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La critique du capitalisme par Rousseau

Conférence d’Yves Vargas, 25 novembre 2014

Conférence du philosophe Yves Vargas sur la naissance du capitalisme et sa justification morale et politique par Mandeville (1670-1733). Rousseau sera le premier à livrer un combat sans concession contre la naissance de la société industrielle et sa théorisation anthropologique.

 

 



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41 Commentaires

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  • #1256475

    Exposé bien maîtrisé. A vrai dire, je suis surpris qu’E. et R. le relaie. Merci pour cela. Mais voilà qui contredit sérieusement les analyses sur les "Lumières" de l’historienne en place, non ?

     

    • #1256742
      le 30/08/2015 par Marion Sigaut
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Désolée, je ne me lancerai pas dans une critique de Rousseau que je suis, et reste, incapable de lire plus d’un quart d’heure d’affilée.
      Je ne me lancerai pas non plus dans aucune discussion philosophique : je n’y connais rien, ce n’est pas mon sujet et je laisse ça aux philosophes.
      Lesquels seraient bien inspirés de laisser l’Histoire aux historiens, ce qui leur éviterait d’enfiler les contresens historiques comme des perles.
      Si vous cherchez une bonne critique, historique, de la pensée de Rousseau, lisez l’incontournable Xavier Martin.
      Ca c’est de l’Histoire.


    • #1256754
      le 30/08/2015 par Yannick Fournier
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Je crois que cela ne contredit en rien l’analyse de Marion Sigaut (puisque je reconnais par l’expression ’’l’historienne en place’’ très certainement elle), mais bien au contraire, cela nous fait méditer toujours plus à quel point la société dans laquelle nous vivons est né de dissertations philosophiques nauséabondes dans quelque Loges, où des hédonistes et des psychopathes mues par des intelligences diaboliques ont inventé une économie de façade reposant sur la spéculation et sur l’exploitation des masses, dont les buts réels ont toujours été les mêmes : saper l’œuvre du Christ sur Terre, tuer les Rois, supprimer les paysans, seigneurs du sol, et source de la survie de la société entière, tous ses ouvriers de la vigne réunis et unis au sein de l’Église, garante de la présence du Christ sur Terre. Une société qui repose sur la promotion des sept péchés capitaux, une société satanique qui fait du vice la vertu. Une société saine possède les moyens naturels d’élimination des éléments puérils qui sapent l’ordre et l’unité propre à la Vie. La mort, c’est toujours quelque chose qui vous vole la vie petit à petit ...


    • #1256784

      Au contraire cet exposé contient en filigrane une critique radicale de la pensée de Voltaire - finalement assez mandevillienne. Marion Sigaut est une rousseauiste qui ne s’assume pas !


    • #1256812

      A Marion Sigaut : cette séparation entre histoire et philosophie est totalement artificielle. Les Lumières sont une philosophie. Aborder historiquement les Lumières c’est les remettre en perspective philosophiquement et vice versa. En n’omettant pas leurs contradictions internes qui sont la matrice du débat politique contemporain. Quant à la langue de Rousseau, quoiqu’on pense de ce philosophe par ailleurs, c’est probablement la plus belle de toute la littérature française !


    • #1256833

      Rousseau n’arrête pas de cibler dans ses critiques cette conception "Mandevillienne" comme vous dites. Les citations de Mandeville reprises dans cet exposé sont d’ailleurs pour la plupart présentes dans "Le Capital" de Marx. Ce que Marion Sigaut fait découvrir à certaines personnes ici, est déjà présent dés le début du XIXème siécle chez beaucoup d’auteurs, dans les mêmes termes. Et bien sûr très présent dans Le Capital, même si Marx consacre sont propos surtout à l’Angleterre (premier pays à vivre cette métamorphose vers le capitalisme de type XIXème siècle). C’est toute la pensée socialiste, comme révolte morale à la déshumanisation apportée par la société industrielle.

