cour du gouvernement trois à quatre cents hommes, et qu’ensuite il avait fait relever les ponts-levis de l’avancée et fusiller les malheureux qui avaient ajouté foi à sa parole. Cette trahison odieuse, pouvait-on lire encore, avait rendu furieux ceux qui étaient restés au dehors ; ils avaient attaqué avec une ardeur sans égale cette redoutable forteresse et après un court combat ils s’en étaient emparés d’assaut.

Ces bruits populaires se retrouvent dans toutes les correspondances écrites aussitôt après les événements, aussi bien dans les dépêches des ambassadeurs et autres agents diplomatiques que dans les lettres des députés, des journalistes et des particuliers. Cela s’explique aisément. La foule qui se pressait aux abords de la Bastille et dans les cours extérieures ne pouvait pas bien voir ce qui se passait aux points d’attaque où, en raison du défaut d’espace, se trouvaient seulement quelques combattants. De même le bruit de la fusillade et l’éloignement l’empêchaient de comprendre ce que du haut des tours criaient les assiégés. Elle adopta la version qui répondait le mieux à ses passions surexcitées et elle la répandit dans toute la ville qui l’accepta.

En 1821, François-René de Chateaubriand écrit dans ses Mémoires d’outre-tombe (publiés en 1848) au sujet du 14 juillet 1789 :

« Prise de la Bastille. J’assistai, comme spectateur, à cet assaut contre quelques Invalides et un timide gouverneur. Si l’on eût tenu les portes fermées, jamais le peuple ne fût entré dans la forteresse. Je vis tirer deux ou trois coups de canon, non par les Invalides, mais par des Gardes-Françaises, déjà montés sur les tours. De Launay, arraché de sa cachette, après avoir subi mille outrages, est assommé sur les marches de l’Hôtel de Ville ; le prévôt des marchands, Flesselles, a la tête cassée d’un coup de pistolet : c’est ce spectacle que les béats sans cœur trouvaient si beau.

Au milieu de ces meurtres, on se livrait à des orgies, comme dans les troubles de Rome, sous Othon et Vitellius. On promenait dans des fiacres les vainqueurs de la Bastille, ivrognes heureux, déclarés conquérants au cabaret ; des prostituées et des sans-culottes commençaient à régner, et leur faisaient escorte. Les passants se découvraient, avec le respect de la peur, devant ces héros, dont quelques-uns moururent de fatigue au milieu de leur triomphe. Les clefs de la bastille se multiplièrent ; on en envoya à tous les niais d’importance, dans les quatre parties du monde. Que de fois j’ai manqué ma fortune ! Si, moi, spectateur, je me fusse inscrit sur le registre des vainqueurs, j’aurais une pension aujourd’hui. »

Lire la suite de l’article sur france-pittoresque.com

L’histoire loin des manuels scolaires, sur E&R :

 



Article ancien.
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36 Commentaires

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  • Saine rectification ; on oublie trop souvent d’ailleurs (centro-parisianisme oblige), que ce que les historiens du système appellent abusivement la "pré-révolution" en 1788, est en fait la vraie et seule révolution (dans le Dauphiné, à savoir la journée des tuiles et l’assemblée de vizille, arguant juste de demandes rationnelles, c.à.d d’un pouvoir plus équitable et moins centralisé).
    Paradoxe ou pas, c’est par obsession à centraliser cette révolution sur Paris que les jacobins en ont accentué la raideur tyrannique (la terrible loi du 22 allant dans ce sens.....)

     

    • Pour moi, c’est surtout les Journées des 5 et 6 octobre 1789 qui sont la vraie révolution français.

      Une révolution qui ne voulait pas se faire contre le roi mais qui exigeait de lui qu’il fasse son travail en "nourrissant son peuple" (comprendre : mettre au pas les spéculateurs qui affamaient les gens en augmentant abusivement les prix du grain). Une révolution qui ne cherche pas à tout détruire pour détruire mais à améliorer une situation désespérée où des mères de famille sont obligées de venir avec leurs enfants au prix de leur vie.


