Egalité et Réconciliation
https://www.egaliteetreconciliation.fr/
 
A A A
imprimer

"Ce qui est vrai pour la France l’est tout autant pour l’Église"

Entretien avec Philippe Prévost – Propos recueillis par Monika Berchvok pour Rivarol

L’historien Philippe Prévost dresse une généalogie des causes multiples de la crise profonde de l’Église catholique. Les éditions Kontre Kulture ont eu la bonne idée de rééditer son livre sur le Ralliement, paru pour la première fois en 2001.

 

Rivarol : Pour beaucoup de personnes, le Ralliement de 1892 est un vague souvenir dans l’histoire récente de l’Église catholique française. Pouvez-vous rafraîchir les mémoires de nos lecteurs sur cet événement majeur ?

Le Ralliement est né de l’intervention de Léon XIII dans la vie politique française lors de la parution de l’encyclique Au milieu des sollicitudes le 16 février 1892, encyclique complétée par la lettre aux cardinaux du 3 mai 1892. S’appuyant sur Saint Paul, Léon XIII lui fait dire ce qu’il n’a jamais écrit, à savoir que les catholiques « doivent accepter sans arrière-pensée, avec cette loyauté parfaite qui convient aux chrétiens, le pouvoir civil dans la forme où, de fait, il existe », ce qui revenait à inciter les catholiques qui étaient majoritairement monarchistes à devenir républicains puisqu’en 1892 la République était le régime de fait de la France.

 

Comment les idées libérales ont-elles progressivement conquis les prélats ?

Elles sont nées avec Lamennais et l’énergie avec laquelle Pie IX les a combattues de 1848 à sa mort montre bien que ces idées, loin de disparaître, renaissaient sans cesse en raison de l’idéologie dominante dont elles étaient issues, idéologie venant du siècle des Lumières et de la Révolution française.

 

Quel était le but de Léon XIII à travers sa politique dite de Ralliement ?

Léon XIII avait un but : récupérer les États pontificaux. Après s’être tourné sans succès vers l’Allemagne, il se décida à se rapprocher de la France mais, comme l’écrivait le cardinal Lavigerie à Eugène Veuillot qui avait succédé à son frère Louis à la tête de L’Univers : « (...) mais de la France, il ne peut se rapprocher que si la République qui nous gouverne se transforme et devient conservatrice et chrétienne… Pour qu’on se rapproche, il faut commencer par l’acceptation de la forme constitutionnelle du gouvernement et par la renonciation à l’opposition systématique… ». C’était « embrassons-nous Folleville », et comme Léon XII était très naïf, il a cru aux promesses de certains républicains qui lui promirent de l’aider à récupérer ses États à condition qu’il séparât les catholiques de la cause monarchique. Cette partie du « contrat » fut bien remplie, l’autre ne le fut jamais car de tout temps les promesses n’ont engagé que ceux qui les écoutaient.

 

Comment la République laïque va t-elle accueillir cette « divine surprise » ?

Avec ironie. En effet en contrepartie des concessions pontificales non seulement les républicains ne firent aucune concession mais ils décidèrent d’accélérer la lutte contre une Église qui leur apparaissait si faible en expulsant les congrégations, en rompant les relations de la France avec le Saint-Siège et en liquidant le Concordat.

 

Le Ralliement désarme l’opposition monarchiste en donnant une légitimité à la république judéo-maçonnique. L’évolution du royalisme français vers la pensée maurrasienne fut-elle une réaction à cette rupture de l’alliance naturelle entre le Trône et l’Autel ?

Absolument. À partir du moment où le pape favorisait dans les faits la séparation du Trône et de l’Autel en demandant aux catholiques d’épouser la cause républicaine, les royalistes ne pouvaient plus justifier leur attachement à la monarchie par la religion. Maurras prit donc acte de cette réalité. À la base spirituelle désormais défaillante, il substitua l’étude rationnelle des faits historiques et sociaux qui conduisait, selon lui, au nationalisme intégral c’est-à-dire à la monarchie.

