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"Je veux gouverner le pays" : l’entretien de Jean-Luc Mélenchon pour Le 1

Cet entretien a été donné par le leader de La France insoumise à l’hebdomadaire Le 1 dirigé par Éric Fottorino, l’ancien directeur du Monde.

 

Jean-Luc Mélenchon, homme politique On vous présente comme le premier opposant de France. Quel est le sens, pour vous, du mot opposition ?

L’opposition ? Ce n’est qu’une étape vers la conquête du pouvoir. Du reste, quel mérite à être le premier opposant, quand les autres ne s’opposent pas ? Le PS est broyé. Il ne se relèvera pas avant un très long moment, s’il se relève un jour. Sa base sociale a disparu. Pas parce qu’elle est partie, mais parce qu’elle n’existe plus. Cette base, c’était la classe moyenne urbaine ascendante des années 1970. Monsieur faisait du jogging, madame de la bicyclette, et le gros chien blanc bondissait entre eux : c’est la pub pour le quartier des Pyramides à Évry, en 1980. Cette base sociale n’existe plus : la classe moyenne n’est plus ascendante, elle a peur du déclassement pour ses enfants, et elle a sombré dans le zapping consumériste. Donc le liant à partir duquel le PS assemblait les ouvriers et les ingénieurs s’est cassé.

Et il a choisi la fuite en avant dans l’illusion libérale des classes moyennes supérieures : c’est la cause profonde de son isolement quasi total. Mais ceux qui sont le plus en danger aujourd’hui, ce sont les partis de droite ! Ne sous-estimez pas Macron : quand il parle des « fainéants », il ne fait que reprendre le vocabulaire de la droite ras-du-bonnet ; c’est un signal de ralliement, il veut être le nouveau chef de la droite. Dans ce cas, le titre de premier opposant de France peut être suspect. Je ne veux pas d’une compétition dont je n’ai pas choisi les termes. Notre but, c’est de construire une majorité populaire autour de notre programme et de nous préparer à gouverner dans la révolution citoyenne. Il faut savoir choisir son terrain, s’y déployer et s’y tenir, sans se laisser entraîner dans des compétitions sans objet.

 

Justement, quel est pour vous le terrain de l’opposition : l’Assemblée, la rue ?

Les deux. Voyez comment nous avons agi contre les ordonnances. On nous prédisait cinq députés à l’Assemblée ; on est dix-sept. On forme un groupe avec des notes différentes, des nuances. Un groupe qui marche à la bonne franquette. Mais il dégage une énergie énorme et contagieuse !

 

Votre groupe comporte tout de même quelques fortes personnalités, de François Ruffin à Clémentine Autain. Comment cela se passe-t-il ?

Il faudrait leur demander leur ressenti ! Mais c’est simple entre nous. Il y a dix-sept têtes dures. On forme un groupe, pas une addition d’individus. Et j’ai un besoin total de les voir occuper le terrain. Plus il y a d’émetteurs du message, plus il se diffuse. Attention : ce sont de belles intelligences, et surtout des militants, avec souvent cinq ou dix ans d’expérience dans les bottes. Le petit Quatennens ne sort pas de l’œuf : certes, il n’a que 27 ans, mais il a une dizaine d’années d’expérience derrière lui.

 

Qu’en est-il de la rue ? Vos appels aux casserolades ou au million de manifestants sur les Champs-Élysées n’ont pas été franchement couronnés de succès…

Vous vous trompez ! Chaque jour, on avance. La conscience collective du grand nombre progresse. Nous apprenons à assumer notre rôle central. Par exemple, nous ne sommes pas tombés dans le piège de la compétition avec les syndicats. Mais qui d’autres que nous, en politique, est capable de telles mobilisations de masse ? Parfois, bien sûr, on prend des coups. On apprend. Le 23 septembre dernier, on a été naïfs. La marche a été un énorme succès, mais on n’a pas été bons sur le service après-vente. Castaner a monté une belle diversion avec l’histoire du peuple et des nazis. C’est dommage, car cela a limité notre impact médiatique. Notre tactique, c’est celle du bélier : frapper sans pause, en comptant que la muraille finira par tomber. On ne sait pas quand ! Il faut donc être endurant. Et avoir une stratégie de combat sur le long terme.

 

Quel va être le rôle des Insoumis dans les cinq années à venir ?

Le point de départ, c’est le livre L’Ère du peuple en 2014, la théorie de la révolution citoyenne. Et le programme L’Avenir en commun. La théorie, c’est : le peuple fait la révolution citoyenne. Toute la question est de savoir comment on définit le peuple et en quoi consiste son action.

Deux éléments ont jailli pour produire la théorie de la révolution citoyenne. Le premier, c’est l’épuisement de tous les modèles de la « vieille gauche » – en atteste l’effondrement de la social-démocratie européenne, qui a longtemps été ma famille politique, et du communisme d’État. Beaucoup vivent ça comme un incident de parcours. Pas moi. Un monde est mort ! Le second déclencheur, c’est la prise de conscience écologique.

L’entrée dans l’écologie politique m’a fait sortir du cadre théorique dans lequel j’étais en train de mourir sur pied. L’écologie politique ramène aux fondamentaux. Il y a des biens communs, un seul écosystème compatible avec la vie de notre espèce, et ils sont menacés. La thèse sociale-démocrate est donc morte à jamais, car elle suppose une correction progressive des inégalités par une répartition inégalitaire des produits de la croissance – le développement serait infini alors que la ressource est finie. Quant au communisme d’État, il fonctionne lui aussi sur une illusion productiviste, aggravée du fait qu’il est incapable de s’autocorriger parce qu’il n’y a pas de démocratie. Donc il fallait reformuler un corpus théorique cohérent : identifier l’acteur de l’histoire, ses méthodes d’action, le programme capable de le fédérer et la place particulière de la démocratie et de la conflictualité pour renverser le vieux monde et faire vivre le nouveau.

 

La France insoumise est-elle un parti ou un mouvement ?

