Egalité et Réconciliation
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Manifeste du racisme anti-Blancs

"Le Blanc idolâtre ce qui est français sans en saisir le fonctionnement et la nécessité"

Les Blancs sont atroces.

 

C’est de cette flagrante évidence que nous entendons faire démonstration, à l’heure où d’aucuns cherchent à installer sur le trône du concept la notion victimaire de racisme anti-blanc, revendiquée par une extrême droite peureuse qui semble crier de tout son cœur : « Nous aussi voulons avoir notre souffrance ! Nous sommes Souche, nous sommes Cible ».

Heureuse trouvaille qui permettra demain, n’en doutons pas, l’émergence de bannières scandalisées et revendicatrices WHITE LIVES MATTERS, à travers lesquelles tous les motifs de l’héritage d’Occident, toute la bigarrure des nations et des traditions, des régions et des visions du monde se trouveront amalgamés dans une grande fierté vide, vide comme une page blanche.

Si un Éthiopien et un Congolais sont noirs, alors un Portugais et un Lituanien pourront en effet être blancs. C’est ainsi que l’Europe devient une seconde Afrique : en s’inventant une fraternité raciale sortie d’un chapeau farfelu et dans l’idolâtrie de laquelle aucun peuple européen n’avait jusqu’alors jamais donné. This is Europa ! entend-on ainsi proclamer quelques internautes français naufragés dans l’océan de l’erreur. Qu’un Français affirme, via des sites Internet californiens, dans la langue de l’ennemi anglois, la prééminence d’une entité qui ne profite de nos jours qu’à l’Allemagne, voilà qui ne manque pas de sel.

La couleur blanche est un taux de mélanine, et ne sera jamais une identité. Croire ou faire accroire qu’il existe une fraternité à fonder d’abord à partir de là est une chimère. Pleurer sur des faits divers dégueulasses est possible, encore qu’il faille avoir l’esprit étrangement tourné pour se repaître des histoires les plus sordides et les plus affligeantes. La rêverie blanche, surblanche pourrait-on dire, a ces deux faces. On a agressé ma maman blanche parce qu’elle est blanche pendant que j’assure l’avenir de la race blanche avec ma femme blanche qui portera mes enfants blancs. Face à ces rêves hasardeux, nous revendiquons fermement, avec fanatisme et dédain, notre racisme anti-Blancs. Mais ne nous trompons pas.

Nous ne parlons pas exactement de la même chose. Une majuscule et le pluriel nous séparent des brailleries provinciales et droitardes. Notre Blanc à nous est entièrement imaginaire, voilà sa force. Il suffit de fermer les yeux. C’est de l’autre côté du périph’.

Il est l’enfant des enfants de Mai 68 et règne en maître dans la grande ville. De la conscience blanche sus-évoquée, nulle trace en lui. Enfant de divorcés, chaussé de Stan Smith ou d’un universel équivalent, très chill, très cool, très relax, le Blanc ne se prend pas la tête. C’est simple : il n’en a pas – nous y reviendrons. Il rêve d’être hors-sol et sans attaches, de pouvoir bouger sans cesse et partout. Il est incapable de se poser, cherche toujours à poser. Les Blancs se présentent en meutes ; ils sont incapables de vivre seuls, mais aussi incapables de vivre pleinement en communauté. Aussi, la colloc’, forme bâtarde, est leur forme reine. Le plan cul, le sommet de leur sentimentalité, se teinte chez eux d’une tendance à l’amourette. Le coup de bite est le coup de cœur. Le Blanc est froid, distant et généralement méfiant. Il touche à peine, embrasse peu, ne complimente pas, n’offre jamais rien. Il croit faire de son sourire ironique un dandysme, sa moquerie mériterait quasi toujours une correction. Il est très crispé du portefeuille, fait moit’-moit’ au restaurant, ne paie que par carte bancaire et rembourse ses amis par des virements électroniques. Il tient les comptes comme si sa vie en dépendait – et en effet elle en dépend, puisque sa misérable radinerie est le comble de ce qui peut lui servir de panache.

Cet enfant de la liberté, de la société des masses débarrassée des carcans archaïques et du poids du jugement d’autrui n’est pas un dégénéré sadique au sens propre, un partouzeur invétéré, un profanateur d’idoles, mais simplement un être diminué. Il est bipolaire, schizophrène, alcoolique, déprimé, burned out, mais surtout systématiquement consommateur d’anxiolytiques ou d’antidépresseurs que nous réduirons à leur parangon : le XANAX. Le Blanc mange peu et mal, boit beaucoup (uniquement pour accéder à l’ivresse), se drogue (pour sortir de lui-même), et se médicamente (pour supporter son absence d’absolu). Le Blanc est une espèce qui s’illustre et se distingue par une propension à l’auto-contemplation, à la peur de la solitude et au besoin permanent de transgresser à minima son extrême froideur : il représente le nouveau combat de toute une génération, le combat contre son autiste intérieur.

La civilisation est un âge où l’homme devient contemplatif et se distingue par la force de sa contemplation, par l’évanescence mortifère qui émane de lui. La Belle Époque en France, les Roaring Twenties aux États-Unis ou les années 1960-1980 en France sont des époques civilisées, des époques de la lenteur, des époques d’avant-garde, d’art, de cinéma, de lecture, de poésie, de théâtre. Ces époques ont condensé et forgé des imaginaires, des systèmes de repères qui sont totalement ancrés dans la cervelles des Européens des grandes villes d’aujourd’hui. Ils se pensent artistes, passionnés, profonds, poètes maudits, intellectuels organiques et l’affichent sur des pages Tinder. Le Blanc est un autiste, produit des réseaux sociaux et de la destruction de tous les liens sociaux qui durent réellement, qui se conçoit comme un homme civilisé, fin, subtil et élégant.

Ce Blanc pense par étiquettes, insère ses amis et ses parents dedans, et se voit comme évoluant au-dessus de toutes les castes. C’est le rejet des « hiérarchies traditionnelles » professé par le bobo plus l’incapacité à intégrer les justes hiérarchies naturelles qui affecte tous les néo-urbains. Il voit sa vie défiler comme un film dont il serait le héros, ne sait parler que de lui : tout son propos n’est qu’une éternelle séance de psychanalyse. Un groupe de Blancs discutant entre eux est une joute de monologues, ou alors une chronique de tabloïd à la recherche de ce qui pourrait avoir fait scandale dans le cercle élargi des relations.

