Egalité et Réconciliation
https://www.egaliteetreconciliation.fr/
 
A A A
imprimer

La police peut-elle changer d’éthique ?

Depuis plus d’un an, les manifestations de Gilets jaunes et les mouvements sociaux s’enchaînent en France, donnant lieu à des affrontements récurrents entre manifestants et forces de l’ordre.

 

La manifestation du jeudi 9 janvier a d’ailleurs donné lieu à de nouvelles vidéos mettant en cause la façon dont les policiers, a priori débordés, font usage de violences et de formes d’« illégalismes » qui remettent aujourd’hui en cause leur profession.

Comment enrayer cette escalade de la violence ? Comment revenir à une police vertueuse au service des citoyens ? On serait tenté de répondre qu’il faut inculquer l’éthique déontologique aux policiers et mieux les contrôler. Mais ils savent déjà parfaitement qu’ils doivent respecter les lois de la République et le code de déontologie. Ils savent aussi qu’ils sont souvent filmés sur la voie publique et cela ne les empêche pas de se laisser aller parfois à des comportements violents comme le rappellent les nombreux vidéos et tweets suite aux dernières manifestations.

 

 

Illégalismes policiers

Les illégalismes ont été définis par Michel Foucault comme étant l’ensemble des pratiques illicites associées chacune à des groupes sociaux distincts.

Il précisait que l’illégalisme contient la possibilité d’un respect de la légalité en fonction des circonstances. Cela peut sembler paradoxal mais les spécialistes le savent :

« Clairement et comme le montre les classiques de la sociologie policière, une attitude de conformité stricte aux règles déboucherait inévitablement sur une paralysie de l’ensemble de l’organisation. »

Les magistrats eux-mêmes sont complices de cet état de fait, la procédure pénale s’étant complexifiée à tel point qu’il devient difficile de mener à terme une enquête policière en respectant scrupuleusement les lois et règlements sans risquer un vice de procédure. Jean‑Paul Brodeur, éminent spécialiste de la police, affirmait même que

« la possibilité toujours ouverte de transgresser impunément les lois auxquelles sont soumis les autres citoyens est constitutive de l’idée de police. »

[...]

Un pas vers la déontique

La frontière est parfois mince entre les illégalismes tolérés et les comportements illégaux de certains policiers. C’est ce qui nous incite à penser que renforcer l’éthique déontologique des policiers ne semble pas pertinent puisqu’il s’agirait de renforcer les textes de lois alors que ceux-ci ne sont déjà pas toujours respectés. Nous suggérons donc qu’il pourrait être plus pertinent de former les agents à la déontique, fondamentalement différente de la déontologie.

La déontique est la science qui étudie les rapports formels qui existent entre des concepts normatifs tels que les obligations, les permissions et les interdictions. On parle même de logique déontique qui, pour être efficiente, articule le temps, l’agent, le droit et les destinataires en s’appuyant sur la mise en œuvre d’un discernement éclairé (ce qui nous intéresse car nous en retrouverons la trace plus loin dans le code de déontologie).

Face à une situation d’urgence, le policier se doit d’intervenir rapidement tout en conciliant le respect des lois en vigueur, ses droits et ses devoirs. Rarement il objective les conséquences éventuelles de son action mais pense uniquement à ce qu’il peut faire dans les temps qui lui sont impartis.

[...]

« la bonne volonté n’est pas une garantie ni la bonne conscience une excuse : car la morale ne suffit pas à la vertu, il y faut aussi l’intelligence et la lucidité. »

 

 

Pratiques réflexives

Et c’est justement une des nouveautés qui apparaît dans le dernier code de déontologie de la police et de la gendarmerie (2014) :

« Le policier et le gendarme, dans l’exercice de ses fonctions, font preuve de discernement : il tient compte en toutes circonstances de la nature des risques et des menaces de chaque situation à laquelle il est confronté et des délais qu’il a pour agir, pour choisir la meilleure réponse à apporter. »

On ne parle plus de textes de loi à faire respecter à tout prix, on parle bien de réflexion éthique personnelle à avoir. Mais il faudrait pour cela revoir la formation des policiers car il ne s’agit plus d’imposer des notions de droits rigoristes mais d’amener les agents à réfléchir aux conséquences de leurs actes par la mise en place de pratiques réflexives.

Lire l’article entier sur theconversation.com

 

Le policier et syndicaliste Alexandre Langlois s’exprime à ce sujet sur RT France :

 

 

Pour le syndicat de police Synergie-Officiers, il s’agit d’une « intoxication exercée par les réseaux sociaux » :

 

 

La violence étatique, sur E&R :

 






Alerter

67 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

Suivre les commentaires sur cet article

Afficher les commentaires précédents
  • #2364638
    Le 14 janvier à 21:23 par James Fortitude
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    ou est-ce que vous avez vu des policiers sur les vidéos ? Ce que l’on aperçois sur les vidéos, ce sont les troupes d’occupation à la solde du grand capitale avec des équipements de policiers !

     

    Répondre à ce message

  • #2364659
    Le 14 janvier à 21:45 par Marko
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    Franchement la police s est tellement rabaisser à tabasser des femme et des gens qui veulent juste vivre ...ils ont traîner des femme par les cheveux. ..crever les yeux de gamine de 40 kilo....et j en passe et tout ça pour que macron les lâche comme des bouze. ..maintenant macron peut les licencier en masse pour faire des économie et tout le peuple va applaudir et danser de joie....