C’est un mouvement. Nous ne voulons pas être un parti. Le parti, c’est l’outil de classe. Le mouvement est la forme organisée du peuple. L’idée, c’est d’articuler le mouvement, sa forme et son expression : le réseau. Je sais que ce n’est pas évident à comprendre pour les seniors de la politique qui trimballent leurs vieux scénarios des années soixante, mais le but du mouvement de la France insoumise n’est pas d’être démocratique mais collectif. Il refuse d’être clivant, il veut être inclusif. Ça n’a rien à voir avec la logique d’un parti. De plus, il doit être un organe utile. Alors les copains distribuent de la nourriture, vont chercher des vêtements, aident les gens à demander les prestations sociales auxquelles ils ont droit. Et pour le reste, le mouvement ne fait que des campagnes. Donc quand on nous demande où est la direction, ça peut vous paraître étrange, mais il n’y en a pas.

Nos observateurs sont enfermés dans une vision binaire opposant verticalité et horizontalité. Or le mouvement n’est ni vertical ni horizontal, il est gazeux. C’est-à- dire que les points se connectent de façon transversale : on peut avoir un bout de sommet, un bout de base, un bout de base qui devient un sommet… Pour le comprendre, il faut construire un nouvel imaginaire politique.

 

Et le concept d’Insoumis, d’où vient-il ?

Lui aussi est très travaillé. Au point de départ, l’idée était de trouver un mot qui dise deux choses en même temps : une action collective et un comportement individuel. Le mot insoumis est ce qui correspond le mieux à l’individuation des rapports sociaux de notre temps. Au début, l’idée c’était « rebelle ». Mais rebelle ne dit rien de celui qui l’est. Insoumis, ça nous ramène à la racine individuelle du combat pour l’émancipation. Je dis : l’insoumission est un nouvel humanisme. J’ai rattaché notre mouvement à ses racines très profondes : l’époque où l’obscurantisme religieux commence à desserrer ses mâchoires de fer et où émerge la Renaissance, et avec elle un désir de liberté de pensée et de liberté politique. L’insoumis, c’est un concept en travail. Le crayon à la main, je complète en ce moment la thèse de l’insoumission humaniste.

 

Dans le mouvement de la France insoumise, quel rôle joue Jean-Luc Mélenchon ?

Je sers de clé de voûte. Je laisse donc beaucoup les choses se faire toutes seules. C’est très anxiogène de bosser avec moi. Il n’y a pas de consigne, on ne sait pas ce que je veux. Moi je sais. Parfois, mais pas toujours. J’ai une foi totale dans la capacité autoorganisatrice de notre peuple. Ce n’est plus le même peuple que dans ma jeunesse, les gens sont très éduqués, ils ont moins de lectures communes, mais ils ont une ample culture partagée de vidéos, de films, de musiques. Tout le monde sait qui est Naomi Klein, tout le monde a vu son film La Stratégie du choc ; tout le monde a vu aussi, par exemple, les films Demain, La Sociale ou Divines. Donc le mouvement se construit sur une culture commune, et avec une capacité d’auto-instruction des masses humaines considérable.

 

Votre électorat est aujourd’hui principalement constitué de gens aux revenus limités, mais souvent très diplômés. Qu’avez-vous prévu pour parler au peuple sans diplôme ?

Moi. Vous pouvez vous identifier à moi. J’assume le refus de ce monde. Ne pas être diplômé ne veut pas dire ne pas avoir d’idées ou de savoirs. Mon comportement valide leur insoumission spontanée. Les personnes que je croise dans la rue, dans le bus, dans le métro, sentent d’instinct celui qui est « avec nous ». C’est important, dans une société, de gagner les gens à la fois par ce qu’ils ont dans la tête et par les affects. Le mécanisme libéral qui broie les classes sociales continue à alimenter nos rangs, pas ceux des autres. Si on avait une société qui permettait aux classes populaires de s’élever, de croire en l’avenir de leurs enfants, alors le point d’équilibre serait sans doute plus modéré. Ce n’est pas le cas. Dans les milieux populaires, on cherche surtout à prouver qu’on est un mouvement utile. On a repris l’idée de caravanes militantes, qui vont à la rencontre des gens, qui les renseignent sur les droits sociaux dont ils peuvent bénéficier, qui les inscrivent sur les listes électorales, qui amènent des écrivains publics et des équipes sanitaires, qui mènent la bataille contre les punaises de lit ! On ne peut plus aujourd’hui se contenter de mettre une pile de prospectus sur une table et d’attendre le chaland. Il faut créer les équipes de potes, aller faire du porte-à-porte, et surtout rester et discuter. On prépare la masse qui va agir. Ça prend du temps ! Il faut avoir la patience des bâtisseurs. Pas question de faire semblant. On ne se contente pas d’espérer faire juste 5 % pour permettre de rembourser les frais de campagne. Je veux fédérer une majorité populaire et gouverner le pays. La dernière campagne a été féconde : seuls contre tous les autres partis, nous avons dû continuellement trouver le moyen d’être compris par le grand nombre. Bien sûr, de temps à autre, on fait des rechutes. On écrit des tracts qui jargonnent. Mais, globalement, les mentalités avancent. Voyez la bataille sur le Code du travail : c’est une réforme complexe, difficile à comprendre. On a maintenu la flamme. Est-ce qu’on va réussir à l’empêcher ? C’est une situation ouverte. La politique est un art de la réalisation. Il ne suffit pas de savoir, il faut faire. Et, à un moment, tu fais et tout peut basculer.

 

Avec ces actions et la création du Média, un organe très proche de la France insoumise, reprenez-vous l’idée très communiste de création d’une forme de contre-société ?

Bien sûr. Le Média sera un espace culturel, ce qui signifie qu’il ne sera jamais « le » média du mouvement. Ça ne servirait à rien. J’ai déjà ma chaîne YouTube, et la plateforme des Insoumis compte cinq cent mille appuis. Il y a nos millions de tracts ! Le rôle du Média est de rendre possible et de structurer un espace culturel autonome de résistance et d’insoumission. Un espace culturel d’un type absolument nouveau, car il veut s’enraciner dans la francophonie. Donc il va s’alimenter aussi au Québec, dans le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Notre horizon n’est pas celui du village francofrançais ! Nous voyons grand pour agir en grand : la francophonie, troisième groupe de locuteurs au monde, c’est une bonne base. Je ne veux jouer aucun rôle dans la vie du Média. On a besoin de moi dans tellement d’autres secteurs moins bien lotis ! Il y a tellement d’autres initiatives sociétales. En ce moment, des copains réfléchissent à créer une organisation pour les enfants, sur le modèle des scouts, d’autres veulent créer des caravanes sanitaires… Le but numéro un du mouvement, c’est l’auto-organisation du peuple. C’est pour ça qu’on ne parle pas la même langue avec ceux qui me demandent : « Comment sera élue la direction du mouvement ? » On s’en fout comme de notre première chemise ! Le système multipolaire actuel nous convient. Qui fait attention au fait que toutes nos structures comportent une part de gens tirés au sort depuis le début ? Nous aurons bientôt une assemblée représentative du mouvement à moitié tirée au sort ! Nous engageons des révolutions radicales dans la manière d’organiser notre vie politique.