 

La condamnation de l’Action française en décembre 1926 fut le second coup porté à l’opposition anti-républicaine. Pouvez-vous revenir sur les vraies raisons de cette condamnation ?

Pie XI a toujours dit qu’il avait condamné l’Action française pour des motifs purement religieux, mais lorsque l’on compare les accusations accablantes à l’égard des dirigeants de ce mouvement du cardinal Andrieu dans sa lettre du 25 août 1926 (athéisme, négation de la divinité du Christ, négation de tous les dogmes et de toute morale, volonté de rétablir l’esclavage…), lettre approuvée par la pape, à la simple lettre d’excuses pour leurs excès de plume et de langage que Pie XII leur demanda en 1939 pour lever cette condamnation, on ne peut être que sceptique en ce qui concerne les prétendues causes religieuses des sanctions atroces qui furent appliquées aux lecteurs de ce journal pendant 13 ans. C’est un peu comme Jeanne d’Arc qui fut condamnée comme hérétique, schismatique, relapse et sorcière et que Cauchon autorisa à communier deux heures avant qu’elle ne monte sur l’échafaud montrant ainsi que sa condamnation n’avait pas de raisons religieuses mais politiques. Dans le cas de l’Action française Pie XI a poursuivi un double but :
- en politique étrangère soutenir la politique de Briand prônant le rapprochement avec l’Allemagne, ce que l’Action française combattait tous les jours dans son journal ;
- en politique intérieure, terminer le Ralliement en supprimant le mouvement royaliste afin d’obtenir une majorité républicaine modérée à la Chambre car Pie XI a toujours couru, comme Léon XIII, après la chimère des « bonnes élections » comme le lévrier le fait après son lapin mécanique.

 

La pensée de Maurras est-elle pour vous spirituellement compatible avec la doctrine de l’Église ?

Oui et en particulier avec le thomisme, puisque d’une part les grands thomistes de cette époque : le cardinal Billot, le P. Pegues, le P. Garrigou-Lagrange… étaient tous favorables à l’Action française parce qu’il y a une très grande affinité entre la pensée de Maurras et l’« adequatio rei et intellectus ». D’autre part l’Action française a ramené à la foi ou a converti beaucoup d’esprits qui s’en étaient éloignés ou même d’incroyants comme Maritain, Massis, Daudet, Boegner… D’ailleurs saint Pie X a dit de Maurras qu’il était un « beau défenseur de la foi ». Cela peut sembler curieux lorsque l’on sait que Maurras était agnostique, mais cela se comprend très bien dans la mesure où, de même que chez l’homme la grâce ne peut agir que si elle rencontre une bonne terre, de même dans les sociétés Dieu ne peut agir que s’il rencontre des cités ordonnées au bien commun.

 

Quel regard portez-vous sur la crise majeure ouverte par Vatican II ?

Vatican II a été en partie (mais pas seulement) le fruit vénéneux de la condamnation de l’Action française parce qu’en condamnant ce mouvement Pie XI a atteint indirectement le thomisme, laissant la porte ouverte aux théories blondeliennes et modernistes. Or ce sont ces théories qui ont triomphé au Concile avec de Lubac, Hans Kung et Karl Rahner et avec d’autres théologiens et évêques formés du temps de Pie XI. Ces théologiens prétendirent que Dieu ne peut créer les hommes sans les conduire nécessairement à la félicité éternelle ce qui va à l’encontre de tout ce que le Christ a enseigné. Si tel est le cas, il n’y a plus besoin d’Église, ni de sacrements, ni de prêtres. Le Christ lui-même est venu sur terre inutilement. Comme l’a écrit l’abbé de Nantes, en 1939, à la mort de Pie XI, l’Église avait changé d’âme mais personne ne s’en était aperçu. Il a fallu attendre le Concile pour que cette révolution, car c’en est une, apparaisse en pleine lumière. (NDLR : Il y a toutefois une différence fondamentale entre avant et après Vatican II : avant Vatican II les papes sont contre la liberté religieuse, l’œcuménisme libéral, la collégialité, à partir de Vatican II les occupants du siège de Pierre sont pour. Léon XIII et Pie XI ont pu prendre des initiatives contestables ou inopportunes sur un plan politique et prudentiel, dont les conséquences n’ont certes pas été positives pour l’Église et la chrétienté, mais cela ne remettait pas en question leur orthodoxie et leur infaillibilité doctrinales. On ne peut en dire autant à propos de ce à quoi on assiste depuis Jean XXIII.)

