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La croisade albigeoise expliquée aux grands

Illustration : la prise de Béziers par les croisés
durant la croisade contre les albigeois
(Paul Lehugeur, XIXe siècle)

 

 

Le contexte de la Réforme grégorienne

 

La « Réforme grégorienne » du catholicisme romain au XIe siècle ne fut pas le retour à un christianisme originel qu’elle prétendait être, mais une véritable révolution, c’est-à-dire une rupture brutale avec la tradition, dont Constantinople était jusqu’alors la garante [1]. Au même titre que la « Réforme protestante » quatre siècles plus tard, la Réforme grégorienne fut aussi une étape dans un long processus de dégradation du christianisme oriental, qui alla toujours de pair avec une influence accrue de l’Ancien Testament. Le légalisme qui transforma la curia romana en un gigantesque tribunal inquisitorial, ou encore la mercantilisation du salut, qui aboutira au commerce des indulgences, portent la marque de Yahvé. Le Dictatus Papae, écrit en 1073 de la main de Grégoire VII, alias Hildebrand, nous donne, en 27 propositions, le meilleur aperçu de l’esprit des réformateurs :

« 1. L’Église romaine a été fondée par Dieu seul. 

2. Seul le pontife romain est en droit d’être appelé universel.

3. Lui seul peut déposer ou réinstaller les évêques. […]

8. Lui seul peut faire usage des insignes impériaux.

9. Le pape est le seul dont tous les princes doivent baiser les pieds.

10. Il est le seul dont le nom soit prononcé dans les églises.

11. Son titre est unique au monde.

12. Il peut déposer les empereurs. […]

19. Il ne peut être jugé par personne. […]

22. L’Église romaine n’a jamais été dans l’erreur et ne le sera jamais, par le témoignage de l’Écriture.

23. Le pontife romain, s’il est canoniquement ordonné, est indubitablement sanctifié par les mérites de saint Pierre. […]

27. Le pape peut délier les sujets du serment de fidélité fait aux injustes. »

 

Sa prétention à la suprématie, la papauté romaine la fondait sur plusieurs faux document de sa fabrication, dont la Donation de Constantin, par laquelle l’empereur romain était censé avoir ordonné que l’évêque de Rome gouverne « toutes les Églises de Dieu dans le monde entier. Et le pontife qui présidera actuellement aux destinées de la très sainte Église romaine sera le plus haut, le chef de tous les prêtres dans le monde entier, et toutes choses seront réglées selon ses décisions ».

Cet hégémonisme pontifical était un défi lancé à Constantinople, et il reviendra à Urbain II, pape réformateur disciple de Grégoire VII, de commencer à mettre la menace à exécution sous couvert de la première croisade.

L’idée de guerre « sainte », c’est-à-dire déclarée par l’autorité ecclésiastique, était totalement étrangère à l’Église orthodoxe. Aux yeux des Byzantins, la guerre n’avait de légitimité que pour la préservation des frontières de l’empire (qui se désignait en grec comme un royaume, basileia). Toute expédition militaire était placée sous l’autorité exclusive de l’empereur (basileus). Non seulement l’Église orthodoxe n’a jamais appelé à une guerre contre les peuples jugés hérétiques, mais elle s’opposa toujours à l’idée de considérer comme martyrs les soldats morts au combat. Quant à l’idée que des hommes d’Église pussent combattre, comme ce fut le cas parmi les croisés occidentaux, elle horrifiait les Byzantins [2].

La notion de croisade, qui n’a de justification que dans l’Ancien Testament, est l’aboutissement logique de la réforme grégorienne : en s’imposant comme le souverain des rois, qui deviennent ses vassaux, le pape se donne le droit de leur ordonner de faire la guerre sous son commandement suprême. Ainsi l’autorité pontificale, après avoir réprimé les guerres privées en Occident au Xe siècle par le mouvement de la Paix de Dieu, sera l’inspiratrice d’une guerre totale de deux siècles en Orient. « La Paix de Dieu a trouvé son prolongement dans la croisade […], écrit Sylvain Gouguenheim, où la seule guerre autorisée est paradoxalement celle qui se déroule dans l’espace sacré par excellence, la Terre sainte [3]. » L’Église qui avait décrété que même les tournois, « foires exécrables » selon saint Bernard, étaient un péché mortel, et qu’y trouver la mort vous envoyait directement en enfer, invente la guerre sainte, qui propulse chaque soldat mourant au combat (ou même en chemin) directement au paradis.

