Egalité et Réconciliation
https://www.egaliteetreconciliation.fr/
 
A A A
imprimer

"La marchandise virtuelle est la marchandise terminale" – Entretien avec Adrien Sajous

Propos recueillis par Monika Berchvok pour Rivarol

Entretien paru dans Rivarol n°3323 du mercredi 28 mars 2018.

 

Rivarol : Comment avez vous découvert le monde des jeux vidéo ? Pourquoi fuir aujourd’hui son emprise ?

Adrien Sajous : Les Français de ma génération vécurent une enfance dans laquelle le virtuel était déjà très présent, je n’y ai donc pas échappé, les générations d’après la mienne y échappèrent encore moins et son omniprésence d’aujourd’hui fait que tout le monde est assuré de vivre avec lui d’une façon ou d’une autre.

Le jeu vidéo ne se découvre pas comme un monde secret, extérieur et différent du nôtre. Il est le monde d’aujourd’hui, le vieux monde de la marchandise, de l’argent et de la servitude salariale qui se couvre d’un voile numérique mirifique pour mieux cacher sa décrépitude intégrale. Compte tenu de la crise gigantesque qui s’annonce et qui n’est pas liée à un problème de gestion mais de baisse tendancielle du taux de profit, le système se fait maître en matière de prestidigitations terroristes, de miracles immigrationnistes et de tours de magie médiatiques afin que la lutte des classes – sa grande angoisse – ne ressurgisse que le plus tard possible. Derrière ces distractions pour esclaves, l’économie poursuit sa financiarisation intégrale afin de tenir debout quelques décennies de plus. Or, Karl Marx nous explique très clairement que les rapports sociaux sont intimement liés aux forces productives, que « le moulin à bras nous donnera la société avec le suzerain ; le moulin à vapeur, la société avec le capitaliste industriel » et que par conséquent le moulin informatique de la finance folle, du crédit chimérique et du trading à haute fréquence nous donnera la société des réseaux sociaux, des sites de rencontres et des jeux vidéo telle que nous la connaissons aujourd’hui. Ainsi, avant de s’extasier n’importe comment sur leur beauté potentielle ou sur leur très hypothétique capacité à éduquer nos enfants, comprenons que les jeux vidéo ne sont que la manifestation sociale de la virtualisation de l’économie et qu’il est dans l’intérêt objectif de la classe capitaliste de les intégrer à son système éducativo-législatif afin que tout le monde puisse oublier la révolution en s’abrutissant devant des écrans.

De la crise du Capital à la virtualisation du rapport social, tout se tient dans une synthèse dont il s’agit de dénoncer la totalité plutôt que les parties séparées. Dans Sociologie du Gamer , j’invite donc les hommes et les femmes d’intelligence à fuir l’emprise du virtuel, non pas parce qu’il serait mauvais pour les yeux, le dos ou les neurones du lobe frontal, mais parce que la vraie vie en l’être nous appelle à fuir l’emprise générale de la tromperie marchande sur le monde dont le virtuel d’aujourd’hui n’est qu’une forme momentanée.

Comprenant que sa critique radicale pour l’abolition de l’argent et de l’État allait être récupérée et subvertie par de nombreux idéologues du crétinisme politique, Marx disait lui-même ne pas être marxiste. Que vos lecteurs soient donc avertis : n’étant pas marxiste non plus, je n’ai pas inventé le programme politique miracle censé résoudre le problème de la virtualisation des rapports sociaux, mais seulement analysé ce phénomène dans le cadre des dernières tentatives de survie d’un mode de production capitaliste en bout de course.

 

Les enfants et les pré-ados sont les principales cibles des vendeurs d’écrans (des portables aux tablettes). Quelles conséquences spécifiques touchent les jeunes générations après être tombées dans l’univers numérique ?

