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Ombres chinoises sur l’investiture de Donald Trump

Le nouveau président n’aura pas attendu son investiture officielle pour projeter la rivalité sino-américaine sur le devant de la scène planétaire. Certains observateurs attribuent les diatribes anti-chinoises de Donald Trump à son amateurisme supposé, mais c’est une lourde erreur d’analyse. Elles relèvent en réalité d’une stratégie délibérée, que préfiguraient largement les critiques incessantes adressées à la mondialisation et au libre-échange, durant sa campagne, par le candidat républicain.

 

Habilement, mais en surestimant sans doute la capacité américaine à peser sur Pékin, M.Trump utilise la pomme de discorde taïwanaise pour faire monter les enchères de l’empoignade future sur les relations commerciales. En prenant au téléphone la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, il a allumé dès le mois de décembre un incendie diplomatique dont il alimente soigneusement le brasier. Pour ceux qui n’auraient pas compris, il a déclaré qu’il n’appartenait pas à Pékin de lui dicter sa conduite, et qu’il ne voyait pas pourquoi il devrait respecter le principe de la « Chine unique ».

Cette mise en cause d’un principe intangible de la diplomatie américaine depuis 1979 n’est pas anodine. La République populaire de Chine avait exigé la reconnaissance de ce principe par tout État désireux d’entretenir avec elle des relations diplomatiques. On ne saurait reprocher à la position chinoise son manque de clarté. Elle consiste à dire : vous êtes libres d’avoir ou non des relations avec nous, mais si c’est le cas, vous ne pouvez pas simultanément en avoir avec un État que nous ne reconnaissons pas, car cette île appartient à notre nation et y reviendra un jour.

Politiquement séparée du continent depuis 1949, cette « République de Chine » fut fondée par Tchang-Kaï-Chek, en désespoir de cause, suite à la déroute et à l’exil des troupes nationalistes face aux forces communistes. Allié de Washington, l’État insulaire a longtemps bénéficié d’un statut exorbitant en faisant partie, jusqu’en 1971, des membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU. Puis il fut poliment éconduit lorsque la République populaire de Chine, enfin reconnue à sa juste valeur, l’a remplacé dans les instances internationales, la visite de Richard Nixon à Pékin en 1972 ayant sanctionné cette nouvelle donne géopolitique.

Comme un éléphant républicain dans un magasin de porcelaine chinoise, Donald Trump pulvérise le credo fondateur de la normalisation sino-américaine. Ce n’est pas rien. Les Chinois, manifestement, prennent l’affaire au sérieux. « Qui que ce soit et quels que soient les objectifs recherchés, si quelqu’un tente de violer le principe de la Chine unique, ou a l’illusion de pouvoir s’en servir comme levier commercial, il fera face à l’opposition générale du gouvernement et du peuple chinois », a déclaré, le 16 janvier, le ministère chinois des Affaires étrangères.

Taïwan contre le libre-échange, le détroit de Formose contre les barrières douanières, les grandes manœuvres commencent ! C’est cocasse. Au moment où la surenchère pro-taïwanaise de Donald Trump exaspère Pékin, le président chinois, au sommet de Davos, bat en brèche les imprécations du futur locataire de la Maison-Blanche contre la mondialisation. « Nous devons dire non au protectionnisme, car il est impossible de stopper les échanges de capitaux, de technologies et de produits », a martelé Xi Jinping, visant implicitement le futur président américain et ses menaces de barrières douanières (AFP, 18/01).

Que le président chinois se fasse le chantre du libre-échange alors même que son pays multiplie les entraves à l’ouverture de ses propres marchés, évidemment, n’échappe à personne. Libre-échangiste côté cour et protectionniste côté jardin, Pékin joue sur tous les tableaux. Dans le monde impitoyable du capitalisme mondialisé, il faut croire que c’est la recette du succès. Mais les USA et la Chine ne sont pas exactement logés à la même enseigne. Les USA sont le premier importateur mondial, tandis que la Chine est le premier exportateur mondial.

Le « rêve américain » a désormais des allures de cauchemar. Sur trois ouvriers des années 70, le premier a été remplacé par un robot, le second par un ouvrier chinois, et le troisième redoute de finir comme les deux précédents. La part des USA dans le PIB mondial régresse. En 2025, la Chine pèsera 21 %, les USA 16 %. En 2050, la Chine pèsera 33 % et les USA .. 9 %. La roue tourne, inexorablement. Les ombres chinoises obscurcissent l’horizon. Elles planent déjà sur l’investiture du futur président, elles modèlent sa politique étrangère. Pour tenter de conjurer ce déclin annoncé, la nouvelle administration devra probablement engager un bras de fer dont l’issue est incertaine.

