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La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

Réponse aux objections

À l’issue de quelques années de recherche et de réflexion sur le peuple juif, son histoire et son influence, ma conclusion principale est que le matérialisme est véritablement le postulat anthropologique fondamental de l’hébraïsme et que, en dépit d’aménagements successifs, il demeure le soubassement métaphysique de la culture juive. Même le tribalisme, qui est l’aspect le plus visible de la mentalité juive, n’est qu’un corollaire de son matérialisme, dans la mesure où il est lié, d’une part, au primat du génétique, complété par la circoncision qui marque l’alliance « dans la chair », « de génération en génération » (Genèse 17,9-14), d’autre part, à la nature même de l’Alliance mosaïque, par laquelle Yahvé ne promet rien d’autre à son peuple que l’appropriation des richesses matérielles du monde. C’est dans la Bible hébraïque que s’enracine l’amour de l’argent que dénonce Karl Marx dans ses articles sur « la question juive » : « Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l’utilité personnelle [1].

 

La plupart de mes articles sur le judaïsme convergent vers cette conclusion essentielle, mais je l’ai surtout argumentée dans Du matérialisme biblique au racisme métaphysique, et dans une brève intervention filmée, De l’héroïsme grec au matérialisme juif. J’y reviens ici pour répondre aux objections légitimes que suscite cette thèse.

L’anthropologie biblique est résumée en Genèse 3,19 : « Tu es glaise et tu retourneras à la glaise ». L’hébraïsme ancien se distingue des traditions religieuses d’Orient et d’Occident par la négation d’une vie après la mort qui soit davantage qu’un sommeil sans rêve dans les ténèbres humides du Shéol, ce qui est aussi proche du néant qu’il est concevable. Yahvé ne promet aucune récompense dans un quelconque Au-delà, car les morts sont « retirés de sa main » (Psaumes 88,6). Pour illustrer ce point, j’ai cité, entre autres, le cantique du roi Ézéchias qui, atteint d’une « maladie mortelle », ne se prépare pas à rencontrer son Créateur dans l’Au-delà, mais se désole au contraire de ne bientôt plus pouvoir le rencontrer dans son Temple, où Yahvé réside exclusivement. Tout ce que peut faire Yahvé pour lui, en réponse à ses prières, c’est lui accorder quinze ans de vie terrestre supplémentaire (Isaïe 38,5-11).

La logique des scribes bibliques est sans ambiguïté : Dieu n’a pas prévu d’Autre Monde pour les morts, pour la simple raison qu’il a créé l’homme immortel sur terre. C’est par leur faute qu’Adam et Ève sont devenus mortels. Dans les grandes civilisations antiques que côtoient les Hébreux, c’est la mort – la bonne mort – qui ouvre l’accès à l’immortalité. L’Autre Monde, « le pays où l’on ne meurt plus », fait donc partie de la Création. Le don d’immortalité y est souvent symbolisé par le fruit d’un arbre ou l’eau d’une source. Les auteurs de la Genèse connaissent la tradition perse, puisqu’ils utilisent un mot perse (pardès, « jardin ») pour désigner le Paradis, mais ils en ont inversé la signification : au lieu de gagner le Paradis par la mort, Adam et Éve le perdent à jamais.

Le contraste est particulièrement frappant entre l’ancienne religion égyptienne totalement orientée vers l’Au-delà, et la religion hébraïque, exclusivement orientée vers l’ici-bas, cette dernière passant de ce fait pour une « contre-religion » aux yeux des Égyptiens [2]. Tout cela est bien connu des juifs « libéraux » (par opposition aux orthodoxes). Voici ce qu’écrivait Sigmund Freud dans son dernier ouvrage, Moïse et le monothéisme (1939), qui se fondait sur une bonne connaissance des travaux disponibles à son époque :

« Nul autre peuple de l’Antiquité [que les Égyptiens] n’a autant cherché à nier la mort, ne s’est donné autant de mal pour s’assurer une existence dans l’au-delà. […]. Au contraire, l’ancienne religion juive avait totalement renoncé à l’immortalité, jamais et nulle part il n’est fait allusion à la possibilité d’une existence après la mort [3]. »

Freud a raison de préciser qu’il s’agit d’un renoncement, d’un déni, d’une rupture par rapport aux religions environnantes. Il a également raison de restreindre son affirmation à « l’ancienne religion juive », aussi appelée hébraïsme ou yahvisme. L’évolution du judaïsme au cours des deux derniers millénaires est une autre histoire. La plupart des objections à la thèse du matérialisme hébraïque porte sur le judaïsme postérieur à l’hébraïsme biblique.

 

Le judaïsme moderne

On me fait d’abord remarquer, à juste titre, que les juifs pieux croient à la vie après la mort. Comment est-ce possible, si la Torah nie la vie après la mort ? Distinguons deux niveaux de réponse.

Le premier niveau est anthropologique : la croyance en la vie après la mort est naturelle à l’homme. Expulsez-la de la religion officielle, elle reviendra par la fenêtre, car les hommes ne peuvent s’empêcher de se demander où sont leurs morts bien-aimés et ce qu’ils deviendront après leur propre mort. Le néant est un non-concept, donc impensable. Tous les êtres humains possèdent en eux cette aspiration universelle en une continuité de la vie terrestre sur un plan spirituel, qui fait partie de ce que Rousseau appelait, après bien d’autres, la « religion naturelle ». Celle-ci n’a besoin, nous dit-il, que de deux dogmes : l’existence d’un Dieu créateur et l’immortalité de l’âme. Notons que ces deux postulats sont logiquement indépendants : on peut admettre un Dieu créateur de l’univers matériel qui n’ait pas créé d’univers spirituel pour les âmes des morts. C’est la théologie implicite de la Bible hébraïque. Mais « l’instinct divin », pour reprendre encore une expression de Rousseau, pousse les juifs comme le reste des hommes à associer naturellement les deux. La condamnation répétée du culte des morts dans la Bible hébraïque prouve qu’il en a toujours été ainsi, et que l’interdit lévitique n’a jamais été scrupuleusement respecté [4].

Le second niveau de réponse est historique. Depuis la première rédaction de la Torah, la religion juive n’a cessé d’emprunter à des cultures étrangères, par mimétisme ou par assimilationnisme. Il y a eu principalement l’influence majeure de l’hellénisme, puis celle du christianisme, et, dans une bien moindre mesure, celle de l’islam. Deux tournants majeurs doivent être considérés : la période hellénistique et la période moderne. Commençons par la seconde.

La religion juive majoritairement pratiquée aujourd’hui en Occident est issue du « judaïsme réformé » né en Allemagne au XIXe siècle dans le prolongement du mouvement assimilationniste de la Haskala du siècle précédent. J’ai montré dans La Shoah éternelle et l’ingénierie dialectique de l’histoire que ce judaïsme réformé s’est construit essentiellement par mimétisme et détournement du christianisme. Lorsqu’au XVIIIe siècle Moïse Mendelssohn, juif assimilé et père spirituel de la Haskala, a voulu promouvoir parmi les juifs la croyance en l’immortalité de l’âme, condition nécessaire à l’élévation de l’humanité selon lui, il ne l’a pas justifiée par la tradition juive, mais a écrit un dialogue dans le style de Platon intitulé Phédon ou l’immortalité de l’âme (1767). Cela le dispensait de reconnaître qu’il empruntait la notion au christianisme, qui de toute manière la tirait de l’hellénisme. Mendelssohn n’a en tout cas jamais prétendu que la Torah enseignait la croyance en l’immortalité de l’âme. Il ne l’aurait pas pu, car le contraire était connu. Il l’est encore mieux aujourd’hui, car le judaïsme réformé – ou libéral, comme il se désigne plus souvent – a aussi admis la critique historique des textes bibliques, qui s’est développée en Allemagne au XIXe siècle. Cette situation paradoxale, avec laquelle les juifs s’arrangent de diverses façons, est le secret le mieux gardé du judaïsme moderne [5].