 

C’est ce qui vous rapproche d’un mouvement comme La République en marche ! Qu’est-ce qui vous en différencie ?

Le fond. Les outils sont souvent les mêmes mais, ensuite, tout diverge. Par exemple, eux ont une plateforme qui fonctionne bien, très professionnelle. Mais tout est soustraité à des entreprises qui ont des méthodes non politiques. En marche ! ne construit pas un mouvement de masse transversal ni une contre-société, ce n’est pas son sujet. Il est fondamentalement jupitérien. J’admets que, dans notre façon de faire, il y a aussi une dimension verticale. Mais elle n’est ni unique ni centrale.

 

Qu’est-ce qui vous a éloigné de votre ancien partenaire, le Parti communiste ?

Quand j’ai quitté le PS au bout de trente ans, je voyais que la formule des cartels de partis qui fusionnaient était dominante en Europe : c’était Die Linke en Allemagne, Synaspismós, devenu Syriza, en Grèce. Partout revient la même formule : une coalition devient un parti. Mais, en France on bute sur une difficulté imprévue. Nous étions pour un front de gauche et la direction du PCF est pour des fronts de gauche. Tout a mal tourné. J’étais devenu une machine à cash électoral, mais ils ne voulaient pas entendre parler d’une organisation qui se construise par l’ancrage populaire de masse. J’ai compris que si on continuait sur cette voie, on croupirait à 6 %. Sans oublier le noir opportunisme des alliances dans les élections locales sous prétexte de « rassemblement de la gauche ». La direction actuelle du PC a rendu illisible le « front de gauche ». Mais, sur le terrain, les militants communistes ont largement fait équipe avec nous contre la tambouille. Leur congrès a repris notre thèse de la « révolution citoyenne ». Et, en retirant nos candidats dans six circonscriptions, nous avons permis l’élection de plus de la moitié des députés communistes. Nous ne sommes donc pas en guerre. Mais la divergence de stratégie ne doit pas être masquée : rassembler la gauche ou fédérer le peuple ? Les résultats électoraux ont tranché. Hélas, le PCF est à 2 % aux législatives.

 

Comment expliquez-vous le décalage entre la description que vous faites de votre mouvement, qui se veut solidaire et bienveillant, et son image publique, parfois dure et agressive ?

Nos adversaires savent travailler ! Ils savent marquer des points contre nous. Ils ont l’appui du « parti médiatique », quasi unanime. Leur but essentiel est de nous attribuer une identité qui leur convient. On s’apprête à leur faire les poches, ils ne vont pas nous féliciter ! Donc il joue sur cette corde : Mélenchon est agressif, ses partisans sont durs, etc. Ils parviennent à rendre les nôtres super virulents sur les réseaux sociaux. Mais quand tu les retrouves dans la rue, tout le monde voit bien qu’ils sont bons comme du pain blanc. La morale de cela, c’est qu’il ne faut pas s’occuper de ce que les gens pensent de nous dans l’instant. Car on n’arrivera pas à empêcher qu’on nous caricature. Essayons plutôt d’en tirer parti. Le large public s’éduque petit à petit mais irrémédiablement. Le mépris populaire pour les médias a bien évolué : il est plus profond et conscient que jamais. Je sais que c’est dur. Moi aussi, il y a des jours où je me sens asphyxié par les buzz quotidiens que lancent les chiens de garde.

 

Parlons d’un sujet plus important alors, mais pas moins polémique : la nation et l’Europe. Quelle est votre position aujourd’hui sur ces points ?

La nation est un mot à bords flous en France. Pour moi, il y a un concept central : le peuple est souverain. On oublie que j’ai passé presque dix ans à mener un combat fédéraliste au niveau européen, avec la gauche du SPD, pour aboutir à une assemblée constituante. Au bout d’un moment, j’ai laissé tomber. Leur Europe, celle des traités libéraux, a gagné. Le pli est désormais irréversible. Il faut avancer avec une autre méthode. Nous avons appelé ça « plan A et sinon plan B ». On ne peut pas laisser faire l’Europe en défaisant la France. Mais, en s’appuyant sur l’identité républicaine de la France, on peut faire une Europe des nations bien intégrée. Les Français comprennent ça ! Mais leurs élites sociales et médiatiques sont mondialistes. Nous sommes altermondialistes. J’ai été marqué par le sens du nationalisme latino. C’est un nationalisme de gauche, anti-impérialiste. Ça a un sens : tu ne peux pas construire un mouvement de masse à dix mille kilomètres de l’affect moyen de ton pays. La première fois qu’on a évoqué l’idée de chanter La Marseillaise dans les meetings, plusieurs de mes amis ne voulaient pas en entendre parler. Moi, j’y croyais. Si on fait une campagne présidentielle où on ne chante pas l’hymne national, qu’est-ce qu’on va chanter ? L’Internationale ? Ça exclut tous ceux qui ne la connaissent pas. Quand on a commencé à chanter La Marseillaise sur la place de Stalingrad à Paris en 2012, ceux qui chantaient le plus fort, c’étaient les jeunes dans le public. Pour moi, il était important de rendre à ce chant son caractère populaire, qui en fait partout dans le monde un chant révolutionnaire. J’y reviens : le concept central, c’est celui selon lequel le peuple est le seul souverain.

 

L’Europe ne peut pas être le cadre de cette souveraineté ?

