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Le mythe démocratique

La démocratie mérite-t-elle de survivre ? Sulfureuse et interdite, la question, posée par Christopher Lasch, vaut pourtant d’être posée. Fallacieusement réduite à l’introduction d’un bout de papier dans un isoloir tous les cinq ans, l’idée semble de plus en plus saugrenue.

D’emblée, notons que la démocratie fait l’objet d’un terrible consensus ; le spectre du totalitarisme d’avant-guerre planerait toujours. Dès lors, celle-ci ne rencontre que très peu d’opposition. Dans le camp socialiste, la critique acerbe de la démocratie bourgeoise, et du côté de la tradition, la contestation virulente de la loi du nombre ont littéralement disparu. Erigée en dogme, elle fait l’objet d’un véritable fétichisme institutionnel conjugué à une idolâtrie républicaine [1] qui peut laisser pantois. Devenue une quasi-religion et un véritable impérialisme, sa théologie et son modèle sont largement exportés par l’ingérence et la violence pour assurer la domination du Marché.

Il convient de rappeler que ladite démocratie ne constitue pas un but, une fin en soi. Elle est un moyen pour la plèbe de garantir la maîtrise de son destin commun. Se gouverner seul, sans intermédiaire. En d’autres termes, assurer un véritable libre-arbitre collectif tendant à limiter l’arbitraire dans la vie de la Cité. Elle constitue un instrument de liberté permettant l’émancipation d’un peuple. Plusieurs constats doivent être dressés. Primo, il n’a jamais été véritablement expérimenté une authentique démocratie [2]. Secundo, le concept de démocratie n’a plus vraiment de signification et semble avoir été vidé de sa substance. Tout le monde s’en réclame ; personne ne sait ce que cela recouvre. Serait-ce devenu un mythe moderne ?

Profondément pessimiste, notre civilisation libérale manque indubitablement de créativité et d’optimisme. Peut-on envisager le dépassement du « pire des régimes à l’exception de tous les autres » ou a minima de dresser un bilan critique de celui-ci [3] ?

 

Lire l’intégralité de l’article sur leverbepopulaire.wordpress.com

Notes

[1] Notons que le concept de démocratie – dans la communication politico-médiatique – se voit progressivement substitué à celui de République et de son corpus de valeur composé du triptyque classique. Qu’est-ce que la République ? Rappelons que c’est sous la République française qu’a eu lieu le massacre des communards pendant la semaine sanglante en 1871, les différentes conquêtes coloniales, les boucheries des deux guerres mondiales ainsi que le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il est important de souligner que ni les droits de l’Homme, ni l’Etat de droit – corollaires de la république démocratique – n’ont pu assurer un garde-fou nécessaire. Serait-ce un modèle largement perfectible ? Soulignons que la notion d’« état de droit » confond légitimité et légalité. Cela s’appelle le positivisme juridique. La légalité repose uniquement sur le respect de règles et de procédures juridiques formelles faisant abstraction de toute valeur ou d’éthique. C’est le règne froid du droit formel et procédural et en dernière instance des rapports de force.

[2] L’exemple paroxystique est celui de la démocratie athénienne. Il est convenu – chez les oligarques – d’objecter que les femmes, les métèques et les esclaves n’avaient pas le droit de vote, jetant ainsi l’opprobre sur la totalité de cette expérience historique sans précédent et plus particulièrement sur la centralité du tirage au sort comme mode de désignation. Cet argument est manifestement anachronique. Se déroulant au Vème siècle avant J-C, cet épisode hérite du contexte de l’Antiquité. Précisons qu’en France, l’esclavage a été aboli en 1848, que les femmes ont disposé du droit de vote en 1944. De plus, les étrangers ne disposent pas du droit de vote considéré comme un attribut de la citoyenneté. Doit-on pour autant condamner par principe le modèle dans sa totalité ? De nos jours, les modèles atypiques suisse et vénézuélien devraient inspirer l’essaim d’oligarques qui pullulent dans nos sociétés de consommation.

