Egalité et Réconciliation
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Mise au point entre Christian Vanneste et Marine Le Pen sur le site de Marianne 2

Christian Vanneste, de la Droite populaire, refuse l’alliance avec le Front National qui lui parait prématurée, même avec l’ascension de Marine Le Pen. Mais il propose en creux une sorte de front républicain de droite avec cet argument-choc : pourquoi le PS pourrait-il accueillir les électeurs trotskistes tandis que la droite devrait refuser ceux du Front National ?

Comment gérer Marine Le Pen ? En lui piquant son discours ? Certes, mais tandis que Nicolas Sarkozy tente en vain de durcir le ton sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité, le Front Ntaional, lui, séduirait de plus en plus l’électorat umpiste. Certains, à l’UMP, prennent la menace très au sérieux. Fin juillet, le collectif de la Droite populaire, créé par Thierry Mariani et Lionnel Luca, a tapé du poing sur la table déjà bancale du chef de l’Etat. Raison de leur grogne : l’oubli « des valeurs fondamentales prônées par la droite ». Et en toile de fond, la crainte que le FN ne se contente plus seulement de grignoter leur électorat mais le dévore d’ici 2012. Et si le meilleur moyen de faire barrage à l’extrême droite était encore de s’allier avec elle ? Christian Vanneste, député UMP du Nord et membre du collectif, a accordé une interview au journal Minute dans laquelle semblent se dessiner les contours d’une alliance éventuelle avec le FN. Marianne2 a voulu comprendre les conditions de réalisation d’un tel rapprochement.

Marianne 2 : Dans votre interview au journal Minute, vous déclarez « La solution qui marche c’est : pas d’ennemis à droite », vous envisagez donc une alliance avec l’extrême-droite ?

Christian Vanneste : Non, je précise immédiatement qu’il y a deux conditions : que l’extrême droite ne tienne plus de propos outranciers et qu’elle n’ait plus de comportement inacceptable. Cela étant dit, en Italie, Gianfranco Fini a succédé à Almirante, qui était le fondateur du Mouvement social italien et un ancien préfet de Mussolini. La situation est un peu analogue ici, si vous avez quelqu’un qui devient raisonnable pourquoi pas, c’est une sorte de voeu pieux.

M2 : Quand vous parlez de propos outranciers, vous pensez à quoi exactement ?

C.V. : Les dérapages à jet continu auxquels on a eu droit. Les fours crématoires et autres bêtises de ce genre...

M2 : Mais ça c’était Jean-marie Le Pen...

C.V. : Bien sûr mais sa fille est extrêmement agressive aussi. Cela dit on peut très bien imaginer que les gens évoluent, à partir du moment où ils deviennent raisonnables dans leurs propos et dans leur comportement, ils représentent la droite de la droite, comme cela existe dans tous les pays du monde sans que cela ne pose de problème aux droits de l’Homme ou aux grandes valeurs essentielles de la République. Vous avez ça dans tous les pays, ça n’a rien d’ingérable, la preuve en Italie même si certains coassent contre Berlusconi, c’est un pays dans lequel il fait bon vivre et qui n’est pas une menace pour les libertés essentielles des citoyens et des hommes.

M2 : Si Marine Le Pen prenait la tête du parti, une alliance serait-elle davantage envisageable ?

C.V. : Ce n’est pas une question de personne. Pour l’instant, je suis dans l’expectative. L’idéal pour la droite c’est de ne pas avoir d’ennemis à droite, comme la gauche - sans qu’on ne lui en fasse d’ailleurs jamais la remarque- ne souhaite pas avoir d’ennemis à gauche, la logique de Martine Aubry est de ne pas avoir d’ennemis à gauche. Elle accepte que Besancennot fréquente ses amis, ce qui est tout aussi insupportable parce que je ne vois pas en quoi l’héritier de Trotski serait plus respectable que l’héritier des régimes liés à l’extrême-droite. Je pense que dans l’évolution des choses on assiste à une sorte de modération de la partie la plus à droite de la droite. Si elle devient fréquentable, je n’exclue pas la possibilité d’une alliance. Mais c’est avec des si, mon texte est très précis, je dis bien qu’il faut qu’ils changent d’abord.

