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Claude Rich, l’aristo célinien du cinéma français, n’est plus

L’aristrocratie, ça ne s’hérite pas comme chez les Nagy-Bocsa et ça ne s’achète pas comme chez les Rothschild. C’est quelque chose d’indéfinissable (n’essayez pas, c’est du temps perdu), que les autres ressentent, une émanation, un parfum, un magnétisme. Et qui traverse les époques.

 

Claude Rich, lui, est né avec ce truc imperceptible, et il est devenu acteur. Son phrasé délectable, son visage franc de Pierrot, ses yeux écarquillés d’enfant jamais rassasié, tout concourt à un titre de noblesse naturel.

« On vit au théâtre, avec la troupe, on va boire des verres, on dîne ensemble, on reparle de la représentation et on espère, le lendemain, refaire la même chose en progressant »

Comme souvent, il n’a pas été une star du cinéma, mais au théâtre, personne ne l’a oublié. Là, il se goinfrait de grands rôles, toujours les plus grands. Et c’est à la croisée des chemins entre théâtre et cinéma, dans Le Souper, qu’il fait une véritable démonstration de talent, de tous ses talents.

 

 

 

 

80 films, 50 pièces, on ne va pas vous faire le Wikipédia et plutôt vous dire ce que la presse mainstream ne va pas crier sur les toits. Confiné aux rôles de bourgeois, petits et grands, il trimballe son look d’asperge distinguée et sexuellement ambiguë au milieu des gros bourrins des Tontons flingueurs (1963). Un demi-siècle plus tard, les rôles se sont renversés, comme quoi les choses vont vite (mais elles peuvent aussi aller très vite dans l’autre sens, le bon) : ce sont les bourrins machos sexistes qui sont en minorité, et les androgynes qui dominent. Marrant de voir cet acteur célinien jouer à contre-emploi de ses convictions...

« C’est grâce à Céline que j’ai voulu être acteur, grâce à “Mort à crédit”. Ma vie n’était pas aussi misérable que celle qu’il décrit, mais cette enfance ressemblait à la mienne et, ainsi écrite, elle devenait de l’art. J’ai compris que l’horreur pouvait se transformer et je me suis dit que si, un jour, moi aussi j’y arrivais, ma vie de petit orphelin ne paraîtrait pas si triste. »

 

Claude n’est pas passé par la Comédie française, mais par la vie. Il a 4 ans quand son père meurt, et entre au conservatoire pour y être « nourri » et payé. Coup de bol, ses acolytes s’appellent, excusez du peu, Belmondo, Rochefort, Cremer, Girardot, Marielle, ceux qui feront le cinéma français populaire des années 60-70, la parenthèse dorée, la dernière...

À 88 ans, c’était le dernier survivant de la bande des Tontons, ces espèces de Hussards du cinéma vraiment français, c’est donc une grande page du cinéma français qui se tourne. Il est inutile de comparer ces dinosaures qui totalisent dans les 500 films à la génération actuelle, qui fait ce qu’elle peut. Attendons que le temps décante tout cela, et on verra apparaître d’autres Claude Rich.

Si le cinéma français d’aujourd’hui est aussi énervant, infesté qu’il est par les « fils de », les lobbyisés et les promotion canapé, il y a encore de bons acteurs en herbe du côté des comédiens. Le tout, c’est de les voir jouer dans des œuvres pas trop bien-pensantes et ça, c’est pas gagné : l’industrie du 7e Art est verrouillée du haut en bas par les puissances de l’Argent et surveillée par les minorités agissantes. Difficile de ne pas faire aujourd’hui un film socialo-sioniste qui encourage au mélange des genres !

 

 

Claude Rich, qui ne cachait pas son admiration pour Céline, aurait été fusillé par la presse s’il avait confessé cela aujourd’hui. Certes, il y a encore Luchini ou Deutsch, mais c’est uniquement leur talent et leur popularité qui les protègent de la vindicte de l’élite. Les grands talents ne peuvent plus trop ouvrir leur gueule, et personne ne pourra citer un réalisateur fan de Céline ou de Jean-Marie Le Pen, par exemple. C’est devenu tout bonnement impensable, et c’est à ça qu’on mesure le chemin parcouru depuis la parenthèse enchantée incarnée par Rich et ses potes du Conservatoire.

Pour ceux qui ont 20 ans aujourd’hui et qui veulent voir ce qu’est un acteur, doublé d’un comédien, qu’ils louent (pomper c’est mal, a dit en substance à propos du piratage un acteur « comique » qui piquait tout ce qu’il pouvait aux autres) Le Souper (1992) d’Édouard Molinaro. L’histoire d’une nuit de tête-à-tête entre Rich et Brasseur, Talleyrand et Fouché, le ministre de l’Intérieur (chef de la police) de Napoléon... Le père de l’Intelligence française. Autre chose que Valls ou Cazeneuve ! Molinaro, en passant, c’est La Cage aux folles avec le duo Poiret-Serrault, L’Emmerdeur avec le duo Brel-Ventura en 1973, et dans le genre historique, Beaumarchais l’insolent avec Luchini et une distribution interminable.

Claude Rich s’est éteint à 88 ans, à Paris, le 20 juillet 2017. Un prince de la comédie est parti, vive la comédie ! Que la relève se lève !

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