De nombreux parents se posent légitimement cette question et trouvent sur internet une immense accumulation d’études psychologiques censées y répondre. Hélas pour eux, le jeu vidéo étant un produit de consommation comme les autres, les études à son sujet ne diffèrent en rien de toutes les autres études de l’univers : elles nous disent une chose puis son contraire en fonction des intérêts de leurs financeurs. Par ailleurs, ces études étant réalisées par des gens au cursus universitaire hasardeux, elles suivent des protocoles expérimentaux ridicules dans lesquels tout peut être modifié à souhait en fonction du résultat escompté.

La psychologie du Capital ne pouvant pas nous aider, il faut avoir recours au concept. C’est ce que j’ai fait dans Sociologie du Gamer pour expliquer que le passage du réel au virtuel est aussi un passage de l’ennui à la distraction, du doute à la certitude, de l’angoisse à la rassurance, du désir à l’assouvissement. Dès lors, lorsque de jeunes enfants franchissent la porte du virtuel de façon régulière et abrupte, il est naturel qu’ils finissent par souffrir de nervosité accrue, d’irrégularités dans leur humeur et de variations désordonnées dans leur estime de soi.

Les « vendeurs d’écrans » de la Silicon Valley protègent leurs enfants de leurs propres produits. Il y a sans doute une raison à cela et le bon sens de vos lecteurs sera assurément plus efficace que toutes les études que l’on trouve sur internet. Par ailleurs, en n’offrant que des situations de combats (ou presque) à nos enfants, ces jeux leurs présentent la concurrence comme une forme de rapport social naturelle et amusante alors que celle-ci n’est naturelle que dans le cadre du capitalisme intégral et amusante que pour ceux qui aiment gagner au détriment de leurs semblables.

 

Les jeux vidéos sont une addiction volontairement entretenue par l’industrie du « loisir ». Quelles sont les pathologies qui vous semblent découler de leur utilisation sans limites chez les adultes ?

Elles sont du même acabit que celles apparaissant chez les enfants et dont nous parlions plus haut. Cependant, le jeu vidéo ne peut pas, à lui tout seul, être jugé coupable de toutes les pathologies individuelles ou de tous les délires collectifs d’aujourd’hui. Lorsqu’un Pokémon virtuel surgit dans les téléphones portables de tout le monde et qu’un mouvement de foule se produit, le jeu en question n’est rien sinon le vecteur d’une aliénation générale au gain et à la propriété privée qui existait bien avant lui.

Le virtuel n’est pas mon cheval de bataille névrotique. Il n’a aucune autonomie en dehors de l’aliénation capitaliste et ne doit donc pas faire l’objet de contestations, de pétitions, de manifestations, d’organisations ou de trucs qui finissent par « on » et dont le mode de production se moque bien. L’édition d’un livre traitant cette question ne changera rien à la virtualisation générale des rapports sociaux, j’ai simplement voulu donner un coup de pouce aux gens en réelle volonté de compréhension et de dépassement. Toutes ces âneries ne prendront fin que lorsque le système de l’échange aura produit son propre procès de caducité en raison des contradictions qui le traversent et que seuls les plus têtus d’entre nous pensent pouvoir équilibrer avec des programmes politiques. Je réponds bien volontiers aux gens en grande difficulté ou à ceux dont les enfants ne parviennent pas à se défaire des écrans, mais gardons à l’esprit que si l’argent n’est pas gérable, le rapport social virtuel issu des délires de l’argent ne peut pas l’être non plus. Nous voilà placés, comme dirait Debord, dans l’alternative de refuser la totalité de la misère marchande, ou rien.

 

Un projet de manipulation de masse de style MK-Ultra est possible pour vous via les jeux vidéos ?