Avant la colonisation du Levant byzantin, le but premier de Grégoire VII et de ses émules (presque tous d’origine franque) était d’imposer l’autorité papale sur l’empereur germanique. Le décret promulgué par Grégoire VII en 1075 marque le début de la querelle des Investitures :

« Nous décrétons que nul clerc ne peut recevoir l’investiture d’un évêché, d’une abbaye ou d’une église des mains de l’empereur, du roi ou de toute personne laïque, homme ou femme. »

Pour le jeune empereur Henri IV, le décret du pape était inacceptable, car il revenait à placer toute son administration entre les mains de la papauté, puisque son royaume était administré principalement par des clercs. La querelle des Investitures prit fin avec le Concordat de Worms signé par Henri V en 1122. Mais la lutte repris sous la dynastie des Hohenstaufen. Pour s’être opposé au pape Grégoire IX, Frédéric II (1194-1250) est excommunié par deux fois (1227 et 1239), et une troisième par Innocent IV au Concile de Lyon (1245). Ayant échoué à le faire assassiner, le pape appelle en dernier recours à une croisade contre Frédéric II, et parviendra, en enrôlant à sa cause Charles d’Anjou, frère de Louis IX, à exterminer complètement des Hohenstaufen [4].

Un scénario semblable se déroule simultanément à l’ouest du Rhin. En 1094, Urbain II use de son pouvoir d’excommunication contre Philippe Ier, sous la charge d’adultère (il avait répudié sa première épouse qui ne lui donnait pas d’héritier, et pris pour femme Bertrade de Montfort, précédemment mariée au comte d’Anjou). Comme l’a analysé Georges Duby dans un de ses meilleurs livres, cet épisode est à replacer dans le cadre d’un effort soutenu de la part des clercs réformateurs pour contrôler sacramentellement et juridiquement l’institution du mariage (le nouveau droit canonique interdit le mariage aux clercs, et le divorce aux laïcs), mais il s’insère surtout dans leur projet théocratique :

« Toutes les remontrances, les éclats d’indignation, les malédictions fulminées [par le pape contre le roi] prennent leur sens lorsqu’on les situe à leur vraie place, au cœur de la principale affaire politique de l’époque, la lutte ardente que menait le pouvoir spirituel pour dominer le temporel [5]. »

Cette lutte dura environ deux siècles, soit huit générations de rois capétiens. Durant cette période, la propagande pontificale est calquée sur celle du Livre des Rois : les rois vertueux sont ceux qui exécutent les projets de l’élite sacerdotale, en faisant la guerre pour leur compte. C’est ainsi que sont fabriquées les hagiographies des rois saints tels que Robert le Pieux (inventeur du bûcher pour hérétiques en 1022), qui servent par contraste à noircir les rois rebelles ayant mérité leur ticket pour l’enfer (l’excommunication).

 

« L’affaire de la Paix et de la Foi »

 

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L’Occitanie en 1209

 

La lutte de pouvoir entre papes et rois de France fut le contexte de ce qu’Innocent III nommait « l’affaire de la Paix et de la Foi », mais que nous connaissons comme la « croisade contre les albigeois [6] » (1209-1229). Cette guerre en Occitanie suit immédiatement la quatrième croisade (qui aboutit au sac de Constantinople), et est proclamée par le même pape. En les comparant on comprend mieux l’essence de la croisade et sa place dans le projet géopolitique pontifical dont elle est le volet militaire. Leur dénominateur commun est qu’elles furent menées contre des sociétés plus avancées culturellement et économiquement que leurs agresseurs, sociétés qui refusaient l’exclusivisme autoritaire du pape et toléraient, relativement, le pluralisme religieux. L’Occitanie, d’ailleurs, était sous influence byzantine, comme le montre encore son architecture [7].

Les ennemis les plus directement ciblés par Rome étaient les cathares — du grec catharos, « pur », terme en réalité rarement employé au Moyen Âge pour les désigner. Ils recrutent principalement parmi l’élite urbaine et la petite noblesse, et c’est cette implantation sociale qui préoccupe la curie romaine [8]. Bien que leurs adversaires aient tout fait pour effacer ou souiller leur mémoire, nous savons que les cathares se considèrent simplement comme « bons chrétiens ». « Déviants, certes, dissidents, au regard du dogme et de la liturgie élaborés et définis par la Grande Église, écrit Michel Roquebert ; mais chrétiens quand même, dans l’exacte mesure où il n’y avait pour eux qu’une seule révélation, celle dont le Christ était porteur, et où leur unique référence était le Nouveau Testament, complété par ce qui, dans l’Ancien, servait leurs démonstrations [9]. » Les cathares sont les fils spirituels d’une Église hétérodoxe née en Bulgarie vers 950 (c’est pourquoi on les appelle parfois « bulgares », ou « bougres » par déformation populaire), où ils sont connus comme « bogomiles ». Au XIe siècle, tandis qu’ils commencent à être inquiétés en Provence, les bogomiles jouissent en Orient de la tolérance des Byzantins orthodoxes et sont présents jusque dans les monastères de Constantinople [10]. Lorsqu’en mai 1167, l’Église cathare de Toulouse organise un concile, leur « pope » Nicétas se déplace spécialement de Constantinople. Les bogomiles se maintiendront sans difficulté en Bosnie jusqu’à l’arrivée des Turcs dans la seconde moitié du XVe siècle, puis se convertiront majoritairement à l’islam [11].