 

Du ralliement à Vatican II, le légalisme des catholiques français n’est-il pas leur principal handicap ?

Plutôt que de parler de légalisme, je parlerais plutôt de leur lâcheté. Comme disait Drumont, si les préfets avaient demandé aux catholiques de se présenter le dimanche à midi pour se faire botter les fesses, ceux-ci se seraient présentés à midi moins le quart pour ne pas les faire attendre. Il faut ajouter que les catholiques français ont quelques excuses car ils ont été désarmés par leurs propres chefs. Comme dit le proverbe breton : c’est par la tête que pourrit le poisson. Quand cela va mal, ce sont les têtes qu’il faut changer. Ce qui est vrai pour la France l’est tout autant pour l’Église.

 

Propos recueillis par Monika Berchvok

 

Se procurer L’Église et le ralliement chez Kontre Kulture :

Lire également chez Kontre Kulture :

Retrouvez Philippe Prévost, sur E&R :

 



Article ancien.
Les commentaires sont désactivés



Alerter

18 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

  • " La crise profonde de l’Eglise catholique " vient de la diffusion générale de l’esprit scientifique . Comment oser parler de la "conception virginale" de Marie aujourd’hui ?

     

    • Sauf le respect que je vous dois, j’affirme qu’il n’y a aucune incompatibilité entre le catholicisme et ce que vous appelez l’esprit scientifique, que j’appellerais plutôt l’esprit tout court.Les grands penseurs du 17ème siècle étaient tous profondément croyants (Descartes, Malebranche, Pascal..)
      Quant à la conception virginale de Marie, elle peut sembler effectivement saugrenue, mais songez qu’aujourd’hui, il n’existe aucune, je dis bien aucune, théorie biologique cohérente sur l’origine de la sexualité (dimorphisme mâle/femelle) si bien que la science académique, qui apparait si triomphante et sûre de ses fondamentaux (qui brillent par leur cruelle absence) ferait bien de se remettre au boulot au lieu de se reposer sur ses lauriers, déjà passablement fanés.


    • Descartes n’a absolument pas l’ "esprit scientifique". Le rationalisme qu’il prône s’oppose radicalement à l’empirisme et à la preuve par l’expérience. Ses propos sur le doute ont fourvoyé des millions de lycéens, trompés par des professeurs de philo incompétents.



    • Comment oser parler de la "conception virginale" de Marie aujourd’hui ?



      Si on conçoit que Dieu existe et qu’Il est transcendant, alors on conçoit qu’il existe une sur-nature, au-delà ou au-dessus de la nature. Dieu étant le législateur de la nature, n’est pas contraint par ses propres lois.
      Dieu peut donc très bien avoir permis à Marie, outrepassant miraculeusement les lois de la nature, de concevoir et d’enfanter en étant vierge. Il en va de même pour tous les miracles.

      Ajoutons que les hommes d’hier n’étaient certainement pas plus ignorants que nous de la façon dont naissent les enfants, et n’avaient donc pas plus de raison de croire qu’une vierge ait pu naturellement concevoir et enfanter.
      La vierge Marie a toujours été présentée comme un être exceptionnel, privilégié de Dieu.

      Ce qui vous empêche de le concevoir, c’est votre carcan matérialiste/ panthéiste.


  • Prions pour que le bon-sens et la fidélité du Saint Sédévacantisme ne soit que de courte durée et que le Saint Pape arrive. Prions pour avoir de Saints prêtres et que Dieu châtie les dégénérés de l’église de Vatican 2 comme il se doit.

    "Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi." Apocalypse 3:15-19

    Vous serez vomi et le jour du jugement général vos pêchés seront vu de tous. Un mystère, nous pourrons voir les pêchés de tout le monde.