Toute la vie du Blanc est compétition, et toute son énergie est dépensée à le maquiller, à faire oublier le darwinisme qu’il vit au quotidien. Il écrase plus bas que lui et regarde les yeux humides tout ce qui est au-dessus de lui. C’est un être envieux qui illustre sans qu’il n’y ait rien de drôle les personnages de sous-directeur obséquieux que jouait Louis de Funès.

Il crée de la mystique autour d’une vie prédéterminée par des algorithmes : il approfondit l’amour physique sur Tinder lors de sa vingtaine et utilise la même application au début de sa trentaine pour trouver celle qui le réconfortera le soir, après ses treize heures réglementaires passées dans un cabinet de conseil en stratégie. Il transforme en passion mortelle une amourette avec une demi-trainée et n’a idéalement jamais forniqué sans préservatif ; il est capable de tomber amoureux de sa stagiaire qui le suce par intérêt. Lorsqu’il invite ses amis dans sa maison de campagne, il prépare un tableau Excel pour partager les frais et demande si personne ne connaît un Arabe pour apporter de la weed.

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Sous la plume d’un écrivain précieux a, depuis quelques années déjà, fleuri l’expression de Grand Remplacement, désignant l’inéluctable invasion de l’Europe vieillissante par l’ardente jeunesse d’autres mondes. Le trouveur de cette formule s’acharne particulièrement contre l’islam et on croit pouvoir déceler chez cet inverti la peur du musulman comme empêcheur d’enculer en rond. Ce que son théorème n’examine pas, c’est le Grand Remplacement des Français par les Blancs. Jadis, on espérait en la France et dans le fait d’en participer ; de nos jours, on candidate à la Blancheur.

Gouailleurs, râleurs, joyeux, légers dans leurs apostrophes, causeurs, malins, baratineurs, séducteurs, les Français se sont fait éradiquer par les Blancs zombies, méfiants, calculateurs, malpolis, arrogants, insignifiants. C’est un peuple qui est à pleurer, dont la couleur de peau pourtant n’a pas changé. Le coq français a été remplacé par l’œuf, par le crâne d’œuf, par le cul-de-poule blanc. Merde alors ! Cela s’est fait au début des années 90. À cet égard, Les Inconnus sont un pivot. Idolâtrés par les Blancs, ils n’en sont pas et ont été les derniers à puiser dans la grivoiserie, l’agitation et la théâtralité françaises. Ils ont été remplacés par l’humour standard d’OSS 117, film culte, bien plus que culte, matriciel et fondamental de l’imaginaire des Blancs. N’être Français que par plaisanterie. Le Blanc idolâtre ce qui est français, sans en saisir le fonctionnement et la nécessité, sans pouvoir le reproduire, sans savoir l’être, le sentir, le faire vivre. Il voudrait louer des parts de France, mais ne fait que réduire le champ d’expression du génie national, tout en bénéficiant néanmoins de sa renommée sur le plan international et auprès des jolies étrangères, trop vite dupes et systématiquement déçues. En tuant le Français pour promouvoir le Blanc, la France a renié toute dimension méditerranéenne en elle ; elle ne devient que la pâle copie de l’Allemagne qui a produit le nazisme et les hipsters.

La chanson d’Isabelle Pierre Le temps est bon est merveilleusement française ; son remix par Degiheugi est totalement faite pour les Blancs.

Le Blanc est un être hors-sol qui évolue dans un imaginaire collectif français. Il mange des croissants, il boit du vin, se met en scène dans des galeries d’art, publie sur Instagram des photos de livres, sort des citations calibrées, insiste sur la grandeur du cinéma d’auteur pour mieux conclure avant de se précipiter chez lui finir en toute hâte un PowerPoint qu’il devra présenter dans un bureau impersonnel d’une tour anonyme de La Défense devant les supérieurs de son conseil en stratégie.

Le Grand Remplacement, c’est le passage des étudiants de Sciences Po du Journal de Jean-René Huguenin à ceux de Neuilly sa mère 2. Nul migrant en cette affaire.

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Au milieu de son cercle d’amis, le Blanc se vit comme un personnage de F.R.I.E.N.D.S. En réalité, il est bien plutôt un personnage de How I met your mother. La décennie qui sépare ces deux séries américaines permet de comprendre ce qui différencie la représentation que les Blancs ont d’eux-mêmes de la réalité qu’ils donnent à voir.

Apparue sur les écrans le 22 septembre 1994, F.R.I.E.N.D.S. est la série emblématique de la génération du tournant du millénaire. On y suit les aventures d’un groupe de six jeunes adultes, également composé de trois hommes et de trois femmes. Ces personnages semblent avoir su incruster dans l’esprit de tous les Blancs l’importance symbolique, le charme et le génie de la colloc’. Après le mythe de la bohème française, elle a mis dans toutes les cervelles le fait que la douceur de vivre ne soit pas incompatible avec les exigences et les impératifs de la ville mondiale. On pourrait vivre ensemble en bonne entente pendant dix ans sans liens lourds ; on peut construire un lieu de vie sans attaches sacralisées. Tout Blanc rêve de ça, et ne l’atteindra jamais. Cette série a inventé la réalité de ces mots sans les créer : chill, cool, relax, et a fait croire à la possibilité de leur permanence. Il serait possible de vivre pendant des années comme des jeunes gens délurés avec de petits salaires dans d’immenses lofts.

How I met your mother, en tant qu’héritage de F.R.I.E.N.D.S., n’est pas la volonté, mais la représentation des Blancs. Les personnages exercent des professions libérales stressantes, sont tous plus ou moins alcooliques, tour à tour angoissés par les rigueurs de la vie professionnelle. Il y règne toujours une forme de non-dit, perpétuellement sous-jacente chez les Blancs. Au sein de la même bande d’amis, tout le monde a couché avec tout le monde, mais continue de croire dans la force des liens unificateurs. Le mythe du couple à distance a cours. L’amour n’est jamais qu’une valeur seconde, décriée et moquée. Les hommes ne voient les femmes que comme des chattes sur pattes ou des animaux de compagnie, ils font mine de les trouver profondes pour mieux devenir leur sex friend caché pendant qu’elles sortent avec un petit-ami qui fait office de souffre-douleur au quotidien.