Un marteau peut enfoncer un clou ; un guidon, faire tourner une bicyclette. Cependant, le rapport social n’étant pas un objet comparable au clou ou à la bicyclette, son état et sa trajectoire ne peuvent pas être modifiés par l’usage d’un outil spécifique. Marx nous indique qu’« en acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changent leur mode de production, et en changeant le mode de production, la manière de gagner leur vie, ils changent tous leurs rapports sociaux. » Le virtuel n’agit pas sur le rapport social mais est une forme momentanée de rapport social correspondant aux forces productives de notre époque, à notre manière de gagner notre vie. Dans ce cadre, et pour vous donner un exemple, que les personnes âgées ne comprennent strictement rien aux réseaux sociaux et à l’informatique en général s’explique parfaitement par le fait qu’elles ont baigné dans des forces productives, un mode de production, une manière de gagner leur vie et des rapports sociaux radicalement différents de ceux d’aujourd’hui.

L’idée qu’un contrôle de masse de ce type puisse avoir lieu grâce aux jeux vidéo relève, à mon humble avis, d’une erreur de méthode consistant à considérer le rapport social comme un objet et le jeu vidéo comme un outil qui puisse contrôler cet objet. Cette idée est fausse et ceux qui la croient vraie en viennent naturellement à penser que des gens haut placé dans de hauts buildings seraient en possession de nombreux outils de ce genre et qu’ils s’évertueraient à en faire usage tous les jours pour nous influencer. Les émeutes pour du Nutella en solde n’ont pas eu besoin d’une technologie de manipulation particulière pour apparaître, elles sont le fruit de l’aliénation marchande. Les prestidigitations terroristes, les miracles immigrationnistes et les tours de magie médiatiques dont nous parlions plus haut sont effectivement pilotés par des techniciens ponctuels, mais ces techniciens ne sont eux-mêmes que les misérables larbins de la dynamique impersonnelle de la valeur d’échange. Beaucoup de gens se perdent dans la mystification et aiment fantasmer à l’infini à propos des manipulations dont vous me parlez. Certaines d’entre elles existent bel et bien mais ne sont que les conséquences de l’histoire de la marchandise, non ses causes.

 

Qu’est qu’un geek ? Cette figure assez médiocre semble avoir conquis une place d’honneur dans une époque sans modèle ?

Les forces productives font les rapports sociaux, les rapports sociaux font les catégories sociales... le Geek, le Gamer et le No-Life sont autant de catégories pour nommer le néant d’une existence dans laquelle tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. Le Geek est un passionné de jeux vidéo, le Gamer un joueur régulier, le No-Life, une personne absorbée par son avatar virtuel... mais le Geek n’est pas forcément un No-Life et le No-Life pas forcément un Geek. Ces catégories peuvent s’additionner à l’infini et tout le monde peut effectivement composer son petit hamburger identitaire débile à base d’absurdités diverses et variées comme le LGBT, le Véganisme et les Racines Carrées de 39.

La figure du Geek résulte de la tertiarisation de l’économie et de son lot d’employés de bureaux névrosés, de l’allongement quasi-illimité des études universitaires et de son lot d’étudiants dépressifs ainsi que du chômage de masse et de son lot d’inactifs en formation perpétuelle. En synthèse, la figure du Geek résulte d’une société de l’ennui dont tout le monde attend la crise cardiaque pour enfin passer à autre chose.

 

Pouvez vous revenir sur la récente « affaire Usul » qui semble être le reflet de cette dérive narcissique du Net aux frontières de l’univers geek ?

J’ignore à peu près tout de cette affaire sinon qu’un dénommé Usul, anticapitaliste fan de jeux vidéo, aurait tourné une sextape avec une certaine Olly Plum, féministe fan de porno. Voyant cela, je suis vite retourné auprès de mes amis pour lire avec eux La Science de la Logique de Hegel.

 

Depuis peu animatrice d’une chaine de vidéo sur YouTube, la compagne d’Usul, Olly Plum de son pseudo, explique avoir compris à l’adolescence que montrer ses seins via une webcam lui permettait d’obtenir des points utiles de la part d’autres joueurs masculins dans les univers vidéoludiques online qu’elle fréquentait. La découverte de sa capacité à susciter l’attention des hommes s’est donc accompagnée de la prise de conscience des bénéfices qu’elle pouvait en tirer. Le lien entre jeux vidéo, pornographie et argent virtuel est-il un point commun pour de nombreux accros du net ?

