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Le paiement à la course ravive les craintes des livreurs Deliveroo

Le libéralisme c’est : toujours moins !

Ce qui est intéressant dans cet article sur l’uberisation du secteur de la livraison en ville, c’est la novlangue des dirigeants.

Le mode « free », qui correspond à un travail sans planning, cache en réalité une dégradation des conditions de travail et à une baisse de rémunération généralisée dans une univers de plus en plus concurrentiel.

C’est comme si l’on vous disait que vous conserviez votre poste, mais que trois autres personnes allaient vous « aider ». L’argent gagné sera alors partagé en quatre.

 

 

Les plus agressifs survivront, les autres partiront. Les grands gagnants, ce sont les organisateurs de cette carambouille libérale.

Le mode « free » est une étape de plus vers l’esclavage, un retour aux temps bénis du capitalisme adamsmithien.

- La rédaction d’E&R -

 


 

La nouvelle a suscité de vives inquiétudes chez les coursiers partenaires de Deliveroo. Jeudi 27 juillet, la société de livraison de repas à vélo a contacté ses premiers coursiers en France, afin de leur annoncer un changement de taille dans la rémunération et l’organisation de leur travail. Dès le 28 août, ils seront payés cinq euros la course, contre 7,50 euros de l’heure aujourd’hui et deux à quatre euros la commande. Ce changement « concerne 8% des 7 500 livreurs que compte Deliveroo en France », précise l’entreprise.

[...]

Les livreurs vont-ils devoir bouleverser leur emploi du temps ?

Actuellement, les coursiers Deliveroo obtiennent leurs créneaux de travail via un planning en ligne. Les premiers connectés ont plus de chances d’obtenir les créneaux les plus lucratifs – ceux des heures de pointe, les midis et soirs. Mais jusqu’ici, les livreurs planifiés le matin ou l’après-midi étaient payés pour les heures travaillées, quel que soit le nombre de commandes effectuées. Avec la décision du 27 juillet, ce dispositif prend fin et les livreurs n’auront plus aucune garantie de rémunération en-dehors des courses réalisées.

« C’est le maraudage, ils vont traîner en ville en attendant une commande », regrette Arthur Hay. « Avant, on était payés pendant les heures d’attente. Ils ne le seront plus. » Avec ce changement, Soltan Marghaie sait qu’il ne pourra plus travailler 15 à 20 heures par semaine, comme il le fait actuellement. « Je vais devoir faire moins d’heures, travailler uniquement les soirs et week-ends », s’inquiète-t-il.

[...]

Le planning des coursiers va-t-il disparaître ?

L’inquiétude est néanmoins partagée par plusieurs représentants des livreurs. « Quand tout le monde sera payé à la course, l’étape suivante, pour Deliveroo, sera de passer au mode “free” », s’inquiète Jérôme Pimot, de l’Union des livreurs à vélo engagés (U’Live), interrogé par Le Monde. Le « mode free » signifie que les coursiers travailleraient sans planning : ils se connecteraient à l’application quand ils souhaitent travailler – mais sans garantie d’avoir du travail à ce moment précis.

Arthur Hay craint un système où, à terme, « vous travaillez trois heures et gagnez dix euros ». Comme le représentant syndical, Soltan Marghaie témoigne déjà d’une dégradation du planning, avec de moins en moins d’heures de travail disponibles du fait d’un recrutement massif de livreurs. « On se retrouve avec dix fois plus de coursiers sur les plannings », dénonce le livreur bordelais, qui a vu ses heures de travail baisser de moitié. « Le recrutement n’arrête jamais. » En mode « free », la concurrence serait encore plus rude.

Lire l’article entier sur francetvinfo.fr

Derrière la « coolitude » du libéralisme,
le capitalisme le plus sauvage,
lire chez Kontre Kulture :

 

L’uberisation gagne la société tout entière, voir sur E&R :

 



Article ancien.
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12 Commentaires

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  • Fallait voter FN & pas cette marionnette mondialiste.