Bruno Guigue, le 18 janvier 2017

Approfondir le sujet avec Kontre Kulture :

Bruno Guigue, sur E&R :

 
 



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13 Commentaires

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  • #1646291

    La Chine semble bien developpee, avec ses building de 100 etages, ses routes a 8 voies, ses fabriques enormes... mais tout ceci est a la merci d’une production sans transfer technologique hors mains d’oeuvre docile ! La Chine d’aujoud’hui, c’est une Renault 4L avec jantes larges alu, phares LED/Xeon, et silencieux petaradant a exces face a une lourde mais performante Tesla S60 : 2 Mondes differents, separes par un ocean de droits a la propriete intelectuelle ( software, vol de technologie sensible, copies ...etc). La Chine est incapable de copier les plus basic prouesses aeronautique Russe, et loin derriere la Coree du Sud, pour pretendre a une place d’honneur au mepris de l’avancee USA ou meme la discrete Japonaise ! La Chine est un gros bluff, necessaire aux Rosthshild pour mieux asservir les masses productives, est agitee par le bras comme une marionette du Guignole ! Seul cas, ou l’industrie Chinoise fait de l’ombre a l’Occident/Japon : le train a grande vitesse... technologie volee a TGV/Alstom & Shinkansen via un camouflage savant/complice de l’Allemand Siemens (+20.000 engenieurs sous control germanique a Canton/Guanghzou), solidarite European/Atlantic oblige ! Beijing/PCC craint davantage l’implosion du systeme corronpu, sous l’effet d’une revolte destructrice (population pauvre +1.000.000.000), plutot qu’un Trump de passage (4ans), voulant proteger ses billes !

     

  • #1646308
    le 19/01/2017 par Aymard de Chartres
    Ombres chinoises sur l’investiture de Donald Trump

    L’élite chinoise est du côté obscur de la force. Il existe un pacte par lequel l’élite chinoise a fait entrer la chine dans le giron de la prédation mondialiste.

     

  • #1646314

    Depuis quelque temps, je partage mon point de vue que l’Amérique s’en prenait à la Russie – par l’entremise de l’Ukraine et de la Syrie, pour leur situation géographique stratégique et les ressources – en estimant sans doute qu’il fallait tenter de neutraliser le développement d’un « maillon faible » et défendre le pétrodollar.
    Or, c’est l’exacte contraire qui se passa, la Russie se trouvant considérablement renforcée, et l’Europe affaiblie plus que jamais.
    Trump menaçant d’en finir avec l’OTAN, les dirigeants européens ont donc misé sur le mauvais cheval en faisant le choix imbécile d’imposer des sanctions à la Russie qui est une partie très importante du continent européen. Cette faute aura une portée encore difficile à estimer. J’écrivais aussi que l’ennemi véritable des USA est la Chine.

     

  • #1646328

    Les mondialistes ont fait de la Chine la grande gagnante de la mondialisation. Les mondialistes vont essayer de faire de la Chine un golem colossale au service du mondialisme. Ils espèrent pouvoir contrer la monter des mouvement néo-nationaliste en instrumentalisant la super puissance chinoise. Si Trump fait preuve de finesse il pourra aisément contrer cette stratégie. Mais il faut, répétons-le, qu’il fasse preuve de finesse et qu’il ne la joue pas cow-boy ! Avec les Chinois l’arrogance et l’intimidation cela ne marche pas ! On n’a pas à faire à des chefs de tribus d’une république bananière d’Afrique subsaharienne mais à une grande nation qui a su relever tous les défis qui se sont imposés à elle pendant plusieurs millénaires !

     

    • #1646410
      le 19/01/2017 par Aymard de Chartres
      Ombres chinoises sur l’investiture de Donald Trump

      Quel mépris pour les africains qui n’ont rien demandé, mais qui en prennent plein la gueule en toute circonstance et situation, quoi qu’il fasse ou pas, disent ou pas.

