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La Syrie loin des mensonges médiatiques : entretien avec l’ancien patriarche Grégoire III Laham

Rencontré à Damas en avril 2017, Sa Béatitude Grégoire III Laham qui a été le Patriarche de l’Église Melkite Grecque-Catholique de 2000 jusqu’à mai 2017 revient sur les origines du conflit en Syrie, les relations inter-confessionnelles et le rôle des puissances étrangères, notamment occidentales, dans cette guerre.

 

La Syrie est un pays laïc et le gouvernement s’est toujours efforcé de traiter de manière équitable ses communautés religieuses. Comme l’explique le Patriarche, « il y a une liberté de culte » et les enfants suivent un enseignement religieux lié à leur confession :

« Je ne vois pas ce qu’on peut faire de plus que cela. Quelle liberté ? Quelle démocratie vont-ils encore exporter et apporter à notre pays ? Je ne vois pas. Un pays peut toujours progresser, ce n’est pas que je fasse l’apologie de mon pays, voyez-vous. Je le sens, je le vois, je l’expérimente. Il faut aussi dire autre chose que l’Occident n’a pas voulu écouter, comprendre et accepter : au début [de la crise] ce n’était pas vraiment pacifique, ça a commencé avec la violence à Dera’a et Khabab. Moi je suis de Khabab. Je suis né à Daraya où Saint Paul a été converti et Khabab c’est à côté du village où Saint Paul a passé trois ans après sa conversion. Quand il parle dans l’Épître aux Galates qu’après sa fuite il est passé dans le pays des Arabes, l’Arabie, ce n’est pas l’Arabie Saoudite mais ce sont les terres des Nabatéens. C’est l’Arabie dont parle Saint Paul, ce n’est pas l’Arabie Saoudite vous voyez, c’est différent. Il a passé trois ans là-bas. Dans cette région, entre Dera’a et Khabab, tous les commissariats de police ont été détruits le premier mois. J’ai su par mes paroissiens dont les enfants étaient dans l’armée ou dans la police qu’il était défendu à ces derniers de sortir de leurs casernes avec des armes ou une matraque. »

Revenant sur l’histoire des enfants de Dera’a qui est considérée comme le point de départ de la crise syrienne, Sa Béatitude Grégoire III Laham se souvient :

« Une fois il y avait une réunion de la hiérarchie catholique en Syrie dont je suis le président, ici chez nous. J’ai dit aux évêques : “Nous sommes entre nous, dîtes la vérité, qu’est-ce qui se passe ?” C’était au début de la crise. “Qu’est-ce que le gouvernement a fait ? Comment le gouvernement a réagi ?” “On n’a pas pu vraiment relever une violence de la part de l’État mais ce sont les autres [les émeutiers] et tout est payé.” L’évêque de Hauran, qui est maintenant à la retraite, m’a dit : “Voilà, en signe de solidarité j’ai voulu aller à Dera’a qui est le chef-lieu de district et voir les parents de ces enfants à qui on a enlevé les ongles... Je n’ai pas trouvé de traces de tout cela.” J’ai beau raconter ces choses-là, ce que je viens de vous dire, en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en 2013, personne n’a voulu me croire ! Jusqu’à maintenant je vois les rapports, mêmes ceux des personnes à qui j’ai présenté ces choses-là et ils n’ont pas accepté mon témoignage. Jusqu’à maintenant on raconte les mêmes histoires, que j’ai réfutées. Rien à faire ! »

Lire la suite de l’article sur stratpol.com

Pour comprendre le conflit syrien, chez Kontre Kulture :

La Syrie vue de l’intérieur, sur E&R :

 



Article ancien.
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2 Commentaires

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  • Un coup d’état organisé de l’intérieur ,en se servant de la population par une rémunération .C’est une honte ,car dans cette histoire il y a des morts ,des gens déportés ,des massacres ,la déstabilisation d’un pays entier .Qui est responsable ? qui sont les bouchers ? il suffit de regarder et d’entendre pour savoir qui .


  • ” J’ai beau raconter ces choses-là, ce que je viens de vous dire, en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en 2013, personne n’a voulu me croire ! Jusqu’à maintenant je vois les rapports, mêmes ceux des personnes à qui j’ai présenté ces choses-là et ils n’ont pas accepté mon témoignage. Jusqu’à maintenant on raconte les mêmes histoires, que j’ai réfutées. Rien à faire ! »
    Quand on ne peut pas (qu’on ne veut pas) entendre, on n’entend pas.