Egalité et Réconciliation
https://www.egaliteetreconciliation.fr/
 
A A A
imprimer

"Chief happiness officer", responsable du bonheur au bureau

Le paternalisme est mort, vive le maternalisme !

Marie-Pierre, après une expérience douloureuse en entreprise qui l’a menée en « dépression », a compris que le moral était important pour les employés. Alors elle est devenue chief happiness officier, CHO (prononcez sihètcho), responsable du bonheur au bureau.

 

Pour cette CHO, il s’agit de faire du salarié « un véritable ambassadeur de la marque ». Même chez Cochonou ? À la chaîne chez Renault ? Sans crainte, elle avance que

« en améliorant la qualité de vie au travail du salarié, on le rend plus productif, on fait en sorte en fait qu’il soit beaucoup plus heureux de se lever chaque matin et en fait le fait d’être beaucoup plus heureux se se lever chaque matin pour aller travailler fait qu’il devient un ambassadeur parfait pour sa marque. »

 

Quelle est la méthode de Marie-Pierre pour produire des ambassadeurs parfaits ? Des « apéros chaque semaine » et beaucoup de « team building ». Le team building n’est pas la construction d’immeubles, ce que faisait par exemple Donald Trump avant de devenir le 45e président des États-Unis, mais une manière de rassembler les équipes.

 

 

Ça c’est marrant : alors que le capitalisme dans l’entreprise nous enjoint de ne voir en l’autre (employé) qu’un concurrent – voire un ennemi – et dans le client qu’une source de pognon – voire un connard à entuber – désormais il nous explique qu’il faut de la solidarité, du « lien social », de l’amour, car les employés ne sont pas heureux. Ben il fallait y penser avant, idiot de Kapital.

N’oublions pas « l’écoute active », précise Marie-Pierre, ce qui veut dire qu’il y a de l’écoute inactive, c’est-à-dire le foutage de gueule. C’est quand par exemple un employé se plaint de ses conditions de travail, ou de son salaire trop bas, ou de son burn out qui vient, et que son patron s’en fout parce qu’il y a 6 millions de remplaçants pas chers qui hennissent derrière.

C’est pas de chance pour Marie-Pierre que nous soyons tombés sur elle, elle ne mérite pas ça, mais les autres CHO ne sont pas mieux. On en a regardé une litanie, et tous sont aussi artificiels du point de vue humain. D’ailleurs, ils seraient avantageusement remplacés par des robots puisqu’ils ont les mêmes éléments de langage, tous aussi stériles les uns que les autres.

 

 

Bonheur obligatoire pour tous

Pourtant, les rapports humains sont importants dans l’entreprise, mais l’entreprise s’en fout : elle n’a pas d’états d’âme. Elle doit produire et vendre, et conserver, si possible, ses meilleurs éléments. Chez E&R, nous n’avons pas de CHO. Imaginez une gourgandine évoluant dans notre open space avec des mini-viennoiseries, une petite blague pour chacun, un tournoi de baby...

Non, E&R est une entreprise à l’ancienne, fonctionnant de manière féodale avec un chef tyrannique et une terreur diffuse. Rien ne remplace le fouet : l’entreprise n’est pas le lieu de l’amour (le lieu de l’amour c’est le lit), l’entreprise est le lieu de la compétition, de la guerre, de « la victoire ou la mort ». Mort sociale, s’entend.

 

 

Ensuite nous sommes entrés dans le Concept avec Stéphanie qui nous explique « comment vendre plus grâce aux quatre « P » du marketing »...

 

 

Perso, on n’a pas été plus loin car on avait déjà suffisamment rigolé au départ. En plus la vidéo est moche, la lumière mortuaire, le fond marronnasse, tout pour faire fuir la joie, pardon, la happiness.

 

JPEG - 68.2 ko
Extrait du magazine Society

 

Pour se faire une idée concrète du responsable du bonheur en entreprise, regardez le quotidien de Nathalie dont la technique secrète est imparable : « l’idée de proposer un petit déjeuner c’est d’arriver le matin avec le sourire, tout simplement ».
Attention à la syntaxe, quand même, une phrase bancale peut gêner la compréhension et générer des quiproquos qui peuvent faire baisser la productivité. Nath dispose aussi dans son arsenal du « tournoi de babyfoot » (à 2’39). La liesse qui s’empare des employés lorsqu’elle leur annonce la grande nouvelle est palpable. Pour le lundi matin nous proposons la partouze par services, histoire de déstresser le groupe, à la manière des bonobos.

