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Le Venezuela dans les grands médias : la propagande anti-chaviste déconstruite en 7 points

Cette photo de Paris-Match résume ce que la plupart des citoyens savent du Venezuela.

 

 

Une croyance entretenue jour après jour par la nouvelle église que sont les transnationales de l’information. Le vieux rêve industriel est devenu réalité : que la population du monde pense la même chose au moment voulu. Or…

1. Ces 80 jours ne sont pas de simples manifestations contre le gouvernement Maduro. Ce sont 80 jours de manifestations d’une droite dont le secteur pacifique en perte de vitesse se fait déborder quotidiennement par une insurrection entraînée, financée et armée par qui rêve de reprendre le contrôle politique d’un continent – et pas seulement des réserves pétrolières du pays. Localement, l’objectif est de stopper la campagne pour élire une Assemblée constituante et de réunir les conditions d’un coup d’État.

2. Fait significatif : cette insurrection se déploie a partir des quartiers riches où a été prise la photo, des municipalité de droite et de la frontière avec la Colombie en étroite alliance avec le paramimitarisme d’Alvaro Uribe.

3. La majorité de la population vénézuélienne, ces 95 % de citoyen(ne)s qui habitent les quartiers populaires, n’y participe pas, et rejette la violence.

4. La majorité des victimes ne sont pas des victimes du gouvernement comme le disent les grands médias mais les victimes de ces « manifestants pacifiques » que votre télévision ou votre radio ou votre journal, transforment en « population du Venezuela ».

5. Les membres de forces de l’ordre qui ont désobéi aux ordres de ne pas user d’armes a feu et sont responsables de blessures ou d’assassinats ont été aussitôt arrêtés et jugés.

6. Trois scrutins nationaux sont prévus d’ici 2018, sans assurance de victoire pour le chavisme, qui a d’ailleurs perdu les législatives de décembre 2015. Dans ce pays qui a mis en place une démocratie participative (invisibilisée systématiquement depuis 18 ans), la majorité des médias écrits, radio, web et télévisés s’opposent au gouvernement bolivarien. Selon l’observateur d’élections Jimmy Carter, le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde.

7. Conclusion : le fait que l’opinion occidentale dénonçait Pinochet en 1973 mais soutienne aujourd’hui ses fils au Venezuela confirme que nous sommes gouvernés par les grands médias. Ce pouvoir écrasant fait qu’il est très difficile pour la gauche éloignée de l’Amérique latine de prendre parti. La voici contrainte de se taire pour protéger sa réputation et de justifier son « ni-ni » par les erreurs de gestion ou les cas de corruption des bolivariens (manifestes mais dont la solution dépend des vénézuéliens). Elle rejoint ainsi passivement l’étau international. Maurice Lemoine :

« On a connu le même phénomène de “lâcheté collective” d’intellectuels de gauche auto-proclamés, à la fin des années 1980, lorsque les contre-révolutionnaires (“la contra”), l’administration Reagan et les difficultés accablaient le Nicaragua. »

La solution passe par démocratiser en profondeur la propriété des médias tout en créant de nouveaux paradigmes éloignés de l’information-marchandise, à travers des médias non commerciaux, alimentés directement par les mouvements sociaux et reliant les pays du Sud en particulier. C’est ce que proposait le rapport de Sean Mac Bride « Un seul monde, des voix multiples » réalisé pour l’UNESCO en… 1980.

Pour l’heure voici les images invisibles sur la « planète Paris-Match » : à commencer par l’assemblée qui réunit ce 21 juin 2017 en Bolivie 2500 délégué(e)s de mouvements sociaux venus de 45 pays pour réclamer « Un monde sans murs ». Accompagné de l’ex-ministre espagnol Rodriguez Zapatero – médiateur du dialogue national au Venezuela, d’Ernesto Samper, ex-président colombien et secrétaire général de l’UNASUR (lui aussi médiateur) ou de Rafael Correa, ex-président de l’Équateur, le président Evo Morales a lancé un fort message de soutien des forces démocratiques au gouvernement du Venezuela :

« Ce qui se passe au Venezuela est un coup d’État. Sois fort, Nicolas, contre les putschistes, le peuple latino-américain est avec toi. »

Thierry Deronne, Venezuela, 21 juin 2017.

 

 

 

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« Violence ? Quelle violence ? Dans le centre populaire de Caracas, les badauds déambulent, qui dégustant une glace, qui promenant les enfants. Plus à l’ouest encore, royaume des petites motos de ceux qui n’ont pas les moyens de se payer une auto – sociologiquement plutôt « chavistes » –, la capitale vénézuélienne palpite et, comme dans plus de 90 % des agglomérations et des territoires du pays, chacun y vaque tranquillement à ses occupations. »
Voir de Maurice Lemoine, « Au Venezuela, la fable des manifestations pacifiques ».

