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Violences lycéennes : le procès du casseur vire au conseil de discipline

"Je croyais que c’était un rassemblement normal"

Au lendemain des violences qui ont émaillé la manifestation contre la loi El Kohmri, un lycéen a été jugé par le tribunal correctionnel de Paris. Des boulons, des feux d’artifice, une cagoule avaient été découverts dans son sac. Mais le jeune homme de 19 ans, coincé dans le box des accusés, n’a rien d’un casseur aguerri.

 

À peine entré dans le box des accusés de la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Quentin M., 19 ans, cherche du regard ses proches, lève les pouces et tente de les rassurer d’un inaudible « ça va ». Tout de noir vêtu, quelques mèches artificiellement blondes dans ses cheveux châtains, il a le teint pâle et les traits tirés par une éprouvante nuit en garde à vue. La première de sa vie, jamais auparavant ce lycéen, élève en terminale STMG, n’avait eu affaire à la justice.

Il fait partie des 131 personnes interpellées mardi 5 avril en marge de la manifestation non autorisée contre la loi El Khomri. Il est accusé de « participation avec arme à un attroupement par une personne dissimulant volontairement son visage ». Aucune charge de « violence » n’a été retenue à son encontre, à l’inverse des deux autres jeunes manifestants qui se tiennent à ses côtés dans le box des accusés. Ils sont soupçonnés d’avoir jeté une bouteille pour l’un et une pierre pour l’autre – sans toutefois faire de blessés – sur les forces de l’ordre.

 

Un procès pour l’exemple

Leur visage enfantin est bien loin de l’image que l’on se fait des casseurs. Le plus âgé, cheveux ras et polo bleu marine, a 23 ans et étudie la philosophie à l’université de Nanterre. Son voisin, tee-shirt blanc moulant et cheveux impeccablement coiffés, s’est inquiété toute la nuit de rater un examen de physique, indispensable à la validation de son BTS. « C’est un procès pour l’exemple, ils veulent nous dissuader de continuer notre mouvement », lâche l’un de leurs soutiens. Ils sont une petite vingtaine à avoir fait le déplacement pour être présents aux côtés de leurs « camarades » pendant le procès.

Mais ce mercredi, seul Quentin sera jugé, les deux autres ayant demandé le renvoi de leur dossier. « C’est dur de le voir ici, inimaginable même… C’est un gentil garçon mais il est influençable, il se cherche. Il n’est même pas politisé ou militant, il a dû se laisser embrigader », soupire sa mère pendant la suspension d’audience. Elle ne savait pas que son aîné était allé manifester, c’est en géolocalisant son portable – « Il était en retard, je m’inquiétais » – qu’elle a découvert qu’il se trouvait au poste et les raisons qui l’y ont conduit.

Lors de son interpellation, non loin de la place de la Nation, Quentin se trouve dans le groupe de tête d’un cortège non autorisé. « Je ne savais pas, je croyais que c’était un rassemblement normal », jure-t-il. « Vous n’avez pas de smartphone ? Vous n’avez pas la 4G ? », lui assène la présidente, Florence Schmidt-Pariset.

Rapidement, la manifestation dégénère. Une centaine de jeunes cagoulés s’en prennent violemment aux forces de l’ordre : insultes, jets de projectiles, bousculades, détaille le rapport de police. Le lycéen ne le nie pas, il était dans ce groupe, il avait le visage couvert mais il n’a rien jeté sur les forces de l’ordre. C’est pourtant un lance-pierre aperçu dépassant de sa poche qui va déclencher son interpellation.

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Relaxés pour des violences ici, exclus pour des quenelles là, voir sur E&R :

 



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