C’est sur le rejet de cette croyance exogène en la vie après la mort que se fondera la réaction au judaïsme réformé qui prendra la forme du sionisme. « Rien n’est plus étranger à l’esprit du judaïsme que l’idée du salut individuel », protesta par exemple Moses Hess dans Rome et Jérusalem (1862), car l’essence du judaïsme est « la croyance vivide en la continuité de l’esprit dans l’histoire humaine [6] ». Cette position et un rabbin antisioniste comme Harry Waton.

Bien des érudits avaient tenté avant Mendelssohn d’introduire l’idée d’immortalité de l’âme dans le judaïsme, mais cette idée a toujours été un corps étranger dans le judaïsme. Cela n’échappait pas au grand historien juif Heinrich Graetz, dont la monumentale Histoire des juifs en onze volumes (publiée en allemand à partir de 1853 à 1870) influença tous les pères du sionisme. Après avoir démontré que l’idéologie judaïque est, de par sa source biblique, fondamentalement matérialiste, il écrit par exemple du théologien juif Joseph Albo (15e siècle) :

« Par une contradiction singulière et qui montre avec quelle puissance agit l’influence du milieu, Albo, qui tenait à créer son système de philosophie religieuse avec des éléments purement juifs, place en tête de ce système un principe d’origine chrétienne. Il admet, en effet, que le but assigné par le judaïsme à ses adeptes est le salut de l’âme [7]. »

Aujourd’hui, beaucoup de juifs sont persuadés que le judaïsme enseigne depuis toujours la vie après la mort, car c’est ce que leurs rabbins leur disent, pour la raison que s’ils n’enseignaient pas cela, ils ne pourraient prétendre que le judaïsme est une « religion » au sens moderne du terme, et perdraient beaucoup de leur influence sur les juifs. Pour prouver leur affirmation, les rabbins invoquent les notions bibliques de nephesh et de ruah. Mais j’ai rappelé dans Du matérialisme biblique… que ces notions n’impliquent originellement rien de comparable à une âme immortelle : nephesh est la vie qui coule dans le sang des humains comme des animaux, et ruah est le souffle, lui aussi commun aux humains et aux animaux : tous deux s’éteignent à la mort.

Il faut bien sûr prendre en compte l’influence du Talmud. Celui-ci a été élaboré comme une résistance contre les influences extérieures : conçu comme « un mur autour de la Torah », il a permis aux rabbins, pendant plusieurs siècles, de « monter la garde auprès de la garde elle-même », selon l’expression talmudique [8]. C’est une forteresse mentale destinée à maintenir les juifs dans un état d’hostilité aux non-juifs, pour prévenir toute dissolution de l’identité juive dans la Diaspora. Mais paradoxalement, on trouve dans le bric-à-brac talmudique des références éparses à l’immortalité de l’âme, d’inspiration extra-biblique. Le paradoxe n’est qu’apparent, car le but général de ces références est de souligner le contraste entre les juifs, dotés d’une âme, et les goyim, qui n’ont un aspect humain que parce qu’« il ne conviendrait pas à un Juif d’être servi par un animal, mais bien par un animal à figure humaine » (Sepher Midrasch Talpioth) [9].

Il faut aussi prendre en compte la vogue actuelle du « mysticisme juif », qui doit beaucoup à Gershom Scholem. Celui-ci fait remarquer que la notion même de « mysticisme juif » n’est apparue qu’au XIXe siècle, et sous la plume d’auteurs chrétiens [10]. Scholem assimile ce « mysticisme juif » au courant kabbaliste, qui n’est pas antérieur au XIIIe siècle. La Kabbale est un fouillis impénétrable sur lequel tout peut être dit et son contraire. Je me limiterai à souligner la place qu’y tient la notion de transmigration des âmes (guilgoul), apparue au milieu du XIIe siècle dans le Sepher ha-Bahir, et développée peu après dans le Zohar. Selon une explication répandue parmi les kabbalistes, au début n’existait qu’une seule âme, celle d’Adam, qui a été fragmentée en une multitude et doit se recomposer à la fin des temps. Pour atteindre leur réintégration ultime, les âmes individuelles doivent atteindre la perfection (souvent assimilée à l’accomplissement de la totalité des 613 mitzvot). La réincarnation kabbalistique est donc largement compatible avec le matérialisme biblique, dans la mesure où elle n’implique pas d’autre existence individuelle que sous forme incarnée, et en tout cas ne s’étend pas sur cette possibilité. Notons de surcroît que certains kabbalistes modernes promettent à leurs adeptes la vie éternelle… sur terre : c’est le cas de Yehuda Berg, auteur de Immortality : The Inevitability of Eternal Life (2004) et gourou de stars flirtant avec le satanisme. Inutile d’insister sur le lien entre cette kabbale et le transhumanisme, la religion qui résume à elle seule la perversion culturelle dans laquelle nous a plongés le matérialisme, dont la racine ultime est biblique.

 

Le judaïsme hellénistique

Évoquons maintenant une période bien antérieure au judaïsme réformé, mais tout à fait comparable : celle du judaïsme hellénistique qui va de la fin du quatrième siècle avant notre ère au milieu du premier siècle de notre ère, soit à peu près ce qu’on nomme du point de vue chrétien la « période intertestamentaire ». La vie du Jésus historique se situe dans cette période, et les évangiles entrent de plein droit dans la littérature juive hellénistique. Durant cette période, le dualisme grec s’est infiltré dans la pensée juive dite « sapientielle », et quelques textes représentatifs de ce courant ont été inclus dans le canon vétérotestamentaire chrétien. Comme je l’ai déjà fait remarquer, c’est sur l’un d’eux en particulier que s’appuie une objection possible à ma thèse : le Livre de la Sagesse affirme que « Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité » et critique ceux qui « ne croient pas à la récompense des âmes pures » (2,22-23). Mais ce cas unique, écrit en grec à Alexandrie au 1er siècle av. J.-C., est l’exception qui confirme la règle. Même dans les textes juifs de période hellénistique, l’opinion matérialiste prévaut, par exemple dans l’Ecclésiaste, qui affirme que « tout vient de la poussière, tout s’en retourne à la poussière » (3,20), et qu’il n’y a « ni œuvre, ni réflexion, ni savoir, ni sagesse dans le Shéol où tu t’en vas » (9,5-10). Il faut ajouter que l’influence grecque a été combattue par le judaïsme rabbinique à partir du premier siècle de notre ère, et qu’aucun de ces textes grecs ne font partie du Tanakh juif.

Une place spéciale doit être réservée à l’historien juif Flavius Josèphe, qui écrivait entre 70 et 90. En chroniquant en grec l’histoire de son peuple, Flavius donna une description fortement hellénisée des croyances religieuses juives traditionnelles. C’est ainsi qu’il écrit :

« Les pharisiens croient que les âmes sont immortelles, qu’elles sont jugées dans un autre monde, et récompensées ou punies selon qu’elles ont été en celui-ci vertueuses ou vicieuses ; que les unes sont éternellement retenues prisonnières dans cette autre vie, et que les autres reviennent en celle-ci. » (Antiquités juives, XVIII, 2)

Ailleurs, il reprend :

« [Les pharisiens] pensent que toute âme est incorruptible et que celle des bons seulement passe dans un autre corps, tandis que celle des mauvais subit un châtiment éternel. » (Guerre des Juifs, II, 163)

Si l’on compare les deux passages, on est amené à supposer que, par « un autre corps », Flavius désigne un nouveau corps physique. Il semble donc attribuer aux pharisiens une croyance en la transmigration, mais d’un genre contraire à celle que l’on attribue à Pythagore et quelques auteurs grecs et latins, pour qui le retour sur terre est la punition des méchants et non la récompense des purs. Ce pourrait être significatif du mépris juif pour l’Autre Monde, si Flavius n’écrivait pas ailleurs, des doctrines esséniennes :

« Chez les esséniens, en effet, règne solidement cette croyance que si les corps sont corruptibles et que leur matière ne demeure pas, les âmes demeurent toujours immortelles ; qu’elles sont, émanant de l’éther le plus subtil, comme attirées vers le bas par une sorte de charme naturel, et s’unissent aux corps qui les emprisonnent. Mais lorsqu’elles sont débarrassées des entraves de la chair, comme libérées d’une longue servitude, alors toutes joyeuses, elles s’élèvent dans les hauteurs. » (Guerre des Juifs, II, 151-158)

Flavius Josèphe s’inscrit dans un courant qui était une tentative d’assimilation complète du judaïsme dans l’hellénisme, platonicien en l’occurrence (avec souvent une tentative d’usurpation, comme lorsque Flavius prétend que Moïse a influencé Homère et Platon). Plus encore que d’assimilationnisme, on peut parler de cryptisme. Car en vérité, les écrits de Flavius n’étaient pas destinés aux juifs, mais aux Romains de langue grecque : il s’agit d’un travail apologétique ne reculant devant aucune falsification, et l’on admet aujourd’hui que les pharisiens et les esséniens de Flavius sont des fictions : les croyances qu’il leur prête sont contredites par toutes les autres sources. De toute façon, il n’a laissé aucun héritage dans le judaïsme ; ses œuvres ne nous sont parvenues que grâce aux copistes chrétiens. Je dois ajouter, au risque de passer à nouveau pour un « récentiste », que leur authenticité et leur datation sont douteuses.