 

 

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Marche bolivarienne du 19 juin dans les rues de Caracas pour rejeter une énième réunion de l’OEA – organisme basé à Washington et relais historique des visées états-uniennes en Amérique latine. Cette réunion a finalement échoué à émettre une résolution contre le Venezuela, les pays des Caraïbes notamment ayant apporté leur soutien au gouvernement de Nicolas Maduro.

 

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Congrès de la jeunesse à Caracas, le 20 juin 2017. Nicolas Maduro y a annoncé l’embauche de plusieurs dizaines de milliers de jeunes pour fortifier les missions sociales de lutte contre la pauvreté et de défense de l’environnement.

La révolution chaviste, chez Kontre Kulture :

 

Voir aussi, sur E&R :

 



Article ancien.
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7 Commentaires

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  • Selon l’observateur d’élections Jimmy Carter, le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde.

    Malheureusement aucun pays au monde ne doit donner l’exemple de "démocratie" sans l’aval des sionistes empiriques et leurs vassaux .
    Voilà une dictature outrancière que tous le monde ou presque applaudit et défend corps et âme.


  • alooors...

    les vénézuéliens, je ne les connais pas tous mais où je suis passé, et c’étaient les quartiers populaires, ils n’en veulent plus, du chavisme........

    en outre, ne jamais oublier que la nature humaine est faible : bcp de chavistes sont de vulgaires cahuzac, "par l’odeur alléchés"... ; ici un emploi, là un subside qui ne sera pas remboursé, là encore un accès privilégié à las "cajas" (sorte de colis alimentaire)

    je ne peux pas faire plus simple : el traje no hace el monje (habillé de rouge, tout le monde peut se dire socialiste, même holl-andouille).

    Geoffrey, neo-communiste qui connait bien le Venezuela

     


    • les vénézuéliens, je ne les connais pas tous mais où je suis passé, et c’étaient les quartiers populaires, ils n’en veulent plus, du chavisme




      Pour quelles raisons ? Trop de redistribution et de programmes sociaux ?


    • Si ils ne veulent plus du Chavisme, qu est ce qu’ils veulent ? C’est quand même un rempart à toute la déferlante que l’on connait partout ailleurs.
      Je veux bien admettre que cette expérience soit imparfaite,que des erreurs ont été commises, que les gens n’en sont pas satisfaits,admettons, mais que vont ils lui opposer à ce système ?

      On sait très bien qui et quoi va prendre sa place, cet impérialisme qui ne dit pas nom qui fleurit partout ailleurs, il n’y a même une place pour le doute ou pour la surprise.

      Et puis, même si les gens n’en peuvent plus, ne peuvent-ils attendre six mois, un an, pour les lendemains qui sont censées "chanter" ? Il faut à tout prix un effondrement politique et une guerre civile larvée ?

      Si c’est la volonté populaire, comme vous le suggérez, pourquoi toute cette hâte, ces pressions,cette "violence", cette couverture médiatique internationale ???


    • @la bête immonde...

      il y a qqe mois, on était 3 en taxi dans un bouchon, on a perdu 4h nuitamment suite à "una tranca"/barrage sauvage parce que les gens (pauvres) du coin n’avaient pas reçu leurs colis alimentaires depuis plus de 2 mois !!!

      on a eu de la chance : ils ont pillé un camion réfrigéré, on a en profité pour glisser hors de la nasse...

      quelle redistribution ? y a plus de sous, prix du pétrole trop bas oblige !!!

      et voir les caciques (c’est le cas de le dire) tout de rouge vêtus, se vautrer dans des 4*4 rutilants (l’anti-impérialisme est tout relatif, sans air conditionné) accompagné de bimbos de 18 ans, leurs "nièces" , s’en allant à un banquet-du-souvenir en l’honneur de feu le "Comandante" (le dire avec pathos, chaque syllabe un temps d’arrêt + crescendo) ; c’est encore plus dur.......ça se comprend sans peine. Je ne parlerai même pas de la passion des grosses montres de luxe...

      CQFD

      je ne sais pas ce qui motive Vincent Lapierre, moi aussi je suis anti-impérialiste, c’est d’ailleurs pour ça que je dis que ce ne sont pas des révolutionnaires mais plutôt des profiteurs (ça s’est déjà vu, que je sache).

      Geof’ l’invincible


  • Chez nous on dit : quand on veut tuer son chien , on dit qu’il a la rage !


  • Les législatives sont perdues et il y a de nombreux cas de corruption. Donc ce n’est pas si simple. Aussi les taux de natalité et de fécondité publiés par le pays sont bas et on y voit des grappes d’enfants fort nombreuses : tout ceci est-il vrai ?