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Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra, s’érige en adversaire numéro un de Matteo Salvini

Mediapart a publié le 10 septembre 2018 une longue interview de l’écrivain et journaliste Roberto Saviano, auteur du livre (en 2006), du film (en 2008) et de la série Gomorra (en 2014), qui lui ont valu des démêlés avec la mafia napolitaine. Depuis la victoire de la coalition populiste dirigée par Salvini et Di Maio en mars 2018, Saviano n’a de cesse d’attaquer Salvini, voyant en lui un dangereux « populiste » – il le qualifie aussi de « néofasciste » – lié à la mafia. À ce propos, le prétendu « ministro della malavità », le ministre du « milieu » a déposé plainte contre le journaliste. Nous commentons ici des extraits de l’entretien de Mediapart.

« Face à Matteo Salvini, Viktor Orbán, et à tous ceux que l’on peut qualifier de “souverainiste »s”, l’Union européenne, dont le destin est dans les mains d’Angela Merkel et Emmanuel Macron, n’a qu’une seule voie possible : défendre une politique migratoire tournée vers l’accueil et respectant des exigences de solidarité. »

Saviano est bien un gauchiste, il met tous ses espoirs immigrationnistes dans les mains de Merkel et Macron, qui n’ont que faire de l’humanisme : seul l’abaissement du coût du travail, sous la pression de leurs sponsors économiques, les intéresse.

Le sort des migrants est la grande préoccupation de Saviano, qui ne comprend pas pourquoi l’Europe essaye de se défendre contre la grande invasion programmée par les agents du mondialisme. Et encore, l’Europe se défend si peu...

« Les négociations entre l’Italie et la Libye ont été rendues possibles parce que précédemment l’Allemagne avait passé un accord avec la Turquie pour fermer la route des Balkans. En 2016, la Turquie a reçu de l’Union européenne près de 6 milliards d’euros sur trois ans, et la Libye, 800 millions d’euros pour bloquer les flux migratoires.
Les États européens auraient pu introduire des visas, stabiliser des routes légales pour éviter que les flux migratoires ne passent par des pays comme la Libye, mais c’est tout le contraire. L’Europe ne donne plus de visas à l’Afrique, encore moins à l’Afrique subsaharienne. »

Ce que Saviano ne dit pas, c’est que le blocage des visas est une chose – et une réalité – mais que les candidats au voyage n’ont pas besoin de visa pour jouer les clandestins en Europe ! De plus, accorder des visas à tous les demandeurs reviendrait à légaliser l’immigration de masse, voire à la surmultiplier.

Le journaliste invoque alors les « droits » des migrants qui sont, on le rappelle, des clandestins, donc des hors-la-loi :

« La société civile et ceux qui, en France, pensent qu’Emmanuel Macron pourrait être un rempart face à l’extrême droite du Rassemblement national, doivent défendre l’idée selon laquelle le gouvernement ne sera pas jugé sur le nombre de migrants qu’il aura réussi à rejeter, ou sur la peur de l’étranger qu’il aura alimentée, mais au contraire sur les droits qui auront été donnés aux migrants. Parce que donner des droits aux autres, c’est en rajouter à ceux qui en ont déjà et non en soustraire. »

Sa solution serait donc d’accorder plus de droits aux entrants, même illégaux. C’est démonter tout le système législatif, anéantir les frontières et paralyser les forces de police. Un rêve gauchiste de plus... En résumé, il n’existe pas de droit à la migration illégale.

 

 

Tout naturellement, Saviano en vient à « fascistiser » le nouveau pouvoir italien, et ce que les idéologues bien-pensants appellent la « dérive populiste » européenne. Or il n’est point de dérive dans les pays qui désirent juste défendre leur culture, leurs droits et leur intégrité territoriale ! Selon lui, les politiques d’austérité de l’UE sont responsables de la montée des populismes :

« J’ai toujours peur de faire la comparaison avec les années vingt du siècle dernier, mais il est vrai que la ressemblance est impressionnante car à la suite de la faillite des politiques socialistes, les droites radicales héritent de la rage, de la colère des peuples. »

Ce qui n’est pas faux, pour une fois, mais incomplet : les peuples européens ont déjà ressenti l’impact des politiques d’austérité depuis les années 80, ça ne date donc pas d’hier. Mais la coupe est pleine lorsque des millions de migrants viennent détruire le filet social qui a déjà été fortement tendu par la violence oligarchique antisociale.
Les peuples en question ne voient pas dans l’étranger un fauteur de paupérisation, simplement un coup de plus donné en traître contre leur survie économique. Personne de sensé n’accuse les migrants d’être à l’origine du chômage de masse qui sévit en Europe depuis la fin des années 70, ou de l’évasion fiscale massive des grandes entreprises qui paupérisent et affaiblissent les États !

