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La Petite Histoire – La véritable histoire des mousquetaires

Par Christopher Lannes

Quand on pense aux mousquetaires, c’est l’image, brodée par la littérature et Alexandre Dumas, qui nous parvient. On imagine de jeunes gens épris de justice et tirant l’épée pour la défense de la veuve et de l’orphelin. En réalité, les mousquetaires du Roi, crées en 1622, sont une troupe d’élite spécialisée dans la guerre de siège.

Fer de lance de l’armée, ils s’élancent seuls à l’assaut des brèches de fortifications. Une tâche aussi prestigieuse que périlleuse. Outre ce devoir militaire, les mousquetaires constituaient également une véritable police politique ayant toute la confiance du roi. C’est d’ailleurs le célèbre d’Artagnan qui arrêtera Nicolas Fouquet en 1661. Une image à mille lieues du romantisme littéraire que Christopher Lannes vous propose de redécouvrir dans ce nouvel épisode de La Petite Histoire.

 

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13 Commentaires

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  • #1503547

    En plus les mousquetaires lorsqu’ils devaient partir en "campagnes" (militaires) ils devaient se payer eux même leur cheval, leurs armes, etc ...
    C’étaient quand même pas des "pauvrets" les gars ! (enfin dans les "3 mousquetaires" de Dumas ils galèrent un peu pour boucler leur "budget" ...Mais c’était de la littérature ...)

     

    • #1503592

      Que ce soit dans la bonne littérature ou dans la vraie histoire : l’intendance et les problèmes de financement de l’équipement pour partir à la guerre ont toujours été, quel que soit le pays ou l’époque, un problème vital, plus dur à gérer que l’activité guerrière elle-même.


    • @ Bud le zombi,

      La stratégie pour convaincre les gens armés de partir en guerre a d’ailleurs souvent été de les récompenser par les biens qui se trouvaient sur les terres conquises (histoire du vase de Soisson).

      Sun Tzu considérait même qu’il fallait entrevoir une campagne guerrière de manière à ce que les coûts des troupes soient financées par les avancées de ces mêmes troupes.


  • #1503647

    Tous les pouvoirs ont une police politique pour faire leurs coups tordus.

    D’Artagnan nous donne Charles Pasqua
    Les mousquetaires c’est aussi le SAC

    Quant à la petite noblesse désargentée c’est un vivier où l’on trouve de tout. On les a longtemps appelés les hobereaux ou hobreaux (j’en sais quelque chose, je ne m’appelle pas Lobry, l’hobreau, pour rien). En tant que nobles ils n’avaient pas trop le droit de travailler mais ils pouvaient chasser un peu partout. Ils ont laissé leur nom à un oiseau : (Ornithologie) Un des petits faucons gris-bleu d’Eurasie ou d’Afrique, au vol très rapide, qui pond ses œufs dans l’ancien nid d’une autre espèce et qui ne chasse que les petits oiseaux.

    Peu de gens le savent mais les parents de la Pucelle d’Orléans étaient des hoberaux. A seize ans Jeanne montait très bien à cheval et savait jouter. Va falloir remballer ces histoires de petite bergère. Les parents de Jeanne avaient leurs armoiries. Mais hobereau était tellement déconsidéré à l’époque que lorsque Charles VII a anoblie notre Sainte, Jeanne en a demandé d’autres. Et elle s’est faite appelée Lys (ou un truc dans le genre). Jeanne ne s’est jamais appelée d’Arc de son vivant. Beaucoup d’hobereaux dans les polices politiques. Par tous les temps. L’histoire de Jeanne d’Arc est entièrement pompée sur la Bible. C’est à cause d’une femme Eve/ Isabeau de Bavière que l’on perd le paradis/notre royaume et c’est grâce à une vierge Marie/Jeanne qu’on le récupère. Yolande d’Aragon ne s’est pas trop cassé la tête sur ce coup là.

    Les hobereaux sont des déclassés. Le Taulier en est un aussi. Moi je cumule, hobereau par mon père (le nom) et par ma mère je suis le premier fils aîné à ne pas s’appeler Sampiero depuis François 1er. Mon père trouvait que c’était trop dur à porter à la communale dans les années cinquante.

    Tirez les premiers Messieurs les anglais n’était pas une marque de courtoisie. Leurs pétoires demandaient un temps fou à recharger. Donc, une fois qu’ils avaient tiré les ennemis devenaient des cibles impuissantes avec leurs poires à poudre noires, leurs tiges à bourrer, leurs pierres à sylex à régler et tout et tout.

     

    • @ Lobry.



      Tous les pouvoirs ont une police politique pour faire leurs coups tordus.

      D’Artagnan nous donne Charles Pasqua
      Les mousquetaires c’est aussi le SAC

      Quant à la petite noblesse désargentée c’est un vivier où l’on trouve de tout.



      Curieusement, je me demande si le personnage de James Bond ne s’inspire pas de ce postulat, en version britannique bien sûr.