Ce qui rend les cathares particulièrement haïssables par Rome, c’est leur dualisme, hérité du courant gnostique latent dans le Nouveau Testament. Dans le discours répressif, ils sont affublés pour cela du nom de « manichéens », bien qu’on ne décèle chez eux aucune influence perse. Tous les cathares ne professent pas nécessairement un dualisme absolu, mais ils opposent Dieu et ce monde, selon les termes de l’Évangile de Jean. Naturellement, ils considèrent la hiérarchie catholique romaine comme inféodée au Prince de ce monde ; ils en trouveront la confirmation dans la croisade, d’abord, et dans l’Inquisition, ensuite.

Mais les cathares ne sont pas les seuls dissidents qui font obstacle à la suprématie religieuse dans le midi, des Pyrénées aux Alpes maritimes. Le clerc toulousain Guillaume de Puylaurens, témoin et chroniqueur de la croisade albigeoise, écrit :

« Il y avait des ariens, des manichéens, et aussi des vaudois ou lyonnais. […] Bien qu’ils fussent divisés entre eux, ils conspiraient tous à la perte des âmes contre la foi catholique [12]. »

Tous ces mouvements dénoncent la corruption de l’Église romaine et ses abus de pouvoir, et beaucoup contestent même la validité des sacrements et la théorie quasi magique de la « transsubstantiation » de l’Ostie durant la messe. Les cathares rejettent aussi, au nom de leur vision du Dieu sauveur, la doctrine de l’Enfer éternel et sa version modernisée, le Purgatoire (que refusent également les Byzantins) [13].

Ce sont donc bel et bien ses ennemis irréductibles que le pape veut éradiquer du sud de la Gaule. Car, selon le vocabulaire de l’époque, nous sommes ici encore en Gaule mais pas encore en France : le sud de la France actuelle se nomme l’Aquitaine à l’ouest du Rhône, et la Provence à l’est. Ce sont des pays étrangers, pour les habitants de la Francie et de la Bourgogne, et réciproquement. Comme au Proche-Orient, le pape peut compter sur l’efficacité de sa propagande auprès de la noblesse et de la chevalerie franque et bourguignonne. Mais comme au Proche-Orient, les croisés possèdent aussi des motivations propres que l’Église ne parvient pas toujours à canaliser. Simon de Montfort, petit seigneur d’Île-de-France ayant répondu à l’appel du pape, s’empare avec sa bénédiction du vaste vicomté de Carcassonne, puis d’autres vassalités du comte de Toulouse, et les soumet à ses « Statuts de la terre conquise » (Statuts de Pamiers, 1212), qui incluent l’obligation pour tous d’aller à la messe de rite romain le dimanche « et d’y entendre en leur entier la messe et le sermon ». Mais il outrepasse son mandat et se taille un fief plus vaste que le domaine de son roi, puis résiste aux injonctions du pape d’en restituer une partie. Surnommé « le bourreau du Languedoc » pour ses milliers d’exécutions par la corde, le fer ou le feu, et ses centaines des destructions de villages, de châteaux, de vignobles et de vergers, Simon de Montfort est la figure archétypale du croisé qui trouve dans la croisade une justification à sa démesure matérialiste. Pourtant, ce n’est pas Simon mais Arnaud Amaury, l’abbé de Cîteaux nommé chef de la croisade par Innocent III, qui prononça à Béziers cette fameuse phrase (souvent déformée) :

« Massacrez-les, car le Seigneur connaît les siens [14] ! »

Il écrira dans son rapport au pape :

« Les nôtres, n’épargnant ni le rang, ni le sexe, ni l’âge, firent périr par l’épée à peu près vingt mille personnes ; après un énorme massacre des ennemis, la cité tout entière a été pillée et brûlée. La vengeance divine l’a merveilleusement frappée [15]… »

Naissance de la France

 

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Philippe Auguste
(1165-1223)

 

La croisade en Albigeois, tout comme la croisade en Terre sainte, est une façon pour le pape de prendre l’initiative et le contrôle de la guerre. Il veut imposer au roi de France un « devoir d’ost » au même titre qu’un suzerain à son vassal. Philippe Auguste en a pleinement conscience et résiste fermement. Par trois fois, entre 1204 et 1208, Innocent III tente de faire de lui son homme de main :