  • Histoire d’une décomposition programmée de l’église du Christ par les fils du siecle des "lumières " ( sataniques ) en l’infiltrant méthodiquement : M. Prévost éclaire en précisions et nominativement pas mal de zones ombragées de cette descente aux enfers ! ... après ,... l’arianisme en son temps avait fait des ravages sans précédents et l’église s’en est " sortie " donc rien n’est perdu !


  • Grossomodo, Mr Prévost explique que l’Eglise Catholique, pourtant divine, qui ne peut se tromper et nous tromper, s’est trompée depuis au moins un siècle... Très sincèrement, je ne crois pas à la thèse du ralliement, à mon avis, c’est beaucoup moins simpliste que cela.

     

    • C’est pourtant simple. Dès la 4ème session du concile vatican 2 et le texte Dignitatis humanae sur la liberté religieuse, ils créent une autre église, ils en sortent, ils s’en extirpent, je cite : « … Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil ». Alors que Léon XIII écrivait dans Immortale Dei :
      « Si l’intelligence adhère à des idées fausses, si la volonté choisit le mal et s’y attache, ni l’une ni l’autre n’atteint sa perfection, toutes deux déchoient de leur dignité native et se corrompent. Il n’est donc pas permis de mettre au jour et d’exposer aux yeux des hommes ce qui est contraire à la vertu et à la vérité, et bien moins encore de placer cette licence sous la tutelle de la protection des lois »
      Ou,
      « Nous pouvons (…) faire de la liberté des cultes un argument ad hominem contre ceux qui, tout en proclamant la liberté des cultes, persécutent l’Eglise (Etats laïcs et socialisants) ou empêchent son culte directement ou indirectement (Etats communistes, islamiques, etc.). Cet argument ad hominem est juste et l’Eglise ne le dédaigne pas, l’utilisant pour défendre efficacement le droit de sa liberté. Mais il ne s’ensuit pas que la liberté des cultes, considérée en elle-même, soit soutenable par les catholiques comme un principe, parce qu’elle est en soi absurde et impie : en effet, la vérité et l’erreur ne peuvent avoir les mêmes droits » P. Garrigou-Lagrange
      Si toutes les religions se valent, le catholicisme n’a plu de raison d’être, ces suggestions maçonniques avaient déjà court au XIXème siècle au sein de l’église d’ou les erreurs catastrophiques de Léon XIII et Pie XI notamment qui devaient en être submergés à longueur de journée, Mariano Rampolla del Tindaro était le cardinal secrétaire de Léon XIII, membre de l’OTO d’Aleister Crowley qui se targuait de pratiquer 150 sacrifices d’enfants par an. C’est pour cela qu’étant donné que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, à la mort du dernier Pape Pie XII en 1958, on dit que les hommes d’église ont quitté l’arche de noé en quelque sorte, en sont sortis pour créer une autre église, celle de Vatican 2. Le plan de Dieu a permis cela, pour nous éprouver, le châtiment sera aussi brutal que ce concile, pour qu’après ce martyr, l’église militante réapparaisse encore plus resplendissante et la secte conciliante finira comme son suicidé de Luther, mal.


    • Attention, je ne crois pas à la thèse du ralliement concernant Léon XIII mais il est clair que le Concile Vatican II sent le souffre... Le Pape Saint Pie X avait déjà, en son temps, prévue la suite d’où la condamnation du Moderniste et autres esprits malsains.
      Toujours est-il que le Pape Pie XII a été condamné par "le peuple" pour n’avoir pas condamné officiellement Hitler alors qu’il agissait en sous marin pendant la 2ème guerre mondiale. Aussi, de nos jours, le Pape François à rencontré le Patriarche de l’église Orthodoxe Russe : officieusement, nous ne savons pas ce qu’il s’est dit entre eux. D’ailleurs, j’ai remarqué par la suite que lors du Concile Oecuménique Pan-Orthodoxe, que peu de gens ont suivi, l’église Orthodoxe Russe (comme l’église Orthodoxe Serbe d’ailleurs), ont refusée de participer à cet oecuménisme et nous pouvons supputer dans tous les sens du pourquoi du comment mais aucune personne n’a de preuve tangible sur ce pourquoi du refus en question.
      Ainsi, un texte concernant la FSSPX était passé sous les yeux du Pape François il y a moins de deux ans, qui avait l’occasion de la condamner, mais ce dernier avait refusé de le faire (un prêtre de la FSSPX m’en avait parlé à l’époque). Alors pourquoi n’a t-il pas condamnée cette structure ? Parce qu’il souhaite l’avaler dans le Moderniste en douceur, comme le pense certain, ou parce qu’un autre plan est prévue en coulisse ? Aujourd’hui, nous n’avons pas assez de recul pour juger et malgré que le Vatican soit officiellement progressiste aux yeux de tous, la FSSPX à toujours l’approbation du Pape, officieusement...
      Bref, les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle : nous sommes d’accord.