      Citation de Rousseau :

      "[...]au lieu que l’irréligion, et en général l’esprit raisonneur et philosophique, attache à la vie, effémine, avilit les âmes, concentre toutes les passions dans la bassesse de l’intérêt particulier dans l’abjection du moi humain, et sape ainsi à petit bruit les vrais fondements de toute société ; car ce que les intérêts particuliers ont de commun est si peu de chose, qu’il ne balancera jamais ce qu’ils ont d’opposé.
      Si l’athéisme ne fait pas verser le sang des hommes, c’est moins par amour pour la paix que par indifférence pour le bien : comme que tout aille, peu importe au prétendu sage, pourvu qu’il reste en repos dans son cabinet. Ses principes ne font pas tuer les hommes, mais ils les empêchent de naître, en détruisant les mœurs qui les multiplient, en les détachant de leur espèce, en réduisant toutes leurs affections à un secret égoïsme, aussi funeste à la population qu’à la vertu.
      [...]Par les principes, la philosophie ne peut faire aucun bien que la religion ne le fasse encore mieux, et la religion en fait beaucoup que la philosophie ne saurait faire.
      Par la pratique, c’est autre chose ; mais encore faut-il examiner. Nul homme ne suit de tout point sa religion quand il en a une : cela est vrai ; la plupart n’en ont guère, et ne suivent point du tout celle qu’ils ont : cela encore est vrai ; mais enfin quelques-uns en ont une, la suivent du moins en partie ; et il est indubitable que des motifs de religion les empêchent souvent de mal faire, et obtiennent d’eux des vertus, des actions louables, qui n’auraient point eu lieu sans ces motifs."

      J. J Rousseau, "L’Emile" (livre IV)

      C’est un exemple parmis d’autre des idées de Rousseau sur ces questions, il y a des passages bien plus développés, mais mieux vaut le lire que de le citer par bouts.


    • #1256890
      le 31/08/2015 par Frédérick
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Exposé bien maîtrisé. A vrai dire, je suis surpris qu’E. et R. le relaie




      Je voyais E&R comme l’inverse d’une dictature de la pensée. « Égalité ET Réconciliation ». Ça doit être aussi pour ça qu’on y retrouve des penseurs de gauche ET de droite.


    • #1256959
      le 31/08/2015 par Marion Sigaut
      La critique du capitalisme par Rousseau

      @bbdg
      C’est ça, vous avez trouvé :
      Rousseau critique Mandeville proche des idées de Voltaire.
      Marion Sigaut critique Voltaire.
      Donc Marion Sigaut est proche de Rousseau.
      Comme elle dit le contraire, elle ne s’assume pas.
      Bravo ! Très fort. Vous en avez d’autres comme ça ?
      Je vous en propose quelques-unes.

      Alain Soral aime Rousseau qu’il cite souvent et qu’il publie.
      Marion Sigaut ne supporte pas la prose de Rousseau.
      Donc Marion Sigaut déteste Alain Soral.
      J’ai bon, là ?

      Encore une ?
      Lors de la suppression des jésuites, Voltaire en a recueilli un chez lui.
      Marion Sigaut a longuement écrit pour défendre la mémoire des jésuites dans les querelles ecclésiastiques du 18 e siècle.
      Donc Marion Sigaut est une voltairienne qui ne s’assume pas.

      Juste un petit conseil : ne me dites pas ce que je suis.
      Jamais.


  • #1256519
    le 30/08/2015 par Ignace de l’aïoli
    La critique du capitalisme par Rousseau

