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Pascal Mancini : "On est en démocratie ou en dictature ?"

Le sprinter à nouveau interrogé sur ses clins d’œil à Dieudonné

Cinquième de la finale du 60 m des championnats d’Europe en salle, le Fribourgeois a raté son départ et le podium pour seulement deux centièmes. Il se console avec le record de Suisse (6’’60). Interview.

Prague, ville maudite pour les sprinters suisses. Comme la Bernoise Mujinga Kambudji, Pascal Mancini (25 ans) a manqué le podium du 60 m des championnats d’Europe en salle pour deux petits centièmes. Un starter un peu lent, une inattention au départ, là ou il est généralement le plus fort, et le Staviacois laissait filer la médaille qui lui tendait les bras. Un crève-cœur pour celui qui avait égalé le record de Suisse de Cédric Grand (6’’60) plus tôt en demi-finales. Joint par téléphone, Mancini ne masquait pas sa déception. Ce qui ne l’empêchera pas « d’aller faire la fête avec les autres athlètes »…

 

Pascal Mancini, quel sentiment prédomine : la fierté ou la déception ?

Je n’ai peut-être pas assez de recul, mais quand on loupe une médaille alors que, quelques heures plus tôt, on réussit le chrono pour faire 3e, il y a de quoi être déçu.

 

Des regrets ?

Malheureusement pour moi, le scénario de cette finale ne m’a pas aidé. Lors du premier départ, je me sentais hyper bien, j’étais gonflé à bloc, j’avais peut-être 6’’57, 6’’58 dans les jambes. Mais le starter n’a pas tiré, un concurrent (le Britannique Chijindu Ujah, n.d.l.r.) est parti et il a été disqualifié.

 

Et que s’est-il passé au deuxième départ ?

Même chose : j’ai attendu très longtemps que le coup de feu parte. Et c’est quand je me suis dit « mais le pistolet ne marche pas ? » que le starter a appuyé sur la gâchette. Conséquence, j’ai été à la ramasse durant toute la course. Il a fallu un tout petit instant d’inattention… C’est bête, car si le coup de feu était parti quelques dixièmes plus tôt, je serais sans doute rentré de Prague avec une médaille. Pff… Voilà, le 60 mètres, c’est comme ça : brutal, pas le droit à l’erreur. Si je cours à fond et que je finis 5e, pas de problème. Mais là, j’étais chaud-bouillant. Toutes les conditions étaient réunies pour que je réussisse quelque chose de grand, sauf le starter… Les autres n’ont pas été déstabilisés, moi si. Je ne peux donc m’en prendre qu’à moi-même.

 

Diriez-vous que vous êtes dans la forme de votre vie ?

(Il rigole). Oui, bon, peut-être. C’est ma première finale individuelle au niveau européen. C’est la preuve que j’ai fait de gros progrès.

 

Il paraît que vous avez hésité à vous rendre à Prague…

Ces derniers mois, j’ai sacrifié beaucoup de choses pour l’athlétisme, peut-être trop. Je pensais à ces championnats d’Europe jour et nuit. Il fallait que je lâche prise, mais je n’y arrivais pas. Physiquement, je n’étais pas au top non plus. Début janvier, j’ai perdu un peu de ma motivation, je me suis mal entraîné. Il a fallu que j’arrive aux championnats de Suisse, mi-février, pour retrouver un peu d’entrain. Ce résultat me prouve que je peux réussir quelque chose de bien alors que tout n’a pas été parfait. Je me réjouis pour la suite.

 

La suite, ce sont les championnats du monde de relais, début mai aux Bahamas ?

Oui. Pour les préparer, mais aussi pour préparer les Universiades et, si tout va bien avec le relais 4 x 100 helvétique, les championnats du monde, je pars le 22 mars en Afrique du Sud. J’y resterai jusqu’au 10 avril, après quoi je mettrai le cap vers la Zambie, chez Rolf Moujbani, l’un des meilleurs entraîneurs de sprint. Il est prévu que je revienne de Zambie le 25 avril et, le 28, je pars déjà pour les Bahamas.

 

En série, vous avez fait en levant le doigt vers le ciel une nouvelle allusion à Dieudonné, l’humoriste controversé (lire cet article à ce propos). Sur votre page Facebook, vous avez assorti la publication de la photo-finish d’un ananas, autre symbole des partisans de Dieudonné. L’été passé, après les championnats de Suisse de Frauenfeld où vous aviez fait une quenelle, la Fédération suisse vous avait convoqué pour demander des explications (lire cet article). Ne vous exposez-vous pas à une sanction ?

Si on ne peut plus lever le doigt quand on remporte une course, où va-t-on ? Bientôt, ceux qui voient le mal partout devront me mettre une camisole de force… On est où ? En démocratie ou en dictature ?

 

En démocratie. Mais ne nous faites pas croire que ce geste n’était pas connoté…

Je ne suis pas complètement idiot, enfin je le crois. Si Dieudonné était ce qui est écrit dans les médias, un raciste ou un antisémite, je n’agirais pas de la sorte. Ce n’est pas parce qu’on fait un « Au-dessus c’est l’soleil », et que ce geste a été créé par Dieudonné, que l’on est une personne affreuse. « Au-dessus c’est le soleil », c’est le top du top. Comme un dessert qu’aucun autre dessert ne pourrait égaler. Dans ce cas précis, ça voulait dire : « Je suis aux anges. » Sur la piste, je suis entier, vrai, c’est comme ça que je cours le plus vite. Il n’y a rien de mal dans ce que je fais.

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