Jeu vidéo et porno étant tous deux des objets de consommation, étant tous deux des divertissements audiovisuels et ayant tous deux le même public, ils sont intimement liés et c’est pourquoi les industriels de l’un et de l’autre sont en train de fusionner pour produire un nouveau marché : celui du jeu vidéo pornographique. À l’heure où nous parlons, des actrices de charme se font scanner en 3D et attendent d’être intégrées à des jeux vidéo pornographiques, sans se douter le moins du monde que ce genre d’initiatives les conduira à entrer en concurrence avec leurs propres avatars virtuels, ceux-ci restant figés dans une fraîcheur éternelle, contrairement à elles. Ces jeunes femmes sont en train de produire leurs propres conditions d’exclusion du marché de la pornographie, mais cette aberration n’a rien de nouveau puisque les ouvriers des diverses branches de l’industrie faisaient déjà la même chose en participant, de par leur travail, au développement de machines industrielles travaillant plus vite qu’eux et à meilleur coût.

Nous voyons là que le mode de production capitaliste, en plus de bousiller la nature, de massacrer notre santé et de nous transformer en épaves circulantes, produit continuellement une masse d’absurdités si énorme que plus personne ne semble en mesure de comprendre précisément ce qu’il s’y passe empiriquement. Dans ce cadre, des individus comme Usul ou Olly Plum arrivent tout juste à comprendre que « montrer son cul » permet d’obtenir l’attention des hommes, que l’attention des hommes est monnayable et que par conséquent « montrer son cul » rapporte de l’argent. C’est donc ce qu’ils font et cela n’est probablement pas plus absurde que toutes les autres âneries qui se produisent maintenant et qui se produiront encore tant qu’il y aura de l’argent.

 

Derrière la virtualisation des jeux, il y a un système économique mondialisé. Que représente l’industrie du jeux vidéo dans l’économie mondiale ?

L’économie étant en perpétuelle évolution, gardons simplement à l’esprit que le chiffre d’affaires mondial du jeu vidéo a dépassé celui du cinéma dès 2002. Cela nous donne une petite idée de l’ampleur de ce marché, mais c’est sans compter le piratage puisque le jeu vidéo peut être dupliqué à volonté d’un ordinateur à un autre, contrairement aux voitures ou aux petits-suisses. La marchandise virtuelle se produit une fois, se multiplie à l’infini et disparaît sans laisser la moindre trace... c’est pourquoi elle est la marchandise terminale dont le capitalisme a toujours rêvé.

 

La séparation radicale de la réalité amène une coupure avec la nature biologique et spirituelle de l’homme. Les jeux vidéos ne sont-ils pas une préparation au saut transhumaniste ?

Beaucoup de gens aiment voir, comme avec les manipulations de masse dont nous parlions plus haut, des préparations secrètes à des sauts particuliers vers des dictatures orwelliennes pires que celle d’aujourd’hui. Dès la première section du premier livre du Capital, Marx développe son fameux concept de fétichisme de la marchandise et nous explique que l’homme, dès lors qu’il ne produit plus pour ses besoins mais pour l’échange, se retrouve coupé de son propre produit, de sa propre force de travail, de sa propre existence, de sa propre nature, etc.

Contenue dans le premier troc néolithique, la loi de la baisse tendancielle du taux de profit a travaillé jusqu’à aujourd’hui, nous dépossédant du moindre de nos ovules et du moindre de nos spermatozoïdes pour les transformer en marchandises échangeables contre l’équivalent-argent de n’importe quelle autre au détriment de toute considération morale. Dès lors, inutile de trouver des explications mystico-sataniques aux horreurs de ce monde puisqu’elles s’expliquent par la rationalité du matérialisme historique tel que Marx, dépassant l’idéalisme Hégélien, nous le fait comprendre à travers son œuvre incontournable.