    1 er étape la physiocratie.
    2 ème étape l’industrie.
    3 ème étape vers laquelle nous devons aller = le salaire à vie.
    Pour ce dernier il faudrait que le prolétariat se réveille.
    En effet, de même que l’état avant 1973, se finançait lui même en s’appuyant, sur le PIB.
    On peut faire la même chose avec les salaires.
    Pour comprendre il faut sortir du schéma mental,où on veut maintenir la masse.
    Schéma qui veut que la richesse soit que le produit, que d’un propriétaire privé.
    Et que tout le reste, ne sont que des emplois qui découlent du bénéfice des grandes entreprises.
    Les non productifs au sens du capitalisme privé, les infirmières, les enseignants, les ouvriers et ingénieurs des corps d’état les retraités etc, produisent de la valeur., mais pas de bénéfices pour un capitaliste privé.
    Cette valeur est utile à la collectivité et se reflète dans le PIB.
    Il suffirait de valoriser les tâches que l’on considère comme mineures (non productives par le capitalisme).
    Ce à quoi le capitalisme s’oppose absolument évidemment, puisqu’il faudrait avant toute chose retrouver notre souveraineté monétaire.

     

    • #1256667
      le 30/08/2015 par Ignace de l’aïoli
      La critique du capitalisme par Rousseau

      J’ai omis volontairement la finance spéculative hors contrôle, qui n’est qu’une fuite en avant, une recherche de valeur à crédit, et qui ne profite qu’à une infime partie de l’humanité, un capitalisme de pillards, qui fabrique une humanité inutile de son point de vue et surnuméraire.
      Ce capitalisme qui a comme seul horizon le court terme (un maximum de profit et la Grèce promise à tous).
      Cependant deux impasses risquent fort de signer la fin de son histoire, le tassement de la survaleur, et le mur écologique.


    • #1256914
      le 31/08/2015 par Bromélia
      La critique du capitalisme par Rousseau

      100% d’accord pour la dernière étape dans le sens où on a hérité d’une société où les individus sont dépendant d’échanges. Cela fait plaisir de vous lire.
      Ceci dit, je ne vois pas en quoi le salaire à vie qui est une démarche contre l’usure serait en ligne avec la dérégulation des marchés sous l’impulsion des physiocrates qui est plutôt favorable à l’usure.


    • #1257071
      le 31/08/2015 par Ignace de l’ aïoli
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Si on prend le PIB comme référence et non pas le bénéfice, l’équation est en partie réglée,
      Cela ne veut pas dire que le bénéfice est interdit non, mais qu’il ne sert plus d’étalonnage.
      Evidemment le capitaliste dans sa volonté d’imposer sa vision de la valeur, ne veut pas qu’on se réfère au PIB.
      Pour la spéculation boursière,il est impératif de contrôler tout le système, car il empêche tout un pan de l’activité économique de se projeter sur le long terme du fait de l’instabilité crée.
      Les Physiocrates d’accord avec vous,sont les premiers libéraux, avec leur idées sur la libre circulation des grains, qui ont provoquées les premières famines, le blé était exporté hors du royaume.


  • #1256556
    le 30/08/2015 par Giustizia
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Chapeau, à Rousseau et au conférencier. Je n’avais pas pensé à cet aspect du capitalisme, très intéressant. Maintenant, on ne va pas s’attarder sur l’état de délabrement de nos campagnes, tant c’est démoralisant.


  • #1256616
    le 30/08/2015 par Sophie
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Ne pas oublier aussi que Rousseau fut le Maître à penser de Robespierre...

     

    • #1256652
      le 30/08/2015 par jc1987
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Qui fût probablement le dernier grand homme d’état français.


    • #1256663

      Tu as peur de devenir une Robespierrette (ne prenant que la face sombre supposée de Robespierre) en écoutant cet exposé ? Son intérêt n’est pas la conclusion (il semblerait que l’objectif fut de réhabiliter Rousseau auprès des marxistes) mais tout le développement, qui est génial et remet bien des idées fondamentales en place.

