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Le projet de réconciliation entre Damas et Ankara ou le retour à la realpolitik

La tentative de putsch contre le président turc Recep Tayyip Erdogan est intervenue dans un contexte où non seulement les discussions entre Turcs et Russes étaient déjà très avancées, mais à la suite du gage de bonne volonté donné par Ankara avant la tenue du sommet de l’OTAN à Varsovie.

 

Les révélations du quotidien libanais as-Safir sur une prochaine rencontre entre les présidents turc et syrien à Moscou ont pris une tournure polémique. Les doutes exprimés sur la fiabilité des informations et les réserves émises sur le revirement spectaculaire turc, en raison de ses implications sur l’issue de la crise syrienne, ne pèsent pas lourd face à l’observation des faits. Ceux-ci témoignent d’un changement en cours, officialisé par les déclarations turques en juin dernier. Le 2 septembre, le Premier ministre turc Binali Yildrim a affirmé à la télévision : « Nous avons normalisé nos relations avec la Russie et Israël. À présent, si Dieu le veut, la Turquie a pris une initiative sérieuse pour normaliser ses relations avec l’Égypte et la Syrie ».

Sans conteste, ces propos expriment un revirement sans précédent. Ankara est passé d’une posture intransigeante, appelant au départ immédiat du président syrien Bachar el-Assad, à une posture assumée de normalisation progressive avec la Syrie. Ce changement de fond dans la gestion turque de la crise syrienne est principalement lié à l’évolution de la donne interne en Turquie et la révision des options stratégiques depuis la tentative de putsch.

D’un côté, le renforcement de la capacité de nuisance des Kurdes en Turquie et leurs avancées significatives dans le nord de la Syrie ont constitué aux yeux des Turcs un danger imminent, les amenant à intensifier leur lutte contre cette menace dans un contexte d’affaiblissement de l’autorité de l’État. De l’autre, le coup d’État avorté, qui est passé au premier rang des préoccupations du président Erdogan, a entraîné une redéfinition des priorités et de nouveaux calculs politiques qui convergent avec les propositions avancées par Moscou pour un apaisement des tensions géopolitiques régionales. La dynamique interne reste donc un élément décisif pour comprendre la « rupture » et remettre en perspective ce changement.

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8 Commentaires

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  • dommage que l’information du quotidien libanais ait été démentie , hier, par le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov !..

    http://sana.sy/fr/?p=69046


  • #1550355

    cela ne change rien tant qu’il n’a pas fermé les bases américaines dans son pays point barre !


  • Erdogan s’est tout de même réveillé très, très, tard....
    Attendons la suite.


  • Hahaha, il ne faudrait peut-être pas oublier que même si la Turquie commence à tourner casaque sur l’échiquier géopolitique, elle soutient tout de même encore masse de rebelles islamistes opposés au gouvernement légitime de la Syrie...


  • Dans un contexte où les Etats-Unis et la Russie ,depuis le mois de décembre,s’entretiennent pour essayer de finaliser les préparatifs d’une rencontre à Genève entre l’opposition syrienne(expurgées de ces éléments takfiristes) et le gouvernement de Al- Assad, à laquelle les Kurdes étaient conviés avec l’assentiment des Grands et du gouvernement syrien, le rapprochement entre la Turquie et la Russie n’est que détail, anecdote !

    Toutes les manoeuvres de la Turquie sont destinées à écarter les Kurdes des tables des négociations en les remplaçant par "ses" propres groupes islamistes :d’où l’opération turque, assistée par l’ASL, sous couvert d’éradication de Daesh,dans le Nord de la Syrie , qui ressemble plus à une stratégie de communication en dorant la pilule de "son armée de Bourbaki" aux yeux de l’opinion mondiale,au détriment des Kurdes du YPG et du PYD, qu’à une lutte anti-Daesh ! Si la Turquie était réellement sincère dans sa volonté d’en finir avec l’Etat islamique, elle commencerait, comme dans le cadre de la fermeture du journal kurde "Ozgur Gundem",par interdire la parution du mensuel "Konstantiniyye’, magazine de l’Etat islamqiue édité en Turquie !

    Toutes ces théories fumeuses quant au "revirement géostratégique"de la Turquie, assénées pompeusement de la part des adeptes du "chevauchement de tigre", ne sont que la traduction de leur vacuité intellectuelle, de leur puérilité politique .

     

  • STOP ! quand vous dites "les kurdes" au groupe terroriste ! pas de division et aucun problème entre turque et kurde. faites bien la séparation entre les groupes terroriste PKK ou PYD et les kurdes merci !


  • Je suis très satisfait de cette réconciliation entre deux grand pays. Bravo Erdogan pour ce nouveau positionnement diplomatique.