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Entretien avec Damien Viguier sur l’histoire de l’inceste

 

Entretien avec Damien Viguier
sur son nouveau livre La Controverse de Ravenne

 

Maria Poumier : Dans ce sixième volume de vos Leçons de droit, paru aux éditions Kontre Kulture, vous semblez vous éloigner de vos lecteurs habituels, car vous vous centrez sur un casse-tête médiéval « invraisemblable », comme dirait Marc Manant : le tabou de l’inceste. Vos livres antérieurs parlaient de problèmes nettement plus contemporains : le couple parental homosexuel, Pierre Bergé et son procès contre Alain Soral, le terrorisme, le capital, la pédophilie. Qu’est-ce qui vous a amené à donner des leçons de droit canonique à vos lecteurs, qui ne sont pas particulièrement des catholiques fanatiques portés à sacraliser les tribunaux ecclésiastiques ?

Damien Viguier : Mais je pars d’un casse-tête tout ce qu’il y a de contemporain. Pourquoi les familles occidentales sont-elles dans une telle décomposition ? Je vois bien qu’il y a une action depuis le sommet de l’État jusqu’au dernier gendarme pour briser cette cellule, je vois bien que tout concourt à sa dissolution ; je vois aussi que la plupart de nos contemporains ne semblent pas trop s’en plaindre. La question est pourquoi ? Pourquoi une telle différence avec la famille chinoise, la famille juive, la famille arabe etc.. D’où sont partis les occidentaux pour en arriver là ? Je n’ai pas compté les années. Si mon enquête m’avait conduit aux années trente j’aurais parlé des années trente, si ça avait été le néolithique je vous aurais parlé du néolithique. Il se trouve que c’est l’an mil qui est visé. L’Occident prend son élan depuis la fin de la République à Rome, pour un mouvement qui atteint son point culminant en l’an mil, et puis ça décroît jusqu’à nos jours, mais le pli a été pris à ce moment.

 

Avec une surabondance de graphiques généalogiques, vous entraînez certainement votre lecteur à réfléchir avec les infinis scrupules des juristes. Rappelez-nous en quoi s’opposent les liens cognatifs et agnatifs, pour commencer, et les conséquences de leur différence dans le monde moderne. Avec le mensonge sur les origines que veulent introduire les partisans de PMA pour toutes et GPA pour tous, cela ne va-t-il pas devenir confus ? La notion de parent d’intention est-elle appelée à éliminer celles de père et de mère ?

C’est maintenant très clair pour moi. La famille est un concept que nous ne pouvons plus comprendre. Ou plutôt que nous refuserions de comprendre si l’on prenait conscience qu’il repose entièrement sur la distinction des sexes. Et d’abord sur la distinction du père et de la mère. Dans toutes les sociétés avant la nôtre il a fallu choisir. Le lien « agnatique » (ce n’est pas facile à retenir) nous rattache à un clan, à un seul, et dans une société à filiation patrilatérale, c’est un rattachement au clan du père. Sauf exception endogamique anormale, la mère n’est pas du même clan que le père. Avec elle le lien n’est que « cognatique ». C’est absolument fondamental.

 

Vous qualifiez l’anarchie croissante dans les familles occidentales d’aberration. Mais même dans la famille traditionnelle, il y a toujours eu des incohérences, avec d’une part la reconnaissance de la filiation naturelle, et d’autre part les pratiques d’adoption plénière qui sont de véritables mensonges officiels. PMA et GPA permettent des adoptions plénières antérieures à la conception, grâce aux banques de gamètes, qui relèvent de la commercialisation d’êtres humains ; mais le mari cocu qui reconnaissait des enfants de l’amant entrait aussi dans un marché, quelque part : une épouse lui assurant concrètement le gîte et le couvert, des enfants travaillant pour lui et pourvoyant à ses vieux jours, une alliance de fait avec un compère bien utile parfois, tout cela avait déjà une logique de transaction commerciale, non ?