M2 : Qu’est-ce qui pourrait concrètement vous faire changer d’avis ? C.V. : A partir du moment où on aura l’impression qu’une rupture a eu lieu. Par exemple, Almirante avait installé des portraits de Mussolini partout, qu’a fait Gianfranco Fini ? Il les a descendus, c’est un beau symbole. Je voudrais qu’on rompe avec certaines pratiques, certaines fréquentations douteuses. S’ils respectent la République, les droits de l’Homme, les valeurs essentielles, pourquoi pas, mais c’est loin d’être le cas.

M2 : Que répondez-vous à Marine Le Pen quand elle parle de lepénisation des esprits à droite ?

C.V. : C’est un mot ridicule, inventé par la gauche. Je me souviens quand Chalandon a gagné les élections en 86 dans le Nord, il employait le terme de « préférence nationale » et cela semblait tout à fait naturel que celui qui était à la tête du RPR diseque les citoyens français ont plus de droits que les étrangers. Quelque temps plus tard, ce discours est devenu un discours Front national. Lepénisation non, il y eu une sorte de stigmatisation des idées de droite en raison notamment de Le Pen. Le Pen est le sergent recruteur de la gauche puisqu’il a brulé les idées de droite et interdit toute espèce d’alliance. Le Pen a été un merveilleux cadeau à la gauche, si on peut en finir avec ça, plus d’ennemis à droite, ça me va très bien parce que ce sera le moyen de gagner.

M2 : Une alliance pour 2012 ?

C.V. : Non, ce serait beaucoup trop prématuré, c’est un changement à long terme. Mais ce n’est pas de moi dont dépend le changement des attitudes. Mon hypothèse est complètement abstraite par les temps qui courent.

Marine Le Pen à Vanneste : l’UMP n’a pas d’ennemi à gauche !

La vice-présidente du Front National réagit à « l’ouverture » du député UMP Christian Vanneste qui recommandait à l’UMP de ne pas avoir d’ennemi à droite. Ces deux-là ne sont pas encore mariés....

Le virage estival du Président sur la sécurité et l’immigration repose le problème de la relation entre le sarkozysme et l’extrême droite. Le Président semble décidé à recommencer à siphonner les voix frontistes tout en adoptant les idées lepénistes en matière de sécurité et d’immigration. Du coup, cela donne des idées à son aile droite. La création avant l’été du groupe de la Droite populaire peut être interprétée comme la constitution d’un groupe charnière entre la droite sarkozyste et la droite extrême. C’est l’impression que donne le mot d’ordre « Pas d’ennemi à droite » que tente d’impulser le député Christian Vanneste que Marianne2 a interviewé.

Nous avons demandé à Marine Le Pen de dire ce qu’elle en pensait. A priori, ces deux-là ne sont pas encore mariés.

Marianne2 : Christian Vanneste pense que la majorité ne doit « pas avoir d’ennemi à droite ». Que pensez vous de cet appel à un front républicain de droite ?

Marine Le Pen : Christian Vanneste, Eric Ciotti et Lionnel Luca participent en réalité à un Front ultra-libéral, mondialiste et fédéraliste européen. La vraie bataille oppose le Front national au Front mondialiste auquel ils participent en soutenant le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

En fait, l’UMP suscite une fausse opposition interne. Les Vanneste et autre Luca agissent sur ordre. Ils ont pour feuille de route de tenter de faire oublier ce que fait à la France le parti du gouvernement.

Ils n’ont pas l’air si favorable à l’Europe ni à la mondialisation...

Qu’on ne me demande pas de souscrire au blabla de ces élus locaux prétendument souverainistes qui disent sur le terrain le contraire de ce que fait le parti de gouvernement auquel ils appartiennent. Dans la situation actuelle de la France, s’ils croient aux idées qu’ils développent ça et là, ils devraient quitter l’UMP. S’ils le faisaient, nous pourrions étudier les modalités d’une collaboration. Mais le fait qu’ils ne le font pas rend leur insincérité évidente.

Vous vous privez peut-être d’alliés qui pourraient être précieux dans les élections locales...

A Hénin-Beaumont, lors de la dernière élection municipale, tous les ministres UMP sont venus sur place appeler à voter socialiste au second tour pour empêcher mon élection. Cela fait maintenant trente ans que l’UMP, et le RPR avant elle, n’a pas d’ennemi à gauche !