      Quelque chose en particulier m’interpelle, c’est lorsqu’il parle du patriotisme. Certains ont voulu gommer la différence entre patriotisme et nationalisme, or je trouve qu’il est bien que ces deux mots désignent deux idées qu’il est nécessaire de distinguer. Comme disait De Gaulle, le patriotisme c’est l’amour de sa patrie, le nationalisme c’est la haine des autres. Bon c’est vaguement l’idée, disons qu’il faut distinguer le patriotisme positif, renforçant la cohésion d’un peuple, donc la démocratie (le pouvoir du peuple), et le patriotisme négatif qu’on peut appeler nationalisme, qui consiste à détourner cet amour vers des objectifs impérialistes, au service du pouvoir donc (c’est donc plutôt du capitalisme politique, l’amour-propre d’un pouvoir en général concentré qui le pousse à désirer ce que les autres ont et à mener la nation pour conquérir).


    • #1256847
      le 30/08/2015 par expirate
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Robespierre, maître à penser de Landeux. Ce dernier dont il faut lire LE CIVISME pour un monde sans argent. Livre pour le XXI siècle, en grande adéquation avec ces propos de J.J. Rousseau.


    • #1256870
      le 31/08/2015 par jean-pierrrrr
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Il faudra se détacher un jour de la mythologie Robespierriste...

      A Marion Sigaut : Il ne faut pas dissocier la philosophie de l’histoire ; il faut penser le tout du monde.


    • #1256953
      le 31/08/2015 par Marion Sigaut
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Il ne faut pas dissocier la philosophie de l’histoire ; il faut penser le tout du monde.




      J’ai du mal à me faire comprendre. Je ne dissocie pas, je constate que les philosophes font leurs constructions philosophiques sur des données historiques qu’ils ignorent, ils se servent de l’Histoire sans la connaître, et raisonnent donc sur des données erronées. C’est absolument calamiteux.
      Le jour où j’aurai dégagé le temps nécessaire et où j’aurai lu Rousseau, promis-juré, je me pencherai sur sa philosophie. Pour ce faire je produirai un travail que n’ont jusqu’à présent pas produit en Histoire, tous ceux qui admirent le bonhomme et s’imaginent voir la société du 18e siècle à travers ce qu’il en dit.


    • #1256987
      le 31/08/2015 par paramesh
      La critique du capitalisme par Rousseau

      un marqueur évident du rapport Voltaire /Rousseau est la haine pathologique du premier envers le second (jusqu’à chercher à le faire tuer). donc Rousseau homme des lumières, c’est à prendre avec des pincettes. (voir aussi ce qu’en dit Henri Guillemin)
      il n’y a pas deux personnages plus antinomiques et philosophiquement tout les oppose.


    • #1257378
      le 31/08/2015 par GreenSov
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Il ne faut pas dissocier la philosophie de l’histoire ; il faut penser le tout du monde.




      Il y a pourtant une distinction claire entre les deux qui concerne la méthode.

      L’Histoire, sous entendue sérieuse, entre dans le domaine de la physique. Elle se construit à partir de faits pour produire de la connaissance. L’Histoire peut éventuellement mettre un pied dans la philosophie quand élabore des cadres conceptuels destiné à classifier ces connaissances (toujours basées sur des faits)

      La Philosophie entre dans le domaine de la métaphysique. Elle se construit à partir de connaissances pour produire d’autres connaissances. Ces connaissances peuvent être basées sur des faits, mais aussi sur des raisonnements, des spéculations, des faux voir des mensonges.

      Il n’y a aucun faits qui prouvent ce que Rousseau ou Mandeville postule au sujet de l’émergence de l’amour propre. La validité de leurs philosophies repose sur la qualité de leurs raisonnement et non sur des faits. Il est question d’un tout autre débat...

      Les deux disciplines peuvent coexister dans une même démarche intellectuelle mais elles sont bien distinctes.
      Par exemple, en disant qu’il ne faut pas dissocier philosophie de l’histoire, vous faite de la philosophie de l’histoire : vous spéculez sur sa nature, son utilité, etc. Si vous y réfléchissez, cela n’a rien à voir avec l’histoire de la philosophie qui exige l’étude méthodique de faits, ici sous la forme d’écrits philosophies passés.

      C’est parce que beaucoup disent faire de l’histoire alors qu’ils font de la philosophie, quand ils ne font pas dans la sophistique ou la politique que l’état de nos connaissances se détériore...