Alors le monde entier peut l’être ! Il n’y a qu’une seule humanité. Mais s’il faut commencer par un bout, commençons par former un peuple souverain. Le « peuple européen », qu’est-ce que c’est ? Je ne me sens rien de commun avec les pays baltes. C’est le bout du monde, même les Romains ne sont pas allés là-bas ! La grande matrice de l’Europe, ce sont les frontières de l’Empire romain. En deçà, la nation civique ; au-delà, la nation ethnique. Et quel déni de la réalité concrète ! Il y a un million de Maghrébins qui vivent aujourd’hui en France, dont une majorité sont français ! On a des familles en commun ! Mais on les traite en suspects ! Et on traiterait comme des frères de lointains Lituaniens sous prétexte qu’ils sont chrétiens ! Ce n’est pas mon histoire. Quand je parle de nation, il ne faut pas l’essentialiser. La nation, c’est le contenant de la République et de son peuple souverain. Ce qui m’intéresse, c’est le caractère républicain de la patrie. En France, la République fonde la nation, et pas l’inverse. Jospin me disait : il y avait la France avant la Révolution. Non ! C’était le royaume de France, les frontières étaient différentes, les gens aussi. Par conséquent, je n’accepterai jamais un nationalisme qui serait un ethnicisme. Je suis universaliste. Et je refuse absolument les abandons de souveraineté populaire sous prétexte de cantiques européistes creux et dangereux, comme le renoncement à notre autonomie en matière de défense.

 

Si la France insoumise arrivait au pouvoir, respecterait-elle la démocratie ?

Mais oui ! On votera même plus que jamais ! Et on perdra des élections ! Et alors on s’en ira ! L’erreur est de croire que, parce qu’on essaye de se maintenir par la force, on peut avoir raison. Ni la force ni la guérilla. J’ai cru, comme beaucoup de gens de ma génération, à l’idée de la guérilla. On a aidé et armé le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) contre Pinochet. Aujourd’hui, on ne le ferait plus. L’action populaire et les bulletins de vote ! Ça durera le temps qu’il faut, mais le tyran finira par tomber. Et les copains ne mourront plus les premiers.

 

La violence n’est pas une solution en politique ?

Jamais. C’est toujours nous qui perdons, c’est ce que la vie m’a appris. On n’est jamais assez armés, on perdra tout le temps et les meilleurs mourront. C’est un hasard local si on a pris le pouvoir comme cela à Cuba, et on l’a chèrement payé. Le Che est mort en Bolivie avec cette stratégie. Il n’y a pas d’exemple où on ait vaincu par les armes. En revanche, il y en a beaucoup où nous avons été vaincus parce que certains prenaient les armes. À un moment, j’en arrivais à dire : les seules révolutions durables sont celles où on vient aux actions avec ses gosses dans les landaus.

 

Quels sont les penseurs qui ont nourri votre action et celle de la France insoumise ?

Je suis maintenant un bric-à-brac très avancé. C’est un processus très humain de culture accumulative : j’empile des romans, des essais, etc. En revanche, j’ai des repères fixes : le matérialisme historique, les livres de l’historien marxiste Denis Collin, et même des inspirations littéraires. Voyez mon fameux hologramme : c’est une idée que je sors d’Isaac Asimov, dans Fondation et Empire ! Ça ne se dit pas. Je pourrais aussi citer Philip K. Dick, dans la même veine. Après, pour comprendre les aspects premier degré répétitif, c’est quelque chose que j’ai trouvé chez Erskine Caldwell. Ses personnages sont des abrutis, qui répètent tout le temps la même chose, mais qui avancent par la force de l’évidence qu’ils ressentent. Un texte comme La Route au tabac est pour moi lumineux. Donc je suis aussi fait de romans. Parce que la théorie politique, le matérialisme historique, Gramsci, c’est bien beau, mais ce n’est pas forcément ce qui te rend créatif dans l’action. Pour cela, il y a la littérature. Quand mes assistants commencent à travailler avec moi, les premiers livres que je leur donne ce sont Socialisme utopique et socialisme scientifique d’Engels, puis la biographie de Louis XI par Paul Murray Kendall.

 

Pourquoi Louis XI ?

Parce que c’est un génie ! Il affronte un adversaire riche et puissant, qui a tout pour lui. Lui arbore un chapeau pouilleux et n’est même pas sûr d’être le fils du roi. Mais il calcule. Toute sa force sera de parvenir à prendre Charles le Téméraire à son propre piège pour le mettre à terre. Ce livre est arrivé dans ma vie et m’a montré l’intelligence de cet homme plus qu’isolé, et qui va parvenir avec quelques compères à retourner la situation et triompher. Avec François Delapierre, l’ancien secrétaire national du Parti de gauche qui est décédé en 2015, nous appelions cela « la stratégie de la tête d’épingle ». Et puis, il faut lire l’Histoire de la révolution russe de Trotski, qui est indépassable et merveilleusement écrite. Et, avant tout, les histoires de la Révolution française, en commençant par celle de Michelet, pour une mise en bouche lyrique. Même si je ne suis pas d’accord avec lui, puisqu’il est antirobespierriste. Moi, j’ai épousé cette histoire à 14 ans, racontée par Thiers, ce qui ne manque pas de sel, non ? Lorsque j’étais trotskiste, j’ai choisi mon nom en référence à celui que Thiers insulte tout au long du livre, un bistrotier du nom de Santerre.

 

Qu’espérez-vous avoir accompli dans cinq ans ?

J’espère avoir créé une grande puissance politique et un mouvement populaire de masse capable d’exercer le pouvoir. Actuellement, il y a 564 000 personnes qui appuient le mouvement. J’aime ce défi qui consiste à savoir ce qu’on fait avec un demi-million de personnes. Aujourd’hui, je n’en sais rien. Je pense qu’un simple clic de soutien peut, petit à petit, mener à un engagement très profond. Prenez la casserolade : personne ne sait comment ça marche, à commencer par moi. J’ai vu Besancenot en faire contre la loi El Khomri, ça m’a bien plu. Il y a des endroits où ça a pris, d’autres non. Une semaine plus tard, ça a repris à Toulouse, et dans les cortèges syndicaux ensuite. Des copains veulent les généraliser dans les marches. Progressivement, ça va devenir une marque de fabrique. En 2012, on avait essayé avec les balais, ça n’avait pas pris. La casserole, ça peut prendre. Le grand nombre doit construire ses rites d’identification.

