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Ce que révèlent les élections américaines sur le conflit intérieur

Les élections US de mi-mandat ont été interprétées par les grands médias en fonction du clivage partisan Républicains/Démocrates. Cependant, poursuivant son analyse de l’évolution profonde du tissu social, Thierry Meyssan y voit le net recul des Puritains face aux Luthériens et aux Catholiques. Le réalignement politique de Donald Trump est en passe de réussir comme, avant lui, celui de Richard Nixon.

 

 

Lors des élections de mi-mandat US, les électeurs ont été appelés à se prononcer de manière groupée pour renouveler la totalité des membres de la Chambre des représentants fédérale et un tiers des membres du Sénat fédéral. En outre, au plan local, ils ont désigné 36 gouverneurs, pourvus de nombreuses autres fonctions locales et répondu à 55 referendums.

Ces élections sont considérées comme beaucoup moins mobilisatrices que celles du président.

Les politologues US ne s’intéressent guère au taux de participation, dans la mesure où il est possible de ne participer qu’à certaines de ces élections groupées et pas à d’autres.

Alors que, depuis la fin de la Guerre froide, le taux de participation à l’élection présidentielle se situe entre 51 et 61 % (à l’exception du vote pour le second mandat de Bill Clinton qui n’a rassemblé qu’une minorité d’électeurs), celui des élections de mi-mandat est de l’ordre de 36 à 41 % (à l’exception de celui de 2018 qui aurait atteint 49 %). Ainsi, du point de vue de la participation citoyenne, si les règles du jeu sont démocratiques, la pratique ne l’est absolument pas. S’il existait un quorum [1], rares seraient les membre du Congrès qui seraient élus. Les représentants et sénateurs ne sont habituellement choisis que par moins de 20 % de la population.

Ceux qui analysent les résultats des élections en vue de pronostiquer les carrières des candidats observent les clivages partisans. Cette fois, la Chambre des représentants sera à majorité démocrate et le Sénat à majorité républicaine. Ce décompte permet par exemple d’anticiper la marge de manœuvre du président par rapport au Congrès. Cependant, à mon avis, il ne permet plus du tout de comprendre l’évolution de la société états-unienne.

Lors de la campagne présidentielle de 2016, un ex-démocrate, Donald Trump, s’était présenté à la candidature du Parti républicain. Il représentait un courant politique absent du paysage US depuis la démission de Richard Nixon : les jacksoniens. Il n’avait a priori aucune chance d’obtenir l’investiture républicaine. Il élimina pourtant, un à un, ses 17 concurrents, fut investit et gagna l’élection face à la préférée des sondages, Hillary Clinton.

 

 

Les jacksoniens (du nom du président Andew Jackson, 1829-1837) sont des défenseurs de la démocratie populaire et des libertés individuelles, aussi bien face au pouvoir politique qu’économique. Au contraire, l’idéologie alors dominante, aussi bien au Parti démocrate qu’au Parti républicain, était celle des Puritains : ordre moral et impérialisme.

Durant cette campagne, j’avais observé que la montée en puissance de Donald Trump marquait la résurgence d’un conflit fondamental : d’un côté les successeurs des « Pères pèlerins » (les Puritains qui fondèrent les colonies britanniques des Amériques) et de l’autre les successeurs des immigrés qui se battirent pour l’indépendance du pays [2].

La première composante historique des États-Unis (les Puritains) entendait créer des colonies au mode de vie « pur » (au sens calviniste du terme) et poursuivre la politique étrangère de l’Angleterre. La seconde (les Anglicans, les Luthériens et les Catholiques) fuyait la misère dont elle était victime en Europe et espérait s’en sortir par son travail.

Ces deux groupes avaient trouvé un consensus autour de leur Constitution. Les grands propriétaires terriens qui rédigèrent la loi fondamentale ont longuement expliqué vouloir reproduire le système politique de la monarchie anglaise, mais sans créer d’aristocratie [3]. Tandis que les seconds, qui ajoutèrent la Bill of Rights (les 10 premiers amendements de la Constitution), voulaient poursuivre leur « rêve américain » sans risquer d’être écrasés par une quelconque « Raison d’État ».

Au cours des dernières années, les partis démocrate et républicain ont évolué pour devenir les porte-paroles de la pensée puritaine, défendre l’ordre moral et l’impérialisme. Les Bush sont des descendants directs des « Pères pèlerins ». Barack Obama a composé son premier cabinet en s’appuyant massivement sur les membres de la Pilgrim’s Society (le club transatlantique présidé par la reine Elizabeth II). Hillary Clinton a été soutenue par 73 % des « judéo-chrétiens » [4] etc. Au contraire, Donald Trump représentait, seul, l’autre composante de l’histoire politique US. Il est parvenu en quelques mois à prendre le contrôle du Parti républicain et à l’amener, en apparence tout au moins, vers ses convictions.