On peut dire point par point les mêmes choses du philosophe juif Philon d’Alexandrie (30 av. J.-C.-40 ap. J.-C.), qui a adopté la théorie platonicienne de la préexistence de l’âme : « parmi les âmes, les unes sont descendues dans des corps, les autres ont jugé bon de ne jamais s’unir à aucune partie de la terre » (De Gigantibus, II, 12, 15). Sans les humanistes chrétiens de la pré-Renaissance, Philon n’aurait laissé aucune trace.

 

La résurrection des morts

C’est dans la période hellénistique qu’apparaît la notion de « résurrection » des morts, que l’on peut aussi objecter à la thèse du matérialisme biblique. Sa mention la plus ancienne se trouve dans le Livre de Daniel :

« Un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre, pour l’horreur éternelle. Les doctes resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui ont enseigné la justice à un grand nombre, comme les étoiles, pour toute l’éternité. » (Daniel 12,2-3)

Les chapitres 12 et 13 du Livre du Daniel sont écrits en grec, et probablement plus tardifs que le reste du livre en hébreu et araméen. C’est le terme grec anistanai qui est traduit ici par « s’éveiller ». Il est lié au substantif anastasis. Son sens précis est « l’action de se lever », qui répond à l’action de « se coucher », un euphémisme universel de la mort. Anastasis est donc le réveil après le sommeil de la mort. Dans la littérature grecque, anastasis signifie un réveil dans l’Autre Monde, et non pas une ressuscitation du cadavre. Dans la Bible hébraïque, il est souvent dit des patriarches qu’ils « se couchent avec leurs pères [11] », mais il n’est jamais fait référence au fait qu’ils puissent ensuite « se lever ». La vision de Daniel s’inscrit donc dans le courant hellénistique. Il s’agit en effet, de surcroît, d’une vision, à rapprocher des rêves symboliques qu’interprète Daniel.

De façon très significative, le concept d’anastasis va néanmoins être transformé dans les Livres de Maccabées pour prendre un sens matérialiste : il est question maintenant d’une reconstitution miraculeuse des cadavres mutilés des martyrs à la Fin des temps (jugée très prochaine). Cette évolution, loin de contredire le matérialisme hébraïque, le confirme au contraire : elle démontre qu’une notion spirituelle comme l’anastasis ne peut être intégrée à la tradition hébraïque que sous la forme d’un contresens grossièrement matérialiste. Cette résurrection-là se passe de toute forme d’âme immortelle.

Comme je l’ai déjà écrit, le concept de résurrection restera de toute manière marginal dans la tradition rabbinique, qui reconnaît l’autorité du Livre de Daniel, mais pas celle des Livres des Maccabées. La résurrection des morts à la Fin des temps apparaît souvent dans le Talmud, mais elle ne fait l’objet d’aucun éclaircissement. Au XIIe siècle, le grand Moïse Maïmonide en fait le dernier de ses treize articles de foi, en ajoutant que les âmes des morts attendent la résurrection dans le Jardin d’Éden. Cette dernière idée est très répandue dans la culture chrétienne médiévale depuis Isidore de Séville (VIIe siècle), et c’est là que Maïmonide l’a trouvée. Il faut surtout rappeler que Maïmonide, qui écrit en arabe, est aristotélicien et disciple d’Avicenne, et a été combattu par la majorité des rabbins de son temps.

La façon dont le christianisme a tenté d’harmoniser les notions concurrentes de résurrection des corps (d’origine hébraïque) et d’immortalité de l’âme (d’origine hellénique) est une question complexe que je ne peux qu’effleurer ici, en renvoyant le lecteur à mon livre pour plus de détails. On considère communément qu’il y a conflit, au sein même du Nouveau Testament, entre une anthropologie sémitique et une anthropologie hellénique. Le théologien protestant Oscar Cullmann en a fait le sujet d’un essai qui eut en son temps un certain retentissement : Immortalité de l’âme ou Résurrection des morts (1956) [12]. Cullmann considère la résurrection comme chrétienne, et l’immortalité de l’âme comme étrangère au christianisme. Mais cette opposition néglige le fait que le judaïsme était déjà fortement hellénisé depuis plusieurs siècles avant le Christ. Elle néglige surtout le fait que Jésus s’est prononcé très clairement en faveur d’une interprétation spiritualiste, c’est-à-dire grecque, de l’anastasis, lorsque des sadducéens l’interrogèrent à ce sujet en espérant le mettre face aux contradictions de la doctrine de la résurrection, avec le cas théorique de sept frères épousant successivement la même femme (Marc 12,18-27). Les sadducéens, prenant Jésus pour un pharisien, se référaient à la conception pharisienne classique de la résurrection, née de la littérature maccabéenne, tandis qu’eux-mêmes, fidèles à la Torah, ne croyaient à aucune forme de vie après la mort. Or Jésus renvoie dos à dos pharisiens et sadducéens, en affirmant : « Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, […] on est comme des anges dans les cieux. » Il ajoute une exégèse très personnelle de la Torah : « Quant au fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le Livre de Moïse, au passage du Buisson, comment Dieu a dit : “Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ?” Il n’est pas un Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l’erreur ! » (Marc 12,25-27). L’aphorisme selon lequel Yahvé est un dieu des vivants et non des morts exprimait usuellement le rejet yahviste de toute forme de culte des morts, mais Jésus en a inversé le sens, pour appuyer l’idée qu’Abraham, Isaac et Jacob sont vivants, de la vie angélique qui attend chacun après la mort.

Notes

[1] Karl Marx, « La capacité des Juifs et des chrétiens actuels de devenir libres » (1843), dans Sur la question juive, Kontre Kulture, 2012, p. 62-65.. »

[2] Jan Assmann, Moïse l’Égyptien. Un essai d’histoire de la mémoire, Champs/Flammarion, 2003, p. 61-66.

[3] Sigmund Freud, Moïse et le monothéisme, 1939, sur psycha.ru/fr/freud/1939/monotheisme3.html

[4] Deutéronome 18,10-12 et 26,14 ; Lévitique 19,31, 20,6-7 et 20,27 ; 1Samuel 28,3-19 ; Psaumes 106,28 ; Isaïe 8,19 et 65,3-4.

[5] Dans le livre du rabbin Pauline Bebe, Qu’est-ce que le judaïsme libéral ? Calmann-Lévy, 2006, divisé en 70 questions, pas une seule ne porte sur la question de la vie après la mort. L’autre sujet non traité est la circoncision.

[6] Moses Hess, Rome and Jerusalem : A Study in Jewish Nationalism, Bloch Publishing Company, 1918, p. 48, 64-65 (la traduction française, p. 47 et 71, est ici moins claire).

[7] Heinrich Graetz, Histoire des Juifs, A. Lévy, 1882 (sur fr.wikisource.org), tome 4, p. 352.

[8] Isaac Kadmi-Cohen, Nomades. Essai sur l’âme juive, Felix Alcan, 1929 (sur archive.org), p. 145.

[9] Édition de Varsovie, 1875, p. 255, cité dans André Gaillard, Les Racines judaïques de l’antisémtisme, AMG Éditions, 2012, p. 69.