Qu’est-ce que je veux accomplir ? Créer un mouvement populaire de masse qui sait pourquoi il fait les choses : faire triompher le programme L’Avenir en commun, avec une méthode et une organisation nouvelles. Le tout avec 17 députés, des milliers de groupes d’appui. Et une caisse pleine – on doit être le seul mouvement politique qui n’a aucune dette !

 

Avez-vous déjà réfléchi à votre succession ?

J’ai eu l’orgueil de croire qu’on pouvait choisir son successeur. Il est mort. Aujourd’hui, je ne m’en préoccupe plus. Ce que je souhaite, c’est que le mouvement soit suffisamment large et puissant pour qu’il existe sans moi. Il y a beaucoup de talents et de jeunes en son sein. Ils se disputeront sans doute, mais ce ne sera plus mon affaire. Le triomphe du disciple est la gloire du maître. Le bon maître est celui qui apprend à l’élève à se déprendre de lui. Ma marque sera la contribution intellectuelle que j’aurai apportée pour fonder l’humanisme politique de ce siècle.

Les analyses profondes qui ne conduisent pas
à des impasses ou des trahisons
sont chez Kontre Kulture

 

Mélenchon, gauchiste sincère ou apparatchik du Système ? Voir sur E&R :

 



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43 Commentaires

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  • Le seul clivage qui existe aujourd’hui en France, c’est le 99%, le prolétariat bien compris, contre le 1%, certains l’appellent les capitalistes, les banquiers, les financiers,les grands patrons, les ultra riches, les possédants, l’Empire !
    Tout le monde sait ici que le clivage droite gauche n’existe plus depuis bien longtemps, bien avant même le retournement de politique de Mitterrand en 82 ou 83 de mémoire.

    Une fois bien identifié le clivage, on s’aperçoit assez vite que la seule véritable opposition se trouve logiquement dans le 99 % d’une part mais elle ne se trouve pas dans la critique radicale du 1%, mais uniquement dans la volonté de lui reprendre le pouvoir qu’il a volé aux 99% !

    Or le 1% a JURIDIQUEMENT INSTITUTIONNALISE son pouvoir grâce à différents traités, notamment le TUE et le TFUE

    La véritable opposition se trouve en tous ceux qui veulent, de façon juridique, claire et nette, résilier ces contrats juridiques d’asservissement.
    Tout autre groupe ou personne qui ne revendique pas cela et qui se dit opposant est un imposteur, limite plus abjecte qu’un Macron qui lui n’a jamais caché son jeu.
    A bon entendeur.

    Et là force est de constater qu’ils ne se comptent que sur LE doigt d’une main.
    C’est un fait.

     

    • Autrement dit, si je vous ai bien compris, quitter cette union européenne d’usuriers...pardon, de banquiers.


    • Non, le clivage ne se situe pas entre un groupe de 1% fantasmés et un pseudo prolétariat en lutte contre eux, le clivage se situe entre les partisans du mondialisme et leurs opposants, les gens de nul part contre ceux de quelque part ou alors les nomades contre les enracinés.

      Le clivage entre les 1% et les 99% est partiellement exact mais il est beaucoup trop simpliste car les fameux 1% ne pourraient pas imposer leurs volontés s’ils ne bénéficiaient pas de la complicité d’une partie importante de la population...

      On peut estimer à 30% le nombre de globalistes en France, principalement des bobos, des classes supérieurs et aisés ou des immigrés, et à 70% la proportion de personnes plus ou moins enracinées, comprenant principalement ce que l’on appel la classe moyenne, les ruraux et les pauvres.


    • @Mort de rire
      Vos taux sont extrêmement précis, hélas dépourvus de tout fondement ou preuve. Le clivage existe d’abord dans les têtes, en gros ce qu’on désigne par système vous catégorise comme un tel ou tel groupe social, ethnique, racial,économique, religieux etc... et vous vous y conformez par nécessité, bêtise, ou simplement par ignorance, peu importe, du moment que l’on puisse vous assimiler à une fraction du peuple pour ne jamais perdre le contrôle.
      Exemple, Zemour dézingue les musulmans à perte de voix, mais c’est Dieudo et Soral les racistes. Le système s’arrange même avec ses contradictions, pourvu qu’il paraisse légitime. Donc, vous et moi nous sommes catégorisés, le système peut encore dormir longtemps sous ses contradictions et autres injustices, nous pensons sa légitimité à sa place, les 1% n’y pensent jamais à leur légitimité, ils la cultivent.


    • @Pitchou

      Les pourcentages dont je fais usage sont extrêmement schématique, il s’agit là d’une reprise de du principe de Paretto selon lequel 80% des effets sont de le produit de 20% des causes, cela me semble beaucoup plus pertinent que le mythe des 1% qui ne sert à rien d’autre que de tout mettre sur le dos de certains pour disculper les collaborateurs de ce système sans lesquels il ne pourrait se maintenir.

      Alors certes seule une toute petite minorités de profiteurs extrêmement privilégiés tirent pleinement profit de cette situation mais ils ne sont pas les seuls sinon le système ce serait effondré depuis longtemps, si on part du principe que la coterie au pouvoir touche une grande partie des bénéfices de cette arnaque géante mais il ne faut surtout pas oublier la masse complaisante qui se prostitue pour quelques miettes.

      Alors oui on pourrait parler disserter pendant des heures au sujets des milliardaires mais ce serait oublier tout les cadres sup des multinationales mondialisées, des fonctionnaires serviles et pantouflards qui adhérent à l’idéologie officielle, les employés de toutes sortes d’associations pseudos sociales et culturelles subventionnées par la collectivités et qui ne servent à rien d’autre que de propager la doxa du régime et sont bien content de pouvoir éviter de travailler à l’usine, l’on peut aussi compter toutes les populations immigrés qui sont bien contentes de bénéficier d’un niveau de vie supérieur à celui qu’ils auraient eu dans leurs pays d’origine d’autant plus qu’ils bénéficient à plein de toutes les mesures contre la pauvreté ainsi que de la discrimination positive.

      La stigmatisation des seuls 1% est un slogan non seulement stupide mais aussi totalement faux, à eux seuls ils n’auraient jamais été capable d’imposer quoi que ce soit à une population qui leurs est non seulement beaucoup plus nombreuse mais qui détient théoriquement le pouvoir.

