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La souffrance de Laurent Ruquier : "Si demain le FN passe, je me tire"

Riche, de gauche, bien-pensant, mais malheureux

Sa méfiance envers les réseaux sociaux, son ras-le-bol des polémiques suscitées par On n’est pas couché, son statut de leader des après-midi sur RTL, ses doutes pour 2017... Alors que France 2 célébrera bientôt ses 25 ans de carrière, ce stakhanoviste se livre à TéléObs. Grand entretien.

 

(Morceaux choisis, NDLR)

 

 

TéléObs. La venue de Manuel Valls sur le plateau d’On n’est pas couché, le 16 janvier, a suscité pléthore de commentaires négatifs dans la presse et relancé le débat sur la place des politiques dans une émission de divertissement. Comprenez-vous ces critiques ?

Laurent Ruquier. Absolument pas. Ce débat est ridicule. Nous vivons dans l’ère du buzz permanent. D’accord, c’était la première fois que nous recevions un Premier ministre en exercice. Mais nous avions déjà reçu de nombreuses personnalités politiques de premier plan : des ministres – Manuel Valls quand il était Place Beauvau – ou des candidats à la présidentielle. Ces polémiques sont inutiles.

Honnêtement, je suis bien plus gêné par l’attitude des politiques face à Cyrille Eldin quand il les interroge dans la rue. Ça me paraît bien plus grave. Sauf que là, personne n’est scandalisé. Qu’un journaliste de Canal+ se marre avec Marine Le Pen ne pose aucun problème ! Je ne lis d’ailleurs rien là-dessus. En revanche, dès lors que le chef du gouvernement vient chez nous répondre à des questions sérieuses, c’est un scandale. Nous n’avons quand même pas demandé au Premier ministre de faire des claquettes ! Nous ne l’avons même pas confronté à des tweets, comme cela se fait dans certaines émissions. On marche sur la tête.

 

 

Comment expliquez-vous cette vague de commentaires ?

Le monde change. Nous sommes désormais dans l’ère des réseaux sociaux. Tout fait débat aujourd’hui. Vous faites un pet de travers, on ouvre un débat. C’est insensé ! La situation est compliquée pour nous. Elle le devient également pour nos représentants. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont été les premiers présidents à être confrontés à cette nouvelle ère. Mitterrand et Chirac ont finalement eu de la chance de pas l’avoir connue.

 

François Fillon refuse de mettre les pieds sur votre plateau et estime que « la parole politique n’est pas adaptée à l’émission »...

... Il se trompe et ce n’est pas grave. Fillon ne fera bientôt plus partie des débats. Cela dit, je peux comprendre qu’un politique refuse de venir. Mais il ne faut pas inventer de mauvaises raisons. Certains parlent de l’émission sans la connaître. Quand Gérald Darmanin (LR) affirme qu’il ne faut pas venir chez moi parce qu’un homme politique ne doit pas dire « sucer c’est tromper », le mec est déconnecté ! Il n’a pas regardé la télé le samedi soir depuis plus de dix ans ! Je ne pose jamais ce genre de questions. M’attaquer là-dessus, c’est vraiment une grosse connerie. La séquence politique de l’émission ne relève pas du divertissement. Elle est sérieuse, il y a du fond.

[...]

 

Choix des invités, présence d’Éric Zemmour chez vous comme chroniqueur durant cinq ans : avez-vous parfois le sentiment d’avoir fait le jeu de l’extrême droite ?

Si nous assistons aujourd’hui à la montée du FN, c’est tout simplement à cause de l’inefficacité des gouvernements qui se succèdent. C’est aussi, et surtout, parce qu’on a un gouvernement de gauche qui, depuis 2012, n’a pas su satisfaire l’électorat qui a voté pour lui. J’entends certains me dire : « Vous avez fait monter le FN en donnant la parole à Eric Zemmour pendant cinq ans sur France 2. » Mais ces mêmes personnes oublient de rappeler que ça fait cinq ans qu’il n’y est plus ! Maintenant, allez dire aux sympathisants du Front national que je fais le jeu de l’extrême droite, ils vont se marrer ! Pour eux, je suis un gauchiste.

[...]

Lors de la présidentielle de 2012, vous aviez voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour puis pour François Hollande au second. Ferez-vous les mêmes choix en 2017 ?

Je suis capable de voter Juppé ou Bayrou. Hollande ? Ça m’emmerderait. Mais peut-être. Je suis comme beaucoup de Français : j’espère qu’un candidat surgira de nulle part. Je suis citoyen, j’ai le coeur plutôt à gauche mais je ne suis pas fermé. Je n’ai jamais été militant, je n’ai jamais été encarté. Je suis d’ailleurs contre toute forme de communautarisme, y compris en politique. Je ne vote pas pour moi ni pour mon petit confort. Je vote pour que la France et que les Français se portent mieux. Ça a l’air démago dit comme ça mais c’est vrai.

Après, si demain le Front national passe, je prends mes cliques et mes claques, et je me tire. Je m’en fous. J’ai 53 balais, j’ai gagné ma vie, je n’ai pas de problème. Franchement, cette présidentielle ne va pas être si mal. On le sait tous : Marine Le Pen sera au second tour mais elle ne passera pas.

Lire la suite de l’entretien sur teleobs.nouvelobs.com

En quittant la France, Ruquier saura-t-il s’arracher à son business ? Voir sur E&R :

 



Article ancien.
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