Vos interrogations sont légitimes et elles soulèvent là encore des questions qui ne peuvent pas se résoudre si l’on ne remet en cause notre cadre d’analyse. Je consacre en première partie tout un chapitre, et même deux, à tenter de reconstruire un cadre cohérent. J’ai finalement repéré dans le droit romain trois strates. Il y a la vérité biologique, il y a la vérité juridique naturelle et il y a la vérité juridique civile. On confond les trois, et surtout on refuse de voir la distinction entre le naturel et le civil. Dans une société patrilinéaire le lien avec la mère est purement naturel, avec le père il est à la fois civil et naturel. L’adoption joue normalement sur le fait que la filiation civile n’est pas obligée de coller à la biologie. En revanche la filiation naturelle doit coller à la biologie. Tout cela est évidemment contraire à nos dérives actuelles. Mais c’est un levier qui peut remettre les choses d’aplomb.

 

Le cœur de votre réflexion, c’est ici l’inceste. En droit français, vous nous expliquez que ce n’est pas un crime en soi, c’est juste une circonstance aggravante en cas de viol ou d’abus sur mineur, et la question des droits des deux parents incestueux se règle facilement, on reconnaît ceux de la mère et on dénie légalement toute autorité paternelle au père. Quelles que soient les limites qu’on donne à l’inceste dans d’autres sociétés, il s’agit toujours d’un tabou intériorisé par chacun, qui ne concerne que des cas marginaux, et donne lieu à des décisions judiciaires simples, j’imagine ? En quoi est-ce que c’est tellement central ?

Je n’ai rien dit d’original sur ce point. L’état du droit français est bien celui que j’ai dit. Les anthropologues, les psychologues, les historiens des religions, tous travaillent sur cette question. Et l’actualité des cas Duhamel ou Berry montre que cela reste quelque chose susceptible de remuer l’opinion, aujourd’hui comme en l’an mil. Sur le fait de la marginalité des cas, je dois dire que c’est un choix de méthode. C’est la résolution des anomalies qui nous permet de comprendre les principes. Peu importent les statistiques.

 

Vous opposez les sociétés chrétiennes basées sur l’exogamie systématique, la conception linéaire du temps et le droit du sol aux sociétés sémitiques basées sur l’endogamie, le droit du sang et la conscience cyclique du temps. Mais ce sont là des lois non écrites, relevant de la religion, antérieures aux codes civils. N’y a-t-il pas des conflits de tendance et des interférences, dans la casuistique ? Le droit successoral, qui accorde chaque fois plus de droits au conjoint survivant, sape la logique clanique, dont vous dites qu’elle a été profondément minée par les institutions républicaines, soucieuses de délégitimer les dynasties régnantes, et vous la qualifiez d’hérésie, ce qui relève bien du domaine religieux. Sommes-nous donc toujours sous un régime de droit canonique, sans le savoir ?

Oui, sans doute. C’est ce sur quoi je travaille actuellement. Donoso Cortès disait que la religion est partout, tout le temps. Elle est chez l’anarchiste lorsqu’il nie Dieu. L’athéisme est une théologie. Hegel ne disait pas autre chose. C’est un mensonge de notre temps que cette idée d’une religion ou d’une théologie qui serait coupée du droit. Comme s’il n’y avait que l’islam pour fonder son droit sur la religion ! À toute religion correspond un droit et à tout droit correspond une religion. Et ne parlons pas du judaïsme qui est peut-être la religion monothéiste la plus juridique. On dirait que le mariage et les successions, la famille même sont des matières sacrées par nature, et que toute législation qui s’en occupe tend à prendre position dans la sphère religieuse. C’est intéressant. À quelle religion pourrait correspondre un droit qui prône l’égalité entre parents et enfants, père et mère, fille et garçon, qui autorise même le passage d’un statut à l’autre, etc. ? Avortement, divorce, homosexualité… C’est à méditer.

 

Les progrès de la génétique amènent les nouvelles générations à être de plus en plus exigeantes quant à la reconnaissance de leur filiation naturelle, alors que les États occidentaux veulent imposer des fictions, comme celle de la parentalité homosexuelle, et préserver l’anonymat du « don » de gamètes, ce qui favorise l’inceste entre demi-frères et sœurs qui ignorent leur parenté. Ce sont deux dynamiques divergentes. Le sentiment d’appartenance au clan est-il en train de revenir sur le tapis, ou pas du tout ?