« Confisquez les biens des comtes, des barons et des citoyens qui ne voudraient pas éliminer l’hérésie de leurs terres ou qui oseraient l’entretenir. Ne tardez pas à rattacher leur pays tout entier au domaine royal. »

Le roi ne répond pas à cette première lettre, ni à la seconde un an plus tard. « Au nom de Moïse et de Pierre, scellez cette alliance de la royauté et du sacerdoce », insiste le pape. Le roi lui répond alors : « Vous n’avez pas le droit d’agir ainsi… » Le pape, en effet, vient de proclamer par sa bulle du 10 mars 1208 la déchéance du comte de Toulouse Raymond VI, ce « ministre du diable », et l’exposition en proie de ses domaines :

« Que tous ceux qui sont liés audit comte par un serment de fidélité, d’association ou d’alliance soient déclarés par notre autorité apostolique relevés de ce serment. Qu’il soit permis à tout catholique […] non seulement de combattre le comte en personne, mais encore d’occuper et de conserver ses biens, afin que la sagesse d’un nouveau possesseur purge cette terre de l’hérésie dont par la faute du comte elle a été jusqu’ici honteusement souillée. »

Fort habilement, le pape joue sur les deux tableaux du nouveau droit canonique et de l’ancien droit féodal : la conquête du comté au nom de la croisade entraîne la mise en demeure de tous les vassaux du comte déchu de prêter serment au nouveau maître (et donc à Rome), au nom cette fois du droit féodal. C’est la déstabilisation de toute la pyramide féodale dans l’espace géopolitique nord-pyrénéen qui est en jeu [16].

Sous la pression, Philippe Auguste temporise et envoie son fils, le futur Louis VIII, en mission d’observation. Peu après la mort de son père en 1223, Louis VIII prendra la croix [17] contre le comte de Toulouse, mais mourra avant la fin de son expédition. Ce revirement du Capétien fut-il dû à l’influence de son épouse, la très catholique Blanche de Castille, qui assura ensuite la régence pour son fils Louis IX, porté sur le trône à 9 ans, et bientôt bénéficiaire du label de « saint » ? C’est en tout cas saint Louis qui récolta le fruit de l’alliance entre Rome et Paris, avec le traité de Paris (1229) par lequel Raymond VII de Toulouse livra à la couronne capétienne la moitié de ses États et, par le mariage de sa fille à un frère du roi assorti de clauses successorales, lui garantissait l’annexion du reste à plus ou moins brève échéance ; l’Occitanie deviendra définitivement française en 1271. Que l’on songe qu’avant cette date, le Royaume de France n’avait pas d’accès à la Méditerranée. Le comte de Toulouse n’était en effet vassal du roi de France que par une mince fiction juridique, et pour une partie seulement de ses domaines. Aucun comte de Toulouse ne s’était jamais rendu au couronnement d’un roi de France pour lui prêter serment. En pratique, le comte de Toulouse était maître chez lui, « un roi sans couronne ». Culturellement, l’Occitanie était davantage tournée vers l’Espagne, et Raymond VI avait renforcé l’axe Barcelone-Toulouse en épousant une sœur de Pierre II d’Aragon, tandis que son fils Raymond VII en épousait une autre (devenant le beau-frère de son propre père) [18].

La croisade ne vint pas à bout de l’hérésie, loin s’en faut. Il fallut pour cela l’Inquisition, instituée officiellement en Languedoc en 1231 par le pape Grégoire IX, et confiée au nouvel ordre des Dominicains, sous la direction de Dominique de Guzman. En 1252, par la bulle Ad extirpanda, le pape Innocent IV autorise la mise à la torture des fauteurs d’hérésie, qui sont des « assassins d’âmes mais aussi des voleurs de sacrements divins et de la foi chrétienne ». Michel Roquebert exprime une opinion largement partagée en écrivant que l’Inquisition fut « la première émergence historique d’un système de contrôle idéologique exhaustif de toute une population au moyen d’enquêtes, de délation institutionnalisée, d’interrogatoires et de constitution de fichiers de renseignements [19] ».

L’épilogue de la lutte entre le pape et le roi capétien se joua entre Philippe le Bel (1285-1314) et Boniface VIII (1294-1303). Leur conflit fut comparable en intensité à celui qui avait opposé l’empereur germanique Henri IV au pape Grégoire VII. L’enjeu immédiat était devenu financier : le pape voulait interdire aux rois de prélever des impôts sur leur propre clergé sans approbation préalable du pape. Les clercs avaient l’ordre de désobéir aux souverains qui n’observeraient pas cette règle. Philippe voulut mettre fin à ce privilège et à la puissance financière internationale qu’était devenue l’Église, et l’ordre du Temple en particulier. La lutte se termina par la séquestration et la mort du pape Boniface, remplacé par un pape français installé à Avignon (Clément V), puis la destruction de l’ordre du Temple. Les six papes d’Avignon suivants furent tous français, et leurs cardinaux le furent presque tous. Cette défaite irréversible du projet romain, lancé deux siècles et demi plus tôt, instaure un nouvel équilibre que l’État monarchique met à profit pour se développer selon des lignes séculières.

