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Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

Dans Crépuscule des Idoles, en 1888, Nietzsche écrit : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Le philosophe, malade depuis l’adolescence, pense le corps-esprit sans dualisme... De son rapport au corps, quelle philosophie propose-t-il ? Faut-il souffrir pour bien vivre ?

 

Nietzsche occupe une position à part dans l’histoire de la philosophie, en raison de la place qu’il accorde au corps, soumettant l’idée que la science philosophique par excellence serait la physiologie. Comment pense-t-il la blessure ? Serait-elle, non un mal en soi mais une épreuve qui conduit à se surpasser ? Qu’est-ce que « la volonté de puissance », théorisée dans Ainsi parlait Zarathoustra en 1883 ?

 

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort », un éloge des survivants ?

« La survie n’est pas la notion la plus importante dans cette formule, Nietzsche est un penseur de la volonté de puissance, une hypothèse introduite dans "Ainsi parlait Zarathoustra" puis généralisée dans "Par-delà le bien et le mal". Une des implications de cette hypothèse est que les forces tendent toujours à s’intensifier et pas simplement à se conserver, la logique de conservation de soi est toujours une exception provisoire à celle de l’intensification… Cette exception existe, certains organismes se retrouvent à devoir lutter pour leur survie, mais aux yeux de Nietzsche, c’est exceptionnel, et c’est une des critiques qu’il adresse à Darwin. »
(Emmanuel Salanskis [1])

[...]

Nietzsche, penseur de l’innocence du devenir

« Sous une formule qui semble s’adresser à tout un chacun, "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort", il ne faut jamais oublier qu’il y a l’aristocratisme de Nietzsche qui est sous-jacent, et qui implique qu’en fait tous les individus ne vont pas ressortir renforcés par les épreuves qu’ils vont rencontrer, toutes les adversités ne vont pas être profitables, chez Nietzsche, l’adversité peut aussi écraser. Chez Nietzsche, il n’y a pas de responsabilité individuelle vis-à-vis de ses instincts, de son destin… Nietzsche est un penseur de l’innocence du devenir, il cherche à récuser la doctrine du libre-arbitre, donc il n’y a pas de liberté personnelle qui s’exercerait. »

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Comprendre Nietzsche avec Pierre de Brague et Kontre Kulture  :

 

Notes

[1] Maître de conférences à l’Université de Strasbourg, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Paris et agrégé de philosophie.

Fritz, sur E&R

 






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70 Commentaires

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  • #2694289

    Ou plus soumis, ça dépend du caractère.

     

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  • #2694292
    Le 27 mars à 00:44 par Léone
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    Nietzsche semble totalement ignorer la grande politique de son temps . Il a fait la guerre de 1870 mais il ne parle jamais du fait que l’Allemagne aie récupéré l’Alsace et la Moselle, vieilles terres germaniques arrachée à l’Allemagne par Louis XIV . Ce n’est pas un patriote, encore moins un pangermaniste voulant réaliser l’adage : " Tout ce qui a été allemand doit redevenir allemand " . Hitler fut l’incarnation du pangermanisme au XXème siècle . Mais quand il voulut récupérer la dernière terre allemande située au delà des frontières de Versailles, le corridor de Dantzig et ses 3,5 millions d’Allemands, les sionistes lui tombèrent dessus, violant le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes .

     

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    • #2695251
      Le 28 mars à 14:17 par Bernard
      Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

      Curieusement Nietzsche n’est pas un penseur de l’Histoire, pourtant la somme de tout ce qu’il y eut d’intéressant dans le passé, l’expérience même de l’humanité . Il est également très loin du politique, encore plus loin du sociologique, il semble avoir ignoré Auguste Comte . Il n’a sans doute jamais utilisé les mots "socialisme" et encore moins : "communisme" .

       
    • #2695645
      Le 29 mars à 10:06 par listener
      Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

      Toute la bêtise et toute l’inconséquence de Wilson sont là : "le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour tout le monde", sauf pour les allemands... C’est ce qui a fait Hitler et, disons le, il était difficile de lui donner tort ;.

      Cette erreur a produit d’une part une guerre mondiale et d’autre part, le monde actuel, qui érige la détestation des peuples en principe. Les peuple ne connaissent pas les codes et ne savent pas se tenir. Et comme il faut alors trouver des arbitres pour juger de l’élégance et de la distinction en politique, on se tourne vers les gens qui connaissent le couture et la confection en gros.