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Le Blanc n’est pas le produit de la mondialisation et de la libération sexuelle des années 1970 mais de la virtualisation et de l’homogénéisation des années 1990 : les doctrines californiennes ne sont plus porteuses de plaisir mais d’interdits, le tourisme de masse informe a remplacé le tourisme d’initiation, les personnes ne sont plus des individus mais des caricatures de groupes humains, l’art, l’amour et le rock n’ roll sont morts, la drogue est dégénérée et rien n’est possible sans algorithmes. L’algorithme décide avec qui on couche, quelle entreprise nous recrute et a réussi à matérialiser un vieux rêve du capitalisme : transformer chaque service en un service marchand. Absolument tout se monnaie, même monter ses courses à la vieille dame de l’immeuble.

Ces nouvelles tendances associées au pire des tendances anciennes ont donné naissance à des individus-zombies. Ils sont censément libres, contemplatifs et subtils comme des grands bourgeois du Grand Siècle, relâchés et indifférents à la rigueur générale d’antan (musique classique, complets trois pièces, langage châtié). Autrement dit, on pourrait être profond en buvant des bières, en fumant des cigarettes roulées, en parlant à moitié comme un métèque de banlieue et en portant des Stan Smith. Rien de tout ça n’existe évidemment et le Blanc est aussi distant de la civilisation, la vraie, la grande, celle de Barbara et de Marcel Proust que son contraire, l’habitant du tiers-monde. Le Blanc est un être esthétiquement symbiotique : éthologiquement autiste, nomologiquement neutre, sociologiquement petit bourgeois, vestimentairement métis entre des vestes de costume, des jeans et des baskets, artistiquement éclectique, et mélangeant le vocabulaire châtié, le néo-vocabulaire né dans les années 1990, et des phrases empruntées au ghetto dites à moitié au second degré. L’ultime de son style vestimentaire consistera à porter une chemise taillée trop courte sciemment pour n’être pas rentrée dans le pantalon ou alors un t-shirt avec une poche sur la poitrine sous un gilet de cachemire dont les boutons resteront ouverts. Au bureau, un complet sans élégance bleu marine avec une cravate trop fine dont le Blanc s’enorgueillira à penser qu’ils font de lui un personnage de Mad Men alors qu’il n’est qu’un esclave de luxe.

Le Blanc n’a pas d’âme. Il cherche à fuir toute forme d’intériorité et ne craint rien tant que de se retrouver seul face à lui-même. C’est qu’au fond de lui, très inconsciemment, il sait que, athée, matérialiste, détaché des racines, citadin, il n’a aucun moyen de résister au grand appel de l’Être, et n’est qu’un microbe face à la Conscience. Il s’échappe en futilités, biaise et renverse la perspective en s’acharnant à juger tout ce qui l’entoure depuis la hauteur où il se voit.

La solution pour lui est de mélanger légèreté et solidité en transformant famille en amis et amis en famille, plans cul en amoureuses, petites amies en mères, patrons en copains, en effaçant sans pitié les vieillards de son univers ou en les transformant en fétiches. En bon produit de l’âge de l’immédiateté, il sait que tout est vain, que tout est éphémère, que rien n’est appelé à durer. Ainsi, le Blanc semble ne pouvoir conduire qu’une automobile, la Fiat 500, voiture de femme très pratique dans les grandes villes par sa petite taille, dont l’apparence fraîche, la possibilité qu’elle offre de se faufiler dans la circulation correspondent parfaitement à son conducteur. Les Blancs arrogants qui veulent se la jouer – et qui ont les moyens – conduiront la Fiat 500 Abarth. Le reste du temps, le Blanc se fera conduire dans les berlines feutrées du cousin Uber, sans bien sûr adresser un mot au chauffeur qui n’est qu’un robot bronzé, C3PO Ben Mohammed.

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Le Blanc est pudique, mais n’a pas de surmoi. Il cache ses SMS mais disserte sans fin sur sa vie sexuelle. Il va en boîte de nuit avec ses supérieurs hiérarchiques qui, comme lui, ont aboli toute hiérarchie, et tous tentent de tirer la stagiaire par tous les moyens avant de faire étalage de ces hauts faits devant ses amis d’université dans une ambiance de fausseté, de semi-grivoiserie, de compétition comme de comparaison. C’est un alcoolique en chemise boutonnée, un consommateur chronique d’antidépresseurs, un adepte des dates, un collectionneur d’applications, un amoureux des week-ends en province (l’oxygène de son semblant d’âme putréfiée), un carriériste invétéré, un enfant surmaterné habitué à la solitude très jeune par le divorce de ses parents, un hilote puceau de l’amour et de la violence, un ignorant de l’idée de Dieu, un raciste qui s’ignore malgré son ami noir et sa target la beurette du ghetto.

La vie du Blanc est structurée entre l’intérêt que les choses et les personnes peuvent lui apporter, un certain besoin en divertissement et surtout en second degré et une forme de contemplation. Fruit de l’athéisme et de la mort des tabous mais de la persistance de codes essentiellement esthétiques, le Blanc n’a pas d’âme et se montre incapable d’envisager le sacré en dehors des sensations. Sa sacralité se nomme l’expérience esthétique : un film, un paysage, un appartement, une œuvre d’art, une page vierge, une fugue de Bach et il effleure l’idée de l’existence de Dieu. Le Blanc n’est pas un athée militant, c’est un athée évident. La question de la transcendance n’en est plus une et l’absolu de l’esthétique est transgressée par un besoin de mélanger les codes, le syncrétisme est pour lui la forme quotidienne de l’esthétique. Il parle franglais, mélange les références de différents arts et surtout s’habille en mélangeant la forme de l’élégance classique des éléments d’habits d’adolescent (chemises à pois boutonnées, jean et chaussures de sport blanches). La marque Sandro (pour hommes) est un condensé du style vestimentaire idéal de Blanc. Les hommes s’habillent avec les mêmes marques que les femmes et mettent souvent les mêmes articles dans des tailles à peine différentes. Autrement dit, on ne se prend pas la tête mais l’on demeure frais et subtil en habillement comme en amour ou en religion !

Le Blanc ne va jamais au fond des choses en paroles ou en pensées immédiates, il se contente de se référer à des éléments centraux d’imaginaire commun ou à des fragments de pensées rendus intelligibles par l’invocation d’étiquettes. Il ne pourfend rien mais tente de créer du mystère en ne nommant ni les choses ni en allant au bout de sa logique déclamatoire. Il agrémente son discours des sempiternels tsé, genre, en mode (équivalents de tu sais, par exemple et sur le mode en français) et finit son discours par des systématiques tu vois c’que j’veux dire ou, pire, j’me comprends. Le Blanc ne touche pas, ne prend pas, ne ressent pas et ne parle pas, il se fait comprendre comme un chaton ou un automate.