[3] Il convient de distinguer deux problématiques distinctes. La théorisation et l’expérimentation d’un modèle démocratique authentique, et la procédure (les rapports de force) qui permettent d’y parvenir. Les deux questions sont infiniment complexes et font l’objet de nombreuses querelles. Il apparaît difficile de proposer un quelconque mode d’emploi. Il convient d’avoir la lucidité et l’humilité nécessaires pour aborder cette question quasi-métaphysique. Celle-ci ne doit pas être envisagée hors-sol mais s’enraciner dans un contexte historique et culturel particulier. Le fantasme d’un modèle unique universellement transposable doit être balayé. De plus, il n’est pas superficiel de mener une réflexion sur l’efficacité des modèles, considérée à tort comme vulgaires. Penser à travers des concepts abstraits déconnectés de l’expérience et de la pratique peut être stimulant intellectuellement mais inopérant.

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44 Commentaires

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  • #854088
    le 10/06/2014 par ordo
    Le mythe démocratique

    C’est la pseudodémocratie qui doit cesser pas la démocratie.

     

    • #854178
      le 10/06/2014 par chouardien
      Le mythe démocratique

      C’est dans ce sens-là qu’il faut le prendre ordo.
      Derrière la démo(n)cratie, il y a le "Nouvel ordre mondial", et derrière celui-ci il y a les serviteurs de Pharaon.
      Et curieusement on parle beaucoup de démocratie en Suisse, toujours aussi neutre comme on le sait...


  • #854089
    le 10/06/2014 par Abbé Penon
    Le mythe démocratique

    Monarchie absolue.

    C’est quand même simple, non ?!

    Maurras : "la question n’est pas de savoir quel régime restaurer, mais quel régime peut restaurer la France".

     

    • #854193
      le 10/06/2014 par JJ67
      Le mythe démocratique

      La France serait aujourd’hui une monarchie si les deux héritiers au trône ne s’étaient pas chamailler en 1870-73. La Troisième République - régime bourgeois qui n’avait pas le but de tendre vers l’idéal démocratique - est née en profitant de cette dispute.

      Encore de nos jours, qui est le vrai héritier entre Louis XX et Henri VIII ? Les deux ne sont-ils pas liés à des banques en plus ?


    • #854366
      le 10/06/2014 par Thrive
      Le mythe démocratique

      La réponse est : la France ne pourra pas être restaurée, surtout avec le Régime au pain sec et à l’eau que nous préparent nos "élites".
      L’Union Européenne lutte donc contre l’obésité...n’est-ce donc pas formidable ?


    • #854583
      le 11/06/2014 par Dr Siam
      Le mythe démocratique

      "Monarchie absolue"...
      Que c’est drôle !
      Et vous mettez qui comme "Roi", hein ?
      Qui est assez légitime ?
      Je parle de "vraie" légitimité, pas la soit-disant "sélection divine" ou le "sang" qui coule dans ses veines...
      Auquel cas, si on croit à la sélection "divine" du Roi, pourquoi jeter la pierre au peuple élu qui dirige, lui aussi soi-disant choisit par Dieu... ? (et légitime "par le sang" qui coule dans ses veines)
      Pire, remettre la monarchie, c’est rester dans le schéma actuel avec une minorité "dominante" et une majorité "aux ordres" qui est exploité...
      Si ce "régime" actuel est mauvais, un autre "similaire" où on ne change que les personnes restera un mauvais régime !

      Voila pourquoi la monarchie, absolue ou non, n’est pas une solution...


    • #854686
      le 11/06/2014 par sorwen
      Le mythe démocratique

      Je pense plus à une monarchie participative. Et non pas pour choisir son souverain, mais les directions qu’il nous demandent de prendre. Et oui c’est possible, tout comme ce fut possible que le monarque se fasse couper la tête.


    • #854712
      le 11/06/2014 par awrassi
      Le mythe démocratique

      La monarchie s’est construite sur la loi du plus fort et un don divin de la couronne ... Pourquoi nous débarrasser alors des sionistes qui nous dirigent ?


    • #856605
      le 12/06/2014 par jojo
      Le mythe démocratique

      La monarchie est une tyrannie au sens aristotélicien du terme, quand elle est absolu elle est encore plus dure que notre tyrannie présente. Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument comme on dit.
      D’autre part, le début du déclin Français, ce qui réjouissait Voltaire pendant qu’il conseillait des tyrans notoires étrangers, on le doit à Louis XV, le roi le plus catastrophique de l’Histoire de France et champion de la politique de l’étranger. Il faut voir de quoi on traite Napoléon qui a essayé de rattraper le coup.