« De mon point de vue, le cœur du désastre politique européen est dans le système offshore. Chaque pays a son coffre-fort. La France a le Luxembourg, l’Espagne a l’Andorre, l’Allemagne le Liechtenstein, tout le monde a la Suisse et jusque récemment la capitale du recyclage mondial est Londres. »

On ne peut que donner raison à Saviano sur cette sortie. Quand on sait que la dette grecque est détenue en grande partie dans des banques suisses et allemandes...

L’entretien se termine sur la relation entre Saviano et Salvini : « Salvini n’est pas un adversaire politique car c’est un ennemi de la démocratie ». Pourtant, le vice-Premier ministre a été élu légalement. Les gauchistes ont toujours autant de mal à accepter leur défaite idéologique, et les résultats des partis de gauche lors des élections législatives du 4 mars devraient donner à réfléchir : si l’on exclut de la gauche classique le Mouvement 5 étoiles, qui a raflé 32,68% des voix, la coalition de centre gauche sous l’étiquette du Parti Démocrate n’a récolté que 18,76% des voix, et des poussières pour les autres partis de la coalition. C’est-à-dire un peu plus que le seul résultat de La Ligue de Salvini, avec 17,36%.
Quand Saviano raisonne politique, il ne doit pas oublier l’expression populaire, sinon il raisonne dans le vide.

En revanche, son attaque sur les accointances entre le Milieu et Salvini, ou plutôt La Ligue, sont précises, et rappellent celles qui ont collé au derrière de Berlusconi pendant deux décennies :

« L’autre raison pour laquelle j’ai utilisé cette expression tient précisément à l’affairisme de l’extrême droite. La Ligue est l’héritière de ce qu’a été la Démocratie chrétienne, et ensuite Forza Italia, dans le vote mafieux. Dans les territoires où la mafia parvient à détourner les votes, la Ligue est le parti de référence. Les déclarations de Matteo Salvini concernant son prétendu combat contre la mafia sont de purs mensonges.
Lors de sa campagne, il s’est rendu à Rosarno, l’un des fiefs de la mafia, en Calabre, où il a remporté la majorité des suffrages. Dans ses meetings, on retrouvait les membres de la famille Pesce, famille historique de la ’Ndrangheta, mafia calabraise. Vincenzo Gioffrè, l’élu de la Ligue à Rosarno, a fait des affaires, via ses sociétés avec les membres du clan Pesche et du clan Belloco. Je pourrais multiplier les exemples à l’infini tant les rapports entre la Ligue et la ’Ndrangheta sont décennales. »

Il revient alors sur les intérêts économiques de la mafia par rapport aux migrants :

« Qui sont ceux qui exploitent vraiment les migrants ? Les mafias. Tout d’abord, les mafias libyennes et syriennes gèrent leur traversée. Mais sur le territoire italien, en particulier dans le Sud, ils travaillent sous la mainmise des “caporali”, des caporaux, recruteurs de “main-d’œuvre”, au service d’exploitants agricoles. Ce système informel et parallèle, pilier de la récolte des tomates, est lié aux organisations criminelles. Si Salvini a à cœur, comme il le déclare, le destin des migrants, il s’intéresserait au sort de ces travailleurs, issus de l’immigration, abandonnés entre les mains de ces caporaux et utilisés comme esclaves dans les campagnes. La mafia gère toute la filière, de leur recrutement à la gestion des camps où ils dorment. »

Salvini serait donc, indirectement, pour l’invasion migratoire qui procurerait des bénéfices à ses amis de la mafia ! Dans ce cas, pourquoi Salvini se pose-t-il en rempart contre cette même invasion ?

Voici ce que déclare Saviano en conclusion de l’entretien :

« L’Union européenne a enterré la vision politique du manifeste de Ventotene

Voici un entretien de 2017 de Saviano pour la radio Nova, où il évoque les organisations criminelles qui plombent l’Italie (mais il oublie l’organisation la plus importante) :

Pour une Europe de nations souveraines,
lire sur Kontre Kulture

 

Saviano et Salvini sont dans un bateau... Voir sur E&R :

 






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