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La Syrie, l’Iran et Israël à l’ombre du nouveau Pacte de Varsovie, version opposée 2.0

À la suite des attaques israéliennes de samedi et dimanche [20 janvier 2019], incluant une très rare attaque diurne, sur des cibles militaires en Syrie, beaucoup d’observateurs se sont interrogés sur la passivité apparente de la Russie, alliée de Damas ainsi que sur l’absence d’une riposte syrienne conséquente et le non-usage des systèmes S-300.

 

Pour la première fois depuis 1973, Damas a menacé de frapper l’aéroport de Tel-Aviv en Israël en cas de nouvelle escalade tandis que Moscou a justifié sa non-intervention par le non-franchissement par Israël de « sa » ligne rouge en Syrie.

Fait significatif, ce n’est pas Téhéran qui a menacé de frapper Israël mais la Syrie alors que les dirigeants israéliens affirment publiquement que leurs frappes en Syrie ne visent qu’à empêcher l’installation de bases militaires iraniennes après presque huit années de guerre.

Israël a déployé son système d’interception balistique Arrow-2 uniquement pour se protéger des missiles balistiques de courte et moyenne portée que l’Armée Arabe Syrienne a mis en alerte dès le début de l’année 2018.

Ce système sera remplacé très vite par Arrow-3 dont le premier essai paraît concluant. Le système d’interception de missiles balistiques Arrow-3 a été très largement conçu par l’Américain Boeing aux États-Unis avec la participation de Israeli Aerospace Industries. Ce système serait capable de faire face aux menaces de missiles balistiques de moyenne et longue portées (interception en dehors de l’atmosphère) et fait partie d’un système de défense ABM multicouches plus large incluant le Dôme d’acier (Iron Dome), la Fronde de David (David’s Sling) et les systèmes Arrow.

Ces systèmes sont sensées faire face aux roquettes et autres projectiles de courte portée susceptibles d’être lancés de la bande de Gaza, des roquettes et des missiles de moyenne portée en possession du Hezbollah libanais et enfin la menace des missiles balistiques de portée intermédiaire de l’Iran et de la Syrie.

Lors de sa supervision de l’essai de l’Arrow-3, le Premier ministre israélien a laissé aller une phrase bien révélatrice relevant plus du langage des gangsters que celui, généralement assez policé et prudent, d’un homme d’État :

« Nous allons régler nos comptes avec eux [les syriens et les iraniens] ! »

Une source militaire anonyme à Damas a fait savoir que le commandement de la défense aérienne du territoire, agissant sur les ordres du Président Bachar Al-Assad a donné des consignes strictes interdisant l’usage des systèmes SAM S-300 déployés en Syrie occidentale, sauf en cas d’une confrontation ouverte et déclarée. Cette source a également souligné les efforts colossaux d’Israël et de ses alliés afin de localiser ces systèmes d’armes.

La non-utilisation des S-300 est à elle seule une victoire psychologique sur Israël. C’est d’ailleurs grâce à ces systèmes que Damas suit au mètre près les violations des avions US, britanniques, français, hollandais, danois et autres, menant sporadiquement des frappes dans sa partie orientale près des frontières irakiennes.

Mais la Syrie dispose-t-elle de capacités suffisantes pour croiser le fer avec Israël au moment où le cessez-le-feu à Idleb est violé quotidiennement par les groupes terroristes et rebelles soutenus par Ankara et l’OTAN et où des avions de la coalition internationale bombardent sa partie orientale ?

Manifestement, les Syriens semblent conscients de cet état de fait. C’est pour cela que ni les S-300 ni les Mig-29 ou les missiles balistiques modifiés ne seront utilisés pour contrer les provocations israéliennes qui ne visent in fine qu’à forcer la main à Trump et lui démontrer que Tel-Aviv est le seul membre du nouveau Pacte de Varsovie qui est en train d’être monté contre l’Iran et la Russie à agir militairement.

Épuisée par une guerre de huit années, l’armée syrienne dispose donc de priorités et elle doit donc optimiser ce qui lui reste comme ressources à ses objectifs « réalistes » :
1. Libération de l’enclave rebelle d’Idleb sans provoquer une guerre régionale avec la Turquie ;
2. Encercler et saboter le déploiement de forces de la coalition à Deir Ezzor et à l’est de l’Euphrate ;
3. Désamorcer la bombe kurde et l’utiliser contre la Turquie ;
4. Continuer à revendiquer la totalité du plateau du Golan en poursuivant le déploiement et le renforcement de forces alliées près de la zone de confrontation avec Israël.

À terme, les Syriens savent qu’ils n’ont que choix limités dans le combat asymétrique et qu’à terme, les menaces et les multiples provocations israéliennes ne peuvent être adressées qu’en mettant en place une dissuasion basée sur la possession d’armes spéciales et c’est vers ce point que convergent les stratèges syriens et iraniens, d’où l’extrême nervosité des dirigeants israéliens et de leur alliés.

Côté Russe, c’est l’extrême prudence car Israël recherche à forcer la main aux États-Unis pour l’entraîner dans un conflit de grande envergure aux conséquences totalement imprévisibles et catastrophiques pour l’ensemble des acteurs de ce conflit. Pour Moscou, Israël n’a aucunement les moyens d’attaquer ou de mener une guerre contre la Syrie et l’Iran et cet objectif dépasse de loin les capacités israéliennes. La seule solution reste celle visant à y entraîner les États-Unis d’Amérique par la force. Les multiples provocations israéliennes visent d’ailleurs le maintien d’une pression constante sur l’administration Trump pour qu’elle s’implique de manière notable dans le conflit.

C’est un véritable casse-tête stratégique où les Russes doivent jouer sur un terrain miné et piégé dans ses moindres recoins. Il n’y est aucunement question d’un quelconque aventurisme au moment où se créé un nouveau Pacte de Varsovie totalement différent de celui de la guerre froide : le nouveau Pacte de Varsovie est principalement dirigé contre l’Iran et la Russie. Ou plus précisément la destruction de la République islamique d’Iran et l’encerclement et l’enfermement de la Fédération de Russie.

Lire l’article entier sur strategika51.wordpress.com

La vérité sur la Syrie avec Kontre Kulture :

 

Le volcan du proche-Orient, sur E&R :

 



Article ancien.
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