Dans ce cadre, il sera effectivement plus simple pour le Capital de nous proposer son transhumanisme misérable une fois que l’abrutissement audiovisuel aura produit son effet, mais il ne faut pas y voir une préparation. C’est un développement logique dont les causes et les conséquences échappent à toute volonté humaine. Le transhumanisme n’est pas un programme mais la justification idéologique de la séparation marchande de l’homme d’avec sa propre biologie. Il n’est donc, lui non plus, pas une cause mais une conséquence.

Rendez-vous sur le site de la revue Rivarol
pour commander un numéro ou s’abonner.

 

Retrouvez Adrien Sajous chez Kontre Kulture :

Lire également chez Kontre Kulture :

Adrien Sajous, sur E&R :

 






Alerter

26 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

Suivre les commentaires sur cet article

Afficher les commentaires précédents
  • #1934327

    Tout est dit , Pour tout être en malaise , l’oeuvre de Marx est incontournable . De sa naissance à sa mort , elle fait la genèse de la marchandise et de son corollaire la valeur d’échange ou travail social qu’elle recèle . Elle est la conceptualisation ou la mise en mots de la grande Histoire de nos vie aliéner qui commence avec le premier troc et se termine à la grande révolution communiste universelle . En effet , être insatisfait signifie que notre nature est contrainte à faire se qu’elle n’est pas , que quelque chose l’entrave , qu’elle a un ennemie , mais dans la société du capitalisme intégral et de son spectacle omniprésent ou tout s’achète et tout se vend grâce au pouvoir incoercible , incontrôlable et dissolvant de l’argent entraînant l’indinstinction des choses et des hommes , le plus difficile à réaliser ces précisément de désigné cette ennemi que , en l’état actuel des choses , seul un travail de cheminement sur les traces que nous ont léguées les théoriciens des luttes de classe les plus poussées peut permettre .

     

    Répondre à ce message

    • @Gentil marchand
      La lutte des classes contre la domination mercantile est une réalité sans résultat, autrement on l’aurait vu durant notre Histoire. Il existe une résistance tout aussi puissante. La délivrance par le spirituel, en un mot la tradition religieuse contre ces malfrats invisibles et indolores, mais ça supposerait un pouvoir temporel remis entre les mains de certains. La question est, seront t’ils à la hauteur de la vérité émise. Rien n’est moins certain, sauf qu’à la différence des systèmes politique, le peuple aura une approche de la gestion de ses affaires bien plus claires car les lois et autres décrets ne pourront se draper que de la couleur de la tradition, or la lutte des classes et les partis ou groupes l’incarnant s’en remettent à des experts, ce que le peuple ne peut pas être. Oui, ça a l’air simpliste, mais savons nous encore ce qu’est la simplicité. La complication est un écran de fumée du marchand politique afin d’enrichir le marchand tout court qui l’entretient en place. La proximité de la décision est un facteur important, elle élimine les parasites extérieurs, si on y ajoute une tradition comme référence législatif, nous pourrions avoir une réelle liberté de choix du peuple par le peuple. Bien entendu, le retour à la souveraineté ne peut bénéficier qu’aux décisions ou souhaits émanant du peuple, les modalités de cette courroie sont à inventer, on ne devrait pas trop peiner pour en trouver des satisfaisantes. La nation est une autre dimension bien accaparée par le marchand qui n’est jamais satisfait, il la démolira au nom de sa logique mercantile et de domination. Il ne s’agit pas de la renier, mais de la remettre à son rôle, celui de protecteur. S’identifier à cette dernière, revient à donner une dimension tellement large et indéfinie, par conséquent virtuelle qu’il est impossible pour le peuple d’en maîtriser la gestion, le principe même de la représentation pour la rapacité du pouvoir et des richesses pour certains, la superficie et le nombre d’habitants sont importants dans la désignation d’un gestionnaire des affaires du peuple, autrement le contrôle et leur remise ne question devient impossible, on en viendra à la corruption généralisée par cela même justifiant leurs luttes contre les classes.