      Comme l’expose cet excellent essai, le problème c’est que les riches, et même pire, les riches marchands, les 1% contrôlent les décisions collectives et eux seuls, ou comme on dit plus les choses changent plus elles restent les même.
      c’est pour ça qu’on bouffe de la merde, qu’on doit payer pour tout ce qu’on fait, que nos salaire ne suivent plus l’inflation depuis 1983 (mesure la plus ultra-libérale depuis la fin de la 3eme République) et que notre pouvoir d’achat chute inéluctablement, c’est aussi pour ça que les médias nous disent quoi penser, que les produits socio-culturel nous abrutissent pour nous distraire, que toute pensé divergente, critique du système est réduite à Hitler et que nos liberté diminuent de plus en plus pendant qu’on nous impose des lois débiles dont personne ne semblait vouloir.
      Pour sortir d’un tel système, il n’y a que la démocratie, le pouvoir entre les mains du plus grand nombre, il faut réformer la constitution en une 6eme République, rééquilibrer les pouvoirs, surtout le médiatique qui doit être encadré par une structure spécialisé pour garantir son autonomie, revoir la tête du judiciaire totalement défaillant actuellement (affaire Dieudo), mettre éventuellement une dose de tirage au sort ici, une dose de proportionnelle la, sacralisé le référendum d’initiative populaire en définissant sagement ses modalités d’organisation, graver dans le marbre l’indépendance nationale et le refus de tout transfert de souveraineté, mettre fin à l’indépendance de la BDF, rétablir la haute trahison, définir la tyrannie, donner le droit à l’armée de renverser un gouvernement qui s’en rend coupable et punir ces crimes de mort.


    • #858217
      le 13/06/2014 par Dr Siam
      Le mythe démocratique

      @jojo
      Complétement d’accord avec vous !
      C’est effectivement par une nouvelle approche de la République que l’on trouvera la solution !


  • #854116
    le 10/06/2014 par Toto
    Le mythe démocratique

    JJ Rousseau : " Il n’a jamais existé de démocratie, et il n’en existera jamais . Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné " . (Le Contrat Social, 1762) .


  • #854118
    le 10/06/2014 par Yéti_déporté_au_Benêtland
    Le mythe démocratique

    La démocratie n’est rien sans les valeurs, c’est l’erreur de Chouard.

    La démocratie grecque est née dans une phalange de guerriers, des égaux car tous soldats risquant la mort, bouclier contre bouclier, devant une Cité sacrée, sous le regard des Dieux, et plein de fierté.

    Le libéralisme apolitique et son barycentre neutre des lobbies sociétaux, est parfaitement adapté aux pousseurs de Caddie décérébrés (A.S), sans peuple, cité, dieu, race, vergogne, classe sociale, et bientôt sans famille ni État.

    "Le concept d’État présuppose le concept de la politique"

    "Plus une démocratie est représentative, moins elle est démocratique"

    "Le pouvoir démocratique ne réside dans le peuple que lorsque le peuple est uni"
    Carl Schmitt.

    _

     

    • #856619
      le 12/06/2014 par jojo
      Le mythe démocratique

      Il est vrai que la Grèce antique était une société patriarcale vraiment ultra-phallocratique, il faut lire éthique à Nicomaque qui décrit les traditions Grecs de l’époque.
      Comme le dit Chouard, la démocratie a duré 200 ans et ce qui la caractérise c’est 200 ans de paix sans que les riches aient dirigé une seule fois.


    • #862201
      le 18/06/2014 par dede
      Le mythe démocratique

      La démocratie jamais sans une bonne dose de fascisme et de populisme.

      Bon oui la réalité se moque des grands ismes, des archétypes idéaux qui ne marchent qu’avec des anges et pondus dans les cervelles des intellectuels souvent bourgeois, le cul propres tranquille dans l’appartement qui ce doit.

      L’harmonie est complexe et "impure", elle a besoin un peu de yin de yang.


  • #854142
    le 10/06/2014 par Périclès
    Le mythe démocratique

    Il y a 25 siècles , à Athènes, fut créé le modèle de la Démocratie Occidentale, cela n’a pas duré un siècle mais cette création s’est accompagnée de réalisations littéraires, artistiques et scientifiques extraordinaires, et c’est pourquoi, malgré tout, cela reste un modèle d’organisation sociale incomparable .