    • @Nko
      Pourtant dès le 14 Mars 1937, le Pape Pie XI condamne le nazisme par l’encyclique Mit Brennender Sorge. Pour Peter Godman, ( auteur du livre Hitler et le Vatican, Perrin, 2010 ) Pie XI et Pacelli sont engagés dans la défense du concordat de 1933. Leur volonté de le sauver, contre vents et marées, explique leur recul et le choix de l’encyclique. La thèse est convaincante et sans aucun doute conforme à leur pensée, mais cela ne justifie pas la posture quelque peu morale adoptée par l’auteur. Surtout, il semble oublier une évidence du monde des décideurs : ils n’ont pas le choix entre une bonne et une mauvaise solution, mais entre plusieurs mauvaises. Charge à eux de prendre la moins mauvaise. C’est ce qu’a fait Pie XI.

      Pour Bergoglio et les autres anti-papes depuis 1958 c’est plus simple, au nom des droits de l’homme et du vivre-ensemblisme ils vont chez des populations orthodoxes ou protestantes qui nient le pouvoir pontifical, le saint-esprit qui procède du père et du fils, l’immaculée conception de NSVM, et qui acceptent les prêtres mariés etc etc... Et les protestants eux, nient presque tout. Il a été très mal accueilli en Suède pour lancer l’année du suicidé et le sera aussi dans les pays orthodoxes car on voit un bon arbre à ses fruits et les églises sont vides et les anciens pays catholiques sont bizarrement les plus dégénérés en matière de moeurs. Il n’y va pas dans un esprit missionnaire, liberté religieuse oblige mais plutôt pour ouvrir et pervertir davantage sa secte conciliaire au monde. Prochaine étape le mariage des prêtres et l’arrivée des prêtresses ;-)


    • Je valide votre première partie, nous avons les mêmes références.
      Par contre, je ne conçois pas l’idée que Satan est pris le pouvoir de l’Eglise de Dieu depuis... 50 ans et qu’il en fait ce qu’il veut. Le Concile Vatican II est trouble, certes, mais il est valide (Mgr Lefebvre à également validé ce Concile en son temps).
      L’interprétation de certains points demande clairement à être mis sous la lumière de la Tradition. Cependant, entre les médias qui désinforment les positions du Vatican et le clergé, trop progressiste et infiltré, qui ne suit pas les prérogatives Papale, il y a un monde, d’où ma prudence. Vous parlez d’antipapes Modernistes mais n’oublions pas le bienfait qu’à pu effectuer Benoît XVI vis à vis de la Tradition ; mais encore rappelez vous que l’Esprit Saint a soufflé sur le Pape Jean-Paul Paul II lorsqu’il a tenu à affirmer le dogme de l’Immaculée Conception, qui est aujourd’hui présent dans le Magistère de l’Eglise (donc obligation d’y croire).
      D’ailleurs ce fait est intéressant puisque c’est la Sainte Vierge qui écrasera le serpent n’est-ce pas, or, Satan n’aurait pas intérêt à faire en sorte que le peuple de Dieu puisse croire en cette Immaculé Conception.
      J’ai de nombreux exemples à donner dans ce sens, y compris beaucoup d’explications sur ce qui se passe actuellement, y compris sur les sujets sensibles que vous évoquez (célibat des prêtres, prêtresse) et pour être franc, je suis aussi méfiant de certaines positions tenues dans les milieux Traditionnel (exemple dernière ment sur les Dubia où je suis plutôt du même avis qu’Arnaud Dumouch - même si des inconnus le considère comme hérétique, menteur et j’en passe...) : aujourd’hui, je me réfère à la source, soit le site du Vatican.
      Effectuez votre propre juste milieu, c’est un conseil que je vous donne.