 

 

Malheureusement, à 2’05, le DG annonce qu’une des fonctions de Nathalie est de rapporter (lui parle de « remonter » l’information). C’est-à-dire de balancer qui fait quoi, qui pense quoi, qui dit quoi, qui se sent comment, à la direction. Là on n’est plus dans Chief Happiness Officer mais Allo Balance Service.

 

L’œil de Moscou

Dès que la caméra sera coupée, cet espace aux rapports cool se transformera probablement à nouveau en petite jungle. D’ailleurs, il y a trop de femmes dans cette entreprise, la parité n’est pas respectée et ça déséquilibre les rapports humains. Un mec pour dix gonzesses, c’est injouable, c’est forcément la guerre. Le taux d’hormones H/F compte aussi.

Au fond, le CHO est là pour donner une bonne image de la boîte aux clients, une femme-sandwich qui pratique la publicité mensongère, qui bâtit un village Potemkine. Quand des dizaines de salariés de chez France Télécom se sont suicidés, où étaient les CHO ? C’est bien de s’occuper des rapports affectifs, mais les rapports sociaux méritent des intervenants plus solides.

« Les salariés m’appelle maman, la mamie, tata, la licorne ou l’apporteuse d’amour » (Marie-Pierre à 4’13 dans la première vidéo)

On sent bien que le CHO inaugure un glissement vers la neutralisation des conflits entre classes dans l’entreprise. Le CHO est le nouveau syndicaliste pro-direction qui n’est pas là pour résoudre les conflits, mais pour les dissoudre dans un sirop maternel, un rôle confirmé par les intéressées. C’est pas pour rien que l’écrasante majorité des CHO sont des femmes. Le paternalisme est mort, vive le maternalisme !

La direction, elle, reste masculine. On rappelle à tout ce petit monde des startups que le conflit est créateur... Rien d’étonnant à ce que cette mode vienne des USA, où social est un gros mot. L’idée d’intimiser les rapports sociaux correspond parfaitement à la société libérale libertaire. Mais déjà, dans la nouvelle économie, les nouveaux employés prennent conscience de la « nouvelle » exploitation...

 

Pour donner quelques idées aux CHO qui manqueraient d’imagination, voici un extrait de Paradis pour tous (1982) avec Patrick Dewaere :

 


 

Vous êtes entrepreneur ou particulier et souhaitez faire partie d’un réseau d’entraide pour faire face à la crise ? Rejoignez Solid’E&R, le premier espace d’annonces du Réseau d’économie solidaire créé par E&R. Pour cela, il vous suffit d’être adhérent de l’association (merci de rentrer votre identifiant et votre mot de passe d’adhérent pour accéder à Solid’E&R) :

Pour en savoir plus sur le Réseau d’économie solidaire :

Le capitalisme a fait de la société civile une immense entreprise
avec une hiérarchie impitoyable,
lire sur Kontre Kulture

 

 



Article ancien.
Les commentaires sont désactivés



Alerter

49 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

  • Heureusement que vous avez mis les moments où regarder, je n’aurai pas su me taper tout ça et en effet j’ai bien ri aussi.
    quand est-ce que ces gens vont comprendre qu’ils sont dans une pathologie de l’image d’eux même, Franc maçons et féministes même combat.


  • Paradis pour tous est un film français réalisé par Alain Jessua sorti en 1982

    « Alain Durieux est dépressif. Il consulte le docteur Valois qui lui prescrit une nouvelle thérapie née de ses recherches : le « flashage ». Il s’agit, pour tout résumer, de ’ couper le nerf de l’émotion ’. Durieux renaît à la vie, une vie toute rose dont il ne perçoit définitivement plus la moindre grisaille. Un monstre est né autour duquel le malheur fait la ronde. On apprend bientôt que les " flashés " sont assez pour former une communauté, leur bonheur radieux fait des envieux. Les postulants sont désormais innombrables. Valois mesure l’horreur de son invention. Lâchement, il choisit de se flasher aussi. L’épouse de Durieux devra y passer à son tour. Durieux, victime d’un accident, ne quittera plus son fauteuil roulant ultra perfectionné mais roulera mieux encore leur ménage à trois dans une félicité immuable, la tête vide de toute angoisse, de tout doute, de toute sensibilité. »

    Paradis pour tous est le dernier film de Patrick Dewaere, qui met fin à ses jours le 16 juillet 1982, soit un mois avant la sortie du film

    Plus belle la vie .....