  • #854155
    le 10/06/2014 par niko
    Le mythe démocratique

    la démocratie na jamais existé donc
    la phrase La démocratie mérite-t-elle de survivre n’a aucun sens


  • #854177
    le 10/06/2014 par Felix
    Le mythe démocratique

    Comment peut-on imposer la démocratie et vouloir la paix si on ne l’a pas intérieurement ? Le mot démocratie est une truc extérieur, un attrape-couillons, une opinion ou un conditionnement occidental imposé aux autres.
    On ne peut pas imposer la démocratie ou n’importe quels autres systèmes, ou le système électoral par tirage au sort, parce que bonheur ou Félicité est notre état naturel. Comme écrivait Gustave Thibon, "ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque à la lumière", celle-ci est toujours et éternellement présente et ne nous a pas attendu.
    Démocratie = religion de l’homme et ses droits de l’hommistes, soit régenter la Nature, ou se couper de la Nature. Mais seule l’élite des cancéreux du pouvoir et des multinationales gangsters et des croyants en la sainte Dette aspirent à modifier la Nature et à couler l’humanité et eux avec ! En ayant auparavant manipulés les comportements et l’ADN de leurs frères et sœurs humains pour leurs propres profits.
    Encore une fois, la démocratie ou autres systèmes patriarcales, c’est un truc extérieur, donc une pure illusion.
    Seule la connaissance de chacun en lui-même permettra l’accord harmonieux de vivre ensemble, et cela de façon naturelle, sans le diabolique ego voulant imposer son opinion à l’autre.
    Le pouvoir n’est qu’un mot, comme le mot "Dieu", tous inventions humaines, mais la démence étymologique et épistémologique est une excellent outil du désastre, le mental étant aux aguets !


  • #854233
    le 10/06/2014 par seber
    Le mythe démocratique

    Je ne trouve rien à ajouter sinon : bravo et merci (à vous les studios).


  • #854282
    le 10/06/2014 par bzh973
    Le mythe démocratique

    Démocratie non mais aristocratie oligarchique oui


  • #854302
    le 10/06/2014 par SpiritusRector
    Le mythe démocratique

    Que disait Chouard là dessus déjà ?

    Ah oui, du temps de la Grèce antique seul un homme ayant les moyens physiques et intellectuels de porter les armes était citoyen...

    J’en déduis donc que pour eux, la notion d’équité inhérente à la citoyenneté devait être étayée par quelque chose de concret...

    Ils appuyaient et délimitaient un concept abstrait par rapport à une chose mesurable et concrète.

    - A savoir la capacité de chacun à comprendre ses propres intérêts, à comprendre les intérêts communs qu’il pouvait partager avec différents groupes. Mais cela sous entendait surtout la faculté de défendre ces intérêts les armes à la main, en se constituant en bataillons de citoyens efficaces sur le terrain le cas échéant... Prêts à se battre... A donner la mort à leurs ennemis.

    Ce n’est pas la faute des politiques UMPS si rien ne change... Peut on en vouloir au renard de vouloir bouffer les poules ?
    La plupart des "citoyens" ont peur des conclusions qui s’imposent d’elles mêmes... Nous pensons pouvoir reculer éternellement, et nous nous plaignons des conséquences de notre recul... les privilégiés du système, bien que de moins en moins nombreux et ayant toujours été en infériorité numérique, eux, avancent... La nature a horreur du vide dit on...

    La seule question, c’est sommes nous prêts à être des citoyens avec tout ce que cela impose en surplus de la difficulté quotidienne inhérente à la vie humaine ?

    La réponse est non à ce jour, c’est une évidence.


  • #854334
    le 10/06/2014 par 1goy
    Le mythe démocratique

    La démocratie est une idée, un concept, et non un fait avéré...

    J’ajouterai que la démocratie c’est depuis bien (trop) longtemps "cause toujours..."
    à l’instar de la dictature que l’on pourrait résumer par "ferme ta gueule"


  • #854358
    le 10/06/2014 par ne0
    Le mythe démocratique

    La démocratie, ou quand le peuple est à la fois le gouverneur et le gouverné, une aberration si l’on se place d’un point de vue traditionnel.

    Cf René Guénon - La crise du monde moderne


  • #854390
    le 10/06/2014 par Paskl
    Le mythe démocratique

    Une véritable démocratie réclame un peuple, donc des individus, avec une réelle maturité. Peut-être dans les temps à venir, quand enfin beaucoup plus de personnes prendront leurs responsabilités... "I had a dream".


  • #854422
    le 10/06/2014 par anonyme
    Le mythe démocratique

    Démocratie ou Médiacrassie ? That is the question ...