[10] Gershom Scholem, Les Grands courants de la mystique juive, Payot (1946), 1984, p. 14.

[11] 1Rois 14,31, 15,24 et 16,6, ou 2Rois 14,29

[12] Publié dans Krister Stendahl (dir.), Immortality and Resurrection, Death in the Western World : Two Conflicting Currents of Thought, Macmillan, 1965, p. 9-47.

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42 Commentaires

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  • #2004633
    le 14/07/2018 par moigrandpetit
    La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

    Bel article mais absolument plus d’actualité
    Car tout a changé avec la venue d’un sacré trublion ayant pour nom Mauro BIGLINO qui n’est pas n’importe qui !
    Ancien traducteur officiel de la bible massorétique pour le compte du Vatican aux éditions San Paolo cet exégète a décidé en 2013 de traduire littéralement la bible qui n’a rien de sacré car c’est un livre d’histoire.
    Et le résultat est à tomber sur son … postérieur !
    Ce monsieur très célèbre en Italie est victime d’une omerta totale en France et pour cause !
    On peut néanmoins trouver 4 de ses livres (dont les 2 derniers chez UNO éditions) et quelques assez bonnes traductions sur YT
    Attention ça secoue très fort :)

     

    • #2004672

      Quant on connaît les textes religieux et comment ils ont étaient structuré avec le temps , il est impossible de croire que ces un compte rendu historique. La chronologie des événements ne corrobore pas les faits archéologiques.


    • #2004714

      Encore une histoire charlatanesque de dieux astronautes.
      Un bon business pour vendre des livres.
      Bleuette Diot aussi a su romancer là-dessus.


  • #2004638

    Le fait que l’homme n’ait pas d’âme et qu’il n’y a pas de Paradis influence considérablement le comportement.
    Pourquoi alors s’améliorer ?
    On vole, on ment, on triche, on viole, on tue. Aucune conséquence à craindre.
    On croyait le Neandertal éteint.
    Apparemment, depuis la nuit des temps, il aurait survécu en milieu social hermétiquement fermé à l’Homo Sapiens.

     

    • #2005375
      le 15/07/2018 par amphigouris
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      Oui, mais çà vaut dans les 2 sens : le fait de ne pas croire en une vie après la mort fait que vous vous investissez à fond dans cette vie-ci, la seule et unique que vous aurez jamais. Tandis que quand on croit en une vie après la mort, pourquoi se démener, dans un monde forcément décevant, difficile, frustrant... alors que le monde de l’imaginaire, le monde idéal, est tellement plus prometteur, tellement plus agréable ? C’est le destin qui guette les gens qui croient en une vie après la mort : passer sa vie à attendre Godot.


    • #2005439

      @amphigouris

      C’est archi faux ce que vous dites. Les concepts de Paradis et d’enfer, vous connaissez ? Et par pitié ne me dites pas que ce sont des contes imaginaires. Les expériences de mort imminente (NDE en anglais) ont été validé il y a plus de 30 ans....


    • #2005565
      le 15/07/2018 par yann beauvois
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      étonnant que personne ne connaisse vraiment les Écritures après 2000 ans
      on nous présente ici dans les réponses en commentaires, les 2 alternatives suivantes (religieuse et athéiste) comme si elles résumaient tout.
      1) sans "immortalité de l’âme" et un "paradis après la mort" = l’homme n’est qu’un primate.
      il n’y a aucun preuve et tous les faits montrent le contraire
      (plus un plan déjà complètement prévu pour toi, ... bof)
      2) le fait qu’il "sache" (en fait, c’est aussi une croyance) qu’il ne vit que maintenant dans l’univers matériel, le motive à accomplir des choses comme un superman.
      La réalité semble montrer que ça motive pas autant les gens.
      (vue toutes les dépressions et suicides, la réalité semble différente)
      Ben, la doctrine des disciples de Jésus Christ est différente :
      3) Comme il n’y a pas "d’immortalité de l’âme", qu’un humain n’est basé que sur un corps physique et qu’il n’y a ni paradis, ni enfer maintenant (l’athéiste commence à sourire).
      mais comme les conneries de l’espèce humaine te garantisse la mort (le néant) (l’athéiste sourit moins) _ Que l’humain est loin d’être un dieu, quoi.
      Dieu a ouvert une porte de sortie, la résurrection par son fils Jésus Christ, afin qu’en croyant en lui, tu aies le sceau de l’esprit saint afin d’être à la résurrection (d’entre les morts)
      et que en plus, si tu imites Jésus Christ maintenant, tu auras plein de récompenses, en étant revivifié à la résurrection, genre médailles d’or pour l’immortalité (genre méta-pouvoirs ?)
      Tu veux dire que je gagne des bonus en plus de me faire ressusciter ?
      Ben, oui (les bonus si tu imites Jésus-Christ)
      Bon entre la 1) et la 2) et la 3) quel est le meilleur deal ?
      à votre avis, quel deal est le plus motivant ?
      Pour agir maintenant en super(wo)man et pour le futur, être un super(wo)man
      l’Éternel est vraiment pas un con ;-)


    • #2005616
      le 15/07/2018 par Amphigouris
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      @ Paul82
      Le Paradis et l’Enfer, deux concepts, comme vous dites, et aucune preuve ! Aucune preuve non plus de l’immortalité de l’âme.
      Quant aux "expériences de mort imminente", comme leur nom l’indique, ce sont des expériences vécues quelques instants avant la mort définitive, et non pas après celle-ci. Le fait que ces personnes soient revenues à la vie montre assez qu’elles n’étaient pas mortes.


  • #2004645

    Sans compter le plagiat et la falsification des textes Sumériens du mythe d’Adam et Eve (Enki et Ninhursag) qui explique la mentalité et la structure profonde de toutes les religions à racine abrahamique. (Cf : Le mensonge universel de Pierre Jovanovic)

     

    • #2005143
      le 15/07/2018 par goy pride
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      Pourquoi utiliser des mots péjoratifs comme plagiat, falsification... ? Il est tout à fait normal et il n’y a rien d’immoral qu’une culture s’inspire d’une doctrine antérieure à la sienne. Il s’agit d’une transmission et éventuellement d’une modification en fonction du substrat anthropologique local de doctrines, conceptions du monde...est-ce que le bouddhisme chinois, japonais, coréen...sont des plagiats, falsifications d’un bouddhisme originel indien ? Est-ce que la doctrine confucéenne tel qu’elle est comprise et appliquée en Corée est un plagiat, une falsification...du confucianisme chinois ?
      De tels anathèmes doivent être maniés avec prudence et à utiliser uniquement quand on a la certitude qu’il y a eu une volonté délibérée de falsifier une doctrine afin de la corrompre, de la détruire...sinon il ne s’agit que de simples emprunts et réinterprétations de doctrines, d’idéologies...comme cela s’est tout naturellement et toujours fait au cours de l’histoire.


    • #2005190

      @goy pride
      Les termes plagiat et falsification sont tout à fait adaptés dans ce contexte là. Si vous lisez les textes, vous verrez bien que le texte Sumérien est globalement plaisant et se termine bien. Tandis que celui écrit par le scribe hébreux a volontairement été changé comme s’il s’agissait d’une vangeance et d’une inversion des valeurs symboliques (misogynie, schizophrénie, lamentation, culpabilisation...)


    • #2005213

      Cette histoire de plagiat de textes sumériens est elle-même une falsification assez grossière des textes originaux. Pour ne pas se laisser abuser par ce genre de légendes urbaines, il faut aller à la source et délaisser l’intermédiaire peu scrupuleux (qui est toujours le même).


    • #2005245

      @Titus
      Dites m’en plus sur cet intermédiaire peu scrupuleux (qui est toujours le même). Votre méthode est malhonnête puisqu’ en fin de compte ce récit pose davantage problème à ce soi-disant adversaire qu’aux chrétiens eux-mêmes si j’ai bien compris votre allusion ...


    • #2005328

      Rien ne prouve que ce soit un mythe. Ça peut être la réalité raconté par deux personnes différentes. Ce n’est que l’opinion d’un croyant.


    • #2005429

      @ray



      Dites m’en plus sur cet intermédiaire peu scrupuleux (qui est toujours le même).