  • Cher CHO,Y a un truc tout con pour le moral des travailleurs, c’est de bons salaires avec des conditions de travail ou on se ruine pas la santé...


  • Travailler pour gagner et faire gagner de l’argent pour acheter du pouvoir matériel est une souffrance lorsqu’on regarde par le hublot de l’autre vie celle qui nous fait courir joyeusement à la pauvreté c’est à dire la liberté d’être pauvre dans la richesse que de vouloir la désirer pleinement soit : ne plus appartenir à l’ aliénation de l’argent ! l’argent ne peut qu’acheter. Je suis pauvre mais j’ai plus qu’il n’en faut , j’ai tout en une seule fois ce qui est vite remplie sinon la vie prend trop de place, avec quoi remplit-on nos vies ? de l’argent donc du vide ! moi je suis plus du ciel donc ça facilite ! vive la dé consommation pour être plus clair !

     

    • En effet dit comme ça c’est très clair.


    • Entièrement d’accord, cette dame parle de son métier au début du reportage avec un débit de mots vitesse grand V, c’est comme si elle voulait éviter qu’on réfléchisse à ses paroles.
      Ce genre de management ne sert qu’à justifier les pressions, soi disant avec ses méthodes elles deviendraient plus supportables, en attendant elle se planque de sa dépression, rien d’autre. Comme vous dites, chaque matin je ne me lève pas pour travailler, le travail c’est une valeur noble, mais pour gagner de l’argent, un moyen d’être chaque matin obliger de me lever, ce qui n’aurait pas été le cas pour le travail, à moins d’une obligation comme un éleveur par exemple. Bonne journée.


  • J’ai terminé ma carrière dans une boîte amerloque, en étant très mal vu. À une nana des burlingues, qui était venue m’emmerder sur mon tour conventionnel, pour que je participe à... MOVEMBER (un truc où il est question de moustaches) j’ai répondu : "Est-ce que je m’occupe de ta touffe, moi ?" (Authentique !)

    Ça est "remonté" à la Direction, qui m’a fait part de sa désapprobation totale. Voilà à quoi on passe son temps, dans les entreprises, avant de déplorer cette foutue crise qui plombe les affaires...

    Cela fait des années que toutes sortes de parasites gangrènent le monde du travail. Cela va de l’ergothérapeute qui se fait payer un max, pour venir nous expliquer le meilleur moyen d’empoigner un marteau, aux charlatans qui tripotent nos neurones à des fins qui ne sont pas celles annoncées. Je suis heureux d’en avoir terminé avec ces asiles d’aliénés, voire ces sectes, que sont devenues la plupart des boîtes...

     

    • Excellent d avoir rétorqué ça à cette idiote utile !!! C était vraiment à mourir de rire votre commentaire. Merci pour ce moment.
      Je deviens sarcastique au travail quand j entends ces événements festifs (teambulding, pot, after, journées internationales, auberge espagnole, etc.).
      Tout comme vous, lorsque je suis excédée par des idioties, je balance également ce genre de propos pour déstabiliser la personne.
      Je suis mal vue dans ma boîte car je ne participe plus à rien. Même le déjeuner du midi, il ne me faut aucune tronche devant mon plat fait MAISON (ben oui, ce sont des fans du sandwich immonde de la cantine).
      On passe déjà trop de temps avec ses collègues, alors non à ces poudres aux yeux. De toutes façons, cette "bienveillance" est calculée, pis, y a un côté indic dissimulé de ces dames qui me paralyse même.


  • #1888061

    Ces boites américanisées ont surtout besoin d’un CSO (Cheif Stupidity Officer) et il aura du boulot !

    Le CHO est d’origine américaine, car les Ressources Humaines n’existent pas aux USA. En effet les RH sont un concept exclusivement français.