       
  • #2694312
    Le 27 mars à 03:23 par Sigebert
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    Nietzsche, penseur de l’innocence du devenir




    Non, désolé, ça ne prend pas. Dès la classe de seconde, quand j’ai lu Nietzsche pour la première fois, j’ai démasqué son aspiration à la « grande santé »... Un type en bonne santé ne passe pas son temps à parler de « grande santé »... ce discours est la preuve irréfutable d’un décalage entre l’aspiration et la réalité. Et d’ailleurs, Nietzsche a passé les dernières longues années de sa vie à l’état de légume et de déchet humain. Tous les discours prétendant à la domination, à la supériorité au règne ont l’obligation de triompher. Quand on promet un règne de mille ans pour la race des seigneurs, on doit régner mille ans. Quand on chante la grande santé de l’homme supérieur, on doit mourir d’une mort supérieure, sanglante, héroïque, en pleine possession de ses moyens, pas à l’hospice, à se chier dessus, avec une infirmière à moustache qui vous met la cuillère de compote dans la bouche. Ou alors, on garde le silence (et son honneur avec). Les discours de supériorité oblige à une supériorité de fait, sinon, ce n’est que la conversation de pochtron au café du commerce ou de rombière au salon de thé, de la parlotte, du vent passant sur les prés couverts de pâquerettes et de coquelicots... c’est-à-dire, du kitsch...

     

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  • #2694432
    Le 27 mars à 10:09 par Robert
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    " L’homme est fait pour la guerre et la femme pour le repos du guerrier " . Avis aux féministes...

     

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    • #2695090
      Le 28 mars à 09:56 par presque
      Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

      Ça c’est pour les pays qui ont encore un minimum de vie traditionnelle, en France les hommes qui en sont encore un minimum sont fait pour se faire trahir donc détruire par leurs femmes.
      C’est la trahison du guerrier.

       
  • #2694437
    Le 27 mars à 10:14 par Christophe
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    Je préfère "les difficultés accablent les faibles et fortifient les forts" car c’est très facile de détruire l’âme de quelqu’un.

     

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  • #2694492
    Le 27 mars à 11:30 par Hubert
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    " L’homme doit être élevé pour la guerre et la femme pour le délassement du guerrier, tout le reste est folie " . A rappeler à Caroline Fourest .

     

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  • #2694522
    Le 27 mars à 12:07 par brunrouge
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    C’est ce que certains appellent aujourd’hui la résilience. Mais Nietzche se l’applique à lui même, pour une élite, ce n’est pas une proposition pour tout le monde. De plus je ne pense pas que Nietzche en propose la recherche mais que lui peut faire face quand les difficultés arrivent.

     

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  • #2694747
    Le 27 mars à 17:10 par Pelagia
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    "Le philosophe, malade depuis l’adolescence, pense le corps-esprit sans dualisme"

    Malade ou pas malade, et qu’il le fasse consciemment ou inconsciemment, Nietzsche ne fait que reprendre la fusion corps-esprit du christianisme même. "Mangez, ceci est mon corps" est cette symbolique du pain qui est la fusion même du corps et de l’esprit... plus proche d’Aristote que de Platon (lire le Traité de l’âme d’Aristote, par exemple). Le christianisme c’est donc de l’aristotélisme pour le peuple et non pas du platonisme pour le peuple. C’est Thomas d’Aquin qui a raison et c’est Nietzsche qui a tort. Nietzsche entre donc en conflit avec le christianisme non pas parce qu’il le récuse dans le noyau même de sa doctrine (il ne le fait pas) mais parce qu’il veut substituer le christianisme avec sa doctrine du surhomme, un transhumanisme visant à rompre avec l’état naturel de l’homme, visant à arracher l’homme de son destin céleste pour finalement le livrer à Satan. Ce satanisme sous-jacent, Nietzsche peut ne pas avoir perçu qu’il en est le porteur (quoique Nietzsche dit de lui-même qu’il est le porteur du flambeau : "luci... fer"), mais il est dans la doctrine nietzschéenne ne serait-ce que par naïveté, égarement et aussi par une vanité démesurée (dans l’Antéchrist Nietzsche nous explique, je le cite : "pourquoi j’écris de si bons livres"). Le philosophe de Bâle je l’ai beaucoup admiré et j’ai même été très anti-chrétien dans mon adolescence, mais je ne tombe plus dans le panneau, surtout actuellement quand on sait qui est réellement derrière l’effondrement de l’Église du Christ.