      Donc tu ne sais même pas quel est l’auteur de cette théorie à laquelle tu accordes toute ta foi ? Tu crois sans savoir, en somme. Ça s’appelle une croyance aveugle.



      Votre méthode est malhonnête puisqu’ en fin de compte ce récit pose davantage problème à ce soi-disant adversaire qu’aux chrétiens eux-mêmes si j’ai bien compris votre allusion ...




      Tu es bien naïf. Les machin-choses sont immunisés contre ce genre d’arnaque à destination des goyim.


  • #2004790
    le 14/07/2018 par Hervétique
    La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

    Ryssen explique mieux, en plus court.


  • #2004819
    le 14/07/2018 par Georges 4bitbol
    La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

    Perso, je n’émettrai aucune critique sur le matérialisme biblique, c’est déjà assez de le supporter tous les jours.


  • #2004845

    Le plus grand ennemi de Jérusalem a toujours été Athènes (Gilad Atzmon).

    Pour ceux qui veulent sortir de tout ce sémitisme qui n’est pas le noyau culturel des peuples européens... et faire un bond violent dans la philosophie de Nietzsche.

    Dorian Astor - Dieu est mort (les erreurs vitales/représentations)
    https://www.franceculture.fr/emissi...

    1) Les conditions de vie ont besoin d’erreurs vitales pour justifier la souffrance.
    2) Les erreurs vitales produisent des représentations (Tragédie grecque / Lois juives)
    3) Les représentations produisent des valeurs.
    4) Les valeurs deviennent des vérités.
    5) Les vérités consolident un mode d’existence, un rapport au monde.

    Une culture amorce son lent déclin dès que les valeurs deviennent des "vérités".
    L’espèce humaine a besoin de représentations pour créer des valeurs.
    Le monothéisme sémitique est en phase terminale en Europe de l’ouest, nous avons besoin de nouvelles représentations.
    Telle est notre destinée dans une optique révolutionnaire conservatrice.

     

    • #2005064
      le 14/07/2018 par johnnyboy
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      Putain, tellement vrai. (Même si ça ne remet pas en cause Dieu à mes yeux mais plutot la manière dont "on" se le represente)


    • #2005692

      @ Vlad, d’accord avec vous sur l’impossibilité d’une philosophie unique dans la torah qui n’est qu’une agglutination, une compilation de textes associant souvent des assertions contradictoires , par contre il est vrai que l’immortalité de l’âme et l’idée de récompense post mortem sont aussi totalement étrangères à la torah originelle. comme quoi pas besoin d’une théologie de l’âme ( totalement distincte du corps) pour prétendre à la spiritualité (la foi du charbonnier est tout aussi intense)
      quant à l’absence de mysticisme juif avant le hassidisme, le pense que le prophétisme juif est malgré tout une forme abatardie de mysticisme, tout comme l’essenisme.
      Cela dit, cet article est vraiment bien fait et mérite d’être discuté car il n’y a pas grand chose à jeter.
      petite précision sur Flavius Josephe : son historicité semble ne faire aucun doute car quand on lit la totalité de la guerre des juifs ou des antiquités judaïques on s’aperçoit d’une énorme différence de traitement entre les époques qui le précèdent et les époques qu’il a personnellement vécues, on passe d’une énumération impersonnelle, un travail d’érudition, à une chronique vivante et pleine de considérations personnelles politiques et morales, (il ne faut pas oublier qu’il a été grand prêtre).


  • #2004858

    Des choses vraies mais beaucoup de simplifications et d’interprétations erronées.

    1) De tout temps jusqu’au XIXème siècle le judaïsme est profondément divisé. En fait la majorité des juifs de l’Antiquité ne sont même pas monothéistes. Ils croient en l’existence de plusieurs dieux mais ils n’en adorent qu’un.

    2) Je ne peux croire par exemple à "une seule logique rabbinique" dans la Bible. Il y en a plusieurs. Les rabbins n’ont pas conscience d’écrire la Bible lorsqu’ils l’écrivent. Le canon est fixé bien plus tard.

    3) le dualisme corps/âme existe déjà dans la Genèse car le récit de chute d’Adam est une chute dans la matière "Gn 3.20 :"il leur fit des vêtements de peau". Ce n’est pas la peau animal mais notre peau à nous.

    4) Parler de matérialisme pour qualifier les textes de la Bible constituent pour moi une simplification. Les différents textes sont considérés comme inspirés et tous les textes sont aussi sacrés les uns que les autres, c’est-à-dire inspirés. Effectivement on remarque dans l’ecclésiaste un certain matérialisme mais il faut le lire en entier pour comprendre que là n’est pas du tout l’enjeu. L’Ecclésiaste signifie justement l’absurdité de la vie terrestre en l’absence de résurrection.

    Pour moi faire un rapprochement entre la philosophie matérialiste et la Bible est impossible car la Bible elle-même contient en elle plusieurs influences et plusieurs livres que le canon a mis ensemble. Si on considère que des influences prennent le pas sur d’autres en raison du nombre de textes qui rappellent un point de vue philosophique, cela n’est qu’une opinion de philosophe pas une analyse sérieuse de la Bible. Il n’y a pas de philosophie biblique en tant que telle en réalité.

     

    • #2005131
      le 15/07/2018 par capteur ABS
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      " nephesh est la vie qui coule dans le sang des humains comme des animaux, et ruah est le souffle "

      5) "Nephesh" est le souffle et "Ruah" est l’âme.


  • #2004865

    Intéressant ! D’autant plus que cela conforte mon interprétation des textes ! :)
    Ne faisant partie d’aucun groupe religieux, j’ai étudié tout seul dans mon coin, sans influence, et c’est la vie éternelle terrestre qui a été une évidence pour moi.
    Par exemple Psaume 37 v29 (tout le psaume traite du sujet)
    " Les justes hériteront la terre, et y habiteront à perpétuité."
    C’est assez clair, je trouve. La terre promise au peuple élu, le royaume des cieux...
    Après ce n’est que ma croyance, mon interprétation et il y en a de nombreuses parmi les croyants

    Pour les curieux, je conseille cette traduction :
    https://fr.wikisource.org/wiki/Bibl...
    Une parfaite maîtrise du français et une puissance des textes. Étonnamment, il en ressort une version beaucoup plus sociologique et socio-psychologique que les autres traductions plus "gentillettes" à mon goût.


  • #2004979

    Y’a pas à tortiller du cul pendant 7 ans :
    Certains juifs de l’ancien testament n’ont pas reconnu leur messie Jésus Christ,
    ils sont parti de leur côté avec le talmud.
    La Bible enseigne que tous ceux qui ne mettent pas leur foi en Dieu par Jésus Christ iront en enfer ; les autres héritront de la terre et reigneront avec le Seigneur !

    Donc oui ça comprend pour un aller simple pour sheol : les athés, les juifs, les musulmans et certains "chrétiens" du style idôlatres catholiques, j’en passe et des meilleurs.

    Le marxisme : l’art de rendre incompréhensibles les choses simples.

    A un moment faut arrêter de tergiverser messieurs, et choisir son camp.


  • #2005163

    Toutes ces "contradictions" s’expliquent très bien dans un contexte de niveaux d’enseignement.
    Il est tout aussi faux de dire que les chrétiens ont toujours défendu l’immortalité de l’âme (j’ai appris la résurrection des corps au catéchisme) que de dire que les juifs croient au mieux à la résurrection des corps.

    Les grecs défendent l’immortalité de l’âme ? Maimonide croit à la seule résurrection des corps. Aristote son maître n’est-il pas grec ? Le monde souterrain dans l’Odyssée n’est-il pas l’équivalent du Sheol ?

    Josèphe, Philon, les Esséniens (disciples de Jésus probablement), les rabbins orthodoxes croient à l’immortalité de l’âme. Facile de dire que les premiers n’ont jamais existé et que les seconds se fourvoient.
    Les sources sont contradictoires concernant les Saducéens, proches des prêtres du Temple. Je ne crois pas que leur vraie doctrine était celle du Sheol qui est purement exotérique.