    • Je ne comprend pas votre raisonnement.
      Le Pape est infaillible (cathedra et ex cathedra), il ne peut se tromper sur la foi et les moeurs sur promesse de NSJC. Aux vues des blasphèmes prononcés par les sois disant "papes" depuis Vatican II et des dogmes de ce dernier je ne comprend pas que vous puissiez vous y rattacher. Les portes de l’enfer ne prévondront par contre l’Eglise, certes, mais ne croyez pas que l’Eglise est seulement un édifice enfin. L’Eglise c’est tout les catholiques qui vivent dans NSJC. Elle est malheureusement réduite à un niveau domestique et dépourvu d’un vicaire de Pierre, mais elle existe et elle n’est certainement pas Vatican II. Mgr Lefevbre à effectivement mis un peu de temps avant d’accepter si je puis dire cette triste réalité mais il n’a cessé durant la fin de sa vie de la démontrer et de se battre pour.


    • Virginie :
      Trois canaux de Révélation sont utilisés par l’Eglise Catholique : la Tradition, l’Ecriture et le Pape, le reste n’est qu’édifice, je vous rejoins. (NB : deux canaux de Révélation utilisés par les Orthodoxes Russes : Tradition/ Écritures ; un canal de Révélation par les Protestants : l’Ecriture).
      Quand le Pape tranche et définit un dogme qui finit dans le Magistère de l’Eglise alors nous devons y croire. Le reste ne m’intéresse pas, qu’il fasse le mariole avec un nez de clown n’est pas un problème (ex cathedra), qu’il donne pour conseil de prendre les immigrés chez soi n’est pas un problème (c’est de la Pastorale), c’est d’ailleurs la position de la FSSPX également : ce qui est Pastorale ne concerne pas l’ensemble de la foi de l’Eglise.
      Donc non, pour moi le siège n’est pas vide au sens où vous le croyez. En ce sens, si je reprends mon exemple, je crois donc à l’Immaculée Conception car, même si ce dogme n’est pas explicité dans les écritures, il l’est de par la Tradition des Pères de l’Eglise et le fait même qu’il soit définit dans le Magistère de l’Eglise (par Jean-Paul II).
      Mgr Lefevbre a signé plusieurs documents acceptant Vatican II, le gros du problème est que ce Concile n’est pas penser façon "Tradition" d’où le rôle extrêmement intéressant de la FSSPX qui permet de freiner un clergé trop progressiste (ex : communion donnée dans la main... Par des sœurs !!!). Je suis sûr qu’à l’avenir, un juste milieu s’effectuera et on reconnaitra l’importance d’un Mgr Lefevbre pour ne citer que lui.
      Cela sera mon dernier message, je ne souhaite pas polluer le forum d’avantage.
      Si vous voulez travailler en fonction des positions de chacun, vous pouvez écouter les vidéos de l’abbé Laffite (Sédevac), de l’abbé Billecocq (FSSPX), de l’abbé Laguérie (IBP), Arnaud Dumouch (pro Vatican II et défenseur des positions Papales)... Ensuite vous travaillez les textes officiels via le Denzinger, entre autre.


    • Bonsoir Nko,
      l’infaillibilité pontificale est de mise lorsque le Pape se prononce dans son Magistère ordinaire et extaordinaire. Si alors un Pape vient à contredire l’un de ses prédécesseurs, soit ces derniers se sont trompés (impossible) soit il ne peut être Pape. Il est vrai je ne cherche pas plus loin, parce que tels sont les dogmes de l’Eglise.
      ps : j’ai déjà été attentive aux positions de "chacun", mon bon sens m’a fait me tourner sur celles de M. l’abbé Lafitte (pour reprendre votre exemple), j’ai d’ailleurs été une de ses fidèles.
      Que Dieu vous garde
      Et une bonne année 2017 !


