Vous êtes, les uns les autres, ces fameux dingues du « C’était mieux avant », à la nuance près, c’est que vous idéalisez (et c’est bien) : soit l’histoire qui est la vôtre, soit au regard du romanesque et du romantisme d’il y a peu, soit celle à laquelle vous aspirez.
Cependant il y eut des sociétés matriarcales, des sociétés pédérastes, des empoisonneuses,des régentes, des intrigantes, de grandes horizontales, des dirigeantes comme il en est encore maintenant, tout autant affirmées. Vous êtes sans le vouloir le point d’exaspération d’un certain féminisme pour tendre à vouloir prendre toute femme sous la protection d’une forme de morale (patriarcale, pensent-elles), lui prêtant un esprit chevaleresque dont plus personne ne connaît (dans la pratique) ni les avantages, ni les inconvénients et vous avez l’air de dire que l’on s’aimait avant comme il n’existe plus maintenant.
Avant quand ?
Parce qu’avant, à l’heure de l’exercice des figures libres, les deux parties du couple s’alliaient : le plus souvent même, sans savoir s’ils allaient ou non s’aimer : et encore, cela, c’était pour ceux qui avait le bol de pouvoir se « choisir », lorsque l’union ne leur était pas imposée. Et ils tenaient (dans le temps) malgré les vicissitudes et les coups de gueule, malgré les coups de canif dans le contrat, pour le meilleur et pour le pire (de ce qu’ils croyaient avoir compris dans la maxime) : mais surtout parce que c’était plus que nécessaire dans leur contemporanéité. Ces fameuses époque où l’on réparait, où l’on reprisait, où chaque outil, meuble, animal était un bien précieux : pensez un peu, sa propre moitié !
Plus loin, on avait conclu la citation : « ...jusqu’à ce que la mort nous sépare » avec toute la pression spirituelle mais surtout politique de ce à quoi elle obligeait.
Plus avant encore, lorsque l’on ne mariait personne (je dis bien « on » puisque l’Histoire nous enseigne que ce n’était pas les personnes qui se mariaient de leur propre chef comme elle l’entendaient), les sexes opposés devaient s’essayer au gré des opportunités et des pulsions, en ignorant tout du concept de l’amour.
Les grandes tragédies, les comédies dramatiques, l’écriture et les écrivains, les penseurs et les poètes se sont attelés à faire naître puis vibrer ce concept, à mettre des mots sur de multiples ressentis, à conter des histoires, des passions qui nous habitent désormais telle une mémoire collective qui nous nourrit : si tant est que vous soyez nourri ! Nourri certes : mais « orienté »...