      Cette analyse où les poncifs forment le véhicule de la pensée est à la fois sommaire et superficielle et ne relève en aucun cas d’un véritable travail intellectuel ou d’une réflexion posée et fondée sur des éléments d’appréciation concrets ou tangibles.

      La Chine est de toute évidence un état qui compte, notamment par sa démographie riche et inépuisable et sa civilisation remontant aux grandes et nombreuses dynasties qui sont à l’origine de son unité et de sa configuration administrative et politique que le communisme bourgeois, en dernier ressort, n’a pu modifier de son empreinte dogmatique.

      Le communisme chinois est perçu comme un modèle du genre par David Rockefeller et l’ensemble du corpus mondialiste.

      Les élites chinoises en vogue sont de la même veine que les élites européennes acquises à la version unipolaire de l’organisation politique internationale de l’humanité.

      La susceptibilité africaine ou européenne n’a rien à envier à la susceptibilité chinoise, l’essentiel étant dans la manière d’aborder les relations diplomatiques et humaines.

      La corruption qui touche les âmes et dénature les rapports humains produit des effets nocifs identiques en Chine, en Europe ou en Afrique, hormis le nombre de victimes qui dépend notamment de variables proportionnelles à la population, étant entendu que la corruption dont s’agit concerne en premier lieu les structures administratives, politiques et économiques.

      Si les cultures et références sociétales varient et diffèrent entre les civilisations, le fonds commun demeure invariablement lorsque les intérêts personnels entrent en ligne de compte.


  • #1646375
    le 19/01/2017 par The Médiavengers
    Ombres chinoises sur l’investiture de Donald Trump

    La mondialisation, tout le monde veut en croquer, mais personne n’est prêt à payer les vases Mings cassés.
    On voit bien que les partenariats sans frontières n’existent pas. Les chantres du libéralisme exacerbent leur lutte concurrentielle sans merci.
    Le monde ouvert, les bisous n’ont jamais existé et n’existera jamais, à quelque niveau que se soit. Pipeau de A à Z.
    Quant à la Chine pesant 33% du PIB mondial et les USA 9%, je ne vois qu’une raison à cette affirmation grotesque : l’effondrement total et définitif de l’Empire Atlantiste. Sinon, cela voudrait dire qu’on est reparti pour 30 ans de croissance.
    Et moi je pense que Père-Noël existe réellement...


  • Si on y reflechit bien meme pour la Chine ,’election de Trump peut etre une chance si demain les Usa n’accepte plus la camelote Chinoise ses derniers n’auront pas d’autres choix que de se recentrer sur leurs marché interieur (la classe moyenne en CHine ne represente que 500 Millions de personnes, sa fait nous fait 2/3 des chinois qui crevent la dalle.


  • #1646550

    La Chine a un problème, et l’Inde aura le même problème. Plus d’un milliard de personnes à gérer. Faut qu’ils mangent, se logent et travaillent, sinon c’est l’anarchie. Et les donneurs de leçons qui prétendent que la Chine est une dictature, imaginez ce milliard de Chinois avec autant de partis politiques qu’il est possible. cà serait le chaos. Concernant l’Inde, elle est encore indirectement sous emprise britannique. Ce qu’il faut surveiller en Inde, c’est la progression des castes qui se revendiquent de l’islam, car en face il y a des hindouistes farouchement opposés à cette religion, et aussi surveiller leur relation avec le pakistan (puissance nucléaire) et leurs différents sur le cachemir.


  • #1646837

    J’écoutais un discours de nationaliste russe sur youtube. Et, malgré l’opinion plutot favorable l de la chine et des chinois en France, en russie il y a une méfiance de voir cette alliance avec la chine comme l’unique possibilité de s’assurer dans le temps et l’espace face à l’oncle sam.
    Il apparait cependant que la Russie reste le plus neutre et le moins imperialiste du lot, malgré ce qu’en pensent les merdias.


  • Tchang Kai Tchek a ete deliberement trahi par la Gauche US, les memes Lefties criminels d’aujourd’hui bien sur ! qui voulait mettre les Communistes en place a Bei-Jing. C’est le fourbe Marshall (qui laissa son triste nom a un "plan") qui se chargea de cette putride besogne. Que l’on lise ou relise le Rapport du General germano -US Wedemeyer a ce sujet et aussi les memoires de Mme Tchang. C’est edifiant. Donc la politique de Trump est logique avec cette realite la qui a soigneusement ete tue au public non averti.