  • Vivement l’instauration d’une nouvelle monarchie !


  • En dernier ressort c’est toujours l’armée qui décide . Si l’armée était restée fidèle à la monarchie, la Révolution ne serait pas passée . Seulement la monarchie s’est aliénée l’armée en 1783 : à cette date l’Ordonnance de Ségur décida de réserver les hauts grades, à partir de celui de capitaine, aux nobles ; du coup les sous-officiers se virent rester sergents jusqu’à l’âge de la retraite : ils cessèrent de soutenir le régime et se rallièrent tout de suite à la Révolution qui allait leur offrir les carrières qu’ils méritaient : Murat, fils de cabaretier, soldat en 1789 finira commandant en chef de la cavalerie de l’empire - avant d’être fusillé par les napolitains .

     

    • Pas faux, d’ailleurs c’est Napoléon & fils qui a (ont) assis la révolution, puis la République avec la maçonnerie en début 1900 a écarté les officiers trop catholiques avec la fameuse affaire des fiches.

      Y a aussi la séduction du pognon de plus en plus prégnante.


    • A "dédé" : c’est Napoléon et fils qui ont assis la révolution et la république !! Horreur, certains connaissent l’histoire de notre nation comme d’autres le coran !
      Napoléon le grand à justement annulé les effets pervers de la révolution (pas française mais financée par les anglais pour les nobles apatrides). Plus de terreur (la guillotine pour ceux qui confondraient), création du concordat (anniversaire aujourd’hui) qui permet de remettre en avant la religion catholique (la religion catholique est la première religion des Français à dit le premier consul ; et il est donc naturel qu’elle soit subventionnée) !! Les rabbins et les pasteurs protestants qui adhèrent au concordat bénéficient des mêmes aides. Bref, rien de francs maçons là dedans !! Si aujourd’hui une "religion-secte" est favorisée par l’état on sait laquelle c’est et les religions "officielles" elles ne sont plus aidées mais au contraire contraintes d’entrer dans le moule oeucuménique des Cazeneuve et compagnie. Alors ne prenez pas les gens pour des ignares !!


  • Et oui, et c’est pourquoi si on doit s’émanciper du système, il faut commencer par ne pas utiliser une symbolique crétine. Un "mouvement du 14 juillet" c’est juste n’avoir rien compris au film. Et une révolte violente n’est jamais la solution si elle n’est pas structurellement coordonnées et motivée par un projet sérieux.

    Dire on va reprendre les clefs de la boutique et ensuite on réfléchira est la pire des erreurs. Si on doit faire tomber le système et même utiliser la force, il faut que tout un processus soit établi préalablement afin que rien ne soit laissé au hasard, et surtout à la meute ... Parce que ne nous trompons pas, la psychologie des foules est un phénomène qui ne peut être maitrisé que par un système hiérarchique, vertical, qui oriente les opérations.

    Vu l’aigreur et l’impatience qu’on est nombreux à entretenir vis-à-vis du système, on pourrait facilement partir en sucette et que ça finisse en boucherie pas Halal pour deux sous. Avec tout les risques de se faire spolier et détourner le mouvement et rattraper par le système.

    Des fois je me dis qu’il faudrait une sorte de Grand Manuel d’une Révolution Réussie. Qui développe tout les aspects d’un renversement du système et qui servirait de livre de chevet à tous ceux qui souhaitent que ça change et qui pensent que rien ne se passera à travers le système lui même (les urnes). Afin qu’un fois le moment venu on soit plus ou moins tous sur la même longueur d’onde sans pour autant avoir eu des contacts entre nous.

    A savoir que si demain je monte un camp d’entrainement à la Révolution. Il sera au mieux infiltré et surveillé, au pire interdit rapidement. Clairement on vit un époque où la discrétion va devenir de plus en plus difficile a obtenir. Et que tout projet est susceptible d’être tué dans l’œuf.

    Bref, c’est compliqué et même assez désespérant.

