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Maurice Boyau, capitaine du XV de France et "as" de la Grande Guerre

L’athlète Jean Bouin, les champions cyclistes Lucien Petit-Breton, François Faber ou encore Octave Lapize, le pilote automobile Georges Boillot, l’international de football Pierre Chayriguès, Georges Carpentier, le « plus grand boxeur français de tous les temps »… Nombreux ont été les sportifs de haut niveau à s’illustrer lors de la Première Guerre mondiale, voire même à donner leur vie à la France.

Capitaine du XV tricolore lors du dernier Tournoi des 5 nations avant la guerre, Maurice Boyau était l’un d’entre-eux. Né le 8 mai 1888 à Mustapha (Algérie) et fils d’un entrepreneur landais, ce dernier s’interesse à beaucoup de sports mais c’est au rugby qu’il se révèle le meilleur. Après avoir été joueur de l’Union sportive dacquoise, il rejoint le Stade bordelais avec lequel il remporte le Bouclier de Brennus en 1911.

Ce troisième ligne aile d’1m81 pour 75 kg est sélectionné en équipe de France pour la première fois en 1912. Il en sera le capitaine à deux reprises.

Ayant effectué son service militaire dans l’infanterie, Maurice Boyau est finalement affecté au 18e escadron de train des équipages, en qualité de conducteur d’automobile, lors de la mobilisation d’août 1914. Mais, ayant découvert l’aviation quelques temps plus tôt, son souhait serait de devenir pilote.

Mais sa demande va mettre du temps à être exaucée et ce n’est qu’en février 1916 que Maurice Boyau obtient son brevet de pilote. Pour autant, il n’est pas question de l’envoyer tout de suite au front. Avec ses connaissances techniques, il est en effet jugé plus utile de l’affecter à l’école d’aviation de Buc en tant qu’instructeur.

Mais le caporal Boyau insiste pour se battre. Et, en octobre 1916, il rejoint finalement l’escadrille N77, celle dite des « sportifs » (ou des « sportsmen » comme on disait à l’époque), dotée de Nieuport XII. Dans le même temps, et quand il le peut, l’ex-capitaine du XV de France continue à jouer au rugby, en portant les couleurs du Racing Club de France.

Promu sergent peu après son arrivée en escadrille, Maurice Boyau ouvre son palmarès le 16 mars 1917. Ce jour-là, il abat son premier avion, un Aviatik, au-dessus des lignes ennemies. Une semaine plus tard, il s’illustre à nouveau en descendant « à moins de 250 mètres sur des hangars d’aviation ennemis » et les « bombarde avec plein succès ».

Alors que son escadrille vient d’être équipée de Spad (elle prend l’appellation de SPA 77), le sergent Boyau enchaîne les victoires en faisant preuve d’une témérité folle. Ce qui lui vaut la Légion d’Honneur.

« Pilote d’une audace exceptionnelle qui fait preuve d’une incomparable maîtrise tant dans la chasse que dans la reconnaissance, la photographie et le bombardement à faible altitude. Le 1er octobre 1917, a abattu dans nos lignes un avion ennemi. Depuis le 16 mars 1917, a abattu 6 Drachen et 4 avions ennemis et exécuté trois bombardement audacieux à très faible altitude. Déjà médaillé militaire et sept fois cité à l’ordre pour action d’éclat », précise la citation accompagnant sa Légion d’Honneur.

Les victoires s’accumulent. Les citations aussi. Toutes soulignent sa « bravoure incomparable », son « audace magnifique », son « absolu mépris du danger » et son « habilité hors de pair ». Fin juillet 1918, après sa 28e victoire, il fait officier de la Légion d’Honneur.

Malheureusement, le sous-lieutenant Boyau ne verra pas la fin de la guerre. Le 16 septembre 1918, en allant au secours de son équipier – le caporal Walk – pourchassé par des avions ennemis, il est abattu dans les environs de Mars-la-Tour, par un tir d’artillerie au sol, alors qu’il venait d’obtenir sa 35e victoire aérienne.

L’aviateur aurait dû participer à une rencontre de rugby devant avoir lieu quelques jours plus tard. Ses camarades ne voulurent pas le remplacer… Et jouèrent donc la partie à 14.

Les rugbymen français payèrent un lourd tribut à la Première Guerre Mondiale. Plusieurs stades portent d’ailleurs le nom de joueurs ayant donné leur vie pour la France, comme Aimé Giral à Perpignan (tué à 20 ans le 22 juillet 1915) ou Alfred Armandie à Agen (tué en septembre 1915). À Toulon, une stèle du stade Mayol rappelle le sacrifice de 28 joueurs du Rugby Club Toulonais. Et, sur les 114 internationaux recensés avant guerre, 23 ont perdu la vie sur les champs de bataille.

Voir aussi, sur E&R :

Un esprit sain dans un corps sain avec Kontre Kulture :

Sur la Première Guerre mondiale, chez Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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11 Commentaires

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  • Toujours très émouvant de voir les parcours de ces hommes qui me semblent, étrangement, si familier ... Ils sont autant de sources d’inspiration pour notre lutte nationaliste.


  • Lucien, Maurice, Octave...autant de prénoms disparus...J’ai l’impression de lire un récit de science fiction..


  • La France a été une grande nation jusqu’en juin 40 .

     

  • Très émue de lire cet excellent article. Il y a quelques jours je mettais un commentaire où j’évoquais tous ces hommes qui ont résisté aux guerres (14/18, 39/45) je les avais comparé à tous ces migrants qui déferlent aujourd’hui en Europe fuyants lâchement leur patrie au lieu de se battre avec honneur !

    Je suis tellement fière de tout ce beau monde, ces GRANDS HOMMES qui ont marqués dignement l’histoire et à qui nous devons un infini respect... l’émotion me porte et je ne trouve plus les mots pour exprimer davantage ce que je ressens et en même temps je suis complètement anéantie lorsque je vois ce qui se passe aujourd’hui, je me sens impuissante, je vois un danger... celui de perdre notre profonde identité !

    A moins d’un miracle, je ne vois pas comment on pourrait s’en sortir. Le monde va mal, très mal et la douleur se fait ressentir chaque jour un peu plus.

    Je me dis que nous devons malgré tout garder espoir. Pour me soulager de cette douleur intense de voir ma patrie partir, s’éloigner... je me plonge dans cette magnifique épopée, celle de notre Sainte Jeanne d’Arc en attendant un miracle. Je voudrais tellement pouvoir me réveiller en pensant que c’est juste un cauchemar mais hélas tout est bien vrai.

    Une immense pensée pour tous ces combattants, je les salue bien bas.

    Antoine De Saint-Exypéry disait : La guerre, ce n’est pas l’acceptation du risque. Ce n’est pas l’acceptation du combat. C’est à certaines heures, pour le combattant, l’acceptation pure et simple de la mort.

     

    • Merci pour votre "prose". Je ressens la même douleur. Le même sacrilège. La même offense.
      "Il faudrait un miracle". Vous l’avez dit !
      Pour cela, il faudrait peut être songer à le demander à Notre Seigneur Jésus Christ et à genoux pour toutes les offenses que nous lui avons fait subir et qui continuent encore de plus belle de nos jours.
      Il va falloir donc commencer à prier, BEAUCOUP prier.


  • C’était l’époque ou la Légion d’Honneur se méritait et ou on ne l’attribuait pas au premier clampin venu...

     

  • Joueur de l’U.S.DAX dont le stade porte son nom.