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Jim Mattis réfute les fake news d’Israël et de l’OTAN

Voilà des années que la presse atlantiste l’affirme : le président Bachar el-Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple. Sauf que, selon le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, il s’agit d’une fake news. Comme les armes chimiques de Saddam Hussein, cette histoire qui remplit les colonnes des journaux depuis cinq ans est de la pure propagande de guerre.

 

 

Cela aurait dû faire la « une » de tous les journaux occidentaux. Mais seul Newsweek l’a relaté [1]. Durant son point de presse, le 2 février, le secrétaire à la Défense, le général Jim Mattis, a indiqué que s’il « pensait » que Damas avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, personne au Pentagone n’en avait la moindre preuve.

Le journaliste, qui connaît personnellement le général Jim Mattis, l’a entendu off the record (c’est-à-dire en privé) déclarer son aversion pour le mythe des armes chimiques syriennes. Il lui offre la possibilité de se répéter, cette fois en public. Voici la transcription (publiée avec un léger retard) de cette rencontre.

 

 

Au début de la guerre, la République arabe syrienne demanda à l’ONU de venir enquêter sur l’usage d’armes chimiques par les jihadistes. Les inspecteurs ne trouvèrent rien de probant. Mais en août 2013, les États qui soutenaient le projet des Frères musulmans renversèrent l’accusation et affirmèrent, sur la seule base d’une information de l’Unité 8200 du Mossad, que l’Armée syrienne venait de massacrer près de 1 500 civils dans la Ghouta avec un mélange de gaz incluant du sarin.

Attestant la bonne foi de la Syrie, la Russie proposa son adhésion à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Moscou et Washington, ensemble, détruisirent la totalité des armes chimiques syriennes ainsi que les précurseurs (c’est-à-dire les substances nécessaires à la fabrication de ces armes).

Pourtant, l’accusation d’utilisation de ces armes n’a toujours pas cessé. Alors même que le Pentagone en avait lui-même supervisé la destruction, la presse atlantiste persistait à prétendre que l’Armée arabe syrienne en utilisait. Certains médias comme l’Anglo-Saxon Bellingcat (dont le directeur est un employé de l’Atlantic Council) [2] ou le Français Le Monde [3] sont devenus des répétiteurs professionnels de cette fake news.

Pour en finir avec cette rumeur, un mécanisme d’enquête conjoint était créé par l’ONU et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Après avoir mené depuis New York et Vienne une vaste collecte de renseignements, cette instance refusait d’aller les vérifier sur place et même de procéder à des prélèvements. Le ton montait au Conseil de sécurité où chacun pouvait observer l’ascendant du numéro 2 de l’administration des Nations Unies, le néo-conservateur Jeffrey Feltman [4], sur l’ambassadrice US, Nikki Haley. Finalement, on comptabilisa jusqu’à 5 vétos russes aux mensonges occidentaux sur ce seul sujet [5].

Au moment de l’affaire de Khan Cheikhoun, les États-Unis affirmèrent avec aplomb détenir des preuves de la responsabilité syrienne – preuves qui selon le général Mattis n’ont jamais existé – et punit la Syrie en bombardant la base de Cheyrat.

Le secrétaire à la Défense Robert McNamara a admis que les États-Unis ont menti pour lancer et poursuivre leur guerre contre les Vietnamiens. Son successeur Colin Powell a reconnu avoir menti au Conseil de sécurité pour lancer la guerre contre les Irakiens. Etc. Mais tous l’ont fait après avoir fait couler le sang et avoir quitté leurs fonctions officielles. Nul n’a été poursuivi.

Comme dans leur droit commercial, les dirigeants US peuvent faire faillite, ne pas payer leurs créanciers et recommencer immédiatement leurs affaires à zéro comme si de rien n’était.

Pour la première fois, un secrétaire à la Défense en exercice a dénoncé les mensonges en cours d’Israël, de sa propre administration et de l’OTAN. Bien qu’il ait pris soin de se présenter comme convaincu de la culpabilité syrienne, sa déclaration réfute les justifications des bombardements israéliens en Syrie, prétendument pour détruire des armes chimiques. Elle est sans appel pour ses collègues Rex Tilleron et Nikki Haley. Elle sonne comme un avertissement aux 23 ministres des Affaires étrangères qui, le 23 janvier, ont à nouveau accusé la Syrie d’emploi d’armes chimiques [6] ; des ministres qui se sont prononcés pour la « démocratie » au Levant… à la seule condition que Bachar el-Assad ne puisse pas se présenter à l’élection présidentielle et la gagner.

