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Allemagne : l’historienne Ursula Haverbeck, ennemie public numéro 1

Le vieux coucou suisse avait sonné 7 heures. Ursula était déjà levée depuis un long moment. À 89 ans, les rhumatismes et l’arthrite avaient eu raison de ses paisibles nuits du passé. Une certaine inquiétude mêlée de tristesse aussi... Son pays lui faisait mal, de plus en plus mal, et ses forces peu à peu rongées par l’âge ne lui permettaient plus de le défendre comme elle l’aurait voulu.

 

La cafetière fumait sur la table en merisier impeccablement astiquée. Une nouvelle journée s’annonçait et il fallait l’affronter, comme les autres, avec courage, avec dignité. Malgré la fatigue, malgré l’isolement, malgré la solitude... Sur les murs, les photos des défunts de la famille semblaient lui sourire et l’encourager. Elle ne pouvait pas les décevoir, pas plus que ces enfants qu’elle entendait s’éveiller dans la maison voisine, et qui, eux aussi, méritaient la vérité, méritaient le droit de ne pas rougir de leur peuple, de leurs aïeux, de ne pas grandir dans la culpabilité et l’humiliation.

Sur le canapé en cuir craquelé, les napperons blancs brodés donnaient à cet intérieur un charme désuet, hors du temps.

Ursula s’apprêtait à tremper une madeleine dans sa tasse de café brûlant quand de violents coups résonnèrent dans la pièce. Au même instant, des visages cagoulés et casqués apparurent aux fenêtres. La cour était envahie de dizaines de policiers lourdement armés. Le quartier avait été bouclé, des sirènes hurlaient en tous sens, les palpitations lumineuses des gyrophares striaient les murs.

Ursula n’avait pas peur, elle ouvrit la porte d’une main qui ne tremblait que de l’effort que lui demandait désormais chaque geste. Les policiers l’entourèrent. L’un d’un s’apprêtait à lui passer les menottes quand il fût saisi par un accès de gêne, d’embarras, devant cette petite vieille qui lui souriait avec une bienveillance attristée. On la saisit par le bras pour l’entraîner dans un des véhicules de la maréchaussée. Ce soir, elle dormirait en prison.

Elle n’avait pourtant ni volé, ni tué, ni escroqué, ni violenté. Mais elle avait blasphémé. Les tribunaux d’inquisition l’avaient donc condamnée et il était urgent de mettre la société à l’abri d’un tel péril.

Elle rejoignait donc la geôle qui l’attendait.

L’Allemagne était sauvée. La démocratie pouvait respirer.

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