    • #1257581
      le 01/09/2015 par Macdonald
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Si Robespierre est (était) le maître à penser de Rousseau, ce dernier n’aurait jamais écrit le contrat social.
      Robespierre l’assassin de masse qui se prenait pour le bras armé de la justice !!
      Rousseau pensait en fonction de la nature des choses avec une approche plus réaliste dans ce qu’elle à de pertinente.
      Il ne généralisait pas pour ce qui est des caractères et était très attentif à l’évolution de la société (sans pour autant comprendre l’entité "peuple").
      Donc, affirmer que le père de la terreur (Robespierre), à été le maître à penser de Rousseau est une vaste fumisterie.


    • #1258014

      @MacDonald
      "Donc, affirmer que le père de la terreur (Robespierre), à été le maître à penser de Rousseau est une vaste fumisterie."
      Je crois que Sophie disait que "Rousseau fut le Maître à penser de Robespierre..." et non l’inverse.


    • #1258128
      le 02/09/2015 par Gourgandin
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Hobbes émerge en pleine guerre de religion, Marx apparait en période industrielle 1914, Baudrillard la société de l’image, Spengler "le déclin de l’occident" après 1914, Michel Clouscard dans la société du frivole et de l’exploitation, et j’en passe.
      Les philosophes racontent des craques,moi je veux bien tout entendre mais faut pas pousser mémé dans les orties


  • #1256660
    le 30/08/2015 par Querquetulani
    La critique du capitalisme par Rousseau

    La liberté individuelle et antiétatique de Rousseau a fait de lui le père du libéralisme dont nous connaissons l’aboutissement « sauvage » :)


  • #1256733
    le 30/08/2015 par Petula
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Prodigieux ! Merci Monsieur


  • #1256802

    Je lis pas mal Rousseau en ce moment (3ème ou 4ème relecture de "l’Emile"), c’est une pensée très en avance... Après lecture de Marx, un peu de Hegel et surtout Clouscard, Rousseau m’intéresse de plus en plus. Et non pas par enthousiasme "d’intello", un peu comme une mode passagère.
    je vois de plus en plus en Rousseau un penseur difficile, doué d’une sensibilité aiguë. Il ressentait beaucoup les choses avant de les réfléchir. Et surtout la beauté de sa prose dispense trop souvent à ses lecteurs le travail de suivre avec attention les raisonnements, qui sont le plus souvent très finement construits. La façon dont sa compréhension des moeurs et de l’intime (le coeur humain) connecte le politique à la sensibilité, le collectif à l’individuel, à ce qui guide nos vie, ne cesse de m’intéresser par sa justesse.

    Il y a en outre, une progression dans ses développements (sur l’enfant), qui montre comment des réalités contradictoires apparaissent successivement, découlant les unes des autres, et finissent par exister toutes en même temps, avec pour résultat un ensemble... contradictoire.
    En d’autres termes, la contradiction n’est pas tant dans sa pensée, il ne se "trompe" pas, elle est dans la réalité même de l’ordre social et dans le coeur des individus, et c’est ce qui nous mine.

    C’est pourquoi il cherche, par un travail de prise de conscience personnelle, une solution qui ne peut prendre dans sa pensée que la forme d’une réconciliation, une synthèse. Solution qu’il ne parvient peut-être pas à produire, mais c’est le sens de sa pensée (-"J’ai essayé de résoudre la quadrature du cercle" dira Rousseau à propos de son ouvrage "Le Contrat Social"). Une pensée dialectique, avant la lettre. Il ne le théorise pas, comme Hegel, mais il pense bien comme ça. A mon très modeste niveau, et avec mes moyens intellectuels, je confirme la thèse de Clouscard sur Rousseau.

    Comme le dit M. Clouscard, pour Rousseau : "on peut croire en Dieu et être révolutionnaire ; on peut vouloir le progrès sans être matérialiste". Un type difficile à classer donc, à son époque, et encore aujourd’hui.