Écoutez, j’ai l’impression que dans la logique clanique il y a quelque chose de naturel, d’incontournable, un peu comme de marcher sur nos deux jambes plutôt que de marcher sur les mains. Ce qui est arrivé en l’an mil ressemble beaucoup à ce qui se passe actuellement. L’Église d’alors, ou plutôt une certaine fraction dans l’Église, a tenté d’imposer de force à la société occidentale des règles qui ne tenaient pas debout. Elle a échoué, elle est revenue à plus de raison, mais le mal était fait. Aujourd’hui c’est la même chose. On impose à la société un modèle théorique de vie et de famille à coup de films, de vidéos, de livres, d’émissions de radio, de propagande et de répression, d’amendes, d’huissiers, de prison, de saisies etc.. Voyez, par exemple, le drame des pères coupés de leurs jeunes enfants. C’est de force que cela s’impose. Si on laissait la société en paix la nature des choses reprendrait ses droits. Il est certain par exemple que si les lois successorales révolutionnaires étaient abrogées l’aristocratie renaitrait de ses cendres. Le rôle futur de l’État sera de lutter contre les forces de dissolution qui tiennent actuellement le pouvoir.

 

Dans le sous-titre, vous évoquez le Juif, avec majuscule, donc en tant que peuple ; avec la judaïsation croissante de nos sociétés d’origine européenne, ne se produit-il pas de fusion juridique, est-ce que les chrétiens, les juifs et les autres obéissent donc à des lois différentes, en France ? On sait que les musulmans aimeraient changer certaines coutumes, et donc des lois qui les encadrent, mais les juifs ont-ils des exigences aussi pour toute la société ?

C’est mieux que ça. Je creuse le droit successoral et les régimes matrimoniaux depuis plusieurs décennies. Depuis quelques années je suis allé voir du côté de la filiation, un domaine que j’avais un peu négligé, et ce livre en est le fruit. Je constate que notre droit est un droit sémitique. Tant juif que musulman. C’est une trouvaille, elle fera hurler sans doute mais c’est la vérité. Par la Révolution et par l’évolution qu’a traversée notre droit de la famille durant le XXe siècle il est devenu parfaitement compatible avec une société endogame. Le code civil est par exemple parfaitement accueillant aux musulmans. Les filles ont des droits successoraux, ce qui longtemps était un problème en Europe. Et même l’épouse a des droits, des droits d’héritier, ce qui était inimaginable. Surtout, les règles de l’inceste sont devenues très souples. On peut épouser sa cousine. Bref, il n’est pas étonnant que certains en viennent à croire que Napoléon a pris modèle sur la charia en Égypte.

 

Vous évoquez l’Antéchrist et l’Armageddon, comme si vous apparteniez au Moyen Âge. En quoi ces notions éclairent-elles l’univers juridique moderne, que nous ne remettons pas en cause, pour l’essentiel ?

J’ai d’abord cherché à éclairer ce moment du Moyen Âge. Mais je l’ai fait depuis notre présent (je n’ai guère le choix). On ne comprend jamais le passé autrement. Or, actuellement, j’observe que les schèmes eschatologiques sont extrêmement vifs. Il n’est que de voir à quel point il a été facile à nos maîtres ès manipulation d’envoyer toute une jeunesse en Syrie, pour un Djihad qui devait être le dernier. Quant à l’univers juridique moderne, j’ai toujours considéré qu’il était en crise. Je ne fais que prendre la succession de Yan Thomas, de Michel Villey, de Gabriel Le Bras et de tous les historiens du droit qui depuis la sortie de l’ouragan révolutionnaire et passée l’ivresse de l’épopée napoléonienne sont bien forcés de constater qu’entre notre temps et les temps qui ont précédé, il y a crise.

 

Conclusion : votre livre mérite bien son titre de « Leçon de droit », vous entraînez votre lecteur dans une méthodologie bien particulière, et nous y découvrons les courants de fond sous la routine de la chicane, c’est très salutaire. On aimerait que le prochain s’intitule « Leçon de justice » : n’est-ce pas là l’objectif ultime du droit, quel qu’il soit ? La controverse de Ravenne avait-elle fait avancer la justice ?

La controverse de Ravenne a été fondatrice de l’Occident chrétien. Elle a considérablement fait avancer la construction du Royaume de Dieu et a permis à sa Justice de nous protéger mille ans.