    Tant que le peuple en général ne pensent pas par eux même sans aucune manipulation médiatique, ce sera jamais le peuple qui décidera qui prendra le pouvoir mais les médias, il y a qu’à voir ce qu’ils tentent de faire avec le FN par exemple, ce qui s’est passé avec Dupont-Aignan, les militants UPR agressé, etc ...

    Quand on voit ce qu’à subit Dieudonné pendant plus de 10 ans maintenant, c’est hallucinant de croire à la "démocratie", malheureusement les médias manipulent les masses et met en avant des candidats ou des personalités plus que d’autres avec des "journalistes" qui se prennent pour des juges ...


  • #854432
    le 10/06/2014 par claire
    Le mythe démocratique

    Une vraie denocratie devrait organisee plus de referendum populaire comme la question du mariage pour tous et d’autres mais ce n’est pas le cas.


  • #854438
    le 10/06/2014 par Issa
    Le mythe démocratique

    Du contexte historique déterminant la secularisation laïque de l Occident

    En occident, il peut être util de rappeler à nos consciences endormies, que si depuis trois siecles tout au plus, la secularisation et plus radicalement encore la laïcisation, ont réalisé une autonomisation du pouvoir politique temporel par rapport au sacré et au religieux, la règle fut exactement l inverse pendant des millénaires.

    L’homme, depuis qu ’il s’est organisé en societé, en "polis", s ’ est toujours attaché à donner un caractère sacré non seulement à son systeme politique mais surtout au pouvoir et à l ’ autorité.
    Le chef, le roi, l ’élu, l’ empereur, que cela soit d’une tribu, d’un peuple, d’ un cité ou d’ un empire voyait ainsi son autorité fondée sur des representations symboliques et sacrées reposant sur des bases culturelles religieuses voire mythique, magiques ou supersticieuses .

    Ces bases lui offraient à la fois la légitimité mais aussi les règles issues et garantissant cette légitimité, règles qui s’imposaient à tous comme garantes de l’ordre social.

    En effet on peut degager deux principales formes dans cette sacralisation :

    - L’une est fonctionnelle et relative, c est la plus rependue : son détenteur n est que le sommet de l ordre hierarchique social et il tire sa position symbolique d’ une culture qui ne l’affranchis pas ( dans l ’absolu) de l’ordre humain traditionnel, commun et terrestre.
    - L’ autre dont la nature est absolue, fait de son détenteur un être dont l’essence ontologique est elle même sacrée au delà de sa propre fonction poltique et sociale, un être hors normes, extra-ordinaire, dont les caracteristiques font de lui bien plus qu’un simple être humain, mais un individu special ayant une place précise dans l’ordre cosmique et plus seulement terrestre.
    Si parfois cette classification peut paraître ardue pour certain cas historiques à cheval entre ces 2 categories, il n en reste pas moins qu’il s’agit des deux grandes formes d’ un pouvoir pouvant être qualifié de sacré.

    La premiere de ces formes de sacralisation du pouvoir peut être qualifiée objectivement de rationnelle car elle reste cohérente avec les limites innées à la nature humaine, ne serait-ce que sa mortalité. Tel est le cas par exemple, d’un roi dont la religion impose l ’obeissance et/ou qui hérite d ’ un pouvoir sacré, c’est à dire délégué par une ou plusieurs entité divines, selon les croyances.


  • #854443
    le 10/06/2014 par Issa
    Le mythe démocratique

    et meme si dans certaines cultures ou traditions, il peut se voir attribuer des pouvoirs surnaturels (comme le pouvoir de guérison de la dynastie capétienne en France, voir "les Rois thaumaturges" de Marc Bloch) il n’en reste pas moins un homme mortel et faillible.

    Or la seconde forme est bien plus complexe et subjective, car elle accorde une telle croyance à la personne detenant le pouvoir, qu’ elle en fait le reservoir sacré d’une dévotion religieuse, puisqu’un culte personnel peut lui être rendu sous differentes formes.

    Tel est le cas des pharaons de l’ancienne Égypte et de tous les détenteurs de l ’ autorité, divinisés de leur vivant ou après leur mort. Jean- Claude Sironneau note en effet que :" ...le règne des Pharaons constitue dans l ’histoire antique le plus bel exemple de divinisation de roi, "fils des dieux, dieu lui même, seul possesseur du sol, dispensateur de toutes les grâces terrestres et divines, seul intermediaire entre les hommes et les dieux comme sorcier et comme prêtre, guide des hommes dans la vie terrestre et le chemin qui mène au ciel ."