    • Virginie : étant donné votre position, je me suis douté que vous étiez "Sédévacantiste" ;)
      Que Dieu vous garde également, je vous souhaite aussi une bonne année 2017.


    • Permettez moi d’ajouter ma pierre à l’édifice mais il me semble justement que Nko n’est pas sédévacantiste. Il voit du gris alors que c’est noir ou blanc, ça marche ou ça ne marche pas.
      Cette photo avec ce nez de clown est au contraire gravissime car elle décrédibilise le Saint siège. Dernièrement, il s’est acheté une paire de chaussure tout seul, encore cette société du spectacle qu’il adore. C’est ridicule. Attention à ne pas être tiède car nous serons vomi par Dieu. Ayant la grâce immense d’être des enfants de Dieu par le baptême nous avons beaucoup plus de devoirs à accomplir envers Notre Seigneur que pour les enfants du démon ou il sera moins exigeant, forcément.

      "S’il s’agissait d’une erreur dans un acte isolé, pour lequel l’infaillibilité ne serait pas engagée, une résistance passive, discrète, silencieuse, pourrait dans certains cas être admise jusqu’à ce que le pape accepte de revoir la question. Avec les papes de Vatican II, il s’agit de tout autre chose. Il s’agit de tout un ensemble d’actes continus qui sont de leur domaine et qui, de ce fait, sont couverts par l’infaillibilité. Normalement, nous devrions accep­ter toutes ces décisions. Or, c’est la fidélité à la parole de Dieu qui nous impose de résister.
      En effet, c’est par fidélité au saint sacrifice de la Messe que nous refusons la synaxe de Paul VI dans laquelle des luthériens reconnais­sent la cène protestante. C’est par fidélité à l’Église qui a toujours enseigné que « le dogme le plus ferme de notre religion, c’est que hors de la foi catholique personne ne peut être sauvé » que nous refusons leur œcuménisme. C’est par fidélité à l’enseignement catholique que nous rejetons la liberté religieuse. Enfin, c’est par fidélité au dogme qui affirme que l’Église est le Corps mystique du Christ que nous ne pouvons accepter la nouvelle ecclésiologie." Par le père Noël Barbara ( si c’est le père Noël qui le dit... )
      https://youtu.be/hz6wg7QQk_8


  • Le catholicisme portait essentiellement en lui les gènes de sa décrépitude. Toutes ces concessions libérales ont des causes profondes que les catholiques traditionalistes n’expliquent jamais.

     

    • Ce gêne c’est le pêché originel, la tiédeur, l’orgueil, la concupiscence des yeux et de la chair.
      Les plus esclaves de leurs passions devenant schismatiques ou hérétiques par subjectivisme, lié à l’humanisme, par immanentisme, lié au panthéisme et au naturalisme, puis vient enfin le modernisme. Une révolution permanente ou les lois naturelles doivent être perverties et les changements constants et continus. Ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui. Ces analyses remontent aux pères de l’église, puis notamment au docteur angélique Saint Thomas d’Aquin et enfin aux prêtres anti-libéraux du XIXème ( Mgr Gaume, Mgr Jouin, les abbés Lémann, le père Garrigou-lagrange, l’abbé Barruel, Mgr Delassus etc etc... ) A part quelques prêtres tradis plus rien aujourd’hui, en effet, ce qui fait la singularité de notre temps. Su par le très-haut qui de la bouche de Notre Seigneur a pu dire : " Quand je reviendrai, qui sait si je trouverai encore la foi parmi vous..." Le combat de la foi qui par confort, richesse et autres traits de caractères cités plus haut s’est perdu. D’ou la dérouille à venir pour faire comprendre et en sauver le plus possible. On verra pour le centenaire de Notre dame de Fatima cette année mais en 1917, elle disait déjà qu’elle ne pouvait plus retenir le bras de son fils qui s’appesantit beaucoup trop, sur sa France tout particulièrement.
      Cordialement,