C’est pourquoi l’on estime qu’en fin de compte, c’est à la Réforme grégorienne que l’on doit l’État moderne, puisque c’est elle qui, en désacralisant la royauté, lui a permis de se séculariser. Une sécularisation qui, malheureusement, est devenue aujourd’hui la caricature d’elle-même : un État sans âme, hostile à toute religiosité.

Notes

[1] John Meyendorff et Aristeides Papadakis, L’Orient chrétien et l’essor de la papauté, Cerf, 2001.

[2] John Meyendorff et Aristeides Papadakis, L’Orient chrétien et l’essor de la papauté, op. cit., p. 109-111 ; Jonathan Harris, Byzantium and the Crusades, op. cit., k. 671-73.

[3] Sylvain Gouguenheim, Le Moyen Âge en questions, Tallandier, Texto, 2012, p. 40.

[4] Francis Rapp, Le Saint Empire romain germanique, d’Otton le Grand à Charles Quint, Seuil, 2003. 

[5] Georges Duby, Le Chevalier, la femme et le prêtre, Fayard/Pluriel, 2012, p. 9-16.

[6] Le terme « albigeois », écrit avec une minuscule, désigne un individu adepte d’un courant religieux (principalement le catharisme). À ne pas confondre avec « Albigeois » avec une majuscule, qui désigne la vicomté d’Albi ou un habitant de la ville d’Albi. (NDLR)

[7] Félix de Verneilh-Puyraseau, L’Architecture byzantine en France (1851), Nabu Press, 2011.

[8] Jean-Louis Biget, « Hérésie, politique et société en Languedox vers 1120-1320 », dans Jacques Berlioz, dir., Le Pays cathare. Les religions médiévales et leurs expressions méridionales, Seuil, 2000, p. 17-79.

[9] Michel Roquebert, Histoire des Cathares, Perrin/Tempus, 1999, p. 24.

[10] Anne Brenon, « Le catharisme méridional : questions et problèmes », dans Jacques Berlioz, dir., Le Pays cathare. Les religions médiévales et leurs expressions méridionales, Seuil, 2000, p. 81-100 (85).

[11] Michel Roquebert, Histoire des cathares, Perrin/Tempus, 1999, p. 43-45, 59.

[12] Michel Roquebert, Histoire des cathares Perrin/Tempus, 1999, p. 51.

[13] Anne Brenon, « Le catharisme méridional : questions et problèmes », dans Jacques Berlioz, dir., Le Pays cathare. Les religions médiévales et leurs expressions méridionales, Seuil, 2000, p. 81-100 (p. 92).

[14] Michel Roquebert, Histoire des cathares, Perrin/Tempus, 1999, p. 136.

[15] Michel Roquebert, Simon de Montfort, bourreau et martyr, Perrin, 2005, p. 120.

[16] Michel Roquebert, Histoire des cathares, Perrin/Tempus, 1999, p. 113-139.

[17] Prendre la croix : s’enrôler dans une croisade. (NDLR)

[18] Michel Roquebert, Histoire des cathares, Perrin/Tempus, 1999, p. 17, 100-101, 198-199.

[19] Michel Roquebert, Histoire des Cathares Perrin/Tempus, 1999, p. 18-19.

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  • #1762717
    Le 8 juillet à 19:34 par Blasi
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    Sur ce sujet, je recommande également la lecture du livre de Georges Bordonove intitulé La Tragédie Cathare, qui est très bien écrit et riche d’enseignements.

    Visca Occitania Liure !

     

    Répondre à ce message

  • #1762794
    Le 8 juillet à 21:50 par mik ezdanitoff
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    Très intéressant, merci. C’est sûr ça nous change de MS pour qui l’église catholique est parfaite, et tout est de la faute à Voltaire.

     

    Répondre à ce message

    • #1763030
      Le 9 juillet à 12:15 par Atos, Portos, et Aramis
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      Effectivement ! A l’entendre on pourrait parfois croire que les croisades, la colonisation, l’esclavage etc n’ont jamais existés.

      Ce point de vu contrasté de Laurent Guyénot par rapport au sien est bienvenu.

       
    • #1763616
      Le 10 juillet à 05:09 par Marion Sigaut
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      C’est de la diffamation.
      J’attends que vous vouliez bien étayer votre assertion d’une citation exacte dans laquelle je dis que l’Église est parfaite et que tout est de la faute à Voltaire.