    D’ Ailleur cette réalité historique est elle même reprise par le Coran, qui fait du pharaon l’ idéaltype du souverain qui prétend à la divinité : Pharaon dit : "Ô notables, je ne connais pas de divinité pour vous, autre que moi"

    Or dans l’ Antiquité, il n est pas rare d’observer une dérive tendancielle de la premiere forme vers la seconde. D’ ailleur, c’est là toute l’ambivalence des pouvoirs à cette periode, d’une royauté traditionnelle qui fait du roi une simple personnalité sacralisée, chef du culte et de la caste des prêtres, on en passe souvent à une pretention divine dans ses formes degenerées.
    Dés lors dans la rome Antique, les Césars succomberont aussi à cette tentation.
    Jean Claude Sironneau poursuit et nous confirme donc que : "la sacralisation de la souverainté va encore se renforcer par l’institution du principat à l’époque de Cesar et le developpement du culte imperial. Le grand modèle pour les Césars Romains restait Alexandre qui lui-même continuait la tradition pharaonique"

    Il nous faut absolument saisir la nature du contexte politique de la religion officielle romaine car c’ est dans celui-çi que nait et se developpe le Christiannisme. N’oublions pas qu’Auguste, le premier empereur romain divinisé, voit naitre Jésus pendant son règne.

     

    • #855887
      le 12/06/2014 par dudule
      Le mythe démocratique

      L’Inca adorateur du soleil fut aussi un dieu vivant...


  • #854447
    le 10/06/2014 par LEPAGE
    Le mythe démocratique

    L’abstention met à mal le système que nous connaissons ; il y a toujours des systèmes électifs, mais pour qu’ils soient effectif il faut que les gens sachent pourquoi ils votent .
    Dans les premières communes libres le système corporatif prévalait parce que les gens votaient pour des représentants qu’ils jugeaient aptes dans leur milieu. avec la Révolution cela à permit à la bourgeoisie de s’accaparer des responsabilités car elle maitrisait le savoir et surtout avait le temps et la richesse. Depuis, la perversion s’est peaufinée et la classe politique a pris soin de s’ériger en caste en érigeant des barrières (partis, média controlés...)
    il faut tout repenser.


  • #854472
    le 10/06/2014 par Issa
    Le mythe démocratique

    Le mythe democratique...ou l avenement du culte de l être humain divinisé prenant pour model à suivre celui qui est nommé antechrist par les chretien, ou massih dajjal par les musulman...

     

    • #854709
      le 11/06/2014 par awrassi
      Le mythe démocratique

      Va pour la théocratie Issa, mais qui pour diriger les conciliabules ? Un pape qui ne respecte pas la parole du Christ ? Un Imam qui fait sa propre exégèse du Coran ? Nous pouvons très bien vivre avec les Livres Saints, mais d’après quelles explications ? Au mieux, je serai pour une direction collective des gens du Livre ! Encore faudrait-il, avant cela, convaincre les athées de croire en Dieu ... C’est pour cela que le pouvoir temporel est un minimum. Dieu reconnaîtra les siens à notre mort !!!!


  • #854480
    le 10/06/2014 par Issa
    Le mythe démocratique

    D’Ailleur , dans un premier temps, il est parfaitement compréhensible que l’aspect "monotheiste juif" du christiannisme primitif ne pouvait que se heurter de manière frontale au paganisme de la conception politico- religieuse romaine.
    C’est cette obstination chrétienne à refuser de reconnaitre le culte imperial qui fut l’une des causes sinon la premiere de leurs persecutions par le pouvoir romain. (...)
    Or tout change avec l’empereur Constantin qui avait la particularité d’être un "paien monotheiste" , puisqu il adorait la seule divinité solaire denommée Sol Invictus : premiere forme de rationalisation du culte au solmet de l’etat romain.
    C est ce dernier en l ’ an 313 avec l’edit de Milan, qui accorde officielement aux Chretiens la liberté religieuse : Rome ayant toleré et absorbé de multiples divinités, religions et cultes étrangers, rien d’extraordinaire donc à ce qu’elle finisse par tolerer le christiannisme.

    D’ailleur, comme les empereurs romais détenaient traditionnellement le titre de Pontifex Maximus, c’est à dire de grand pontife de tous les cultes et religions de l’empire, cet edit de tolérance des chretiens propulsait donc l’empereur non seulement comme une autorité civile legitime mais aussi une autoritè sacrerdotale de l’église chretienne.