       
  • Très intérssantes anlyses de Monsieur Sajous .Il reste qu ’il est un thuriféraire de Marx mais que pour Monsieur Vernochet , Marx n ’est pas totalement détaché de sa communauté et de sa stratégie de pouvoir ; et si les rapports de production déterminent la la structure sociale , la petite classe des Maîtres de l ’argent est restée au long des siècles assez fermée .

     

    Répondre à ce message

  • Adrien Sajous qui est marxien et donc athée ne veut pas admettre que la nature humaine existe bel et bien, qu’elle est blessée par le péché originel et que la nature des forces productives n’influe guère sur elle. Par conséquent, l’abolition du système monétaire, contrairement à ce qu’il laisse entendre, ne générera pas le paradis sur terre mais décuplera la barbarie actuelle. Le système monétaire fait figure de garde-fou.

     

    Répondre à ce message

  • #1934515

    " [...] Marx développe son fameux concept de fétichisme de la marchandise et nous explique que l’homme, dès lors qu’il ne produit plus pour ses besoins mais pour l’échange [...] ". AS

    Cette analyse psycho-sociologique de nos mœurs "post-modernes", "progressistes", mécaniques, quasi-fatalistes, et dont les affres semblent "inexorables" à suivre la logique explicative d’AS... prend une partie de sa source dans les travaux de Marx, ce bourgeois matérialiste, et a sans doute inspiré la blague, exact et drôle en surface mais nihiliste sur le fond, du PANTALON A UNE JAMBE d’Attali...

    "La marchandise virtuelle est la marchandise terminale." AS

    ...tout comme la marchandise naturelle ! à l’immense différence prêt que la nature cyclique, elle, a horreur du vide ("chaos constructeur" satanique, nihilisme...) et sait recycler parfaitement, si l’homme savait la respecter en restant à la place qui est celle qu’il n’aurait jamais du quitter : une humble créature "tirée du sol à qui n’appartient pas sa voie, car il n’appartient pas à l’homme qui marche de diriger ses pas" (Bible).

    Non, l’homme athée/athéisé n’est pas qu’une victime mécanique de ce qui lui arrive...

    Le corps sociétal collectif est gravement pathologisé, à dessein de suicide collectif, par ces jeux et l’écrantisation générale imposée si rien n’est fait.

    Nous devons prendre rapidement conscience de notre mutation en objets, laquelle est opérée à l’aide de ces ingénieries psycho-sociétales anomistes en sens, et qui nous mèneraient à notre destin funeste définitif en passant par notre transhumanisation déjà bien avancée (robotisation, réification, zombification, ect...).

    Il y a une irresponsabilité sommitale à dénoncer et à condamner.

    Chassons le fatalisme et revenons à Dieu et à son ordre naturel (opposé au "naturalisme" des "Lumières" noires...).

    La vie n’est pas d’être un "Gamer" assis, marchandisé et lobotomisé, au profit de quelques esprits démonisés affectionnants le sol/matière "chaotisé" (choatisé ?!), mais d’être avant tout un être humain Vertical(isé) au milieu de ses semblables "harmonisés" également de la sorte...

     

    Répondre à ce message

  • « le premier troc néolithique »

    Il doit plutôt remonter au paléolithique le plus inférieur : même des animaux troquent, peu soucieux, apparemment, de la baisse tendancielle du taux de profit...

    Francis Cousin peut induire en erreur...

     

    Répondre à ce message

  • Merci à E&R de nous fournir quotidiennement du contenu riche et gratuit.