Le Blanc n’est pas une espèce monolithique, il se découpe en différents types, différents de pays en pays, de capitale en capitale, ou de style en style. Les bourgeois-bohème, les fêtards de l’ère post-punk, les hipsters, les Berlinois, les New-Yorkais de Manhattan partagent tous ce même fonds. Les différences de style, de mode de vie ne sont que des détails : les lignes de coke, les applications, la pingrerie, les préservatifs, l’esclavage professionnel, l’altération du langage, le rapport froid à l’amour et à l’humour, la solitude ravageuse, l’irrévérence religieuse sont des constantes. Le Blanc n’est pas le protestant froid ou le catholique puritain frileux ; il est l’athée frais, et il y a aujourd’hui moult nuances de fraîcheur !

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Le Blanc est universellement raciste. Il assigne un rôle abstrait à chaque race qui devient un élément d’imaginaire associé à un thème en particulier ainsi que des colorations multiples. Il est raciste sur deux modes : de loin (de façon purement abstraite) et de près, lorsqu’il est confronté à des immigrés ou lorsqu’il voyage hasardeusement ou mu par un orientalisme fin de race. La Colombie est le pays de la cocaïne et rien d’autre, ce pays est un rail géant de cocaïne dans la cervelle comme dans les blagues des Blancs. Dans cet esprit, le Maroc est un condensé de shit et de thé à la menthe devenu pays. En dernière instance, le Blanc a gobé toutes les théories nées dans les campus de la Californie pour refuser le racisme direct, pour embrasser une forme frelatée d’un racisme terrible qui ne dit pas son nom. Ainsi, il attribue au noir le rôle éternel de l’esclave animalisé au gros sexe et à la petite cervelle qui pourrait donner un bel enfant chocolat au lait, au latino le rôle du dealer de drogue frustré, misogyne, homophobe et sanguinaire, au Pakistanais celui du burlesque dans toutes ses formes, à l’Asiatique systématiquement confondu avec le Chinois la posture de l’autiste matheux mince à la faible testostérone.

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Le Blanc, figure anthropologique de la société du sans contact née au début des années 1990 en même temps que la virtualisation de la vie charnelle et à l’inauguration de la condamnation des corrections administrées par les pères, ne peut pas exister sans son pendant féminin qui le subsume symboliquement tant elle est l’élément central de la première moitié du premier siècle du second millénaire, nous avons convoqué la Blanche.

La Blanche, plus que le Blanc consacre un phénomène sociologique général en Occident : la concrétisation des classes moyennes en petite bourgeoisie. Les Blanches sont les filles des petits bourgeois. Si la petite bourgeoisie n’évoque rien au lecteur, il peut se la représenter comme l’univers mental des classes moyennes. Les classes moyennes faites des salariés de luxe de province, des cadres moyens de la ville mondiale se sont donné un ethos qui a triomphé. Cet ethos est assez difficile à saisir : c’est la quête de l’apocalypse. Le commun appelle ces Blanches « les petites meufs » : de taille moyenne, de classe moyenne, d’un quartier sociologiquement moyen, d’un physique désirable, d’un humour frénétique, d’une hostilité manifeste, d’une facilité à moquer et à se moquer. Ces fameuses petites meufs écoutent du rap, mettent des baskets blanches, ont un vocabulaire très relâché qui frise avec la mauvaise éducation, ont besoin de nécrose (drogues berlinoises, haschich, beuh, alcools forts), boivent des bières, roulent leurs cigarettes et ont beaucoup d’amis garçons qui rêvent d’elles. Elles ont l’air d’être perpétuellement en train de décuver (et s’en amusent entre elles, en théâtralisant une certaine folie auprès de leurs amies et surtout de leurs amis masculins qui n’ont ni la chance ni la malchance de les pénétrer), mais sont les filles les plus scolairement et professionnellement sérieuses, elles workent hard et playent hard. Ce que ces petites meufs incarnent, c’est la déconnexion pure entre la féminité et la distinction : ce sont des filles qui apparaissent sales, maladives, en mauvaise santé en plus de parler une langue qui se rapproche fort de celle du ghetto, d’écouter du rap, de mettre des baskets, de hurler, d’être ivre en permanence, d’adorer les concerts et les festivals. Ce sont des filles qui rêvent d’investir deux champs symboliques : celui de l’animalité et du ghetto et celui de la masculinité et de la grivoiserie. Elles disent : tu me casses les couilles, c’est casse-couilles. Elles boivent de la bière. Des femmes boivent de la bière. Baiser ces filles là est ennuyant à mourir, les séduire revient à réussir un entretien d’embauche pour un kabiné de konsey en stratiji, les fasciner revient à tirer des filles plus jolies qu’elles connaissent et les prendre ressemble à un acte d’automate. Prendre en levrette une Blanche après avoir mis un préservatif en écoutant Jay-Z ou Kendrick Lamar n’est ni faire l’amour à une femme qu’on aime, ni enculer à sec une vraie courtisane en écoutant Jean-Sébastien Bach...

Ces filles de la petite bourgeoisie, de parents divorcés menant des vies personnelles faussement tourmentées et des vies scolaires et professionnelles poussives (elles rêvent du salariat de luxe payé 2 500 euros par mois pour 12 heures de travail par jour derrière un ordinateur) ont contaminé toutes les autres classes sociales, notamment dans la ville mondiale pour donner naissance à la Blanche universelle, la New-Yorkaise, la Parisienne, la Londonienne et la Milanaise. Le jeu des classes sociales induit ensuite une affaire de nivellement purement pécuniaire : comme le noir riche du ghetto met des baskets de luxe et le pauvre du ghetto met des baskets lambda, la Blanche de luxe met des Stan Smith et boit des pintes à 12 euros et la Blanche de moins bon aloi met des Stan Smith et boit des pintes à 4 euros. En créant la Blanche universelle, la petite bourgeoisie triomphale en Occident a aboli la différenciation par les classes sociales, elle a crée le premier idéal-type universel : nous nommé la Blanche internationale. La reine, dans ce registre, est la petite Lily Rose-Depp. Elle porte l’un des deux prénoms faits pour les Blanches ; Lou est l’autre.