    Le CHO est en France un palliatif, voir un substrat à la carence des RH dans les boites qui adoptent un management à l’américaine.

    Aujourd’hui les RH sont là pour vous faire signer votre contrat de travail et vous envoyer votre lettre d’entretien de licenciement. Entre les 2 il y a juste la gestion de la paye.

    Il y a 40 ans les RH avaient aussi pour mission d’accompagner la carrière de l’employé en faisant en sorte qu’il se sente bien dans l’entreprise. L’ouvrier ou l’employé allait donc s’épancher sur l’épaule du "chef du personnel" puisque c’est comme cela qu’on les appelait.

    Dans le dur, la RH avait son importance car elle devait négocier avec les syndicats ou le représentant du comité d’entreprise. Tout cela n’existe plus maintenant avec presque 10 millions de chômeurs qui peuvent prendre votre place, le conflit s’est déplacé ailleurs, à l’extérieur de l’entreprise, la grève est devenue un concept éculé.

    Le CHO c’est de la prestation sociale RH américanisée adaptée à l’entreprise moderne. C’est donc une coquille vide qui donne l’illusion d’un accompagnement du salarié alors qu’il n’y a aucun développement du plan de carrière ni écoute et négociation des revendications salariales.

    De la sorte on fini de vider de son sens le rôle initial dévolu aux RH, c’est la consécration de l’ultra-libéralisme à l’anglo saxonne dans l’entreprise française.

    Le salarié Kleenex, remplaçable, devenu simple outil dans un rapport déshumanisé au travail aujourd’hui temporaire, doit continuer d’assurer une cadence de production sans remettre en cause le système de production et sans contester sa misérable condition de tâcheron (utilisé temporairement à la tâche sans possibilité d’évolution et sans garantie du droit de travail désossé). Donc la société du spectacle va lui donner une illusion de bonheur au travail pour le maintenir dans sa condition réelle d’esclave.

    Son temps de vie dans l’entreprise est limité (CDI) à sa tâche. Nul besoin de le prendre réellement dans la durée en considération. Donc en attendant la fin de sa mission et sa sortie sans indemnités, on s’assure qu’il travaille efficacement car sans aucune motivation d’avenir ni d’élévation de sa condition il négligera sa tâche.

    Plus orwellien tu meures.

     

  • Apero, teambuilding... On parle de tout sauf du sauf du salaire. Si j’étais monteur chez Renault et qu’une poufiasse mieux payée que moi vient m’expliquer qu’il faut que je crée du lien social je pense que je lui expliquerai le principe du travail effectif et des métiers parasitaires sous perfusion de ma force de travail.


  • Ca me fait penser à une émission de fréderic lopez, en terre inconnue avec adriana karembeu qui tentait d’expliquer quel était son "métier" à ses hôtes qui ont une vie à mille lieues de la sienne et qui en ce qui me concerne m’a encore fait plus prendre conscience de la connerie de cette société, de ces "métiers" en carton ... je vois ces "CHO" essayer d’expliquer "leur métier" aux indiens d’amazonie ou aux fiers cavaliers mongols. J’éteins mon ordi, je file vers la vraie vie, marcher en forêt ramasser des champignons.


  • #1888129
    le 27/01/2018 par Aiguiseur de guillotines
    "Chief happiness officer", responsable du bonheur au bureau

    Des métiers d’branleurs.


  • travail vient du mot torture en latin.....tripalarie ,torturer avec le tripalium.Et cette béquasse d’ou vient elle ?


  • N’a-t-il pas été démontré que la culture d’entreprise ne fonctionne pas ?
    Les deux choses essentielles pour améliorer les conditions de travail sont, la considération d’un salaire décent et le respect de l’individu en tant que tel (et pas en terme d’heures de travail).
    Mais cela peut-il ếtre compris par des ultra capitalistes ? ....ou des gens de gauche...
    La est la question.
    En tout cas, celle la elle a 30 ans de retard avec ces théories de sac à pain.


  • #1888140

    Humiliation des hommes !
    Mais on peut la refuser si on n’est pas encore castré, et envoyer balader celle qui vous donne des ordres ! (au nom de quoi ?!)
    Mais çà vous retombera dessus automatiquement.
    Vous devez avoir honte de votre virilité, alors qu’il faudrait en être fier ! Sinon comment votre femme, votre soeur, votre mère, va pouvoir être fière de vous ?