      Même en URSS la structure du pouvoir reposait sur une nomenklatura composé de moins de 1.5% de la population jouissant de tout les privilèges possibles et inimaginable, pourtant il n’aurait pas été possible à cette clique de tenir pendant des décennies s’il n’y avait pas eu en parallèle une espèce de classe intermédiaire bénéficiant de privilèges moindre mais suffisant pour obtenir leurs soutiens en faveur du régime en place.


  • Quand le rat veut surpasser les rongeurs !!!...


  • Frère la truelle veut jouer les Maçons sans ciment !!!...


  • Pourquoi relaye-t-on cet ignoble personnage ?

     

    • Parce qu’il dit des choses intelligentes que peu d’autres politiciens expriment... mais que le tout est embrumé du sucre trotskiste véritable piège à gogo. Il faut savoir tenir le même langage, celui que le peuple a besoin d entendre et savoir condamner toute l’embrouille internationaliste qui rend ce « beau discours » affreusement dangereux. Et le tout avec plusieurs niveaux de clarté : celui du militant antisysteme comme celui du brave révolté de gauche. Bref tout un programme de travail !!!!


  • Nos observateurs sont enfermés dans une vision binaire opposant verticalité et horizontalité. Or le mouvement n’est ni vertical ni horizontal, il est gazeux.
    Comme un pet ?

     

  • Merluchon veut forcer le passage , il sait que le FN est affaibli, et bien sûr qu’il est le "faux" opposant à ce gouvernement . Le loser merluchon fait croire aux naïfs qu’il va changer quelque chose, mais il n’en est rien, puisque la question sur pour la sortie de l’euro et de l’Europe, il n’est pas plus clair que le FN , à la différence de MLP. Il veut le pouvoir pour le pouvoir, par ambition, mais pas pour les Français .De toute façon , les cartes sont faussées dès le départ concernant L’Assemblée Nationale, .LFI se retrouve avec un groupe et le FN en est confisqué . Tout ceci n’est qu’une belle mascarade.


  • Ridicule, triste, et dégoûtant... Un type comme ça qui veut gouverner la France... Mais combien de temps encore les Français doivent-ils passer pour des c.ns, des pigeons, des moutons avant de pouvoir voir la réalité en face...
    Que leur faut-il pour ouvrir les yeux... Quelle détresse, quelle folie dirais-je...
    P-S : je n’ai pas lu l’article, ce type ne mérite aucun intérêt malheureusement dans ce pays lobotomisé, et dont on lavé le cerveau des gens... et où l’esprit critique a été réduit à l’anathème... à la vindicte...

     

    • Perso, je l"ai toujours trouvé dégoutant , vulgaire, je dirais flasque et gluant . On ne peut avoir aucune confiance dans cet énergumène , il est faux . Il est et reste un franc mac avec tous les idéaux de cette engeance qui sont contraires aux miens .Je note que 6mois étant passés il ne porte plus sa "veste de couvreur" , signe de sa fonction , et qui le faisait tant ressembler au " petit père des peuples ".


  • Mélenchon veut gouverner ? Mais c’est évident, le frère la truelle veut pouvoir profiter du système et imposer avec plus de vigueur ses idées maçonniques antifrançaises...Entre son apologie de Robespierre, Trotsky sans compter le tortionnaire Che Guevara on est dans la droite ligne des pires délires progressistes de ces 200 dernières années.

    Franchement il ne se prend pas pour rien le politicard professionnel, l’opposition ce serait lui ? Il est arrivé 4ème à la présidentielle, il a tenté d’organiser un crique protestataire à plusieurs reprises mais cela n’a pas pris, en fin de compte il n’incarne l’opposition que parce qu’il n’est le seul à s’agiter en ce moment et parce qu’il bénéficie de complicités au sein des médias.

    Il veut fédérer une majorité populaire ? C’est bien d’avoir de l’espoir mais il semble ne pas savoir que dans leurs grandes majorité les classes moyennes et populaires goutent peu à son programme multiculturaliste, LGBTiste et antiflics, d’autant plus que les français ont très bien compris que pour la (F)rance (In)soumise l’accueil des migrants constitue une nécessité ainsi qu’une priorité budgétaire.

    Et pour finir le clou du spectacle, la nation serait fondée par la Raie Publique... Ou comment nier 1500 ans d’histoires françaises( voir plus si on prend en compte les gaulois) pour justifier une idéologie obsolète, il serait temps pour la gauche d’arrêter avec ces divagations quasi mystiques et de revenir à la réalité, une nation est un peuple et non pas un régime politique et encore moins une pseudo religion millénariste ayant remplacée Dieu par le Progrès.

    Le reste de cet interview est du même tonneau, les français auraient plus en commun avec les maghrébins qu’avec les lituaniens ? C’est probablement pour cela que le français moyen se sent plus chez lui sur les rives de la mer Baltique que dans certains quartiers en France... Je savais que Mélenchon n’aimait pas les blonds mais de là à en faire un programme...

    Très franchement c’est bien la peine de vouloir sortir de l’UE si c’est pour faire de la France un pays africain, c’est à ce demander si la véritable raison pour laquelle ces gens là sont opposés à l’Europe n’est pas la volonté de détruire ce qui reste de l’Occident en le diluant complétement dans le Tiers monde.

    Il pourtant cohérent dans ses analyses, étant universaliste il ne peut être patriote il est donc logique qu’il se fiche complétement des intérêts des vrais français.


  • Une fois la bête à terre, il viendra l’achever.


  • Il cite quand-même Louis XI, l’universel aragne ; je ne suis pas sûr que les antifa (les équivalents de Conversano à l’extrême-gauche) qui prétendent être la base de son mouvement sachent qu’il ait existé...de toute façon, pour ces gens-là, tout ce qui a existé avant Mc Solaar ou Zidane : "Sé tro phacho !"

    Le travail Méluche pour les années (voir les mois) qui viennent : ça va être de se confronter à ceux qui empêcheront de voir le FDG comme autre chose qu’une simple mouvance d’extrême-gauche. S’il ne parvient pas à les maîtriser ; son parti ne pourra pas devenir aux yeux des gens, y compris ceux qui ne votent pas encore pour lui, comme un présidentiable crédible.