Cette Blanche internationale est extrêmement virile en fond, et extrêmement féminine en forme. C’est la créature la plus désirable de l’histoire : vagin rasé et entretenu, produits de beauté utilisés avec soin, jambes fines, cheveux lisses, corps élancé, beaux seins ; son corps est digne d’une œuvre. Elle est cependant biologiquement, éthologiquement dégénérée et symboliquement virile. C’est une sur-femme en corps et en représentation et un cadavre en réalité : toujours alcoolique et droguée au shit, à la cocaïne et aux médicaments, elle se plaît à adopter un comportement d’une hostilité digne de l’idée qu’on se fait d’une paysanne du tiers-monde. Cette Blanche aussi hostile qu’un homme d’antan, aussi dure, sérieuse, ambitieuse, réglée comme un automate. Femme libre en représentation, homme en volonté, elle s’approprie tous les codes de la virilité et n’a pas de cœur. Elle veut avec une hargne terrible transformer les hommes en trois catégories distinctes et totalement hermétiques : le gigolo qui lui mettra le coup de bite et fermera sa gueule, le confident, ami et conseiller qui peut lui servir momentanément de petit ami lorsqu’elle déprime, et le frustré, l’homme réellement viril qu’elle hait et veut dépouiller de sa virilité. Cette Blanche couche avec les plus adaptés (populaires, twiks, aériens, indifférents et insaisissables comme des femmes), elle couche avec des hommes qui se comportent comme des femmes et méprise les autres. Elle veut se dépouiller de tout lien sans être capable d’être seule physiquement : elle honnit le couple, méprise ses parents, n’est pas fidèle à ses amis, fait des enfants qu’elle élèvera à moitié par caprice. Dans notre monde hypersexualisé où la frustration règne parmi les hommes, la Blanche isole de l’espèce virile les rares hommes auxquelles elle se donnera. Le seul et unique critère intervenant dans le choix d’un homme est son palmarès sexuel. La Blanche part du principe que tout procède du cul et elle y ramène tout : pensées politiques, notes scolaires, interactions sociales élémentaires, dilections, dégoûts, croyances, rêves. Étrange époque où une potentielle mère pense devoir choir le père de ses enfants parce qu’il est un gros baiseur.

Créature du féminisme californien, la Blanche est historiquement antérieure au Blanc et surtout, elle a été prévue idéologiquement, et son logiciel a été imprimé dans les petites cervelles féminines notamment par les infernales créatures de Sex and the City. C’est la Blanche qui inaugure réellement la Blancheur.

La sexualité de cette Blanche suit symboliquement la sexualité de ses amis les Blancs homosexuels : elle a commencé à mettre la capote parce que son pédé d’ami a eu le SIDA, a adopté une sexualité sans attaches comme lui (en voulant se dépouiller de tout raisonnement sur la valeur symbolique de la sexualité féminine, celui qui fait qu’une femme qui se donne trop est totalement dépréciée), refuse d’avoir des enfants comme lui, et trouve ses amants sur Internet par swipes dans des applications créées par Internet.

La sexualité des Blancs est toujours une sexualité de pédés.

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La Blancheur inaugure un mode de vie, un ethos, un rapport au monde structuré par la vitesse, l’immédiateté, la tolérance, mais aussi l’impossibilité. Ce monde n’est pas polarisé entre différentes ambiances radicalement étrangères les unes aux autres : différents modes de vies entre une famille rangée et des jeunes fêtards, différences de rythmes et de culture entre les peuples, différents climats entre les contrées... Les réseaux sociaux ont radicalement uniformisé les modes de vie et ont tué toute différenciation. La beurette de banlieue et la descendante d’aristocrates comme le rappeur américain et la jeune WASP retouchent leurs photos et envoient des SMS pendant les repas pris seuls ou en famille. Les réseaux sociaux ont rendu toute existence pornographique ; il n’y a pas de différence entre la vie arrêtée (le repos, l’étude, la déconnexion, la solitude, la contemplation, l’aparté) et la vie vivante (fêtes, soirées, bagarres, amours, sexe, relâchement, mouvement). Tout est enregistré et filmé, tout est retranscrit, tout est photographie, tout est présenté de façon à ce que l’humanité entière soit faite d’humains tour-à-tour voyeurs et donnant à voir. Dans cette humanité de voyeurs, très peu vivent réellement : on fornique moins que nos parents, on ne rit pas vraiment, on ne parle pas à ses voisins, on n’est pas généreux, on n’a pas d’intimité. On ne peut être ni réellement vivant, ni réellement sérieux. Et si la pornographie existe, c’est que le sexe manque cruellement.

Dans cette humanité de voyeurs en permanente compétition d’adaptation, point de vie, point de liens, et point d’absolu. Rien n’est vrai, rien n’existe et rien n’a de sens. Tout se défait et rien de sérieux ou même de léger ne naît. L’existence du Blanc part de cette condition crue : les parents sont divorcés, Dieu n’existe pas, l’art est dégénéré, l’inélégance est générale, la nourriture est industrielle, les hommes sont en chien... Les humains sont devenus des zombies gouvernés par des autistes qui rêvent de les remplacer par des automates et de les réguler par des algorithmes.

Comme l’humanité archaïque et impériale a inventé les féculents pour rendre des hordes d’esclaves énergiques et efficaces, l’humanité dégénérée a inventé les psychiatres et les médicaments pour empêcher les ilotes de se suicider. Nos gouvernants ont réussi à mettre sous drogues toute une génération dépourvue d’absolu : le psychiatre est le nouveau druide et le Xanax est sa potion magique. Les prescripteurs de drogues et destructeurs de mondes que sont les psychiatres ont accompagné la transformation des personnes en acteurs de cinéma et en perpétuels patients, des semblants d’acteurs et des parodies de malades sous traitement. On commence le Xanax à quinze ans après une rupture amoureuse pour redevenir une vache à bonnes notes et on ne l’arrête qu’avant de mourir. Le psychiatre est une sorte de spectateur d’élite de la vie pathétique de ses clients Blancs adeptes du déversoir de tristesse et de pathos : qui n’a jamais entendu une petite salope dire « je ne suis pas bien en ce moment » ?