     

    Répondre à ce message

  • la tv les jeux vidéo ect... aurait pu être bénéfique pour l’humain mais ces outils sont utilisé pour nous abroutir, nous formater (sous couvert de diversement)

    depuis la ps3 je me suis rendu compte de l’escroquerie financier qu’incarne ce milieu.
    quand t’achète un jeux a 60 euro il n’est pas complet après il faut acheté sur internet le reste pour le finir.
    A une époque une fois le jeux acheté on débloquais le reste pour avancer se qui était sympa et un sens même quand le jeu vidéo n’était pas terrible a faire.

    et comme je dis aux plus jeunes nous on a connue le vrai jeu vidéo.
    de nos jours c’est le plus friqué ou celui qui donne le plus de fric qui gagne, aucun intérêt et encore je ne parle pas du vide qu’il y a dans beaucoup de jeux vidéo scénario de merde ou un jeux qu’on appui toujours sur le même boutons en bref a chier, zéro, nul.
    seul le graphisme c’est amélioré.
    C’est un peu comme les télévisions qui sont de plus en plus grand et plat et bien les programme pareil de plus en plus long et plat niveau scénario (enfin là peu-être je trouve longs car nul :)
    le cinéma pareil heureusement que les effet spéciaux sont là pour en mettre plein la vue aux spectateurs car sinon tu chiale enfin tu chiale comme même quand ta dépenser 12 euro par tête pour regardé une merde ambulante.

     

    Répondre à ce message

    • Tu connais l’adage en terme de cinéma :quand tu n’as aucun talent, pas de bon scénario, tu en mets plein les yeux avec des effets spéciaux quand au jeux vidéo il en a toujours été ainsi, soutirer un maximum de fric. les développeurs et créateur de jeux vidéo ne sont pas là pour nous divertir simplement..... en tout cas très bonne analyse, comme d’habitude, d’Adrien Sajous

       
  • Le virtuel et l’informatique sont détenus par le capital. Marx disait qu’il fallait se réapproprier les moyens de production. D’où la question à Adrien Sajoux et autres lecteurs du forum : une formation en informatique de base ne serait elle pas un moyen de mettre un grain de sable dans la mécanique, une façon de se réapproprier la production du virtuel ou au moins de diminuer sa consommation dans le réel ? Un mec qui sait faire son space invaders jouera t il autant aux jeux vidéo dont il connait les limites et les automatismes (comme un gars blasé d’avoir fini le jeu qu’il connaît par coeur) ? C’est pas la panacée car il reste les univers virtuels comme les réseaux sociaux dont la connaissance des mécanismes technologiques n’enlèvent pas complètement l’attrait.
    Dans le même registre, l’histoire de l’informatique et surtout des écoles d’informatique (date d’apparition, nombre et qualité de l’enseignement) peut montrer à quel point les gens du peuple sont maintenus en ignorance. Personne n’aime passer pour un idiot qui achète ou joue gratuitement au même jeu redécoré différemment ou à un jeu mal ficelé car résoluble par des méthodes connues : n’est ce pas là un levier à actionner même si non suffisant ?
    Un effet collatéral serait de démontrer une fois de plus que l’école franc poissonne est bien conçue pour livrer des ignares, non seulement au marché de l’emploi mais aussi en sacrifice sur l’autel de la consommation.

     

    Répondre à ce message

  • #1935774

    Je suis encore une fois très déçu de l’analyse de monsieur Sajou qui, à mes yeux, reste très biaisée.

    L’idée selon laquelle le jeux-vidéo est la marchandise terminale du capitalisme me parait absurde. Le jeu video est, en effet, une marchandise mais le livre aussi en est une. On constate bien aujourd’hui que la majorité des livres qui paraissent ne valent meme pas la peine d’être lu : roman à l’eau de rose, livre d’aventure pour ado etc ...