Dans la situation actuelle, environ un tiers des États-uniens s’est violemment polarisé entre pro et anti-Trump, tandis que les deux autres tiers, beaucoup plus modérés, se tiennent en retrait. De nombreux observateurs considèrent que le pays est désormais aussi divisé qu’il le fut dans les années 1850, juste avant la guerre civile, dite « guerre de sécession ». Contrairement au mythe, le conflit n’opposait pas un Sud esclavagiste à un Nord abolitionniste puisque les deux camps pratiquaient l’esclavage. Il portait en réalité sur la politique économique et opposait un Sud agricole et catholique à un Nord industriel et protestant. Au cours de cette guerre, les deux camps tentèrent d’enrôler les esclaves dans leurs armées. Le Nord fut rapidement capable de les libérer, tandis que le Sud attendit pour cela de sceller son alliance avec Londres. Des historiens ont montré que, d’un point de vue culturel, ce conflit prolongeait aux États-Unis la guerre civile anglaise, dite « Grande rébellion » (qui opposa Lord Cromwell et Charles Ier). Cependant, à la différence de l’Angleterre, où les Puritains finirent par perdre, ce sont leurs descendants qui vainquirent aux USA.

 

 

C’est ce conflit qui menaça de ressurgir sous Richard Nixon et qui s’étale aujourd’hui au grand jour. Il n’est d’ailleurs pas indifférent que le meilleur historien de cette question [5] soit, Kevin Phillips, l’ancien stratège électoral qui aida Nixon à s’emparer de la Maison-Blanche. Nixon réhabilita les électeurs du Sud, reconnut la Chine populaire et mit fin à la guerre du Vietnam (initiée par les Démocrates). Il entra en conflit avec l’establishment de Washington qui le contraignit à la démission (affaire du Watergate).

On peut certes lire les résultats des élections de mi-mandat 2018 selon le clivage Républicains/Démocrates et conclure à une faible percée du Parti démocrate. Mais on doit surtout les lire selon le clivage Luthériens/Calvinistes.

Dans ce cas, on doit observer que non seulement le président Trump a participé intensivement à cette campagne, mais son prédécesseur Obama également. L’objectif était soit de soutenir le réalignement culturel opéré par Donald Trump, soit d’emporter la majorité du Congrès afin de le destituer sous n’importe quel prétexte. Le résultat est clair : l’impeachment est impossible et Donald Trump dispose du soutien d’une majorité de gouverneurs rendant sa réélection possible.

Les nouveaux élus démocrates sont des jeunes, partisans de Bernie Sanders, très hostiles à l’establishment de leur parti, notamment à Hillary Clinton. Surtout, parmi les candidats républicains, TOUS ceux que le président Trump est allé soutenir sur le terrain ont été élus. Ceux qui ont refusé son aide, ont été battus.

Les perdants de ces élections – au premier rang desquels la presse et Barack Obama – n’ont pas échoué parce que Républicains ou Démocrates, mais parce que Puritains. Contrairement aux commentaires des médias dominants, on doit constater que les États-Unis ne sont plus en train de se déchirer, mais de se réformer. Si ce processus se poursuit, les médias devraient abandonner leur rhétorique d’ordre moral, et le pays devrait revenir durablement à une politique d’hégémonie et non plus impérialiste. À terme, les États-Unis peuvent retrouver leur consensus constitutionnel.

Thierry Meyssan

Notes

[1] Le quorum est le nombre minimal exigé de participant pour qu’une élection soit valide. Les pays qui en ont un pour des élections au suffrage universel, le fixent généralement à la moitié du corps électoral.

[2] « Les États-Unis vont-ils se réformer ou se déchirer ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 octobre 2016.

[3] How Democratic Is the American Constitution ?, Robert A. Dahl, Yale University Press, 2002.

[4] Par « judéo-chrétiens », j’entends les personnes qui fondent leur vie à la fois sur les écritures juives (Ancien Testament) et sur les écritures chrétiennes (Nouveau Testament) sans observer de contradiction entre elles.

[5] The Cousins’ Wars, Kevin Philipps, Basic Books, 1999.

Voir aussi, sur E&R :

À lire chez Kontre Kulture :

 
 






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29 Commentaires

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  • #2081366

    Pour les enthousiastes de Trump il faut faire tout de même remarquer qu’en nombre de voix c’est Hillary qui avait gagné, comme l’a rappelé récemment S Royal .

     

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    • #2081518

      Les règles sont les mêmes pour tous.

      Ce système empêche,par exemple, new-york et la Californie de mener seuls la danse.

      Autre exemple, encore plus probant ; ce systeme empêche la mainmise des ressources narurelles d’un état peu peuplé par d’autres, plus populeux.

      Il a va de même pour les lois, ect..

      Ségolène ne sait pas du tout fe quoi elle parle, et me fait la que servir la bonne vieille soupe gauchiste...