    "De son rapport au corps, quelle philosophie propose-t-il ?"

    Je l’ai expliqué plus haut.

    "Faut-il souffrir pour bien vivre ?"

    Tout comme le christianisme, qui représente son dieu mort et cloué sur une croix après une longue agonie, tout comme Schopenhauer dans l’essentiel de sa philosophie morale, tout comme les philosophies de l’Inde et de l’Antiquité... Nietzsche est conscient que de toutes les substances constituant le monde il y en a une que nous ne pourrons jamais éviter, la souffrance, et que donc il faut faire avec. Ni Nietzsche, ni Schopenhauer, ni le Christ, ni Bouddha... nous disent que nous devons souffrir, il nous disent que nous allons souffrir et mourir physiquement qu’on le veuille ou pas. L’un de ces quatre hommes que j’ai mentionnés a dit à ce sujet "je suis le chemin, la vérité et la vie". À nous de comprendre, 2000 ans plus tard, ce qu’il a réellement voulu dire.

     

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    • #2695264
      Le 28 mars à 14:47 par La souffrance fait partie du droit chemin
      Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

      Les prophètes sont dans la Tradition, ceux qui ont le plus souffert ici bas.
      La souffrance est la condition sinequanone de la lutte contre l’inertie de l’insouciance commune.
      Vivre en vérité ici bas, c’est vivre dans le soucis constant de bien faire pour soi et pour les autres. Et vivre dans le soucis de bien faire dans un monde ou la majorité fera toujours plus de mal que de bien, c’est une obligatoire souffrance, un combat contre soi même et l’inertie du laissé allé inérante aux faiblesses de l’âme concupiscente.
      Dans le sport ou les arts martiaux, on résume aujourd’hui cette réalité à "no pain no gain".
      C’est vrai aussi pour le salut de l’âme.

       
  • #2694820
    Le 27 mars à 19:09 par Marcel Prout
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    La seule pensée que j’ai retenue de Nietzsche c’est : "quand un mur délabré menace de s’effondrer faut pas le retenir, faut le pousser" ! A part ça, ce type est illisible !

     

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  • #2695517
    Le 28 mars à 23:01 par anymosa
    Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

    il cherche à récuser la doctrine du libre-arbitre
    mais pour la remplacer par quoi ?
    celle celle du déterminisme (ou fatalisme), qui affirme que la volonté serait déterminée dans chacun de ses actes par des « forces » qui l’y nécessitent ... a l’image des bêtes en sommes, les animaux restant déterminés a l’inverse des hommes qui malheureusement peuvent le devenir

    si le péché est l’œuvre des âmes et que celles-ci sont créées par Dieu, comment Dieu n’en serait-il pas, in fine, l’auteur ?
    St Augustin répond sans équivoque que « Dieu a conféré à sa créature, avec le libre arbitre, la capacité de mal agir, et par-là même, la responsabilité du péché

    ainsi, il est nécessaire que l’homme puisse disposer d’un libre arbitre, par le fait même qu’il soit doué de raison » (ibidem) contrairement à l’animal qui n’a pas de raison
    choisir, c’est toujours se déterminer par l’intelligence ( la raison ) , entre deux ou plusieurs possibles dont la possibilité n’est pas posée par l’acte de la seule raison , c’est donc être libre
    c’est donc en obéissant a sa conscience que l’on accède à cette liberté et non pas en se vautrant dans un déterminisme imposé ou choisit

    il n’y a pas de responsabilité individuelle vis-à-vis de ses instincts .... et cela s’est révélé être le cas en de multiples occasions depuis décembre 2018 sauf pour un boxeur, Dettinger

    « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort », cela ne vaut que pour illustrer le blabla des minets évoquant la cicatrisation de leurs blessures narcissiques passées, la nuit tombée autours du feu de camps
    aujourd’hui dans les champs du réel, ce qui ne tue pas donne la permission de le faire, avec du rivotril par exemple

     

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