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Le Blanc est un être d’aucune croyance, il n’a pas de valeurs mais embrasse un protocole abstrait qu’il a naturellement intégré et dont l’ignorance est sanctionnée par une sortie symbolique de la Blancheur, une entrée dans les quasi-catégories encore une fois abstraites de métèque ou de provincial – bougnoules, nègres, cathos, beaufs et white trash, aucune différence pour le Blanc. Ce protocole s’accompagne d’un tissu général de quasi-conceptions et de prises de positions : il y a des choses qu’on n’a pas le droit de penser et des choses qu’il faut penser. Parmi cela, il y a l’interdiction générale et permanente d’interdire ou d’imposer quoi que ce soit à autrui, faute de destruction immédiate du lien. Si un garçon impose à sa copine, elle sera abstraitement et/ou directement encouragée à le quitter faute d’être immédiatement dépréciée par le commun des mortels. Si une fille est directive et impérative avec ses autres amies, elle est immédiatement fuie. Cette interdiction d’interdire appelle deux attitudes : le rejet des hiérarchies naturelles et fonctionnelles entre les êtres humains, et la conception d’autrui comme fondamentalement substituable. Le Blanc se conçoit comme le personnage principal, les autres Blancs autour de lui comme des figurants de luxe et le reste du monde comme étant automatiquement généré par le gameplay, bien qu’il adorera s’intéresser quinze secondes à tel ou tel quidam tellement authentique à la façon des pages Facebook Humans of quelque part.

*

Pour se faire une idée visuelle bien précise du cancer que nous décrivons et que nous jurons de nous acharner à combattre, nous invitons maintenant notre aimable lecteur à s’intéresser de près à l’œuvre d’une jeune Blanche dessinatrice, mademoiselle Margaux Motin. L’entièreté de ce qu’il y a à comprendre de la Blanche, de toutes les mauvaises choses qui lui trottent dans la tête, de ce qui fait d’elle une connasse de Parisienne en puissance ou en actes, de sa grossièreté masculine, de son rapport aux hommes et donc des Blancs par ricochet se trouve dans ses dessins. Tapez son nom sur Google et régalez-vous, ô racistes anti-Blancs que nous venons d’éclairer.

La mention de cette demoiselle nous amène à parler d’une figure spécifique de la Blancheur féminine qui retient notre attention. Il s’agit de l’aristo-Blanche. Au royaume de la Blanche, l’aristo-blanche est reine. Mêlant des formes datées de la jeunesse et ses formes les plus actuelles, elle domine symboliquement le Blanche game, en indique les attitudes et les tendances. Toute petite meuf aspire en secret à être une aristo-Blanche sans jamais pouvoir le devenir, et, pour dire les choses autrement, toute petite meuf ressentira immédiatement la supériorité en Blancheur d’une aristo-Blanche si elle en rencontre une – scénario cependant assez rare, encore que permis par certains entremêlements du « monde du travail ».

L’aristo-Blanche a bénéficié de la bonne éducation de son milieu et peut donc faire naturellement montre de certaines bonnes manières ayant toujours une importance esthétique dans la France contemporaine : ces manières ne sont plus un code de référence devant infuser les environnements humains où elles s’affichent, mais une référence, une citation de bon goût.

L’aristo-Blanche maîtrise les relations mondaines, le small talk, le fait d’échanger avec le sourire des banalités polies, de savoir faire bonne impression aux personnes plus âgées, d’être admirée par les autres filles et de plaire élégamment aux garçons. Elle a l’air de pouvoir devenir une bonne mère. Il émane des aristo-Blanches en général une certaine douceur, effet des bonnes manières, mais souvent trompeuse quant à la vérité des caractères.

À ce patrimoine précieux auquel la Blanche lambda ne saurait prétendre – elle qui se tient invariablement mal –, l’aristo-Blanche ajoute par petites doses – et cela, alors même que c’est parfaitement inconscient, pourrait presque passer pour du second degré – tous les tics de la Blancheur, notamment langagiers : bails, genre, t’sais... Pour l’observateur averti s’offre là le spectacle quasi chimiquement pur d’une gangrène impitoyable dévorant les derniers reliquats de la noblesse française. Cependant, face à l’époque, ce mélange étrange fait de l’aristo-Blanche une figure très forte. Plus agréable, moins directement hostile que la petite Blanche, elle passe beaucoup mieux auprès de tout le monde, notamment à la télévision – pensons par exemple à la journaliste Diane de Mac-Mahon ou à Apolline de Malherbe, encore que cette seconde jeune femme passablement inculte est d’apparence incroyablement hostile.

L’aristo-Blanche est reine de l’époque car ses manières d’un autre temps sont incompréhensibles à l’époque : cela la rend insaisissable. Or, ce caractère d’insaisissabilité est au cœur de la Blancheur, au cœur même de l’esthétique de l’époque. C’est par ce paradoxe de l’insaisissable que l’époque se retrouvera prise dans la révérence face à l’aristo-Blanche et que l’aristocratie française trouve une voie pour placer dans la société à des postes acceptables bon nombre de ses filles.

L’aristo-Blanche fait de preuve de créativité autant que d’entregent, et met sa particule au service de ses entreprises, la plupart du temps dans le domaine de la mode ou du luxe, qui est pour elle un univers familier. Nous pensons ainsi à la marque Yayou et songeons tendrement aux fondatrices, deux sœurs magnifiques et sans nul doute insupportables.

L’ancêtre de toutes les aristo-Blanches qui en est aussi l’idole est l’ancien mannequin Inès de La Fressange. Un exemple excellent d’aristo-Blanche, dotée d’un niveau d’hostilité proprement ahurissant est Marie de Villepin, mannequin qui n’est pas strictement anonyme parce qu’elle est la fille de son père.

Le pendant masculin de l’aristo-Blanche existe ; le fondateur de cette caste est l’écrivain cocaïnomane Frédéric Beigbeder. C’est quand même un type qui a été capable de pondre un bouquin parce qu’il a fait deux jours de garde à vue pour avoir tapé une ligne et s’être fait prendre comme une merde par les schmitts. Ça doit faire marrer du monde à Bois-d’Arcy ! (Ah bah non, les types qui sont là-bas n’ont pas le temps de lire puisqu’ils sont trop occupés sur Snapchat.) L’aristo-Blanc fait des bêtises, s’amuse et occupe dans la société une place d’artiste là où sa consœur est sérieuse et adopte les traits de l’executive woman. Songeons ainsi au sieur Arthur de Soultrait, fondateur de la défunte marque de vêtements Vicomte Arthur à la morgue incroyable, ou à Jean-Marie de Saint-Ange, plus jovial. Ces deux héritiers apparaissent dans un reportage diffusé dans l’émission de feu Jean-Luc Delarue, Ça se discute, consacré à la jeunesse dorée. Notons en passant que l’équivalent masculin de l’hostilité féminine est le mépris.