     

    • « De la dictature à la démocratie » de Gene Sharp (trouvable en pdf sur internet)

      Un petit manuel à destination des révolutionnaires. Il aurait servit pendant les révolutions arabes (l’auteur est américain, un « solitaire » dit-on...). On ne va pas se priver des armes que l’Empire nous met à disposition.


    • On ne va pas se priver des armes que l’Empire nous met à disposition.

      C’est sur. D’autant qu’on devrait presque faire comme les CRS qui analysent les vidéos des manifestations pour parfaire leurs techniques. Idéalement (peut être que dans le livre que tu proposes ça cause aussi de ça), il faudrait presque un chapitre complet pour décrire les techniques des CRS et comment les déjouer. Comme au Judo, balance moi un 15 tonnes, je te le retourne comme une couille-basse ;)


    • #1228765

      Un commentaire qui tient la route.


  • Je vous conseille de revisionner "La Révolution française" de Robert Enrico (le diptyque fait pour le bicentenaire...avec des acteurs américains pour jouer les rôles de Danton ou de Lafayette). La description qui y est faite de la prise de la Bastille colle assez peu à l’image de l’héroïsme républicain tant vanté dans les livres d’histoire. Ce qui est assez ironique c’est que l’on a une musique héroïco-dramatique lors de cette scène alors que les violences sont montrées comme étant plus dues aux dérives et à l’indiscipline des émeutiers que parce que le gouverneur de la Bastille aurait été un homme mauvais et intransigeant.
    Qui plus est, la scène où Louis XVI se fait décapiter est assez juste et aurait même tendance à le rendre plus sympathique qu’antipathique.
    Après, je suis pas vraiment d’accord avec le ton anti-robespierriste primaire de la seconde partie, qui épargne les thermidoriens alors que ce sont eux qui ont été responsables des dérives de la terreur (ceci n’est que mon opinion).


  • Ce texte était aux examens en juin 2002 en histoire moderne à Bordeaux pour les premières années du DEUG d’histoire. Je m’en suis bien tiré car manipulé à l’époque je voyais la révolution française comme quelque chose de merveilleux.


  • Les têtes décapitées au bout des piques m’ont rappelé les méthodes de "Daech".Une parenté peut-être parmi les marionnettistes suspects habituels ?

     

  • Vous avez raison de citer Chateaubriand, ses Mémoires sont un prodigieux livre d’histoire qui suffit largement pour comprendre la période qui va de la fin de l’Ancien Régime à Louis Philippe .


  • Il y a aussi cette anecdote : des personnes du peuple insurgées sont ressorties du bâtiment en hurlant et en répandant la nouvelle qu’elles avaient vu à l’intérieur de la Bastille des instruments de torture affreux. On enserrait des corps dans des boîtes en fer qui avaient la forme d’un corps humain pour les torturer ! Horreur !

    Ces "boîtes en fer" étaient tout simplement de vieilles armures rouillées et inoffensives. Le peuple parisien de l’époque ne savait plus ce que c’était qu’une armure, d’où cette interprétation fausse mais qui a fait l’objet d’une "révision" rapide, tout de même...

    C’est curieux, il y aurait un rapprochement à faire, en histoire, à propos de révision de choses fantasmées, des gens qui ont supposé des choses. Mais où ? Quand ? Comment ? Et lesquelles ?


  • Tout le monde sait ça ! Comme les assaillants de La Bastille, vous enfoncez des portes ouvertes.


  • On ne célèbre pas la prise de la Bastille mais la fête de la fédération ( la réconciliation justement ) Si on me demande si je suis favorable à la prise de la Bastille je dit oui car malgré se que vous dite elle à beaucoup aider le peuple ( compromis avec le roi ) Je suis républicain, mais j’admet que l’on doit trouver un compromis avec un pouvoir plus central, absolue mais élu au suffrage universel.

     

    • suffrage universel

      Rien que d’avoir ajouté universel ça devrait mettre la puce à l’oreille que ça sent l’arnaque. Et pourquoi pas le suffrage divin tant qu’on y est. D’autant que le véritable suffrage se trouve en loge. Liberté entre frères, Égalité entre frères, Fraternité entre frères. On le constate au jour le jour et plus le temps passe.


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