    Lisons Rousseau comme si c’était un inconnu pour le lire sans les préjugés habituels. C’est la seule façon de le découvrir tellement la quantité de conneries qui circulent sur sa pensée est impressionnante.
    A tel point qu’il y a ceux qui l’accuse d’être le père du totalitarisme, et ceux qui l’accusent d’être le père de l’individualisme libéral, l’un étant l’exact contraire de l’autre...


  • #1256916
    le 31/08/2015 par La Faux Tranchante
    La critique du capitalisme par Rousseau

    J’ai beaucoup apprécié cet exposé. Cette solution paysanne mérite d’être martelée, répétée et mis au centre d’un agenda national. Toutes nations, à cette heure, connais son lot considérable de villes surpeuplées et de campagnes désertées. Au Québec, pour parler de ma nation, je vous annonce qu’il y a ici de plus en plus de petits villages, complètement délaissés par la maintenance des infrastructures municipales, accélérant le phénomène de migration vers les grands centres urbains. Les villes d’importances, connues pour la misère qu’elles abritent, sont aussi très bien connues pour tairent cette misère au moyens d’une myriade de festivals, de décors, tous monopolisant des sommes gargantuesques en subventions et budgets municipaux, bref, ce qui pourrait être employé pour une maintenance rigoureuse et responsable dans les petits villages et zones rurales y est détournée et dilapidé.


  • #1256946
    le 31/08/2015 par davideduardo
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Rousseau a tout de meme un fond reac (suivant les criteres gauchistes)
    non pas a toute modernité, bien au contraire (lutte contre la feodalité, liberté individuelle...), mais, la volonté du retour a la paysannerie le rend totalement insoluble a la gauche moderne qui elle, a idéalisé le monde industriel.

    Paysannerie qui a toujours été assez refractaire aux contraintes marxistes et autres expropriations.

    Non Marx n a pas dit qu il aprouvait le travail des enfants et autres abus du capitalisme, mais il inscrit sa lutte du capitalisme dans une dialectique hegelienne : l antithese capitaliste étant inévitable a la synthese du futur communisme.
    Marx n est pas encore dans les délires messianiques talmudiques de "l amour du mal pour un futur bien" mais, il rejete cette antithese tout en assumant sa venue inévitable.

    Rousseau travail beaucoup plus au ressentit et au bon sens, et est bien plus proche de la ligne ER il me semble.


  • #1257018
    le 31/08/2015 par Richard CLERMIDY
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Un expose pasionnant, qui nous eclairent sur les ressorts veritables du capitalisme, mais surtout sur la mauvaise foi de tout ces humanistes ; comment comprendre qu’un Marx, apres avoir fait l’analyse des consequences effroyables de l’ascension au pouvoir de la classe bourgeoise sur laquelle s’etait appuye la classe aristocratique ( non pas depuis le XIe siecle, mais plutot depuis le debut du XIVe siecle ), aille chercher encore plus bas, c’est-a-dire dans cette classe ouvriere " deracinee " ( detachee de son origine paysanne ), la moins apte et la moins qualifiee de toutes pour exercer le pouvoir, mais la plus sensible et en tout cas la plus vunerable aux effets de l’amour propre ( l’envi, etc,.. ), un remede a son capital. Comment ce Marx ne voit-il pas que l’ascension au pouvoir de cette escalier de service ne peut qu’amplifier et exacerber cet amour propre ; le marxisme ne fait-il donc pas le lit du capitalisme ?


  • #1257267
    le 31/08/2015 par anonyme
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Remerciements et gratitude pour E&R,pour cette bouffée d’air pur. Le
    souffle qui pollue le monde nous étouffe.
    Merci à ce grand et brillant Philosophe(avec un grand P) Yves Vargas . En
    vous écoutant,les minables et infectes"philosophes" , du système mafieux
    sioniste-maçonnique doivent s’enfoncer,comme des vers d’ordures,six mètres
    sous terre .
    Une centaine d’Hommes,de votre trempe,et qui s’unissent,feraient déplacer les montagnes .
    Merci,encore une fois, à E&R et à Mr Yves Vargas.