    La kabbale (la vraie, celle d’avant Safed) n’est pas un "fouillis impénétrable", c’est une base pour un initié de haut niveau.
    Y a-t-il un texte ou le ruah, également synonyme de l’Esprit-Saint, s’éteindrait après la mort comme vous dîtes ?

    Les juifs matérialistes dont vous parlez, c’est de la piétaille qui reçoit les enseignements pour la masse. A Safed (Yavneh) il n’y a plus de prêtres, que des péquins qui se prétendent rabbins. Pas étonnant qu’ils fabriquent une kabbale fantaisiste. La doctrine messianiste est aussi idéale pour des gens qui ont perdu leur rang et veulent se venger.


  • #2005322
    le 15/07/2018 par blancboula
    La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

    Bien d’accord avec l’idée que la Kabbale est un fatras d’inepties. En réalité, elle est la preuve d’une vision matérialiste du monde ; car c’est tout simplement une modèlisation mathématique de l’univers. Mais l’ennui c’est que tout et n’importe quoi peut être réduit à une expression numérogique (les chiffres d’un produit par exemple). Au final, le problème des matérialistes est qu’il ne comprennent pas la matière ...


  • #2005524

    Faire du matérialisme le postulat d’un texte révélé c’est faire preuve soi-même d’un esprit matérialiste assez carabiné.

    A l’instar de Youssef Hindi Laurent Guyénot fait usage de cette herméneutique totalement profane nommée “méthode historique” pour s’attaquer (et le mot n’est pas innocent) au Judaïsme. Je rappelle que cette méthode fut créée au XIXe siècle de manière à tailler en pièces par des moyens rationnels les mythes traditionnels et faire passer les apôtres, prophètes et autres témoins de la Tradition pour des affabulateurs. C’est par exemple via l’usage de cette méthode que jusqu’à l’existence physique d’un certain Jésus de Nazareth fut remise en question… Sur ce sujet il sera salutaire de relire à la loupe le chapitre V de l’Introduction générale aux doctrines hindoues de René Guenon (« Question de chronologie ») où il écrit assez opportunément au § 2 : c’est ainsi qu’on s’est efforcé, par exemple, de « rajeunir » la Qabbalah hébraïque de façon à pouvoir y supposer une influence alexandrine et néoplatonicienne, alors que c’est très certainement l’inverse qui s’est produit en réalité…  

    Il est donc cocasse de voir nos auteurs se réemparer de cette méthode pour l’appliquer cette fois-ci au Judaïsme. Pour quel camp travaille-t’on réellement à procéder de la sorte ? Mais pouvait-on s’attendre à mieux de la part d’universitaires dont les connaissances dans le domaine de l’ésotérisme suffiraient à peine à remplir le dos d’un timbre poste ?

     

    • #2005637
      le 15/07/2018 par Michel Karl Myriam
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      Bonne analyse,
      les textes révélés demandent de multiples approfondissements, et demandent à être éclairés par une Tradition, et une contemplation ; et résumer l’anthropologie biblique avec un verset de la Génèse et une référence à Jean-jacques Rousseau me parait plus que léger pour appréhender des questions de corps, d’âme et d’esprit.


    • #2006088
      le 16/07/2018 par L.A. Truita
      La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

      Avant la rupture des relations diplomatiques entre la France et le saint-Siège en 1904 (due à la loi de séparation des Églises et de l’État en France), elle était située au 10, rue de l’Élysée, dans le 8e arrondissement, dans l’actuel hôtel de Rothschild.

      https://eglise.catholique.fr/person...

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nonci...


    • #2006428

      Quiconque a étudié comme il se doit, à partir d’un point de vue occultiste, la croyance aux fées en Europe au Moyen-âge, pour ne citer que cet exemple, ne peut affirmer ensuite que tout ce que contient la kabbale n’est que babillage insensé. La kabbale est un pâle reflet d’antiques gnoses et son origine réelle est trouble et opaque, mais ce n’est pas le plus important. Écouter les interprétations d’un rabbin comme le Dr Michael Laitman (youtube) permet d’éclaircir les motivations égoïstes qui animent les pratiques dites kabbalistiques.

      Mais il est très juste d’affirmer que le judaïsme et les juifs ont de tout temps été reconnus comme incapables de tout occultisme et de toute spirutalité. Leur talent pour le matérialisme a fait d’eux par exemple des médecins, spécialisés dans les forces les plus bassement physiques de l’homme. De tout temps, ce furent les païens qui possédèrent les clés des Mystères occultes.


    • #2006549

      LG, vous mélangez tout, l’exegèse d’un texte sacré n’a rien à voir avec la critique d’une religion.
      je vous rappelle ce qu’est un texte : une suite de signes apposés sur un support, tout ce qu’il y a de plus matériel et qu’on analyse avec l’aide de la logique et non de la foi que ce soit les structures internes, les cohérences et incohérences, l’unité ou la disparité lexicale, les parallèles historiques etc etc etc.(la foi, elle, ne peut au mieux qu’interpréter)

      Quant à Guénon, il est bien gentil, mais ce qu’il affirme sur la soi disante influence de la kabbale sur le néoplatonisme est totalement ridicule : la kabbale est d’origine alexandrine et certainement plus egyptienne qu’hébraïque ). le néoplatonisme a pour origine le néo pythagorisme d’ailleurs le premier successeur de Platon à l’académie est un pythagoricien pur jus : Héraclite du pont. le contresens de Guénon est dû à Philon d’Alexandrie un philosophe juif alexandrin qui a essayé de syncrétiser pensée juive et pensée grecque.
      Mais Plotin, philosophe grec d’Alexandrie et premier néoplatonicien, lui, n’a aucune influence juive mais au contraire néo pythagoricienne ce qui est autrement plus logique quand on connait un peu le pythagorisme. D’ailleurs de Plotin à Jamblique, tous les néoplatoniciens se nommaient eux même platoniciens le néoplatonisme est une invention tardive.
      Ensuite,le plus ancien texte kabbalistique connu(les écrits du char celeste) date au mieux du IVème siècle aprèsJC et donc des débuts du Talmud.) Guénon est coutumier du fait, il fait pareil avec la rédaction des vedas. . Guénon est un ésotériste et un gnostique, pas un vrai traditionaliste car il théorise ; il fantasme une tradition primordiale (la gnose) qui n’existe que dans son esprit et pour qu’elle soit primordiale il faut qu’elle soit très ancienne. Cela dit Guénon ne dit pas que des conneries, loin de là, mais parfois il prend des libertés excessives pour justifier ses théories.


    • #2006950

      @ paramesh

      Coucou :-)

      1.

      Ce n’est pas de l’exégèse que fait Laurent Guyénot - il n’en a pas les moyens - c’est de l’herméneutique profane sur un texte sacré.

      La tradition orale précède toujours la tradition écrite, qui n’est là que pour palier aux défaillances de la mémoire humaine sur la durée. Le fait qu’il n’existe pas de trace écrite d’une tradition spirituelle avant une certaine date ne prouve qu’une chose : il n’existe pas de trace écrite d’une tradition spirituelle avant une certaine date.

      Un texte sacré est un texte révélé, ce n’est pas un livre d’histoire ou de géographie dont on juge de l’exactitude par les seuls moyens rationnels. S’il est « révélé », c’est précisément parce qu’il n’est pas le produit de la gymnastique mentale d’un individu singulier, mais l’ « irruption » dans le champs du réel d’une Vérité de nature surnaturelle, c’est-à-dire supra-rationnelle. A titre d’exemple, l’origine de la tradition hindoue est dite « apaurushêya  », c’est-à-dire « non humaine ».

      Un texte écrit - fut-il sacré - est bien évidemment un signe matériel (voilà qui est intelligent comme remarque), mais ce qu’il manifeste ou exprime de manière symbolique ne l’est pas. A ce titre, il ne se laisse pas « comprendre » par les seuls outils de la raison.

