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Marseille : Mennucci (PS) casseur de grève

On avait dit pas les querelles internes. C’est même l’un des axes de la rénovation en cours au PS. Les embouteillages qui ont paralysé Marseille, mardi, ont pourtant suffi à rallumer une mèche au Parti socialiste. Objet de la controverse, une réaction à chaud de Patrick Mennucci.

Dans un communiqué, le maire des 1er et 7e arrondissements note que "la situation créée par la grève du personnel entraînant la fermeture des tunnels a été insupportable autant qu’invraisemblable. 150000 Marseillais ont été pris en otage", poursuit-il, avant de se satisfaire de "la décision de réquisitionner." Et de conclure :"Il aurait fallu discuter avec FO pour trouver un accord." Rien d’infamant a priori.

Le lendemain soir, pourtant, la fédération PS départementale se fend à son tour d’un communiqué. Déclarant qu’elle "ne peut accepter la déclaration de Patrick Mennucci contre les grévistes qui manifestent leur opposition à la réforme des retraites du gouvernement. En tenant de tels propos, il ne peut s’exprimer qu’en son nom propre."

À l’origine de cette surprenante et inédite mise à l’amende, Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral délégué. "Patrick Mennucci a dépassé les bornes en rejetant la responsabilité des grèves sur les Français, alors qu’elle est le fait du gouvernement, explique-t-il. On ne peut pas laisser penser que le PS est un briseur de grèves. On doit travailler dans l’unité". Étonnement indigné de l’élu marseillais qui explique avoir réagi "en temps que maire. Je l’ai fait pour la ville. Et jamais je n’ai mis en cause les grévistes." Suit un échange de lettres avec Eugène Caselli.

Le président de la Communauté urbaine MPM qui a fait les demandes de réquisition, est aussi premier secrétaire fédéral. "Même si je ne suis pas le rédacteur du communiqué, pondère-t-il, je me dois d’être solidaire. Et si j’ai pensé que l’urgence de la situation nécessitait la procédure de réquisition, je n’ai pas commenté ni qualifié le fait de grève. Il serait bon d’apaiser les choses."

La question sera évoquée lors d’un prochain secrétariat fédéral, où elle pourrait être prétexte à l’expression de divergences plus profondes au sein de la fédération. "Quand il y a des tensions, on cherche des boucs émissaires", glisse un cadre. Le Bureau national pourrait aussi s’en mêler. Interpellé, François Lamy, bras droit de Martine Aubry, y réfléchit. D’ici là, le conseil municipal de lundi donnera l’occasion à l’UMP de mettre un peu de sel sur la plaie.