     

    Répondre à ce message

  • #2364679
    Le 14 janvier à 22:34 par masque de chair
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    "La déontique est la science qui étudie les rapports formels qui existent entre des concepts normatifs tels que les obligations, les permissions et les interdictions. On parle même de logique déontique qui, pour être efficiente, articule le temps, l’agent, le droit et les destinataires en s’appuyant sur la mise en œuvre d’un discernement éclairé (ce qui nous intéresse car nous en retrouverons la trace plus loin dans le code de déontologie)"

    Si vous arrivez à comprendre cette phrase sans la relire trois fois, bravo ; mais je préfère quand même le français de Boileau : "Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément"

     

    Répondre à ce message

  • #2364688
    Le 14 janvier à 23:12 par boubou
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    Ces crapules de milices casqués er habillés en robots coops sont forts en groupes et cachés sous leurs cagoules sans RIO agissent comme des lâches car ils savent que si les gens en face répliquent , ils iront tout droit en prison comme la été Dettinger. Seul dans la rue et sans armes ces mecs ne joueraient pas les dures de peur de prendre une fessée. une bonne tripotés de lâches protégés par Castaner pour faire leurs sales besognes.

     

    Répondre à ce message

  • #2364752
    Le 15 janvier à 02:10 par PLB
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    Déontique : Formalisation des rapports de l’obligation, de l’interdiction, de la permission et du facultatif dans la loi.
    Pour Pinot simple flic c’est en gros :

    Obligation : Obligation d’intervention. C’est les ordres.
    Interdiction : D’excéder ses prérogatives (et surtout sa hiérarchie)
    Permission : De recourir à la force de manière graduelle et mesurée. (et d’casser la gueule des manifestants, que le chef peut pas blairer.)

    J’ai tout compris non ?

     

    Répondre à ce message

  • #2364754
    Le 15 janvier à 02:12 par PLB
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    Code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale :

    Article R. 434-5 – Obéissance
    I. - Le policier ou le gendarme exécute loyalement et fidèlement les instructions et obéit de même aux ordres qu’il reçoit de l’autorité investie du pouvoir hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.
    S’il pense être confronté à un tel ordre, il fait part de ses objections à l’autorité qui le lui a donné, ou, à défaut, à la première autorité qu’il a la possibilité de joindre, en mentionnant expressément le caractère d’illégalité manifeste qu’il lui attribue. Si, malgré ses objections, l’ordre est maintenu, il peut en demander la confirmation écrite lorsque les circonstances le permettent. Il a droit à ce qu’il soit pris acte de son opposition. Même si le policier ou le gendarme reçoit la confirmation écrite demandée et s’il exécute l’ordre, l’ordre écrit ne l’exonère pas de sa responsabilité.

    Alors, le flic doit se plaindre par écrit au mec qui lui a donné l’ordre et qui va lui rendre la vie impossible s’il n’obéit pas, et s’il obéit, il est quand même responsable.

    Autrement dit : tu fais pas, t’es baisé, tu fais : t’es baisé aussi.
    C’est pas demain la veille qu’on aura la peau de Castaner…….

     

    Répondre à ce message

  • #2364859
    Le 15 janvier à 09:59 par Caro
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    Je vais sans doute me faire un peu l’avocat du diable, mais depuis le temps qu’ils se retiennent parce qu’ils n’ont pas le choix, contre des petits cons et la racaille des cités qui leur crache à la gueule. Je n’ai pas l’once d’une violence, et pourtant un paquet de fois je me suis dit que si j’avais été à leur place, j’aurais possiblement eu la bavure facile, parce qu’à un moment donné, on est humain et on ne peut plus tout supporter.

    Là, on met en face d’eux des mecs bien propres sur eux et bien gentils, des femmes, des jeunes, non armés, et on leur dit (leur direction) : allez-y, rentrez leur dans le tas et même, encouragez-les à devenir méchants, comme ça on pourra tous rentrer à la maison plus vite.

    Bref les mecs ont enfin la possibilité de se défouler et de se sentir forts, et ça prend le dessus sur le reste.

    L’éthique, elle viendra quand leur profession sera aussi reconnue pour ce qu’elle a de bien et de bon ; quand les voyous arrêtés ne seront pas relâchés dans la seconde, quand ils pourront enfin nettoyer les quartiers chauds, etc.

    PS : je n’ai aucun lien ni de près ni de loin avec la police, et croyez-moi, je vomis autant que quiconque devant les images des gilets jaunes tabassés "pour rien"

     

    Répondre à ce message

  • #2365062
    Le 15 janvier à 14:47 par Albert Montanardi
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    On apprend par le canard enchaîné qu’ au sein des forces de l’ordre, lors de l’acte 9 des gilets jaunes, des CRS étaient équipés de fusils d’assaut,ce que confirme plusieurs vidéos.Etait-ce donc là ces fameuses armes dont le "philosophe"Luc Ferry souhaitait que la police sinon l’armée fasse usage ?

     

    Répondre à ce message

  • #2365384
    Le 16 janvier à 08:10 par calal
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    juste une reflexion en passant ou plutot une comparaison :
    - trois policiers interpellent un livreur,l’immobilise et le livreur meurt etouffe.
    - trois policieres dans une video d’un pays scandinave tentent d’interpeller un migrant et sont incapables de le mettre a terre,le gars les frappe et se barre...

     

    Répondre à ce message

  • #2365403
    Le 16 janvier à 08:59 par berutureb
    La police peut-elle changer d’éthique ?

    Avant j’avais du respect pour la police, mais ça c’était avant.

     

    Répondre à ce message

Afficher les commentaires précédents