Totalement artistes, on peut évoquer aussi Guy-Manuel de Homem-Christo et Xavier de Rosnay, respectivement co-fondateurs de Daft Punk et de Justice. Ces deux créateurs de talent ont inventé quelque chose et indiquent la tendance. Le jugement est sans appel : pour sauver la visibilité sociale de ses rejetons, l’aristocratie doit adopter la Blancheur comme le reste des populations. On pourrait avec ces différents personnages ajouter un chapitre au livre de Jean d’Ormesson Au plaisir de Dieu, où l’Académicien perpétuellement sur le départ et qui a fini par partir narre le lent dévalement d’une famille d’aristocrates sur la pente du temps. En son temps déjà, les aristocrates n’étaient déjà plus que des grands bourgeois dotés de plus de reliques que les autres et sur la voie du déclassement.

Certaines familles, néanmoins, réussissent à conserver leur rang. Mais cela coûte cher et il faut donc que les membres occupent des métiers suffisamment rémunérateurs à l’heure du capitalisme hyperconcentré. Il n’y a pas mille voies : la finance ou les hauts postes dans les grandes entreprises. Ces gens-là sont généralement discrets et rarement Blancs au sens où nous entendons ce mot, qui est désormais clair et précis. L’exemple parfait est Henri de Castries. Sans doute faut-il que tout change pour que tout reste pareil, et les familles avisées ont retenu la leçon du Guépard. Ce qui est très drôle, c’est que les hordes de Blancs de base travaillent sous les ordres de ces aristo-robots – pourrait-on dire – toute la journée et permettent que les choses restent en place en faisant gonfler les portefeuilles d’actions.

À l’heure de la massification, la reproduction sociale n’a cours qu’à très haut niveau ; les bonnes études ne suffisent plus et la bourgeoisie de province est irrémédiablement baisée. Ses enfants à elle seront Blancs. Blancs, Blancs, Blancs !

Blancs ! Bleh ! Blême. Problème.

Sous notre plume comme dans notre bouche, le Blanc devient le Blah, créature bavée par son époque, au son comme à l’être proche de la blatte. Blancs, nous vous méprisons, nous vous rejetons, nous vous maudissons ! Arrière ! Horreur ! Hors de vue ! Incitation à la Haine ! Recule, Blanc, ou je te colore ! Sapristi, Blanc quand même.

Ça y est, nous avons fini.

Prolonger ce manifeste avec Kontre Kulture :

 






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  • #2032003
    Le 28 août à 18:58 par Auri
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Avez-vous remarqué, ce qu’on appelle les "blancs" se confond très rarement avec la race caucasoïde (qui s’étend jusqu’en Inde) ? Ce sont en fait seulement les blancs européens, en particulier du nord-ouest de l’Europe ainsi que ceux qui sont originaires de cette région (comme aux Etats-Unis)... Les reste étant le plus souvent compté pour rien, voir comme des étrangers complets.

     

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  • #2032025
    Le 28 août à 19:18 par Douce France
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Puisque la France n’est plus qu’une "idée" usurpable au grès des intérêts de chacun et qu’en face toutes les communautés y vont de leur petit tribalisme "autorisé", il n’est pas étonnant qu’il y ai des FDS qui veuillent adopter cette forme de position de sécurité reptilienne qui consiste à se retrancher derrière ce qui leur reste d’identifiable, à savoir leur couleur de peau !

    La dégénérescence de l’homme blanc par le capitalisme est réelle mais voyez donc les ravages bien plus prononcés chez les africains à travers le "bling bling" fruit du capitalisme le plus vulgaire. Si on évite de voir le verre à moitié vide, on peut également constater que l’homme blanc n’est pas si mauvais bougre puisque pourvu d’une très grande compassion avec les faibles et très tolérant avec le monde entier (jusqu’au point de se faire remplacer). Faites le tour des associations, elles sont majoritairement rempli de ces idiots utiles au grand coeur dont l’héritage chrétien n’y est certainement pas pour rien ...

     

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  • #2032089
    Le 28 août à 20:49 par Dam Ned
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Quand on est colère, on ne parle que de soi :)

     

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  • #2032150
    Le 28 août à 22:11 par Ruskov
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Ce texte est très profond et réfléchi, certains commentateurs ici devraient le lire jusqu’au bout. Le Blanc est décrit de façon très précise et complète, et malheureusement, je retrouve au moins une ou deux de ses caractéristiques en moi. Pas vous ? Si même les aristocrates doivent devenir des "aristo-blancs" pour exister, que pouvons-nous faire les gens du peuple ?

     

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    • #2032210
      Le 29 août à 00:22 par Mort de rire
      Manifeste du racisme anti-Blancs

      Réfléchit ? C’est vous qui le dites... au contraire il s’agit des élucubrations d’un pseudo intellectuel petit bourgeois passablement gauchisant (dans le sens républicain) à prétention artistique mais sans véritables bases réelles, après tout ce dont il est question dans ce texte c’est que prendre des tares sociales de les grossir au possible pour ensuite en faire une généralité soit disant représentative de notre société, je ne suis pas sur que de faire de tendances décadentes d’une partie du corps social notamment ses parties les plus dégénérées comme les bobos et les cassos soit vraiment une preuve de réflexion très poussée...

      Au mieux on peut dire que son auteur porte une haine pour la société occidentale actuelle mais étant donné le caractère très appuyée de la dénonciation du blanc on peut légitimement se demander s’il ne s’agit pas de l’expression de la haine sémitique millénaire déguisé en dénonciation pseudo politique.

       
    • #2032339
      Le 29 août à 10:36 par Bernard Lapotre
      Manifeste du racisme anti-Blancs

      Mort de rire
      Vous ne voyez pas que cette généralité est volontaire et écrite au troisième degré.
      Il démontre qu’un groupe ethnique n’est pas homogène et qu’on ne peut pas ignorer les composantes sociologiques. Une vision purement identitaire est donc tout à fait vaine et inconsistante.

       
    • #2033086
      Le 30 août à 08:21 par Eric
      Manifeste du racisme anti-Blancs

      Vous en demandez beaucoup Bernard Lapotre.