    Je vous signale qu’on ne sort pas de la perversion (forcément) narcissique, mais que cette fois le sadisme et tourné en masochisme : l’acceptation d’être dominer par une femme - disons une connasse pour pas faire d’amalgame.
    Ajoutez à çà la loi travail, normalement il devrait y avoir des réactions (des hommes - puisque pour ces femmes c’est le paradis).


  • Je ne comprenais pas bien l’intérêt du patron de la boîte à payer Marie-Pierre, pas vraiment folichonne pour le moral, une dépressive en plus, et je n’ai compris qu’à la fin. Mais oui c’est la fliquette.
    Je crois qu’on n’a pas trop le droit de surveiller les employés par l’électronque. Que font-ils derrière le dos des chefs ? Papoter ? Lire leurs mails perso ? Critiquer le patron, les collègues ? Raconter leur nuit torride ? Tout cela est une perte de productivité, d’argent donc.
    Alors apparaît Marie-Pierre, présentée comme donneuse de bonheur. Un bonheur bébé (manger des gâteaux, s’épancher sur le sein de M-P, quêter son approbation, recevoir ses conseils maternants, pleurer, renifler). Le jeune type en devient fayot. La fabrique de fayots, après la fabrique de crétins.
    En fait, sous la plage, les pavés. Elle enregistre, la Marie-Pierre, en toute légalité. Et régurgite. Voilà sa fonction.


  • "On fait un petit bac de la débauche ..."
    Moi, l’employeur pour lequel j’ai transpiré durant plusieurs décennies s’appelait la Legion Etrangere ...Je n’ai donc pas une vision très pointue du monde de l’entreprise, surtout de ce genre d’entreprise .Mais parmi les idioties des CHO, certaines me paraissent tout à fait propres à envoyer leur auteur devant un juge d’instruction , au passage je pense à ce petit bac sur les positions du kamasutra...qui peut vite tourner au harcèlement , ou sur les marques de clopes , qui tombe sous le coup de la loi EVIN.Et la cerise , c’est le petit apéro hebdomadaire ...à moins de le limiter à l’eau ferrugineuse et au champomy...ce genre d"initiative qui consiste à picoler au bureau peut avoir des conséquences très intéressantes pour le CHO et son employeur si l’un des protagonistes a un carton en voiture en rentrant chez lui .Le CHO est vraiment la quintescence du bobo, inutile et dangereux !

     

    • Respect pour vos années de service à la Légion étrangère. C’est l’honneur de E&R d’avoir des gens comme vous parmi ses lecteurs (adhérents ?).
      J’avais 20 ans ; juste assez d’argent pour un billet pour la France, direction centre de recrutement de la Légion, ou un billet sans retour pour les USA. Lâchement j’ai choisi les USA. Je le regrette encore.


  • De la même manière que la "responsabilité sociale des entreprises ou corporate social responsibility" est là pour masquer les saloperies que l’entreprise fait sur l’environnement naturel ou économique, le CHO est là pour masquer le "struggle for life" du salarié.

    Aujourd’hui, il faut accepter une fausse mise en compétition complètement biaisée entre salariés, biaisée car on est plus coopté pour des raisons diverses (même milieu social, amitié, sexe, envie de sexe, âge...) que promu au mérite.
    Il faut accepter faire semblant d’être un concurrent avec des qualités, des compétences, travaillant mieux ou pas que le voisin et à ce titre recevoir une augmentation, une promotion due à notre seul mérite, critère maître de la compétition. On peut alors se gargariser d’égo quand on est promu, et on doit être bon perdant quand d’autres le sont ou quand on est viré - avec le sourire s’il vous plaît. Dans le salariat aussi il y a du reseautage, des bras longs, le placard ou l’édredon pour une durée déterminée ou indéterminée.

    Le CHO c’est entériner le fait que la violence psychologique inouïe, qui résulte de cet ersatz de compétition, cette violence n’existe pas. Elle n’a jamais exister. Les malheureux qui extériorisent cette violence le font car ils ont un problème qui vient d’ailleurs, de leur vie familiale, une fragilité spécifique.