       
    • #1763617
      Le 10 juillet à 05:14 par Marion Sigaut
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      @Atos, Portos, et Aramis



      Effectivement ! A l’entendre on pourrait parfois croire que les croisades, la colonisation, l’esclavage etc n’ont jamais existés.

      Ce point de vu contrasté de Laurent Guyénot par rapport au sien est bienvenu.



      Joli ! Allez, citez donc un de mes écrits ou une de mes conférences dans lesquels j’affirme que les croisades, la colonisation et l’esclavage n’ont jamais existé (existé sans S à la fin, merci).
      Diffamation !

       
    • #1763667
      Le 10 juillet à 09:56 par vélo
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      Chère Marion Sigaut,

      Félicitations pour le site RéHistoire que vous avez ouvert avec Claire Colombi.

       
    • #1764014
      Le 10 juillet à 20:12 par Atos, Portos, et Aramis
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      @ Marion Sigaut :

      Je ne dis pas que vous "affirmez" que ça n’existe pas. Je dis qu’à vous entendre " on pourrait parfois croire que "...

      Nuance importante. Du coup de quel côté est la diffamation ?

      Bref, mon message n’avait pas pour but de vous invectiver. Si c’est comme ça que vous l’avez pris je m’en excuse. D’autant que j’apprécie beaucoup votre travail de manière générale (je l’ai dit ici même dans un autre message qui n’a pas été publié).

      Ceci étant je maintiens qu’à vous écouter sur les rois de France, l’église catholique ou les Jésuites etc... On a parfois le sentiment (en tout cas en ce qui me concerne) que vous occultez complètement tout ce pan de l’histoire. A vous entendre les élites concernées (ecclésiastiques ou monarchiques) semblent être exempts de tout reproche au sujet des cas cités plus haut.

      Vous répondrez surement (et à raison) que ce n’est pas l’objet de vos recherches mais ça n’empêche que c’est bien j’ai le sentiment que j’ai à ce propos.

       
    • #1764138
      Le 10 juillet à 23:28 par AF
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      Marion Sigaut n’aborde qu’un nombre limité de sujets (et c’est d’ailleurs une bonne chose, car on ne peut pas tout maîtriser). S’il se trouve que dans les sujets qu’elle traite l’Église n’a rien à se reprocher, elle aurait tort de dire le contraire.

      Mais puisque le sujet est le catharisme, je cite de mémoire une de ses paroles (avec mes excuses si je la déforme quelque peu), à savoir que ce massacre s’explique par la remise en cause par les Cathares de l’homogénéité et de la cohésion religieuse dans le Sud-Ouest.

      Cette tentative d’explication constitue-t-elle une approbation de la solution adoptée pour régler le "problème" ?

      Au cours des dernières années, il y a une autre secte dualiste d’inspiration gnostique dont les adeptes se sont fait massacrer en masse car ils rompaient l’uniformité sunnite du nord de l’Irak : les yézidis. Difficile de ne pas esquisser un parallèle.

       
    • #1766886
      Le 15 juillet à 17:08 par FONTANELLA Romain
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      Voyez vous, comme dit un abbé que j’aime bien, le problème aujourd’hui pour l’Église, c’est qu’on ne brûle plus assez.

       
    • #1767517
      Le 16 juillet à 17:52 par Miville
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      Marion Sigaut ne dit pas que le parti catholique de la France a raison sur tout. Elle dit qu’il n’a pas tort sur tout, nuance, au milieu d’un consensus unanime pour la condamner ; et que dans le parti catholique il y a des factions, comme la cause janséniste, qu’elle déteste avec la virulence qu’on lui connaît bien.

      Pour ce qui est de la croisade des Albigeois, c’est également un domaine où la bien-pensance récente s’en est donné à coeur joie. Les Cathares du Languedoc n’étaient pas des purs au milieu d’une vague déferlante de barbares nazifiés et corrompus lancés depuis Paris. Les cathares du Languedoc étaient des gnostiques subventionnés par des intérêts marchands et usuriers qui s’opposaient aux oeuvres sociales de l’Église sous prétexte que dans ce monde impur déserté par Dieu il était impie d’invoquer les forces de la pitié et qu’il fallait s’en remettre aux seules forces du marché. Sous prétexte aussi que toute misère humaine était à laisser telle quelle et à exploiter commercialement en tant que manifestation de la loi du karma : en effet, ces Cathares croyaient à la ronde des réincarnations comme l’explication finale de tout, et la conscience sociale était vue comme le grand obstacle au salut. De tous temps et sous tous les horizons le gnosticisme, qui est partout et toujours fondé sur les mêmes axiomes et le même recours à l’ésotérisme et à la voyance, et partout subventionné par les mêmes forces sociales usurières et marchandes en général situées en aval des grands fleuves et des estuaires (la plaine Indo-gangétique, le delta du Nil, la Flandre, le delta du Pô, la basse Rhénanie et ici la Gironde) a été le fourrier de la lutte anti-pauvres.