  • #1257322

    oh ben merci beaucoup ! quelle intelligence ! chez Rousseau ... et chez Vargas !
    ça remet bien les choses en place ça balaye les petits contestataires du système alter-atterrés d’aujourd’hui !


  • #1257447
    le 31/08/2015 par expirate
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Complément à mon commentaire
    Yves Vargas nous montre que Rousseau va droit au but : celui-ci cherche un moyen pour éradiquer l’inégalité sociale. Il voudrait bien se débarrasser de l’argent, qui en est la cause, mais il doit composer avec ce mal nécessaire pour les échanges économiques.

    LE CIVISME OU LA THEORIE DE LA CITE (livre) poursuit la même quête, mais avec un élément nouveau qui vient résoudre l’équation : on peut à présent technologiquement se débarrasser de l’argent, c’est à dire conserver la fluidité des échanges sans le concept de rareté lié à l’argent, remplacé par un principe de citoyenneté réelle.

     

    • #1257495
      le 01/09/2015 par Marion Sigaut
      La critique du capitalisme par Rousseau

      Qu’est-ce qui t’empêche de signer de ton vrai nom ? Je ne comprends pas. Tu crois qu’on ne te reconnait pas ?


    • #1257939
      le 01/09/2015 par expirate
      La critique du capitalisme par Rousseau

      @Marion Sigaut :

      Je ne suis qu’un lecteur attentif du CIVISME, ne vous en déplaise ! Je ne sais pas si Philippe Landeux connait les écrits de J. J. Rousseau dont il est question dans cette conférence, mais la filiation m’a sauté aux yeux.


  • #1258170
    le 02/09/2015 par la pythie
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Rousseau n’est pas à proprement parler un philosophe, mais bien plus un intuitif qui dissèque les systèmes philosophiques de son temps et en soulève les contradictions, et c’est souvent fort brillant....bien sûr que je ne suis pas d’accord sur tout, mais ce n’est jamais une perte de temps que de le lire. Cela dit, Rousseau, c’est comme Jacques Brel pour la chanson : on le lit quelques temps, mais trop, cela peut faire mal à la tête...


  • #1258199

    Bonjour,
    Je n’ai pas compris le passage sur l’argent inégalitaire ( vers 44 mn). Quelqu’un pourrait-il m’éclairer, par avance merci.

     

    • #1258715
      le 02/09/2015 par expirate
      La critique du capitalisme par Rousseau

      « Le moyen d’échange qu’est la monnaie fonctionne selon deux principes : 1) celui des vases communicants, 2) celui de l’attraction (l’argent attire l’argent). » - Philippe Landeux

      Pour l’exemple donné par Yves Vargas, je ne suis pas économiste pour un sou (!), mais voilà comment je le comprend : si l’on donne à tout le monde disons 1500 € supplémentaire par mois, que se passe-t-il ensuite ? Les marchands peuvent se permettre d’augmenter leurs prix en conséquence, car ils sont surs de conserver leur clientèle. En effet, vous n’allez pas arrêter d’acheter de pain sous prétexte que la baguette est passée à 2€ alors que votre salaire a doublé par exemple. Les gens ne deviennent donc pas plus riches -même les marchands en fin de compte car eux aussi sont des consommateurs- du fait qu’ils sont tous plus riches à part égale.


  • #1258240
    le 02/09/2015 par Bananonyme
    La critique du capitalisme par Rousseau

    S’il est évident que la radicalité du propos de Rousseau n’a été que rarement atteinte et que son constat est empreint d’une puissance (onto)logique imparable, je reste très dubitatif quant aux "solutions" envisagées (rééquilibrer le système des finances par l’économie, sans se débarrasser du pouvoir, créé par l’argent, et donc de l’argent...).