    On peut s’attendre à ce que bientôt il y aura de plus en plus de violence physique en entreprises et une violence de plus en plus folle (le CHO va engendré le CSK, le Corporate Serial Killer) qui sera durement réprimée ou durement ignorée s’il ne fait que se suicider car cette violence touche aux fondamentaux, le profit des entreprises, tout comme on réprime durement ceux qui aujourd’hui dénoncent les fondamentaux du système (mondialisme, oligarchie).

    Petits, on nous disait que le métier qu’on exercerait plus tard n’existait pas encore, et on imaginait, rêveurs, ce qu’on ferait. Mais le communisme n’a pas pris fin, ni sa police politique qui s’est mû dans l’entreprise et dont le CHO est une émanation, ni l’horreur désormais économique qui est en train de transformer les entreprises en goulag, les personnes en ignobles gnomes stipendiés pour avoir le droit d’acheter une maison et de se reproduire.

     

  • #1888179
    le 27/01/2018 par Michou, avec une majuscule
    "Chief happiness officer", responsable du bonheur au bureau

    Un cas à porter en CHSCT ce CHO...
    Elle doit produire plus de risques psycho-sociaux qu’elle n’en élimine (ou diminue).

    Avec des élus CHSCT intègres, pouvant démontrer la supercherie et l’impact de celle-ci, l’employeur, s’il est compétent, ne peut que revoir sa copie.


  • Obligation de sourire , d ’acquiescer avec enthousiasme surjoué , obligation de participer et de donner chaque fraction de pensée à l ’entreprise totalitaire sans la moindre échappée vers l ’ailleurs ,le rêve ; bref , l ’enfer ou les damnés ont le rictus aux lèvres .


  • #1888196

    Il faudrait plutôt se demander pourquoi tout ces salariés ne sont pas heureux au boulot ! Ne serai-ce pas à cause de la déconsidération des individus réduits à des statistiques dans la logique du profit sans limites avec des bas salaires ? Cette soumission à l’ordre marchand qui signifie abrutissement et dépravation sans limites avec destruction de toutes formes d’identités et de cultures, ne serait t’elle pas la cause de tout ces malheur, dépression et autres problèmes psychiques ?? Mais ça les globalistes ne feront jamais l’effort de se poser la question, trop contraire à leurs intérêts !


  • Je vais de ce pas montrer tout ça aux gars qui refont la route et les égouts devant chez moi, dans la boue, la merde, le froid, le bruit, les bagnoles qui klaxonnent.


  • #1888213

    Rien que la présence d’une personne déléguée au bien-être prouve que le bien-être n’est pas là.


  • #1888214
    le 27/01/2018 par Asociable exponentiel
    "Chief happiness officer", responsable du bonheur au bureau

    Tellement de choses à dire sur ce sujet...

    Je travaille dans la Fonction publique d’Etat, gros Ministère, et ce genre de conneries arrive. Déjà un constat : Dans ma sous-direction le boss et son adjoint sont des hommes, et TOUS les sous-fifres (chefs de section) sont des femmes. Faut faire un dessin ? Aux hommes le sérieux et les VRAIES responsabilités, aux femmes le relationnel avec le petit personnel.

    Autre chose : regardez bien la scène du ptit déj, cet air, ce ton, la syntaxe, on dirait des bébés qui se parlent c’est insupportable, j’ai ça à mon taf aussi. Je suis le seul à mon étage à refuser la bise le matin, on est pas copains et je mélange pas les genres. Bref c’est immaturité à tous les étages, et les femmes en sont responsables qu’on me prouve le contraire.
    Lors d’une de ces réunions "galette des rois" (quand ya de la bonne bouffe j’y vais, chuis français merde !) j’en pouvais plus d’entendre ces silences et des banalités genre les soldes ou l’hiver rigoureux, j’ai enchainé sur le cancer des réseaux sociaux dans notre société. 5mn après la sauterie était terminée.

    Résultat après 1 an et demi là-dedans je cherche à me casser au plus vite c’est invivable pour un homme "normal". L’argent ne fait pas tout.