      René Guenon ne dit pas que le néoplatonisme est issu de la Kabbale, il parle d’influence réciproque. La Kabbale est le versant intérieur ou ésotérique de la tradition juive tout comme dans l’Islam la haqiqa est le versant intérieur ou ésotérique de la sharya. C’est d’ailleurs le caractère « intérieur » inhérent à ce dont nous parlons qui met la connaissance ésotérique à l’abri de toute déformation venant de l’ « extérieur ». Ne la pratiquant pas « de l’intérieur », Laurent Guyénot ne peut dont que se « casser les dents » sur les murs extérieurs de la tradition juive… Comme la Nature des choses est bien faite, vous ne trouvez pas ? :-)

      Quant a ce que René Guenon a pu écrire sur la tradition hindoue, tout a été validé - déjà de son vivant - par les hindous eux-mêmes, ce qui est un gage d’authenticité autrement convaincant que n’importe quel imprimatur en vigueur chez les orientalistes et autres « critiques de texte » greco-centrés.


    • #2007163

      @LG, coucou too,



      La tradition orale précède toujours la tradition écrite




      j’attendais l’objection, mais une tradition orale est typiquement agglutinante (elle ne trie pas, elle compile, elle est donc multiple) cela confirme le point où nous sommes d’accord (il n’y a pas d’unité philosophique dans la torah) tout comme la tradition hindoue est multiple : les vedas n’en sont qu’un point d’orgue.
      Là où je ne vous suis pas c’est quand vous prétendez qu’on ne peut pas faire "d’histoire des religions" sans intégrer le fait religieux dans l’analyse (accepter comme établi qu’il s’agit d’une véritable révélation divine.
      Or toute religion a une histoire, aucune religion n’est monolithique.
      toutes les religions évoluent donc dans l’histoire ce qui semble un peu contradictoire avec l’idée de révélation intemporelle.

      Cela dit, ce n’est pas la tradition hindoue qui est aparusheya , mais ce sur quoi elle se fonde : la réalité ultime.
      dans la pensée indienne il n’y a pas de révélation mais un acte de vision : les Rishis ne sont que des voyants, pas des prophètes, ce sont des hommes normaux mais expérimentés qui voient et qui témoignent. c’est une religion purement mystique et fondée exclusivement sur l’expérience.
      quant aux pandits et brahmanes qui confirment Guénon, c’est connu les indiens ont tout inventé et sont les meilleurs partout, à les entendre les vedas ont 10 000 ans (c’est plus de la fanfaronnade qu’une approche historique sérieuse (je les connais, je les pratique, ils connaissaient même la torah avant qu’elle soit écrite, c’est dire).



      René Guenon ne dit pas que le néoplatonisme est issu de la Kabbale, il parle d’influence réciproque.




      Cela ne tient pas la route pour des histoires de chronologie
      lisez ce texte savoureux de deux spécialistes de la Kabbale, ils sont au moins d’accord sur ce point:ils parlent même de pré-kabbale avant le Xème siècle après JC .
      Charles Mopsik et Eric Smilevitch : Observations sur l’oeuvre de Gershom Scholem
      http://jec2.chez.com/archobsrvshole.htm.
      vous remarquerez que sous la critique il se cache de grosses divergences idéologiques (et pourtant ils sont tous juifs). c’est exactement pareil pour les scientifiques, historiens et religieux indiens, si ce n’est plus. (le point d’orgue tournant justement autour des vedas et de la prétendue(?) conquête indo européenne de la péninsule indienne : quand et comment).


  • #2005550
    le 15/07/2018 par yann beauvois
    La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

    "Or Jésus renvoie dos à dos pharisiens et sadducéens, en affirmant : « Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, […] on est comme des anges dans les cieux. » ... mais Jésus en a inversé le sens, pour appuyer l’idée qu’Abraham, Isaac et Jacob sont vivants, de la vie angélique qui attend chacun après la mort."
    Whaooo, Mr Guyénot la belle interprétation que voila ;
    on fait comme les rabbins qu’on critique ?
    Le verset de Marc 12:25 stipule bien le contexte
    (on ne doit jamais interpréter hors du contexte dans le chapitre)
    "25 Car, à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux." Louis Segond (LSG)
    donc il n’y a aucun rapport entre les ressuscités
    (notez qu’on parle de ressuscités et mr Guyénot, impliquent qu’ils s’agit de morts ; au moment ou vous êtes ressuscité, vous n’êtes plus mort - non ?)
    et les anges, ici, que le point du mariage — et rien d’autre — c’est le point de la figure de rhétorique : métaphore, de faire une analogie sur un point précis que l’on veut souligner (et rien d’autre)
    Il s’agit bien de ressuscités (revenus à la vie, ils ne sont plus morts, c’est donc après leur état de mort) qui sont comparés avec des anges.
    Ressuscités => anges et non pas morts => anges _ "de la vie angélique qui attend chacun après la mort"

    je me demande pourquoi Jésus christ a ressuscité (temporairement) plusieurs personnes, (dont le fameux Lazare)
    logiquement, il aurait du les laisser dans leur vie angélique - non ?
    Et de plus, pourquoi Jésus Christ est mort pendant 3 jours ?
    Et n’aurait-il pas du demander à ses disciples de tous se suicider quand il est revenu d’entre les morts ?
    Mais non, le con, il leur demande d’attendre le don du saint-esprit à la Pentecôte,
    pas logique ce Jésus, après avoir eu le bonheur d’être mort 3 jours et d’avoir vécu le panard de la vie angélique après sa mort.
    Le con, revient pour dire à ces disciples, je suis ressuscité, je ne suis pas resté mort dans cette vie angélique du mort, mais je vous demande d’attendre et ensuite quand vous aurez reçu le saint-esprit, vous irez de part le monde, "demander à tous le monde de se suicider". Même pas quel con, non, c’est un salaud ce Jésus, "il nous demande d’attendre la résurrection", au lieu de mourir et d’avoir une vie angélique...
    _ Whaou, la belle interprétation Mr Guyenot...
    Dommage, vous êtes brillant à disséquer le judaïsme...

    _


  • #2005790
    le 16/07/2018 par Un ploemeurois
    La Bible hébraïque est-elle matérialiste ?

    Merci à Laurent Guyénot. Que pense-t-il de Réné Girard, sorti de l’école des chartres, et de sa thèse du désir mimétique développé entre autre dans "la violence et le sacré" ?


  • #2005822

    Je dirais plutot que c’est l’inversion dialectique qui est le coeur de l’hebraisme, mais le matérialisme a la même origine : l’oppression des femmes.

    M. Laurent Guyénot a montré que les hébreux sont une tribu arabe nomade : leur compétence primaire en tant qu’humains c’est la razzia et l’oppression des femmes.

    Quand la jeune fille n’est pas libre de sélectionner le beau mec qui a le courage de la draguer, c’est la laideur et la lacheté qui s’installent au fil des milliers de générations, c’est l’esprit et la génétique du tonton atrocement laid et lâche , parfaitement incapable de draguer, mais qui par l’intelligence sournoise et manipulatoire possède le pouvoir et peut s’acheter des filles de 9 ans pour son harem.

    En l’absence de courage sexuel la masculinité virile centrée sur l’action courageuse s’inverse en cette attitude passive-agressive et manipulatoire de type féminin qui inonde littéralement tout le judaïsme, où tout fonctionne par inversion : face aux immenses réalisations des civilisations sumerienne, egyptiennes, grecques ils ne sont pas des razzieurs oppresseurs de femmes minables mais un peuple élu par une entité surnaturelle pour contrôler la planète, c’est en déclenchant l’armageddon ie des guerres mondiales que la paix universelle sera obtenue, leur identité est définie de façon inversée c’est à dire pas par l’amour de soi mais par l’antisémitisme c’est à dire la haine des autres en oubliant évidemment que cette haine est crée de toute pièce par l’affirmation d’hyper-supériorité ethnique élective, etc. etc. tout est comme ça.

    Comme tout est laid rien n’appelle à l’élévation. Confinée dans la laideur et jamais tirée hors d’elle même par la beauté surnaturelle, l’intelligence se complaît minablement dans la certitude matérialiste, dont le sceau ultime est la monnaie.

     

    • #2006023

      Cette mentalité d’inversion dialectique a une puissance malfaisante vraiment immense, elle a dévasté l’histoire. Le Christ a essayé de sortir de la malfaisance hébraïque en inversant le dieu tueur psychopathe du judaîsme décrit par M. Guyénot en dieu-père d’amour chrétien. Mais c’était une idée terrible : l’inversion de l’inversion c’est de l’hyper-inversion, ça ne marche pas comme -1x-1=+1.