Thierry Meyssan

Notes

[1] “Mattis Admits There Was No Evidence Assad Used Poison Gas on His People”, Ian Wilkie, Newsweek, February 8, 2018.

[2] Brown Moses, de son vrai nom Eliot Higgins, participe en outre à l’association Propaganda or Not ? qui accuse diverses sources, dont le Réseau Voltaire, d’être des instruments du Kremlin. Cf. « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

[3] Sur la base d’un résumé grossièrement mensonger, ce quotidien accuse le Réseau Voltaire de ne pas être fiable. Cf. « La vérité sur les "fake news" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 janvier 2018.

[4] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[5] « À l’Onu, l’incapacité US d’admettre la réalité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 novembre 2017.

[6] « Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques », Réseau Voltaire, 23 janvier 2018.

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Retrouvez Thierry Meyssan chez Kontre Kulture :

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Article ancien.
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8 Commentaires

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  • Est-ce que quelqu’un peut apporter cet article à Macron et à sa bande de barbouzes à l’Elysée ? Il semblerait qu’il n’ait toujours pas compris et fasse des déclarations aussi stupides qu’inutiles à ce sujet. Idem pour Le Drian !
    Les incompétents ont ceci de pénible, c’est qu’ils sont fatiguants !

     

    • Si ils etaient compétents personne ne les connaitrait....


    • La clique élyséenne n’est, à mon sens, pas composée d’incompétents mais de traîtres alignés, sur le dossier syrien, sur la politique israélo-saoudienne.


    • Il en pense quoi notre minimoy macreux de la déclaration du Général Mattis, US. Minimoy macreux qui, précédemment, se faisait le porte-voix d’israël pour légitimer la guerre en Syrie. En France, nous élisons des lilliputiens qui nous représentent. Ces politiciens français en papier mâché se rangent tous derrière les intérêts israeliens. Ils font de l’à-plat-ventrisme devant ce pays pratiquant l’apartheid à échelle industrielle, volent, pillent, détournent, massacrent au nom des droits de l’homme. Nos politiciens sournois, soumis, ces carpettes, sauf à quelques exceptions près, nous trahissent à chaque fois qu’ils en ont l’occasion au nom de la défense nationale, de l’intérêt national, de l’ordre républicain, de la sécurité, de la liberté d’expression qui s’érode à chaque nouvelle loi soi-disant pour lutter contre le terrorisme, le racisme et autres billevesées.
      OUI, nos politiciens sont des LÂCHES, des minables qui n’ont aucun sens ni du bien commun ni de la représentativité de notre pays. Ces cancres méconnaissent son Histoire, sa richesse, ses apports, sa croyance en leurs concitoyens. Des bandits sans croyance qui gravitent autour du satellite, Israël-US-UE.


  • #1901259

    Il faut voir le bon coté des choses : avec la prochaine loi sur les FAKE NEWS, Macron et ses sbires ne pourront plus parler des armes chimiques sans preuve ! Je plaisante bien sûr.


  • Il est très satisfaisant de constater que le mot anglais "evidence" a été correctement traduit par "preuve".
    C’est trop rarement le cas.

    On peut toujours penser qu’une évidence étant un fait déduit par une pensée rationnelle, ce fait pourra néanmoins être réduit à néant par une preuve ou bien par une pensée plus fine.

    Rien de tel avec une "preuve" qui par définition est incontestable.

    Thémistoclès


  • Le problème c’est que la loi sur les "fake news " c’est précisément contre ceux qui les contestent qu’elle a été crée.
    Est qualifié de fake news tout info qui contredit une fake news officielle.


  • Oui et bien cela, la plus part d’entre nous l’avions deviné.
    Quand nous regardons le visage du président Bachar el-Assad, nous voyons un être humain. Il a une bonne tête cet homme. Ce n’est pas le cas de tout le monde.
    Beaucoup ont des têtes de chiens de guerre, surtout chez qui vous savez.