    Exposé très compréhensible et bien articulé !


  • #1258612
    le 02/09/2015 par Mathieu Priscilla
    La critique du capitalisme par Rousseau

    Pour celui qui suit machinalement un cours d’eau, la direction à prendre reste toujours la même. Indépendamment du fait que cela soit juste ou pas... Mais celui qui comme la Carpe remonte le cours d’eau à contre-courant, laisse supposer que le niveau de son implication est différent, parce qu’alors il acquiert le discernement. N’en déplaise à ceux qui ont peur des remous de la Vie...

    Rousseau était comme la Carpe, il nageait à contre-courant d’une Société dont il ne connaissait que trop l’origine et la nature du ’’pouvoir sur’’ en place. Il pensait l’humain, ce fut d’ailleurs son unique priorité.

    Alors bien sûr, quand un être accède à une telle force dans son positionnement, il est légitime de s’interroger sur la personnalité de celui dont l’admiration ne fait aucun doute, sur cet Homme exceptionnel que fut Rousseau.

    Ce dernier savait lire derrière les masques... et sa force d’Esprit lui permettait d’aller à cet objectif essentiel que devrait penser et mettre en place chaque Nation : la Constitution d’une Conscience Collective. Dont Rousseau comprenait aisément les mécanismes sans se laisser prendre au piège de la vanité.

    Ce grand Homme d’Esprit vivait le Futur et savait pertinemment nommer l’essence du Passé...

    Aussi, pour lui qui était en Conscience Intégrée, un Juste, il lui était alors possible de penser le Vivant, en ayant ’’le comment faire’’ pour le remettre sur un trône ici-bas, dans le coeur des hommes... Son Horizon chéri...


  • #1259058

    Citation de Mandeville reprise dans Le Capital :
    « Là où la propriété est suffisamment protégée, il serait plus facile de vivre sans argent que sans pauvres, car qui ferait le travail ?... s’il ne faut donc pas affamer les travailleurs, il ne faut pas non plus leur donner tant qu’il vaille la peine de thésauriser. Si çà et là, en se serrant le ventre et à force d’une application extraordinaire, quelque individu de la classe infime s’élève au-dessus de sa condition, personne ne doit l’en empêcher. Au contraire, on ne saurait nier que mener une vie frugale soit la conduite la plus sage pour chaque particulier, pour chaque famille prise à part, mais ce n’en est pas moins l’intérêt de toutes les nations riches que la plus grande partie des pauvres ne reste jamais inactive et dépense néanmoins toujours sa recette... Ceux qui gagnent leur vie par un labeur quotidien n’ont d’autre aiguillon à se rendre serviables que leurs besoins qu’il est prudent de soulager, mais que ce serait folie de vouloir guérir. La seule chose qui puisse rendre l’homme de peine laborieux, c’est un salaire modéré. Suivant son tempérament un salaire trop bas le décourage ou le désespère, un salaire trop élevé le rend insolent ou paresseux... Il résulte de ce qui précède que, dans une nation libre où l’esclavage est interdit, la richesse la plus sûre consiste dans la multitude des pauvres laborieux. Outre qu’ils sont une source intarissable de recrutement pour la flotte et l’armée, sans eux il n’y aurait pas de jouissance possible et aucun pays ne saurait tirer profit de ses produits naturels. Pour que la société (qui évidemment se compose des non-travailleurs (Marx)) soit heureuse, et le peuple content même de son sort pénible, il faut que la grande majorité reste aussi ignorante que pauvre, Les connaissances développent et multiplient nos désirs, et moins un homme désire plus ses besoins sont faciles à satisfaire. »

    Si tous les capitalistes pouvaient exprimer directement leur conception des choses, comme Mandeville, cela nous épargnerait bien des peines.

    A noter aussi l’opposition entre la "société" et le "peuple". Le peuple ne faisant pas parti de la "société".

    Et on a le raccord parfait :
    "Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants." E.J Sieyès


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