    L’empereur, ayant cette titulature, peu prétendre desormais à celui chef de l’église ( du grec ecclésia , litteralement assemblée des chrétiens), c’ est ce que l on nomme le césaroparisme.
    (...)
    Or Jean Claude Sironneau nous révèle qu’au lieu de détruire les anciennes institutions issues du paganisme romain, la christianisation les renforçait : " la sacralisation du pouvoir impérial se trouve donc renforcée par le christiannisme, puisque l’empire prend place, comme maillon nécessaire dans le plan de Dieu sur terre. Eusèbe de Césarée s’exlamera : " Notre empereur est comme le soleil rayonnant. Il illumine le moindre de ses sujets...investi de l’image de la monarchie céleste, il leve ses regards en haut et gouverne, en réglant les affaires du monde selon son modèle, affermi parce qu’il s’applique à imiter la souveraineté du monarque céleste. Au roi unique sur terre correspond l’unique Dieu, roi unique dans le ciel, l’unique nomos et logod royal".
    L empereur chrétien reçoit une dignité sacrale superieure à celle des empereurs préchretiens ; l’adoration ( agenouillement , prosternation devant l’empeureur, baisement de ses vêtements ) sera la règle jusqu à la fin de l’ empire.
    (...)


  • #854707
    le 11/06/2014 par awrassi
    Le mythe démocratique

    Il y a la "démocratie bourgeoise" et la "démocratie populaire" ... Les pays qui se disent démocratiques n’ont pratiqué que la première. La seconde n’a jamais eu le temps de fleurir, mais elle a montré, le temps qu’elle a vécu, qu’elle pouvait fonctionner ! Si ses ennemis s’acharnent autant contre elle, c’est qu’elle n’est pas aussi répugnante !!


  • #854835
    le 11/06/2014 par Jasmin Indien
    Le mythe démocratique

    Pendant la la démocratie, l’Humanité continue
    (Laissez tout honneur sur le palier avant de prendre la censure sociale)

    Démocratie : des veaux contre des vaches
    Le totalitarisme de la liberté d’imposer
    Une dictature éclairée par les lumières
    Ni dieu ni maitre et pourtant, thank you Satan
    La solution finale à toute politique sociale

    Ce n’est pas l’horizon qui est bouché
    Ce sont les yeux qui sont fermés
    Le ciel lui, reste ouvert


  • #854915
    le 11/06/2014 par Olaf
    Le mythe démocratique

    Démocratie ou terreur ?

    Hier,remontant l’autoroute A6,j’ai croisé des convois ininterrompus de crs,gendarmerie,gardes mobiles,Je me suis fait la réflexion :Si ll’armêe peut péniblement aligner 10.000 contre un ennemi exterieur ,par contre les forces de répression anti population française avec plus de 4000000 membres si on ajoute les polices et autres rensegnements généraux ne semblent pas souffrir de la crise !
    L’oligarchie" europeenne" ne risque pas de les brimer et lorsque viendra le moment,ils seront certainement les derniers à ne pas etre payé.Patriotes d’E&r,il va falloir etre patient.


  • #854965
    le 11/06/2014 par MG 42
    Le mythe démocratique

    Un système social quelconque livré aux instincts magnifiques du peuple (Humanité dixit), système de n’importe quelle formule, la plus ingénieuse, la plus méticuleuse, la plus astucieuse, la mieux équilibrée, ne peut aboutir après huit jours, quinze jours de tentative qu’aux gigoteries sadiques, aux cirques de décapités, aux pitreries infernales genre Russie, genre Bêla Khun, genre Barcelone, c’est écrit. C’est gagné d’avance.



    LOUIS–FERDINAND CÉLINE


  • #855032
    le 11/06/2014 par rectificateur
    Le mythe démocratique

    Très bon article d’une association tenue par des jeunes qui ont compris, eux, ce qu’est la véritable antiracisme et la véritable éducation populaire.

    Ils font honte à leurs aînés des officines de propagande et c’est tant mieux. Bravo à eux !


  • #855457
    le 11/06/2014 par Eric
    Le mythe démocratique

    « C’est à travers la sélection aléatoire des dirigeants que s’exprime la nature profondément démocratique d’une cité. »

    Aristote

    « Il est considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu’elles soient électives. »

    Aristote

    « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. »

    Montesquieu


  • #855948
    le 12/06/2014 par Starkamanda
    Le mythe démocratique

    Le problème n’a jamais été la démocratie mais la corruption ...