      Le Catharisme est venu des mêmes régions de France sudistes qui plus tard, sous la pression des mêmes forces marchandes, prirent fait et cause pour le calvinisme, puis pour le libéralisme physiocrate girondin. Telle est l’information que le pouvoir intellectuel actuel cherche à brouiller. Si la répression fut si cruelle, c’est qu’y prirent par beaucoup de gens pauvres et modestes pour lesquels il était évident que ce parti était celui des forces qui les écrasaient : en effet on tend à oublier que les croisades étaient des mouvements d’enthousiasme populaires avant tout, que les autorités encadraient à contre-coeur bien souvent. Si les Cathares avaient gagné, Bordeaux serait la luxueuse capitale d’une France célèbre dans le monde pour sa misère et sa religion lugubre la justifiant.

       
  • #1762863
    Le 8 juillet à 23:35 par Atos, Portos, et Aramis
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    Excellent texte encore une fois (après celui sur la laïcité). Merci à Laurent Guyénot.

    A quant un livre sur le sujet ? (que je m’empresserais d’acquérir)

    Cordialement

     

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  • #1762934
    Le 9 juillet à 07:52 par Navy
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    Article très intéressant, pas surprenant de la part de L. Guyenot, dont nous avons l’habitude des études fouillées et anticonformistes.
    Est-ce le cas ici ?
    Il est dommage qu’une grande partie de l’étude ait comme source unique les ouvrages de M. Roquebert dont le parti pris cathrarocentristre est indéniable.
    Cette étude très favorable aux cathares, très anti-catholique et anti-inquisition y perd toute sa valeur pour devenir un énième papier politiquement correct sur le sujet.

     

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  • #1762942
    Le 9 juillet à 09:05 par Adalbéron
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    L. Guyénot a été bien formaté par ses études d’historien médiéviste dans notre belle université républicaine. Nous servir la fable des cathares, comme de vrais chrétiens, il faut le faire... Et l’idée protestante d’une Eglise qui s’éloigne du Christ avec le temps fait toujours rage. Il est vrai que depuis Vatican II, le vin semble s’être transformé en eau de boudin.
    Si M. Guyénot condescend à lire des gens qui défendent la vraie foi catholique, je lui conseille de lire les volumes de l’Histoire sainte écrits par Jean de Monléon. Il fera ainsi connaissance avec la véritable exégèse biblique et il écrira moins d’inepties.
    Pour les cathares, qu’il lise les livres d’Etienne Couvert sur la gnose.
    Les cathares étaient des gnostiques, inspirés par les kabbalistes juifs du Languedoc, gnostiques aussi. Kabbalistes qui sont aussi, entre autres, inspirateurs de la Franc-maçonnerie.
    Qu’il y ait eu des gens douteux dans le clergé et les rangs des croisés... Ce n’est pas parce qu’il y a de mauvais médecins que la médecine est en soi mauvaise. Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie.

    M. Guyénot, il faut choisir le bon camp. Sortez de vos ornières ; encore un effort !
    Vous avez réussi à vous extraire de votre adoration pour l’Amérique US, finissez le boulot. Il ne suffit pas de brûler ce qu’on a adoré quand on était dans l’erreur, il faut aussi adorer ce qu’on a brûlé. Si on crame tout, et qu’on ne restaure rien, on est un désespéré.

     

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    • #1763460
      Le 9 juillet à 21:23 par Adran Jorgen
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      La franc-maçonnerie et le catharisme partagent effectivement le même dogme conceptuel mais ont une finalité totalement différente. Les cathares considéraient que l’univers est la création du demiurge (satan) et qu’il faut s’en extirper de manière éternelle (éviter les réincarnations et rejoindre le royaume du Dieu originel) tandis que les maçons se réjouissent et s’émerveillent de cette fausse création et vénèrent le demiurge en tant que grand architecte de l’univers.

      C’est la même base idéologique, mais la perception et les desseins relatifs sont totalement différents.

       
    • #1769871
      Le 20 juillet à 17:00 par Coréen Catholique Romain
      La croisade albigeoise expliquée aux grands

      Excellent commentaire.

      RUACH !!!

       
  • #1763493
    Le 9 juillet à 21:58 par hahaha
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    Hahaha, @Laurent : il y a trop de références pour se faire un avis historique définitif. Mais cet article est passionnant et fait furieusement penser à des événements actuels (Jihad, invasions de territoires sous couvert de religion, excommunications et massacres en veux-tu en voilà, le tout à des fins matérialistes, politiques et militaires). Tout sauf du spirituel... Cet article est passionnant et demande d’étudier cette période plus en détail. Des lectures pour l’été !