     

  • #1888226

    Ils ne se rendent même pas compte qu’ils singent les pires dictatures communistes. L’avenir radieux, la novlangue, la manipulation et la surveillance. Elle n’est qu’un commissaire politique.
    Le capitalisme (le terme libéralisme est impropre puisque l’argent est au-dessus de toute liberté) détruit tout ce qui fait la naturalité (moi aussi je peux inventer des mots sympas) et la convivialité pour le remplacer par des mécaniques artificielles vouées à l’échec.
    Toutes ses singeries cherchent à masquer la baisse tendancielle du taux de profit et la faillite inéluctable su Système. A la limite, c’est bon signe. Arrivé à ce point, le précipice n’est plus très loin !


  • Le "team building" c’est de la foutaise.

    Ca consiste à faire des sorties ou apéros après les heures de travail, donc, pour quelqu’un qui a une famille, moins de temps à passer avec elle (forcément, si vous n’allez pas aux évenements "team building", vous êtes mal vu).

    Si vous voulez que vos employés soient heureux, diminuez leur horaire ou augmentez leur salaire. C’est aussi simple que ça.

     

    • #1888297

      S’il s’agit de gagner sa vie oui, mais s’il s’agit de vivre, c’est le salariat qu’il faut supprimer. Mais bon on va pas chipoter, faut déjà être content d’avoir un emploi, etc... alors si en plus on a les pains aux chocolat (méthode Haziza ?), alors là...


  • #1888273
    le 27/01/2018 par Grindsel Tirédunevi
    "Chief happiness officer", responsable du bonheur au bureau

    Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et le cynisme. Se préoccuper du bien-être de ses employé ne peut pas, par définition, être quelque chose de mauvais ! À moins de faire un procès d’intention. Les relations de travail sont un des éléments les plus délicats et déterminants d’une entreprise. Le travail restera toujours, par définition, pénible. Par contre on peut se demander si certaines entreprises font quelque chose qui n’a pas suffisamment de sens au départ.
    - Petite digression catho-tradi : cette "CHO" ferait une bonne mère de famille, ce qu’elle aurait de mieux à faire, plutôt qu’à perdre son temps dans une entreprise...


  • #1888314

    Donc si j’ai bien compris : celles et ceux qui ne vont pas au "pti dej’" du matin, qui ne veulent pas participer au tournoi de babyfoot, ou qui ne mange pas les sushis livrés par Resto In à midi, ont de fortes chances de se retrouver chez Pôle Emploi dans les six mois...

    Doux Jésus ! Ces gens là sont perdus. Les pauvres je les plains

    Rien ne vaut une PME à l’ancienne


  • #1888317

    Faudrait un bon " Manager de la connerie humaine " ...

    Mais qui voudrait d’un tel boulot ... même " Ingénieur en surface " est plus désirable !!!


  • Mon dieu que c’est mielleux ... J’entre l’année prochaine sur le marché du travail, j’espère réellement ne pas être confronté à ce genre de personnage et d’environnement bureaucrate. Seigneur.

     

    • Si si c’est ça ne vous faites aucune illusion, après 25 ans de travail de bureau dans le tertiaire je confirme ce système pue la mort, n’attendez aucune réconnaissance ou épanouissement dans votre travail tout ça vous le trouverez le cas échéant à l’extérieur si vous évitez de mettre les 2 pieds (1 seul suffira faut bien bouffer) dans ce système mortifère.
      Comme disait l’autre le néo management c’est une demande d’érection par des gens qui n’arrivent pas à bander, préparez vous le monde du travail c’est infantilisant comme l’école et raide comme à l’armée, avec un peu de distanciation on se marre quand même tellement c’est absurde et faux et avec un peu de chance au milieu des zombies-salariés-esclaves on en trouve certains qui ont pigé l’arnaque du truc, ça fait des rencontres intéressantes


  • "en améliorant la qualité de vie au travail du salarié, on le rend plus productif"
    Tout est dit, il s’agit d’augmenter la productivité..... et rien d’autre.
    Je ne sais pas pourquoi, mais d’emblée dans les entreprises où je travaillais, mon instinct me disait que ce genre de truc était une escroquerie. Je ne pouvais ni le formaliser, ni l’expliquer, mais je le sentais.
    Aujourd’hui, grâce à des rencontres, des lectures (notamment Francis Cousin), je comprend ce qui s’est passé. Ce genre de foutaise ne sert qu’à vous remettre sur les rails de l’aliénation et de la domestication. Et toujours avec le sourire, bien sûr.


