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Alain Soral sur l’avortement

Extraits des Abécédaires de la bêtise ambiante (2002-2003)

À l’occasion des quarante ans de la loi Veil (17 janvier 1975), nous portons à la connaissance de nos lecteurs ces trois textes d’Alain Soral traitant de la question de l’avortement, parus en 2002 et 2003 dans Jusqu’où va-t-on descendre ? et Socrate à Saint-Tropez, réunis depuis 2008 dans les Abécédaires de la bêtise ambiante.

 

Avortement

Il y a deux visions de l’avortement :

1) La vision progressiste, qui permet à une fille d’éviter d’être mère dans de trop mauvaises conditions pour elle et pour l’enfant (viol, accident contraceptif chez la fille trop jeune, trop grande précarité sociale...). Un avortement dont le droit à la récidive devrait être contrôlé, pour qu’une liberté acquise ne tourne pas au droit à l’irresponsabilité remboursée par la Sécurité sociale.

2) La vision réactionnaire, celle du « mon corps m’appartient » de la femme dégradée en jouisseuse consommatrice qui, ne voulant pas voir plus loin que ses désirs individualistes conçus comme des droits (c’est mon choix), a perdu tout sens du devoir ; tout sens du lien de l’enfantement avec le sacré (donner la vie) et le collectif (perpétuer l’espèce).

Déresponsabilisation de l’individu et désacralisation de la vie qui conduisent aujourd’hui le législateur à porter à douze semaines la limite légale de l’avortement, en attendant plus, toujours plus... jusqu’à la banalisation planifiée de l’infanticide.

Inconséquence érigée en style de vie, pour que tourne à plein la société-du-désir-de-consommation, qui permet aujourd’hui à la « jeune fille moderne » d’être à la fois pour l’avortement le plus libre, contre la peine de mort (pour des coupables lointains mais pas pour l’innocent dans son ventre) et écologiste : toujours prête à laisser faire la nature, sauf quand celle-ci s’adresse directement à elle.

 

Alain Soral, Jusqu’où va-t-on descendre ?, Blanche, 2002

 

 

Avortement (1)

Parce que c’est mon choix

 

210 000 avortements par an en France pour 720 000 naissances, soit 30 % des futurs enfants qui passent à la poubelle. Un chiffre en hausse constante malgré trente-cinq ans de contraception remboursée par la Sécurité sociale. Contrairement à ce que les bien-pensants de gauche veulent nous faire croire avec leurs yeux humides, il ne s’agit plus d’une pratique marginale, extrême, désespérée, mais bien d’une pratique de masse désormais banalisée. Là où nous mène, entre autres, l’individualisme consumériste jouisseur et irresponsable à la C’est mon choix.

Avortement (2)

et fin programmée du sous X

 

Avant on cherchait plutôt à se débarrasser du poids de la filiation, à exister par soi-même et le projet, aujourd’hui on s’y complaît.

Parmi les victimes de ce néo-tribalisme de la vérité par l’origine, le plus lointain passé, l’héritage familial, communautaire, génétique... la remise en cause du sous X qui garantissait hier aux femmes l’anonymat à vie après un abandon d’enfant.

Combien d’émissions depuis quelques temps mettent complaisamment en scène de jeunes adultes (souvent des filles) exigeant, de façon geignarde et hystérique, que soit rompue cette promesse faite par l’État à la mère abandonneuse, au nom du droit de l’enfant.

Droit de l’enfant à quoi ?

Outre l’incroyable mépris pour les parents adoptifs, ces parents qui sont les leurs en vertu de l’amour donné et compté pour rien, quand tout l’affectif se réinvestit de façon masochiste sur ceux qui n’en voulaient pas, quelle arrogance stupide et dangereuse de revendiquer comme un droit le fait de pouvoir influer – par une loi rétroactive – sur le hasard de sa naissance, de revenir sur ce qui devient d’autant plus irréversible qu’on le croit à ce point déterminant.

Et pourquoi pas demain, après des enfants attaquant leur mère au tribunal (toujours européen quand il s’agit de foutre la merde) pour les avoir confiés à l’adoption, des enfants d’ouvriers attaquant leurs parents pour avoir osé les faire naître chez des pauvres, ou des gros, ou des ploucs ?

Quelle haute idée faut-il avoir de l’importance de sa lignée et de soi-même pour prétendre bouleverser des vies étrangères, souvent rebâties dans l’oubli difficile et la douleur, sous prétexte de se reconstruire ; surtout quand, en fait de reconstruction, on risque de découvrir, derrière le drame de l’abandon, le drame encore plus noir et autrement traumatisant du viol ou de l’inceste...

À voir de plus en plus se déployer dans les médias cette étrange complaisance pour ce narcissisme pervers fait de surévaluation du passé, de froideur pour les parents adoptifs et de ressentiment pour la mère génétique, on peut se demander effectivement si la femme qui enfanta sous X n’aurait pas mieux fait, comme on l’y incite désormais, de recourir à l’avortement.