    Il a craché récemment à la figure de Philippot tout en essayant maladroitement de caresser ses électeurs dans le sens du poil : ça l’a plus desservi que servis.

    En fait les temps qui viennent vont contraindre tout le monde à changer : ceux qui se disent patriotes devront rompre avec le racialisme qui est le propre des nationalismes d’Europe du Nord, les hommes vont devoir ré-apprendre à redevenir virils sans être "virilistes" (ce qui est plus ou moins le propre de la racaille de banlieue qui aboie fort, siffle les filles...mais n’est capable de rien d’autre) et les gens qui se disent comme étant authentiquement de gauche vont, eux, devoir apprendre à ne plus dégainer du facho à la première pensée qu’ils entendent et qui n’entre pas dans leur conception des choses sans quoi, ils garderont une image de gens sectaires...qui auront peut-être raison...mais qui resteront seuls à avoir raison.

    Bref, la dureté de la période qui vient va pousser tout le monde à devenir adulte.

     

    • Je pense que l’on tient là une espèce de crypto melenchoniste prenant un peu trop ses désirs pour des réalités... Méluche aurait du travail à faire ? Pourquoi au juste le ferait il ? Il ne vous serait pas venu à l’esprit que ses ambitions sont autres que les vôtres ?

      Quant à "ceux qui ne votent pas encore pour lui" on a bien du mal à les cerner... En dehors des vieux communistes, des restes du PS et allogènes abstentionnistes on a voit mal qui aurait intérêt à voter pour un pareil sac de nœud, pas les électeurs du FN si c’est à cela que vous pensez...les aspirations de ses derniers vont probablement à l’encontre de celle du petit père sans peuple.

      De plus vous avez l’air d’ignorer pas mal de choses pourtant très évidentes...

      Pour commencer il n’y a pas que les nationalisme d’Europe du Nord qui seraient racialistes, tout les nationalismes européens le sont également, tout comme les nationalistes chinois, coréens, japonais, que dire des nationalistes des pays arabes ou africains... En fin de compte en dehors des nationalismes "latinos" (et encore lorsque l’on voit le Brésil ou l’Argentine) on peut dire que l’ethnocentrisme est une constante des groupes patriotiques, cela est pourtant logique lorsque l’on prétend défendre les intérêts des siens de s’intéresser aux gens comme soit.

      Si vous espérez par contre que les gens de gauche arrêtent avec l’antifascisme je pense que vous rêvez un peu trop... La gauche moderne ( d’après les années 50 et plus encore après les années 70) s’est entièrement construite autour de l’antifascisme alors si elle devait abandonner cette caractéristique alors toute son identité s’effondrerait comme un château de carte...Je vois mal comment la gauche pourrait accepter que toutes les """luttes""" qu’elle mène depuis plus d’un demi-siècle (féminisme, antiracisme, LGBTisme, égalitarisme et universalisme) ne sont rien de plus que des foutaises sans valeurs.

      Avant de demander à qui que ce soit de devenir adulte il faut commencer par admettre la réalité.


  • Des pions sur l’échiquier.
    Les trotkistes sont à l’affût.


  • Je ne relèverais pas le nombre de conneries qui sont dites dans cette interview... Allez ! Deux, trois pour argumenter : "les gens sont très éduqués, ils ont moins de lectures communes, mais ils ont une ample culture partagée de vidéos, de films, de musiques. Tout le monde sait qui est Naomi Klein, tout le monde a vu son film La Stratégie du choc ; tout le monde a vu aussi, par exemple, les films Demain, La Sociale ou Divines.", "Nos observateurs sont enfermés dans une vision binaire opposant verticalité et horizontalité. Or le mouvement n’est ni vertical ni horizontal, il est gazeux. C’est-à- dire que les points se connectent de façon transversale : on peut avoir un bout de sommet, un bout de base, un bout de base qui devient un sommet… Pour le comprendre, il faut construire un nouvel imaginaire politique","J’admets que, dans notre façon de faire, il y a aussi une dimension verticale. Mais elle n’est ni unique ni centrale.". Bref...Un sacré bordel dans sa tête maçonnique. Ça part dans tout les sens, c’est décousu, contradictoire. Et il écrit en plus ?.. Eh ben ...

     

  • 1) Il dit à peu près n’importe quoi, discours qui ne peut séduire que les enseignants.

    2) Mais reste haineux vis à vis des pauvres lituaniens auxquels il préfère les maghrébins, chiffrés à 1 million contre 10 en réalité. On reste dans le racialisme anti-blanc mais qu’importe, ils ont les épaules solides et savent encaisser.

    3) Il revisite l’histoire aussi, sur Louis XI & la renaissance, c’est assez éloigné de la réalité mais ce récit national n’est qu’une répétition, son disque anti-clérical date du XIXe siècle. Il va bien avec le "président" actuel, un louis-philippard loin du peuple, jugé même plus bon à travailler, qui doit vivre de charité, comme sa vision de l’Afrique d’ailleurs. Continent qui ne peut s’en sortir sans émigration malgré son potentiel.

    4) Il faudra qu’il pense à payer des droits d’auteur à Etienne Chouard avec le tirage au sort, l’état-citoyen, là on est en plein pillage.
    Je le vois mal rassembler au-delà des déçus du PS-PCF, partis qu’il a largement contribué à démolir. Le sien n’est que celui d’un seul homme, plutôt proche de la retraite que du pouvoir.

    Mais il a ses chances : en effet, qu’ont eu de "moderne", de nouveau, les politiciens de la Ve !


  • Alors là... à la question "L’Europe ne peut pas être le cadre de cette souveraineté ?", JLM donne une sacrée réponse alambiquée ! Peut-être que c’est moi, mais c’est pas clair. JLM donne non seulement raison aux gauchistes mais aussi aux patriotes. Ça pique les yeux...


  • Et quand il sera au pouvoir il va abolir le droit de propriété, peut-être !? Hin ! hin !

    Bobo, va. On t’a compris. Vive la sociale ! Sénateur.