    Cela n’est pas différent pour un jeu ; le jeu vidéo n’est pas née pour être une marchandise, il l’est devenu car il évolue dans un monde capitaliste, d’où le fait qu’aujourd’hui beaucoup de jeux sont vides et sans âme, ils sont comme ces livres stupides, de purs objets de consomation sans aucune profondeur. De plus, l’époque du jeu qu’on copie et qu’on file à son pote est révolue, code, plateforme, empêche le vol des jeux. On peut toujours obtenir certaines versions crackées mais sans multijoueur et uniquement sur pc. Pour ceux qui ne sont pas bercé dans ce milieu le fonctionnement est simple : si tu copie un jeu et que tu le files a ton pote, il ne pourra pas y jouer car au moment de le lancer le jeu, une plateforme en ligne ( steam, origin ...) verifie que ton pote a bien payer le jeu sinon sa marche pas, l’argument du copiable à l’infini ne veut juste rien dire et est preuve de méconnaissance sur le sujet.

    De plus, tout les jeux ne sont pas des jeux de guerre ( on tue personne dans candy crush si ? ), jouer ne va pas vous faire croire que tout est conflit, c’est le monde qui vous apprends ça, le monde bien réel, pas le monde virtuel ou les gentils triomphent toujours mais le monde ou les hommes s’entretuent, rivalisent, dominent et écrasent les autres. La société ne fait que formater notre esprit pour que l’on se battent d’une manière particulière, ainsi dans une société qui cherche le profit pas de violence, ni de meurtre qui seraient contre productif mais une rivalité au quotidien. On dénonce son collègue pour une promotion mais jamais on ne tue, ton collègue doit continuer de consommer avec ses alocs.

    Enfin, les jeux videos ne nous abrutissent pas ! Ils nous font simplement perdre notre temps. C’est pas plus con de jouer a starcraft que de faire une partie d’échecs ou de jouer du piano, c’est peut être meme plus stratégique et plus dur ! Mais c’est sur qu’on se développe moins que si on lisait du Hegel

    PS : Désolé d’avance pour mes fautes d’orthographes qui sont probablement nombreuses.

     

    Répondre à ce message

  • L’Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 6, verset 24 (La Sainte Bible selon la Vulgate, traduction de l’Abbé Jean-Baptiste Glaire, 1902)



    « Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. »

    Note de bas de page : “Jésus-Christ ne défend pas absolument aux chrétiens d’avoir des biens temporels, mais seulement d’y attacher leurs cœurs et d’en être les esclaves.”



    Adrien Sajou, en matérialiste dialectique de talent, se trompe néanmoins lorsqu’il déclare : "C’est un développement logique dont les causes et les conséquences échappent à toute volonté humaine."

    Ce développement logique est rendu possible par le renouvellement historique de l’attache de l’homme à l’argent plutôt qu’à Dieu, au "Non serviam." plutôt qu’au "Serviam.". C’est à mesure que les hommes se sont éloignés du maître "Dieu" pour se rapprocher du maître "argent" qu’ils ont rendu possible ce développement logique et sa prise d’ampleur.

    Karl Marx a magnifiquement décrit le développement logique de l’aliénation de l’homme par l’argent et son corollaire-marchandise, du changement des rapports sociaux en fonction de l’évolution du mode de production, mais celui-ci ne doit pas être vu comme un phénomène auto-moteur, sinon comme un phénomène permis par le renouvellement historique du choix de l’homme d’avoir l’argent pour maître plutôt que Dieu.

    La "révolution" sera demain le choix de Dieu comme maître plutôt que l’argent. Alors le développement logique théorisé par le matérialisme dialectique s’arrêtera.
    Sans cela, le système pourra s’effondrer par impossibilité de renouvellement du mode de production (rendu inéluctable par la baisse tendancielle du taux de profit) : les cœurs des hommes, s’ils ont toujours pour maître l’argent et non Dieu, recréeront en stade embryonnaire le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui ... les mêmes causes produisant les mêmes effets.

     

    Répondre à ce message

Afficher les commentaires précédents