      Le véritable père du Christ -celui qui révèle la vérité du Fils- c’est Hegel : c’est lui qui fera croire que l’inversion christique des valeurs ("les derniers seront les premiers") est effectivement de nature "divine" dans le sens ou elle est aussi l’essence du réel : pour traverser le devenir, traverser le temps, l’être réel doit s’autodétruire, passer par le néant et c’est pourquoi le négatif, le néant, a une valeur positive, ce qui est l’inversion dans sa pureté : le négatif est positif.

      L’idéalisme dialectique hégélien va automatiquement s’autodétruire dialectiquement et s’inverser dans le matérialisme dialectique marxiste. L’inversion du négatif en positif va alors pouvoir prendre toute sa puissance dévastatrice et dévaster le 20ème siècle en s’aidant des pathétiques réactions nazies et fascistes. Les massacres de centaines de millions de personnes de Lénine, Mao, Staline, Pol Pot n’ont rien de mystérieux : ces gens ne tuaient personne, ils aidaient les classes dans leur moment dialectique négatif à disparaître un peu plus vite, il poussaient à la roue dialectique.

      Comme l’a montré Jovanovic dans son bouquin sur la bible, tout ça résulte de la razzia confite dans le suint ethnique de l’oppression des femmes faites sur les mythes surmériens par la poingnée de batards qui on pondu la bible hébraique.


    • #2006838

      l’oppression des femmes facteur d’inversion dialectique et de matérialisme ?
      je veux bien considerer l’hypothèse, mais expliquez moi alors pourquoi les civilisations grecques romaines ou chinoises qui ont été bien plus oppressives pour les femmes que la culture hébraïque n’ont pas suivi le même cursus


    • #2008060

      @paramesh : Les femmes avaient effectivement le statut social de mineur chez les grecs (ce qui est une institutionalisation un peu abusive de l’état relationnel de toute femme qui est heureuse avec son homme). A part ça c’était bien des femmes européenne 1000x moins opprimées que les femmes arabes, ça ce voit clairement dans les pièces d’Aristophane, dans le fait que le grand Pericles était avec une femme totalement libre qui le menait par le bout du nez, que les femmes étaient admise au même rang dans l’école philosophico-mathématique de Pithagore, à la place première d’Athena dans le Panthéon etc. etc. toutes choses inimaginables en monde arabe.

      D’autre part il faut considérer le nombre de générations : la pensée grecque est la floraison de la pensée européenne, c’est à dire de la mise en avant de la logique, pensée qui vient du nord où les femmes étaient justement les plus libres et les plus belles. Il ya co-apparition de la beauté surnaturelle des jeunes filles et de la pureté de la pensée, quelque part en Ukraine il y a 10000 ans. Même s’ils ont été un peu abâtardi par la mentalité d’oppression des femmes qui règne autour de la méditerranée, on reste dans l’impact culturel car génétiquement on est à quelques centaines de générations de l’apparition de la blonde sublime d’Ukraine. Les hébreux/arabes ont des milliers de générations d’oppression abjecte des femmes derrière eux.

      Quand à la pensée métaphysique chinoise elle est purement matérialiste depuis le début. Si c’est le matérialisme qui est la source de la malfaisance judaïque alors le pire est à venir car les chinois ne sont pas limités par la culpabilité infligée par le judéo-christianisme. Mais ce modèle de malfaisance d’origine sexuelle par inversion dialectique est beaucoup plus causal et intuitif, les épicuriens étaient matérialistes par ex. et pour moi c’est là que le summum de la pensée humaine a été atteint.

      A noter que si vous pensez que c’est le modèle le plus raciste que vous ayez jamais vu vous vous trompez parce que génétiquement les hébreux ont complètement disparu et les juifs actuels descendent en grande majorité des khazars, qui sont des caucasiens et Hegel est un génie germanique : les idées sont plus puissantes que la génétique, l’inversion dialectique, même si elle est née de l’oppression des femmes, possède une malignité intrinsèque qui transcende les races.


  • #2007495

    La Bible hébraïque est –elle matérialiste ?
    Sans intention de dénigrer la totalité du travail de recherche de M. Guyénot, il est cependant nécessaire d’apporter quelques éléments qui permettent de montrer qu’il n’y a pas de matérialisme dans la Bible Hébraïque, pas plus que dans le Christianisme ou dans d’autres traditions antiques.
    La notion de vie après la mort est connue dans toutes les traditions qu’elles soient égyptiennes, druidiques, hellénistique ou autre. Ce qui se modifie en est la présentation ou l’expression qui doit être adaptée aux peuples qui reçoivent chaque révélation.
    Pour l’Hébraïsme, - la loi de Moïse - avec sa composante extérieure ou exotérique (la Torah) et intérieure ou ésotérique (Kabbale ), il ne peut être question à aucun moment de matérialisme : l’être humain est sur terre pour parvenir à la vie éternelle ou surnatuelle avec à la fin des temps, la résurrection des morts, non pas une résurrection de la chair corruptible et putrescible mais une chair spiritualisée, imputrescible, glorieuse.
    « Après la faute du Veau d’Or – qui correspond à la chute- l’homme doit parvenir par la pénitence à la réintégration dans l’état primordial ou en terme kabbalistique, d’un retour à la sefirah Binah, ce qui correspond à la régénérescence de l’homme spirituel. Cet état d’indistinction est rehaussé par le port d’un vêtement solennel, qui rappelle par sa couleur blanche - celle de la sefirah Binah – le linceul du défunt. Ce vêtement rituel est également porté par certains juifs, le jour du mariage […] et le jour de la mort, intégration par excellence dans l’état supra-corporel . »
    Aussi la mort pour les juifs pieux n’est pas un simple retour du corps à la glaise et à la poussière comme l’interprétation des paroles de la Genèse pourraient le laisser croire à certains, mais un passage, un chemin vers les états supra-individuels.
    « Commentant Exode, XX, 15, le Sefat Emet (chef spirituel de la dynastie hassidique de Ger), de son vrai nom Judah Aryeh Leib Alter (1847-1905) enseigne que le jour de la promulgation de la Torah écrite (Torah sha-bikhtar), chacun des enfants d’Israël perçut dans l’au-delà la partie divine de son âme et la racine de son être. »
    De cette expérience spirituelle, la tradition applique le verset :
    « Vous êtes des dieux, tous les fils du Très-Haut » (Psaumes 82 :6)
    Cependant le verset continue :
    « Mais non, vous mourrez comme des hommes »
    Cette partie se réfère, disent les sources, à la chute occasionné


  • #2007549

    « Mais non, vous mourrez comme des hommes »
    Cette partie se réfère, disent les sources, à la chute occasionnée par la faute du Veau d’Or. Cette déchéance a nécessité l’ouverture d’un nouveau chemin, celui qui correspond à la voie rédemptrice. C’est la voie du pénitent (ba’al Teshubah, litt. « Adepte du retour », ce dernier terme étant aussi une des désignations de la sefirah Binah [le commentaire d’Ibn Sahula sur le Sefer Ha-Bahir le dit très clairement : « La repentance c’est le retour de l’individu vers son principe premier. »]
    Et pour continuer à illustrer la croyance des juifs à une vie après la mort, on peut ajouter la parole de Marthe lors de la mort de son frère Lazare :
    « Marthe ayant donc appris que Jésus venait, elle alla au-devant de lui ; mais Marie était demeurée à la maison. Marthe dit donc à Jésus : Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que vous demanderez à Dieu, Dieu vous le donnera.
    Jésus lui dit : Votre frère ressuscitera. Marthe lui dit : Je sais qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Le croyez-vous ? Oui Seigneur, lui répondit-elle, je crois que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, qui êtes venu en ce monde. » (Evangile de Jean, XI, 21-29).


  • #2008197

    Le judaïsme est un des derniers refuges de l’émotionnel malgré la rationalisation des routines du quotidien, car il offre une fausse spiritualité dans le matérialisme ; pour des personnes qui ne sont pas inintelligentes, mais qui ont tout simplement peur de la mort. 


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