  • Si vous avez bien lu Dumas, ses mousquetaires ne sont pas si éloignés de ce qui est décrit ici. Ils ne défendaient en rien la veuve et l’orphelin mais plutôt les intérêts de l’Etat et du roi (deux entités ne faisant qu’une d’ailleurs). Ils n avaient d’ailleurs rien de bisounours ni d’enfants de coeur ; voir l’assassinat de Milady à la fin du roman. Dumas ayant toujours une grande estime pour ses personnages ils n’en sont pas moins humains donc parfois capables de cruauté (idem pour Monte Cristo, Gilbert dans Mémoires d’un médecin, etc). Enfin, j’adore Dumas et je pourrai en parler des heures !

     

    • Pareil, j’adore Dumas. Donc j’adore également Auguste Maquet, le co-auteur de quasi l’ensemble de cette oeuvre magistrale. Maquet intervient largement à hauteur de 50 % dans presque tous les livres signés Dumas. Son nom devrait systématiquement être accolé à celui de Dumas. En ce qui concerne les Trois Mousquetaires, il est le créateur de l’ensemble de l’histoire, scène par scène, chapitre par chapitre. Il en a écrit les premiers jets très très aboutis. Dumas est arrivé ensuite et a stylisé l’ensemble.

      Ces chefs-d’œuvres sont dans le domaine public depuis longtemps. Sans retirer ses mérites à Alexandre, quel honnête éditeur aura le courage de rétablir la seule signature possible, Dumas et Maquet ?


    • #1503956

      @ Andromaque

      Mon grand frère, quoique mathématcien de métier (pas celui qui enseigne les maths, celui qui en fait), se targue d’être un très grand spécialiste de Dumas Père. Comme ça j’ai appris des choses. Dumas faisait écrire des passages entiers de ses bouquins par des "nègres". Je suppose qu’au pays des Charlies on doit dire Ghost Writer maintenant pour faire européen et respecter le vivre-ensemble-mon-cul-sur-la-commode. Dumas leur disait :"Pour cette scène là vous n’avez qu’à vous inspirer de tel passage dans tel autre roman". Les types ne se fatiguaient pas, ils recopiaient le passage mot pour mot en changeant les noms. On disait de Dumas qu’il était le seul noir (il était mulâtre) a avoir eu des nègres qui eux étaient blancs. Aussi pour chacun de ses personnages il découpait de petites figurines en carton qu’il posait debout devant lui. A chaque fois qu’un personnage mourait Dumas le dégageait d’une pichenette. Sa hantise était de faire revivre par inadvertance un de ses personnages décédés trois chapitres avant. Alexandre Dumas père a pleuré le jour où il a tué Athos. C’est Dumas fils qui raconte la scène : ’ "Je viens de tuer Athos !". Niff, Niff.

      Quant à Edmond Dantes il n’est pas dans le pardon chrétien.


    • Dumas met au centre le courage, la loyauté, l’honneur, il est accessible et à la portée de chacun. A mettre entre toutes les mains honnêtes.

      Dantès est emblématique de ces valeurs.
      Il se fait justice lui-même, il en a les moyens, le temps, le besoin...
      Entre volonté inébranlable et fatalisme lorsqu’il laisse la providence achever le boulot, il n’est pas un héros infaillible ( sa noblesse est là)..
      Quiconque connait la trahison peut s’identifier à cet homme au charisme hors norme.
      Drôlement inspiré Dumas (and co donc) exceptionnel destin, j’adore !


  • Je recommande cependant de lire ou de faire lire les Trois Mousquetaires à vos enfants (pour ceux qui en ont) : si le style est assez lourd (selon moi, Dumas, brillant plus par ses qualités d’inventeur d’histoire que de styliste), la mise en scène de ces grands personnages historiques (Richelieu, Louis XIII, Anne d’Autriche, Buckingham ...) n’est pas inutile, et donne aux enfants quelques repères historiques, et le souffle de l’épopée.
    A vous de nuancer le roman - sans en gâcher le plaisir ! - en fonction de votre propre culture historique !


  • Aurons-nous droit à La Petite Histoire de Cyrano de Bergerac ?


  • L’occupation de Paris par des hommes d’arme gascon à profondément marqué le folklore de l’époque, créant le terme de gasconnade ou le personnage du capitàn fanfaron. Et une bonne partie de cette petite noblesse était aussi noble que ma grand-mère... (de petite noblesse du Béarn ;) )



  • On imagine de jeunes gens épris de justice et tirant l’épée pour la défense de la veuve et de l’orphelin.



    Ça n’est pas du tout le souvenir que j’en ai pourtant, il y a l’image que s’en font les modernes (qui ne lisent pas), et il y a la substance littéraire réelle. Et Dans cette dernière les trois mousquetaires sont bien d’attachants anti-héros, avec leur qualités et défauts, d’où leur intérêt : le but de l’œuvre littéraire, successeur de la poésie, étant de retransmettre le souffle épique, le panache et le charisme d’une époque (non sans y inclure une dimension idéale et morale) chose que l’historiographie froide ne peut retransmettre. On pourrait évoquer Cyrano également... Derrière la légende un grand fond de matière vivante (vraie) donc...

    Il y a aussi toute la dimension symbolique, présente dans toute œuvre de qualité, D’Artagnan étant le personnage « mercurien » le plus célèbre de la littérature française, comment ne pas le souligner ici... L’esprit restera plus important que la forme (formelle), c’est lui le véhicule...