  • "Chief happiness officer"
    Commence d’abord à parler français connasse !


  • Le dernier homme dira qu’il a inventé le bonheur.

    Notez bien qu’on y est pas encore exactement mais ça ne saurait plus beaucoup tarder maintenant...


  • La lecture de cet article est parfaitement en phase avec ce que l’on nous assène à longueur de journée à l’usine où je travaille. Je ne ferait pas de mystère sur le nom de ma boite : Renault Trucks !
    On a eu un séminaire (rien que le nom m’écœure) dans lequel notre chère direction a mis le paquet en terme de communication et autres joyeuseté du genre, pour finir en apothéose sur un concert où 1500 bourrin d’ouvrier se sont fait chier, pendant que nos chères et tendres cadres surpayés ont limite allumé les briquets.
    Cela fait longtemps que ce genre d’illusion me laisse de glace, mais pas chez les cadres et autres équipes de direction surpayés, dont les fonctions sont aussi floues que les objectifs plein de point suivis de lettres puis suivis de long discours creux et stériles.
    Notre directeur nous a fait un beau discours en nous exposant les 6 piliers qui allait faire de nous les acteurs d’une entreprise qui filait tout droit vers un avenir radieux où l’homme était au centre du projet et qu’il fallait que l’on deviennent des ambassadeur de la marque...... !
    La fin étant un tantinet caricaturale tout le reste est authentique, ainsi que le termes que l’on retrouve maintenant partout dans ce type de structure.
    Bref ce genre d’ingénierie neuro linguistique, tout droit sortie des fonds de tiroir de l’institut Tavistock est en train de gangréner tous les corps sociaux de notre beau pays et à vitesse grand V !


  • "Rien d’étonnant à ce que cette mode vienne des USA, où social est un gros mot. "

    C’est assez drôle que l’article se termine avec cette phrase... Lors de la première vidéo, la CHO parle de deux volets, "événementiel" et "social".

    Pour le social, il était évident pour moi d’améliorer la qualité de vie du salarié en ayant plus facilement accès à des services comme psychologue, avocat, avoir une meilleure mutuelle/ou une mieux adaptée en fonction de chacun...Des vrais truc sociaux quoi.

    Mais il semblerait que "social" signifie jouer au Baby-foot avec tes connards de collègue et prétendre que tout se passe bien avec eux...Ah.


  • Bienvenue chez les bisounours !

    Vous reprendrez bien un p’tit croissant ?


  • #1888590

    Et ça pour moi ça a été une vraie révélation :

    https://www.egaliteetreconciliation...


  • #1888727

    Dans mon domaine, la sécurité, et dans beaucoup d’autres comme l’hôtellerie ... nous n’avons pas droit aux petits déjeuners et autres léchouilles de ce genre.
    Nous ne sommes que la France qui se lève tôt !

    On souhaiterait surtout que nos employeurs respectent la loi comme, par exemple, le règlement de toutes nos heures effectuées et là on se sentirait mieux considéré.

    Prendre un abonnement auprès du tribunal des prud’homme est fatiguant surtout quand on voit le niveau et la durée des procédures ! (On te dissuade de revenir.)

    C’est beaucoup moins hypocrite comme système car tu l’as dans le fion dès le début !


  • c’est comme les bœufs auxquels on passe du classique dans l’étable, ça ne les empêche pas de se faire bouffer à la fin.


  • Moi ma qualité de vie au travail serait améliorée sans les collègues débiles et/ou égocentriques , le patron incompétent et une augmentation de salaire.


  • Dans le même genre on a aussi les coaches en tout genre qui pullulent... ou comment mettre du mercurochrome sur une jambe de bois quand le mal-être au travail demande des réponse structurelles et organisationnelles...

    Pour la vidéo avec la demoiselle des 4P, que dire... c’est nul, elle récite son texte, fait des blagues de lieux communs... si elle veut quelques conseils de communication et d’expression je peux l’aider si elle veut...

     

  • #1889564

    Ca ne donne pas envie de travailler en entreprise.


Commentaires suivants