     

    • #856168
      le 12/06/2014 par rectificateur
      Le mythe démocratique

      Ou disons même d’appeler démocratie ce qui n’est qu’une oligarchie très aisément corruptible essayant de se faire passer pour une démocratie.

      Chouard est très clair sur ce sujet, comme la remarquable vidéo de Gabriel Rabhi :

      http://www.inter-agir.fr/


    • #856784
      le 12/06/2014 par Starkamanda
      Le mythe démocratique

      Un monarque peut être corruptible, un président aussi, un conseil aussi, un parlement aussi. Le pouvoir appartiendra TOUJOURS à celui qui a de l’argent. On peut être puissant sans vraiment vouloir se mettre au premier plan.


  • #856196
    le 12/06/2014 par Yéhoudi
    Le mythe démocratique

    La plupart des peuples connaissent le régime de la JUDEOCRATIE qui se déguise en "démocratie" .

     

    • #856464
      le 12/06/2014 par Ramana
      Le mythe démocratique

      La démocratie est un non sens, voyez aussi ce qu’en dit René Guénon. Le ventre d’un être ne peut prendre sans dommage une décision qui entraînera tout le corps y compris la cervelle. C’est la cervelle qui doit avoir l’ascendant sur le ventre, les jambes et les bras. Le ventre n’est pas qualifié pour dire à la tête ce qu’elle doit décider, sinon l’être ne vivra que pour manger, copuler, et se jettera sur la première nourriture venue sans différer son besoin, excluant tout objectif spirituel, ou tant soit peu subtil. C’est pour cela que la démocratie a toujours été un faux semblant, qu’elle porte en elle ses propres contradictions et ne peut que se maintenir sur le mensonge et l’hypocrisie. Les hommes ne sont pas tous aptes à diriger une société, il faut être qualifié spirituellement pour cela, et ce n’est pas à la "base d’apprécier cette qualification qui lui échappe par nature. Les sociétés épanouies sont celles qui se sont conformées au modèle universel qui exige une hiérarchie spirituelle représentée par des êtres répondant à des critères dont nous sommes bien éloignés à présent. Mais les monarchies de "droit divin", qui avaient déjà périclité depuis bien avant la révolution de 1789, ne peuvent perdurer que dans le contexte d’un âge plus lumineux, et non dans le contexte d’une fin d’âge de fer. Autrement dit, il faut placer notre espoir en l’avenir sur un autre niveau que sociétal.


  • #856641
    le 12/06/2014 par pi÷2
    Le mythe démocratique

    La démocratie c’ est le pouvoir au peuple (dêmos, peuple et kràtos, pouvoir, faut-il le rappeler ?), c’ est-à-dire l’ ensemble des individus majeurs et potentiellement constructeurs, nés ou résidant depuis un certain temps dans un pays, ce qui pour une oligarchie serait difficilement acceptable, comme on s’ en doute...

    Or, cela n’ aurait jamais été réalisé avant le réseau maillé d’ internet, qui date de 1993 en France, soit depuis vingt ans seulement (le minitel d’ avant était centralisé par France Télécom). Là, les internautes peuvent créer des sites ou des blogs, dans lesquels ils proposent des sujets de discussion ou d’ action, les critiquent abondamment en retour, quelque soit leur milieu socioculturel et agissent enfin selon leurs moyens intellectuel, culturel, social, professionnel et financier du moment.

    Ca s’ appelle une démocratie directe, désolé pour Chouard qui est à la ramasse avec sa démocratie par tirage au sort, qui date du 5ème siècle avant JC et ou les néoreprésentants du peuple ne seraient éligibles qu’ une seule fois dans leur vie !

    Quel beau cadeau aux oligarques, quand ce système sera -inévitablement- corrompu par les frustrés du pouvoir aux dents longues : se serait pire ainsi que du temps de la démocratie représentative, car là au moins, on pouvait voter tous les trois ans en moyenne. Quel progrès !

    Bref, il y a ceux qui s’ interrogent sur le profil du candidat à la démocratie représentative existante et d’ autres qui proposent de revenir à Mathusalem, le tout sans avoir compris qu’ elle était déjà opérationnelle et fonctionnelle depuis plus de 20 ans...

    Moi j’ dis ça, j’ dis rien.


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