 

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  • #2705555

    Me Viguier dit qu’il part du droit romain pour étudier la famille traditionnelle française, mais c’est une erreur, avant le Code civil, le droit français ne connaissait pas l’adoption, alors qu’elle est très importante chez les Romains : plusieurs empereurs étaient des fils adoptifs. Du reste, les Romains avaient deux mariages : un sacré avec cérémonie, et un mariage de cohabitation sans formalités. Voir ce qu’en dit Jean-Baptiste Vico dans la Science nouvelle.

    Le mariage catholique n’est pas non plus sémitique, c’est-à-dire polygame avec achate au père de la fille qui reste juridiquement mineure toute sa vie, et possibilité de répudiation.

    Le mariage catholique à régime dotal, hétérosexuel, monogame, viager, avec égalité juridique et consentement des deux époux est celte ou gaulois. L’épouse est considérée comme quittant la famille de son père pour entrer dans celle de son mari dont elle prend le nom et le statut juridique coutumier, elle devient noble si son mari l’est, elle cesse de l’être si elle l’était mais que son mari ne l’est pas. Elle sera régie personnellement par la coutume de la famille où elle entre, par exemple celle de Normandie. Les coutumes étaient le statut civil.

    Les mariages de l’Ancien Régime ne se faisaient ni dans la parenté (inceste), ni avec des comples étrangers, ils se faisaient en limite de parenté avec une branche éloignée de la famille qui redevenaient par cette alliance une même famille, avec les obligations de solidarité et la communauté d’honneur ("fama"). La dot était la part de la fille dans l’hérédité commune de sa famille, un accompte sur sa part d’héritage qui devenait son bien propre. Ayant un patrimoine parfois très important, qu’on pense à Eléonore d’Aquitaine, la fille avait la capacité juridique de l’administrer. C’est le Code civil qui a rendu le mari propriétaire des biens de sa femme.

    Un article du Code Napoléon qui est passé inaperçu est celui qui di : "Nul ne pourra avoir d’action contre ses parents pour cause d’établissement." Il confirme ce que dit Damien Viguier sur le rôle qu’a eu le Code civil pour casser la continuité patrimoniale du lignage, et cela dans tous les milieux : paysans propriétaires, artisans, nobles. Le chef de famille était détenteur d’un patrimoine familial commun, il avait l’obligation d’établir et de doter chacun des membres du clan. Avec le Code civil, la famille élargie n’a plus de personnalité juridique, seul le ménage en a une.

     

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    • #2710199

      Oui la famille au sens le plus élargi, c’est le « pays. » Quand on se découvre « pays », c’est-à-dire originaires d’un territoire équivalent à un canton, mais surtout marqué par une unité géologique, on peut présumer qu’on est parents à un degré plus ou moins éloigné. Quand deux soldats dans les tranchées de 14-18 se parlent et se découvrent « pays », ils savent la probabilité de cousinage qui les lie, et elle est très importante.

      La réalité de la France d’avant l’exode rural, c’est le cousinage et la consanguinité. Les mariages ont lieu entre les mêmes familles siècles après siècles. Deux familles s’allient par un mariage en 1900, mais des mariages les avaient déjà alliées en 1850, 1800, 1750... On est plusieurs fois cousins... Et dans le pays, on est parents avec tout le monde.

      C’est cela que Sarközy a attaqué quand il a accusé les Français d’être « consanguins » : cette solidarité du sang qui est le fondement de la nation. L’exogamie n’est pas plus traditionnelle en France que l’endogamie. On va chercher sa femme dans le village voisin, mais au bout de mille ans, c’est tout le canton qui est plusieurs fois cousins... Les campagnes françaises étaient structurées par l’équivalent des « dèmes » de la Grèce antique.

      Il y a un coin de France où quand j’arrive, je sais que je suis « chez moi » (où « on est chez nous »), parce que tous les habitants sont mes cousins et où tous les habitants sont cousins entre eux depuis des siècles et certainement 2500 ou 3000 ans. La permanence de l’habitat et la solidarité familiale de la population sont des épouvantails pour Hollywood : les locaux, blancs et catholiques pouvant revendiquer une histoire commune séculaire et millénaire avec une terre sont les personnages les plus négatifs et les plus repoussants mis en scène par la propagande hollywoodienne. Ma famille est là depuis 3000 ans, tous les habitants sont mes cousins, toutes les églises, les châteaux, les fermes, le champs, les chemins ont été faits par nous, la même grande famille élargie... Quand cette conscience-là commence à s’éveiller, ça devient difficile de lui opposer quoi que ce soit d’aussi fort.

