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Contrer l’axe turco-irano-russe en Syrie : les USA en ont-ils désormais seulement les moyens ?

Les États-Unis entendent toujours rester le gendarme du monde et maintenir leur présence dans le monde arabe, malgré les promesses de campagne de Trump. Mais cet objectif est-il toujours réaliste ?

 

Quand Donald Trump avait promis dès la campagne pour l’élection présidentielle en 2015 qu’il œuvrerait pour que les USA se recentrent sur leurs propres problèmes avant de régler ceux des autres, cela valait en réalité davantage pour la sphère économique que pour la diplomatie.

Accusant son prédécesseur de lâcheté et de faiblesse, il changea vite de fusil d’épaule pour tenter de renforcer la présence américaine au Moyen-Orient, délaissé par Obama. Pour l’actuel président, Barak Obama avait laissé un pays en proie au doute, au dialogue, à la modestie, à la fragilité. Les Américains n’ont pas les moyens de faiblir. Le bourbier syrien laissé par l’ancien président démocrate ne pouvait pas trouver une issue sans que les USA s’en mêlent. Pourtant, ils ne sont toujours pas les plus avancés. Déléguant une partie de son influence, conviction et idéologie à son précieux allié fantasque saoudien, Trump savait très bien qu’à l’issue de l’effondrement de Daech, il faudrait forcer le retour américain sur place. Et même si les Américains ne mesurent pas toujours tous les enjeux, c’est ce qu’ils attendent : rester le gendarme du monde et maintenir leur présence dans le monde arabe.

« Make America great again » n’était pas qu’un slogan, il est un programme, tout le programme. Là où Barack n’aurait pas « pu » malgré son « Yes we can », Trump est en train d’offrir sur un plateau doré dont il a le secret, vu ses goûts en décoration d’intérieur, mieux que la grandeur : l’illusion de la grandeur. Peu importe la réalité, peu importe la vérité, tout combat qui est mené pour les Américains, au nom des Américains dans le monde entier, passe par une priorité : les Américains. Et face à l’ennemi russe redevenu puissant et encombrant, et qui a tiré son épingle du jeu lors de la guerre en Syrie en faisant le choix de la stabilisation pour le moment, Trump est désormais prêt à se repositionner dans le moindre confetti géographique du chaos moyen-oriental. Soufflant le chaud et le froid en ayant déjà provoqué la crise du Quartet contre le Qatar en apportant son plein soutien à Mohamed Ben Salmane, le président américain n’a plus les moyens d’envenimer d’autres terrains conflictuels. Il n’a qu’un objectif actuellement sur la Syrie : ne pas laisser la Russie s’installer confortablement et durablement dans le pays de Bachar el-Assad et renforcer son camp avec la Turquie et l’Iran.

Pour cela, l’armée américaine va déjà surveiller la frontière nord de la Syrie afin d’éviter les tensions entre la Turquie et les Kurdes de Syrie, qui sont alliés de la coalition internationale anti-djihadiste et qui se sont battus becs et ongles contre Daech. Le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, affirmait fin novembre dernier : « Nous sommes en train d’installer des tours d’observation dans plusieurs zones le long de la frontière syrienne, la frontière nord de la Syrie. »

Au-delà de ce positionnement stratégique, l’objectif américain est de canaliser l’expansionnisme turc qui pourrait profiter de la situation pour en finir avec ce qu’Erdogan appelle le terrorisme kurde. Bien évidemment, les tensions croissantes avec Ankara ne datent pas d’hier et le soutien indirect de la Turquie à Daech au moment de la guerre en Syrie pour affaiblir les Kurdes n’a rien amélioré. Déjà en avril 2018, l’agence de presse étatique turque annonçait que les États-Unis construisaient deux bases au nord de la Syrie dans la région de Minbej, là même ou les Turcs souhaitaient en finir au printemps dernier avec les groupes kurdes locaux. La région enfin sécurisée avait été reprise à Daech en 2016 grâce à l’action de la coalition internationale, des forces démocrates syriennes et des unités de protection du peuple (YPG), donc kurdes. Mais pour Ankara, cela ne suffisait évidemment pas.

Erdogan qui cherche historiquement à obtenir l’extradition de son ennemi juré, Fethullah Gülen réfugié aux États-Unis et accusé par lui d’avoir fomenté la tentative de putsch de 2016 contre lui, dispose depuis l’affaire Khashoggi d’atouts importants pour faire pression sur Washington et sur son allié saoudien afin de négocier le sort des Kurdes. Les vidéos de l’ambassade à Istanbul sur l’assassinat du journaliste d’opposition valent de l’or.

Lire l’article entier sur francais.rt.com

Le pouvoir profond US et la déstabilisation du monde,
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  • Hé, Hé, ….. Il faudra bien qu’un de ces jours les étatsuniens et surtout leurs dirigeants, comprennent enfin qu’ils n’ont aucun droit de "diriger" le Monde entier, alors qu’ils ne représentent que cinq pour cent de la population mondiale d’une part et qu’ils sont en plein déclin d’autre part !!!

     

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  • Ouais....Sauf qu’en plus, il aurait été bon de signaler que ben salmane et la Russie, en dehors du gros "check five" du G20, s’entendent très bien en coulisse depuis au moins 2014. C’est d’ailleurs l’Arabie Saoudite qui paye pour les livraisons d’armes russes en Egypte depuis au moins 5 ans.
    Dans le cadre de la nouvelle route de la soie, il est évident que ce sont des partenaires "privilégiés", comme on dit, et je ne serais pas étonné qu’on apprenne dans quelques années que les diminution de production pétrolière engagée depuis quelques temps aient étés faites dans le but de provoquer un séisme dans les économies des pays atlantistes. De ce point de vue, ils sont sympas les russes, mais pour eux, nous ne sommes qu’un biais, ou une valeur d’ajustement stratégique. Ce n’est pas sur leur grande morale qui va falloir compter, ils jouent pour eux. C’est normal, mais si il n’y a pas de répondant en face, autant aller se coucher sur les rails. En, prenant un peu de distance, la variation des prix du pétrole s’est engagée pile poil au bon moment, sous-entendu "au moment qu’il fallait pour que çà pête". Après tout, je ne sais plus qui a dit que l’importance de l’énergie est celle que le blé avait autrefois.(ooah ! çà va ! on peut bien reprendre ce qui est dit avec sens).
    Les Etats-unis, avec la politiques protectionniste de Trump ne peut pas lutter. L’hégémonie américaine étant basée sur la distribution de miettes, et la "protection". Avec la guerre commerciale lancée contre la Russie et la Chine (même si on dirait qu’ils commencent à comprendre les effets à moyens termes), et la renégociation des engagements des pays dans l’OTAN, mon avis de petit neuneu sans grande culture, c’est que d’une manière ou d’une autre, le grand cataclysme que "l’on attendait", pour faire table rase des pignoufs qui nous gouvernent en Europe est bientôt arrivé, mais ce sont les peuples qui vont manger des tartines au gravier avant d’en voir le bout. J’espère seulement qu’avant qu’on crève de faim ou de maladie, on ressortira la veuve guillot pour être sur que les coupables payent. Et désolé, c’est là que je vais vous choquer avec une logique presque talmudique, mais si on arrive pas à choper les coupables directs, je ne suis pas contre le fait qu’on fasse payer ceux des leurs qu’on attrapera. Après tout, leur fortune, leur vie, ils ne l’ont eu que grâce à leur morfales d’aînés, et chacun de leurs biftons est tâché de notre sang, et de notre sueur.

     

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