  • Le mode « free » est une étape de plus vers l’esclavage, un retour aux temps bénis du capitalisme adamsmithien.



    A ceci près que les esclaves sont volontaires, on ne le répètera jamais assez...


  • Quand on donne son cul faut pas s’étonner après de se le faire prendre !...et à chacun son tour...après avoir enculé les société de course et de livraison, ils se font à leur tour enculer...

    Le plus drôle, c’est la "république", censé protéger ses citoyens...et qui laisse le champs libre à ces sociétés étrangères pour bousiller les sociétés françaises...de plus, la république, est très tolérante en matière fiscale avec ces sociétés venus d’ailleurs, mais très dure avec les sociétés française...

    Il faut voir avec quel acharnement les petits controleurs fiscaux de la république française traquent les sociétés françaises en ce moment, un zèle dont sont épargnées les sociétés yankee qui opèrent sur notre territoire, elles, ont le droit de détourner leurs marges dans des paradis fiscaux en toute légalité...c’est ça, la justice en régime républico-démocrate...et pour obtenir ces sauf-conduits, ces privilèges, n’allaient pas imaginer que ces sociétés US aient pu corrompre le personnel politique français, vous savez que c’est impossible...


  • Le mode " free " en est à des balbutiements , une fois le pied dedans , ça va s’étendre ...le code du travail ne sera plus qu’un vague souvenir ... la precarisarion assurée .... en " marche " ou crève ! ... pas grave , la surmultiplication des assos " humanitaires " et les dispositifs de revenus ( très ) minimum ,payées par les autres , exonèreront un état privilegiant la bourse , la finance , les esclavagistes modernes vivant dans les paradis fiscaux !


  • Dans une société normale ils devraient toucher le smic plus une petite commission par course. Mais il ne faut pas non plus charrier ! Il s’agit d’un sous-job ne nécessitant pas un grand niveau de qualification et de ce fait il ne faut pas non plus s’attendre à se ramasser 3000 euros net par mois à pédaler sur un vélo. Je considère que le smic dans un pays comme la France devrait être aux alentours de 1800 euros net/mois (impossible dans le carcan de l’UE, mais faisable si le pays recouvrait sa souveraineté), ce qui serait raisonnable pour un job consistant à faire des livraisons à vélo.

     

  • Bonjour,

    L’avantage de l’ubérisation des coursiers à vélo, c’est la formation possible de nouveaux champions cyclistes à la Bernard Hinault. Je sais, ça ne va pas bien loin mais il faut tout de même voir un peu de positif .. .

    PS : Positif ici ne fait aucune allusion au dopage.


  • #1783233

    De toute façon, il n’y a pas d’entourloupe, ça fait des années que les politiques et les prescripteurs d’opinions rabâchent qu’il faut plus de performances et de productivité, donc on y va, et pas qu’à vélo.
    Comme ça fait des années qu’on parle de droit du travail mais qu’il y a des centaines de milliers de stagiaires qui travaillent pour rien, et des milliers de "bénévoles" qui font en réalité des travaux qui devraient être effectués par des salariés (oulàlà le gros mot !).
    Tout le monde sera bientôt payé à la tâche (commerce, transactions immobilières), question d’égalité ripoublicaine. Trop marrant....
    Les problèmes s’accumulent, jusqu’où ?


  • Passant dans la rue le soir de l’élection de Macron, je croise 2 coursiers à vélo en attente et une vieille peau bourgeoise, elle était tout-sourire.
    Elle, s’adressant aux jeunes, un noir et un blanc :
    "Alors les jeunes on a voté comme il fallait ? Vous devez être contents n’est-ce-pas ?"
    les 2 connards de répondre :
    " boah, macron on verra bien... , et surtout on a fait barrage "
    je ne me suis pas attardé. Mais je pense que les gens finissent par avoir ce qu’ils méritent.


  • Il semble que ce ne soit que dans les chambres à coucher que le "travail" rende libre.
    Car à bien y regarder, même ici, avec les chambres à air, cela ne fonctionne guère.