     

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  • #1763564
    Le 10 juillet à 00:19 par un deux trois
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    Quand je pense que des bobos sont fascinés des fictions de dan brown sur le secret des templiers alors que tout est là sous nos yeux...
    La pré-mondialisation coloniale que furent les croisades a été orchestrée par une élite suppérieure aux rois des nations, une élite qui tire sa légitimité d’une maitrise érudite de la torah...
    Il est intéressant (dans la lignée des mythes cathares, de la Terre plate etc) de connaitre le personnage de Lilith, qui, comme signalé sur le site officiel de la cathédrale Notre Dame de Paris, n’aura été évincée du dogme catholique qu’au XIXe siècle, tout en restant officiel dans la doctrine judaique...

     

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  • #1764212
    Le 11 juillet à 01:55 par Poliment
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    Merci à la team de laisser toutes les sensibilités s’exprimer dans les commentaires : c’est vraiment réjouissant.

    Laurent Guyénot a signé une superbe synthèse (que ne l’ai-je eu comme professeur), orientée, faillible ou à compléter/discuter en certains points, mais sans jamais prétendre, comme à son habitude, qu’il croyait au mythe de l’objectivité * : bien des lecteurs ne s’y trompent pas, tandis que tout le monde prend le flambeau de la discussion, et c’est très bien.

    M. Guyénot, E & R : merci !

    * Paul Veyne : "Comment on écrit l’histoire ?" (1971).

     

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  • #1765282
    Le 12 juillet à 17:58 par envolées_des_incultes
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    On attribue à 2 navarques, Protis et Simos, les débuts de la colonisation grecque du sud est de la Gaule. Les romains vont eux aussi y implanter des colons et des légions ( la Xeme à Narbonne de mémoire - pas sûr ) venus des Balkans, et d’Asie mineure.
    .
    Narbonne est attestée comme étant une ville Celtes par Hécatée de Milet, qui fut le premier à noter l’existence des Celtes et qui fait référence à Narbonne comme ville celte et Massalia une ville de Ligurie.(contrairement au baratin contemporain, donc pas fondée par les Grecs phocéens qui nommaient les autochtones "Keltoi".). Le Sud est de la Gaule a donc subit une transformation ethnique par la double colonisation romaine et grecque.
    .
    Concernant l’implantation Celtes en Europe, "on" parle de pré-histoire. C’est arrangeant ... Surtout pour les impériaux qui font table rase du passé pour déployer leur narrative.
    .
    Plus précisément, pour Albi, la présence Celtes est également attestée (le nom de la rivière Tarn, pouvant parfois déborder de façon violente, viendrait d’ailleurs du dieu celte de la colère, Taranis).
    .
    Concernant le catharisme, des liens sont présumés avec la Bulgarie au travers du bogomilisme, mouvement frère né sous l’impulsion du monastère de Preslav, où ont œuvré Naoum, et des disciples de Cyrille et Méthode. Il y avait également, sur les cotes bulgares et roumaines, des comptoirs grecs.
    .
    Quoi qu’il en soit vraiment, la superposition des deux cartes, celle romaine et celle concernant le catharisme, est assez remarquable pour qu’on établisse un lien entre les deux et le processus de colonisation grecs et romains du sud est du pays celte.

     

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  • #1768452
    Le 18 juillet à 02:11 par Iskandaar
    La croisade albigeoise expliquée aux grands

    La croisade contre les cathares étaient surtout un moyen de démanteler la civilisation florissante d’Occitanie au XIIIeme siècles. Un modèle sociétale et économique concurrent à celui de l’église catholique romaine. la société occitane était alors bien plus ouverte (coexistence religieuse), les paysans n’étaient le plus souvent pas soumis au droit féodale et étaient propriétaires de leurs terres (droit d’alleu), pouvant s’enrichir jusqu’à s’installer dans les bourgs, d’où l’accusation anachronique de « bourgeoisie » par nos néo-hérésiologues modernes. S’il y avait une bourgeoisie elle se confondait avec la noblesse, nous ne sommes pas encore en 1789 contrairement à ce que voudraient faire croire certains par association d’idées.

    Une preuve que la croisade contre les cathares ne se distinguait pas d’une guerre contre l’Occitanie elle même : le pape Honorius III fit condamner l’occitan (langue d’oc) « langue de « l’hérésie ». Il devance en cela la république, qui fit des langues régionales des hérésies à l’esprit des « sacro-saintes » lumières laïques : toujours les dogmes, mais sans la justice, n’est ce pas...

     

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