  • Les représentants du peuple à l’Assemblée Nationale ergotent à qui mieux mieux !
    Qu’importe le représentant au Palais ?
    Le peuple de France ne peut se trahir. L’Élite, quelle qu’elle soit actuellement, a trahi la France et ce sans interruption depuis Pompom de la Banque : triste aristo de pacotille !
    Ces gens ne sont que des porte-voix, d’autres des porte-plumes tout comme l’Assemblée est devenue une ratière pour la nation : j’ose affirmer que M.MéLangeons oups s’cusez , n’a pas les qualités pour se revendiquer de Charles
    de Gaulle !
    Monsieur Auto-Espoir Mélenchon donne un ’’show remake’’ d’un messianisme éculé que d’autres en Occident connaissent ou reconnaissent.
    Monsieur, rions un peu TOUT DE MÊME...pour ma bande blancos je vous ai anobli
    d’un acronyme...BHL : BanqueHumLoge .


  • SA conquête de SON pouvoir ! Je le trouve très mégalomane.


  • "Je veux gouverner le pays"....Trois points ; c’est tout !!!!..dit Mélanchon, l’illu-sioniste, à 1 mois de la fête d’Hanouka !!!!


  • Dommage que dans son "bric-à-brac très avancé. Qui est un processus très humain de culture accumulative , l’on ne trouve (et c’est déjà bien) "que" des romans, des essais", et qu’il n’y est pas d’expérience professionnelle réelle, avec des clients, une chiffre à réaliser etc, ou même une expérience sportive...Son bric-a-brac parait ainsi bien léger...


  • "On vous présente comme le premier opposant de France". Oui, oui, on avait bien saisi.
    Et aussi bravo, aux questions décoiffantes et si impertinentes. Ça frise le ridicule.
    Belle opération de com’.


  • Pourquoi continuer à parler de cette m..... ? Tout le monde sait que c’est un traître. Attention, trop de cé-cité peut finir par être interprétée comme de la compli-cité.....
    On dirait qu’on donne toujours une dernière chance à ce type qui ne mérite que notre mépris.


  • Pourquoi tant de haine ? Ce n’est quand même pas de la faute à Mélenchon si l’autre parti d’opposition à fait une sortie de piste.
    Si il y avait une opposition de meilleure qualité, il ne serait pas là a occuper le terrain comme ça.

    Bon puisqu’il est là, Mélenchon, et qu’il a fait une bonne campagne/ rentrée politique, autant prendre ce qu’il y a prendre, car tout n’est pas à jeter dans son discours ou sa façon de faire de la politique.

    Si il peut faire avancer une ou deux idées ou faire un peu d’opposition intelligente sur certains sujets, tant mieux...le reste.
    La France insoumise, à qui, à quoi ? Faudra voir.

     

    • Je préfère 10 Méluche à un seul Macron.


    • Personnellement je préfère encore Macron a Mélenchon, les conséquences de leurs programmes restent les mêmes à savoir la destruction de la société française par le LGBTisme métissolâtre pourtant il faut dire qu’il y a une différence de taille entre Macron et Mélenchon, le franc-maçon marocain croit en les conneries qu’il professe alors que l’employé gérontophile des Rothschild n’est qu’un vulgaire opportuniste parmi tant d’autres navigant dans le sens du vent.

      Entre ces deux progressistes mondialistes il n’y a que le degré de fanatisme qui ne change car ils ne sont que les deux faces d’une même pièce.


  • Quel insane verbiage !!!...
    Tout çà, pour offrir une illusoire opposition d’opérette à La Macrone !!!...


  • couché....panier....c’ est bien chonchon...bon chien.


  • Qui osera encore dire que Mélenchon crache sur le passé de la France et oublie volontairement tout ce qu’il y avait avant 89, lorsque celui ci cite comme modèle Louis XI et l’admire pour sa puissance politique ?

    (Louis XI mon roi de France préféré au passage, avec Charles V).

     

    • Ah bon ? Et lorsque il ose prétendre que la nation française a été fondée par la Ripoux blique vous n’appelez pas cela une manière de cracher sur l’histoire de France pour promouvoir un mythe idéologique ? Il faut quand même être un sacré inculte ou un menteur de compétition pour affirmer que le peuple français aurait subitement changé de nature en 1789...

      De toute manière il est logique avec lui même, étant un universaliste il se fiche complètement de la pérennité du peuple français alors il viendra nier la réalité pour justifier des fables doctrinales visant à légitimer le fait que la République française aurait vocation à devenir un état mondiale apportant de pseudos lumières au reste du monde.

      Le republicanisme universaliste issu de la révolution dite ""française""(en fait maçonnique) n’est que l’antichambre de l’idéologie mondialiste.


  • Mélenchon : "les gens sont très éduqués, ils ont moins de lectures communes, mais ils ont une ample culture partagée de vidéos, de films, de musiques. "
    Oui mais la plupart ne connaissent rien au fonctionnement de l’Europe et des dégâts causés à la France, SANS PARLER DE CEUX QUI VEULENT RESTER DANS L’EUROPE ( tragique)( j’ai été sidéré en parlant de ça avec des insoumis !) donc pas très optimiste sur la clarté totale de vue....Des insoumis !


  • J’en connais une autre qui disait ça... il suffit pas de vouloir, il faut aussi pouvoir ! Et être capable d’assumer après.
    Perso je voterais plus pour lui et j’en connais plein d’autre. Il va devoir faire un coup d’état. Toute façon plein de ses militants sont pour. Qu’en on décortique un peu le truc, bien que Méluche n’ait que la République à la bouche, sa clique est moins républicaine que les cadres du FN.


  • Quel pays ? Pas la France, j’espère !


  • Moi je pense que la rédaction a posté cette article ici pour voir un petit peu les réactions de la sphère E R sur le discours d’un leader de gauche qui met de plus en plus sa famille politique devant ses contradictions sur le souverainisme. Et forcé de constater qu’à la lecture des commentaires la réconciliation ne sera pas pour demain vu les réactions obnubilé par melenchon plutôt que de voir tout l’intérêt qu il y a dans le fait que les gens qui le suive issu de la gogoche accepte d entendre un discours souverainisme, protectionnisme et pro russe (que melenchon soi sincère ou non).


  • il veut gouverné le pays il n’a qu’a demandé aux amis de macron ! car c’est pas le peuple qui choisi !


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