       
  • #2032397
    Le 29 août à 12:18 par ernesto
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Visiblement chacun comprend ce qu’il veut dans ce texte.

    Pour ma part, je comprends le terme "blanc" comme un euphémisme du capitalisme pris dans son totalité, c’est à dire comme fait civilisationnel et non comme simple système économique. Ce qui implique une organisation sociale, une culture, une économie, une idéologie etc. tout ceci débouchant sur la laideur actuelle et la déshumanisation progressive des individus.
    S’il s’agit bien de cela, pourquoi associer cette décadence au terme "blanc" ? Le capitalisme n’est pas vraiment d’origine chrétienne ou musulmane me semble-t-il.

    Ce qui ressort de ce texte, c’est que le blanc est surtout une victime, colonisé jusque dans son imaginaire. Le dénoncer de la sorte manque légèrement de finesse.
    Ce texte ne fait que dépeindre quelques effets pervers de notre civilisation, c’est de l’esthétique pure, en ce sens, pas déplaisant à lire ; pour la réflexion, en revanche, c’est assez pauvre.

     

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  • #2032529
    Le 29 août à 14:14 par Tocqueville
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Magistral ! Je n’ai qu’un seul mot : bravo !

     

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  • #2032655
    Le 29 août à 16:10 par Tiriz
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    @Ceslaoui



    @Lucien
    Que savez-vous de l’auteur ?
    La prose peut vous déplaire, j’en prends note. En attendant, le contenu et le propos conceptualise une réalité que vous croisez tous les jours. Je m’étonne que vous ne l’ayez pas relevé.



    Oui, mais pour construire quoi ? Ou plutôt pour détruire quoi ?

     

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    • #2032851
      Le 29 août à 21:01 par Ceslaoui
      Manifeste du racisme anti-Blancs

      @Tiriz
      Témoigner d’une réalité n’implique pas nécessairement de construire ou détruire après... Je ne comprends pas votre questionnement...

       
    • #2034731
      Le 1er septembre à 22:41 par Tiriz
      Manifeste du racisme anti-Blancs

      @ Ceslaoui

      "...sur le trône du concept la notion victimaire de racisme anti-blanc..."

      Ce n’est pas un concept.
      Mais un racisme refusé par ceux qui n’aiment pas les blancs ( blancs qui n’aiment pas les blancs y compris ou, qui ne s’aiment pas eux-mêmes, au choix ).
      J’ai toujours rencontré le racisme en tant que blanc, alors je lui pisse dessus.

      Ensuite :

      " On a agressé ma maman blanche parce qu’elle est blanche pendant que j’assure l’avenir de la race blanche avec ma femme blanche qui portera mes enfants blancs. Face à ces rêves hasardeux, nous revendiquons fermement, avec fanatisme et dédain, notre racisme anti-Blancs. "

      Là c’est très clair, c’est du racisme revendiqué.
      Houria Bouteldja n’a t-elle pas dit :
      "N’importe quel Blanc, le plus antiraciste des antiracistes, le moins paternaliste des paternalistes, le plus sympa des sympas, devra subir comme les autres."

      Aussi Mohamed Ali voulait des enfants qui lui ressemble contre toute idéologie du métisssage. Est-ce laid ?

      Et n’allons pas nous dire qu’il faut lire entre les lignes par le flou artistique que l’auteur fait suivre :

      "Mais ne nous trompons pas... Nous ne parlons pas exactement de la même chose. Une majuscule et le pluriel nous séparent des brailleries provinciales et droitardes. Notre Blanc à nous est entièrement imaginaire, voilà sa force.

      Alors si son "blanc" est entièrement imaginaire qu’il ferme sa gueule.
      Voyez-là la malhonnête démarche intellectuelle d’un auteur qui prépare son échappée à toutes critiques en un parfaite lacheté déjà envisagée.

      J’en connais des blancs proche du texte. Tout n’est pas faux.
      Mélanger le vrai et le faux (l’exagération) pour ne pas perdre la face est un méthode connue. Enfin tout est exagéré, globalisé, racialisé, exécré. Il n’y a aucun équilibre, c’est de la destruction (du blanc).

      Aussi pour répondre à nos échanges plus haut : Juif peut-être, judéophile très certainement.

      Cordialement

       
  • #2032860
    Le 29 août à 21:12 par Ceslaoui
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Si on veut faire très court au sujet de ce texte, disons que le "blanc" décrit, c’est le "blanc" de demain.

     

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  • #2033049
    Le 30 août à 02:23 par demitrius
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    si quelqu’un avait dit la même chose sur une autre race, il aurait été censuré d’office. Mais vu que c’est sur le blanc, on peut y aller, c’est la fête. Le blanc, vous savez ce qu’il vous dit ?? Ce qui est terrible c’est que ça fait plus de 30 ans que cela couvait et que beaucoup n’y croyait pas, et bien, c’est une réalité, la disparition du blanc est réellement programmée ( métissage oblige ) . Et certains nous parlent de racisme à tour de bras, le racisme anti blanc est le plus violent et le plus réel. Le blanc est en minorité sur la planète depuis toujours, mais sa force et sa puissance étaient ailleurs, et ils ont décidé de les anéantir. Il y aura un jour où un blanc sur la planète devra se cacher pour vivre si ça continue.

     

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  • #2035932
    Le 4 septembre à 05:23 par Michelly58
    Manifeste du racisme anti-Blancs

    Je suis contente que cette article aborde la problèmatique de Sex And The City, mais cela pourrait aussi s’appliquer aux Soap Opera, je dirais même à toutes les séries américaines vu que les relations amoureuses y sont extrêmement instables, hommes comme femmes sont jetés comme des Kleenex et très souvent pour des prétextes dérisoires. Souvent parce qu’au final se n’est pas la personne qu’ils aiment vraiment, résultat on nous fait traîner en longueur pendant 114 épisode parce qu’au final la fille se rend compte que c’est le mec A qu’elle aimait et non le mec B, se qui n’est pas très sympa envers le mec B au passage qui est le dindon de la farce. Il est vrai que si les Rockefeller ont financés la libération de la femme, se sont avant tout les homosexuels et leur mode de vie sans famille qui ont inspirés les féministes à sortir du foyer. Les gens sont plus exhibitionnistes que voyeurs, publier leurs photos leur permet de s’inventer une vie sociale qu’ils n’ont point or derrière l’écran ils sont plus mal dans leur peau que jamais. Quel triste monde tragique !

     

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