      Je pense qu’il faut plutôt se souvenir de la réussite que peut donner l’endogamie, puisque la France a été endogame pendant deux millénaires et que ça lui a très réussi (jusqu’en 1789).

       
  • #2706326
    Le 14 avril à 21:57 par Roland de Roncevaux
    Entretien avec Damien Viguier sur l’histoire de l’inceste

    la primogéniture masculine ne concernait que les nobles et les paysans-propriétaires du sud-ouest. Elle s’est instituée petit-à-petit pour remédier à la division des héritages (qu’on pense aux petits-fils de Charlemagne !).

    Les filles héritaient en occident. Ce sont les français qui ont ressorti cette histoire de lignage masculin pour faire pièce aux prétentions anglaises sur la couronne de France. (d’ailleurs, l’Angleterre a une reine).

    Les filles des milieux paysans héritaient également, notamment dans toutes les régions à famille nucléaire (c’est-à-dire tout le domaine d’Oïl et la Provence). Le partage de l’héritage y était égal entre les enfants. Par contre, dans le haut-moyen-âge, les esclaves puis les serfs ne transmettaient pas d’héritage (leurs biens étaient attachés à la propriété seigneuriale). Il existait aussi de nombreuses autres formes de communautés familiales (par exemple les "communautés taisibles").

    Concernant le mariage, l’Occident catholique (puis protestant) a institué le consentement mutuel des époux. On est donc très loin de la conception sémitique du mariage ! En fait, on est loin de toutes les autres conceptions du mariage, y compris hindoue ou chinoise.

    Je pense que les délires actuels sur la famille et la filiation seront sans grande durée (quelques décennies tout au plus), le temps que l’Occident finisse de s’effondrer. C’est un délire final d’une société qui ne veut plus faire face à la mort et au tragique. Mais c’est un épiphénomène historique. Concernant l’homosexualité, je discerne d’ailleurs le sain libéralisme français de 1791 (hérité des romains) qui prône la liberté privé et la vertu publique, du délire actuel très récent (post-68). Là encore, c’est un épiphénomène.

     

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    • #2713397

      Ce n’était pas une primogéniture stricte comme pour les rois, les parents instituaient héritier le second enfant si il avait de meilleurs aptitudes ou plus de goût pour succéder.

      Les familles avaient beaucoup d’enfants, mais elles n’en mariaient que deux avec établissement, un garçon héritier et une fille dotée. Les autres restaient célibataires comme aides dans la famille, ou prenaient un emploi dans le Clergé, ou s’établissaient tous seuls comme cadets. Si l’aîné garçon mourait ou n’avait pas d’enfant, les parents le remplaçaient par un autre garçon qui devenait héritier, et ainsi de suite parce qu’il y avait beaucoup de mortalité à certaines époques. A défaut de fils ayant une descendance, une fille héritait du domaine, de la maison, du métier, avec exactement les mêmes droits et capacités qu’un homme, y compris parfois en transmettant le nom. Une femme seigneur en titre était dite seigneuresse, au lieu de dame qui est la femme du seigneur ou une jeune fille en puissance paternelle.

      Le but était de transmettre la vie, la maison familiale, le domaine familial, le métier familial, la réputation (’’fama’’) et le crédit familial, d’où le nom de famille.

      Les détenteurs de domaine en main-morte n’avaient effectivement pas la propriété pour vendre ou léguer, mais ces domaines étaient tout de même transmis de père en fils ou en gendre, et le successeur était tout de même désigné ou proposé par les parents. C’était le plus souvent des tenures dans des seigneuries ecclésiastiques.

      Le but du mariage est de permettre et de faciliter le renouvellement des générations et la transmission d’un patrimoine physique et culturel. Les familles ou les nations qui adoptent "les délires actuels" cesseront de se reproduire et disparaîtront. Donc ça ne tiendra qu’une génération, au plus deux.

      L’Occident c’est quoi ? En droit il y a des nations et des pays avec leurs coutumes, l’Occident c’est aussi vague et indéfini que l’Orient ou le Midi.

       
  • #2715065

    Conception et conscience ,

     

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