 

Alain Soral, Socrate à Saint-Tropez, Blanche, 2003

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Article ancien.
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12 Commentaires

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  • #1092868
    le 17/01/2015 par impartial
    Alain Soral sur l’avortement

    200 000 avortements en France par an , et 200 000 immigrés entrant légalement en France par an . Tout se passe comme si la France préférait éliminer un quart de sa progéniture afin de pouvoir adopter des étrangers . Et après les Français se plaignent d’être "envahis" : ils se sont montrés et ils se montrent INCONSEQUENTS, égoïstes, ne pensant qu’à leur plaisir, ils n’ont pas vraiment compris ou voulu comprendre que cesser de faire des petits Français, c’est finalement faire disparaitre la France .

     

  • #1092971
    le 17/01/2015 par Bertrand
    Alain Soral sur l’avortement

    On ne doit pas s’opposer à l’immigration sous prétexte que l’on risque de passer à côté de "chances pour la France". Parmi ces enfants que l’on tue, combien auraient pu être des chances pour la France ?

     

  • #1093125
    le 17/01/2015 par Marie59
    Alain Soral sur l’avortement

    Excellente analyse !

    J’ajouterai simplement que ce sont ces mêmes hystériques revendiquant le droit de l’enfant de connaître ses parents (le refus de l’accouchement sous X) qui, aujourd’hui, sont en faveur de la GPA et de la PMA ! Leurs contradictions ne les gênent aucunement tant qu’on peut appliquer leur idéologie libertaire... Et l’argument en retour est indécent ! On ne peut pas mettre sur le même pied d’égalité le fait de vouloir sauver un bébé de l’assassinat (appelons les choses par leur nom) et celui du désir égoïste de l’enfant à tout prix. On peut donc tranquillement continuer à affirmer que toutes ces méthodes, la GPA, PMA etc. sont des bombes à retardement. Les psychologues ont encore de beaux jours devant eux... ! On notera le nombre croissant de bébés abandonnés devant des poubelles ou tués à la naissance. Tout ceci est la conséquence de la banalisation de l’avortement et du durcissement des cœurs. Car, toute femme le sait bien, magré tout ce qu’elle peut dire, elle peut bien jouer à l’autruche, sa conscience est là pour le lui rappeler : quelle différence entre avant et après la naissance... ?


  • #1093256
    le 17/01/2015 par Ramir
    Alain Soral sur l’avortement

    Et pourquoi une personne ne pourrait-elle pas traîner ses parents en justice, au motif que ceux-ci (les parents) l’aurait mis au monde sans qu’il le désire (l’enfant).

     

  • #1094814
    le 19/01/2015 par Serge
    Alain Soral sur l’avortement

    C’est du Clouscard dans le texte !

     

    • #1102975
      le 27/01/2015 par AK
      Alain Soral sur l’avortement

      Clouscard n’est pas dans le texte, il est pour toujours immortel ! Si n’importe qu’el amateur pourrait le citer sans le dénaturer et rester dans la dignité de Clouscard, alors le maitre Soral pourrait le nommer comme un ami de la vérité marxiste !
      Que la paix soit avec vous !
      A.Khelif


  • #1095514
    le 19/01/2015 par Alphonse Dadet
    Alain Soral sur l’avortement

    217 000 avortements en 2013.
    Quoiqu’on en pense, ce chiffre est effrayant.
    L’ivg est remboursé à 100% depuis mars 2013.

    On en parle peu , mais beaucoup de médecins refusent de pratiquer des avortements, et ils ont un droit de retrait.

    De plus, certain ont fait le serment d’hypocrate (tous ?)
    "Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté."
    (version d’origine, extrait)
    C’est un vrai cas de conscience pour certains.
    Les ivg ont encore lieu, pour une grande majorité, dans les maternités. Il n’y a pas encore, ou très peu, de services dédié. Il ne faut pas se tromper sur la fiche de la patiente !


  • #1098212
    le 22/01/2015 par Louane
    Alain Soral sur l’avortement

    Bonjour,

    Nous diabolisions continuellement les femmes (futures mères) en les assenant d’irresponsables, mais qu’en est il de l’homme ?
    Le cas d’hommes réfractaires à mettre un préservatif (et ce n’est pas marginal, malheureusement), et qui demandent l’avortement en cas de "pépin" comme d’un acte anodin...... à se demander si ils font le lien entre coït et procréation...
    Malheureusement, les témoignages en ce sens sont bien trop courants.
    A quand un retour à la responsabilisation voir sacralisation du sexe comme acte d’amour et de chair ? (je rêve, je crois)
    La libération sexuelle des femmes était bien un leurre, je vous le dis. Son résultat en est l’inverse des termes choisis.