       
    • Ségolène Royal souffre d’un syndrome qui se nomme "la nuit américaine" !
      [ je lui souhaite de continuer d’apprécier les moules avec Jospin sur l’Île de Ré et ensemble jusqu’à Biarritz ]
      _

       
    • #2081659

      Soyons honnêtes si Trump avait perdu en obtenant plus de voix au niveau national vous seriez là à hurler au vol !

       
    • #2081677

      Bonjour,
      Il n’est pas exact de dire que Trump a été élu avec moins de voix que Clinton. Tout simplement parce qu’il n’y a qu’un tour avec d’autres candidats. Clinton avait fait le plein et ne possédait, en réserves éventuelles, que moins d’1% de voix écologistes. La candidate verte ayant déjà fait un score ridicule pour son parti qui totalisait généralement de 2 à 3 % des voix. Le vote utile avait donc déjà joué. Dans un éventuel second tour, les voix portées sur d’autres candidats, comme le candidat libertarien, ce seraient majoritairement portées sur Trump.
      De plus , le mode de désignation des grands électeurs décourage les Républicains dans des États comme la Californie ou New York. Ils s’abstiennent davantage.
      Je termine enfin en précisant que si les primaires démocrates avaient été organisées comme les primaires républicaines, Clinton pouvait être battue par Sanders. Mais les primaires démocrates c’est comme l’élection de miss France. On demande au peuple de voter mais le jury possède une minorité de blocage. Ici, les cadres du parti, qui choisissaient Clinton.

       
    • #2081760

      avant la revolution industrielle, les pauvres etaient a la campagne et les "riches " en ville.Depuis c’est le contraire, les pauvres sont parques dans les villes ou ils sont completement dependants de l’etat et de la banque par l’intermediaire de la monnaie. La democratie est piegee par le nombre et seule la constitution garantie les droits de la minorite. Soral l’a dit alliance de la gauche du travail (t’as rien mais tu bosses et t’es recompense justement) et de la droite des valeurs ( ceux qui defendent la liberte avant le pognon) contre le lumpenproletariat,la racaille et les bourgeois exploiteurs et decadents qui voudraient nous renvoyer a germinal ou nous faire tuer dans des tranchees pour se payer une troisieme bmw plutot que de se casser le cul a innover.
      Meyssan a une grille d’analyse interressante que d’autres appelle lutte entre capitalisme de rente et capitalisme d’innovation. La difference entre les deux etant l’autorisation de la destruction creatrice c’est a dire personne ne sauve une entreprise qui fait faillite ( comme les banques par ex lehman brother)

       
    • oui, enfin seulement avec la Californie en fait. Sans la Californie (4 millions de voies d’avance si ma mémoire est bonne), Trump gagne le vote populaire.

      Ca depends donc comment on voit les choses...

      Par ailleurs, sans le système des grands electeurs, ce ne sont plus les Etats Unis (vu que c’est LA condition de l’Union)

       
    • #2081855

      Aucun système électoral n’est parfait et prétendre en trouver un qui pourrait vraiment refléter la volonté majoritaire d’un corps électoral sans aucun biais est illusoire. Cela avait déjà été démontré au XVIIIe siècle par le « Paradoxe de Condorcet ». On peut juste espérer trouver le moins mauvais possible, qui ne donne pas l’impression (généralement justifiée) aux perdants qu’ils sont victimes d’un système “taillé sur mesure” pour que ce soient toujours les mêmes qui gagnent.
      Je constate simplement que le système américain, tout imparfait qu’il soit, permet une vraie alternance, et il faut croire qu’il n’est pas si mauvais car on n’éprouve pas le besoin de changer les règles et de faire du charcutage électoral des circonscriptions à chaque élection ou presque, comme on fait ici, le “pays des droits de l’homme” qui donne des leçons de démocratie à la terre entière.

       
    • #2084720

      Vous avez un drôle de sens de l’arithmétique, dans le même genre je tiens à souligner que Marine Le Pen avait plus de voix que Macron, mais il a quand même remporté l’élection et le FN se retrouve sans siège. Alors vos leçons de démocratie vous pouvez les garder pour vous. Par ailleurs en 2007 Jean Marie Le Pen avait plus de voix que Royal, donc c’est lui qui aurait du gagner l’élection.

       
    • #2084723

      @Lewis-S Et les fraudes électorales ? vous en faites quoi ?

       
  • #2081434

    Tres bon texte.

    L’axe puritain vs catho/lutherien m’avait échappé.

    Très instructif... et plutot réjouissant.

     

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  • #2081525

    L’article oublie de mentionner que 3 etats ont ete pris la main dans le sac, en faisant voter des morts (tiens cela me rappelle quelque chose) ou en tronquant des votes republicains et malheureusement pour eux, le president Trump s’y attendait et avait prit des mesures, des gens impliques risquent de la prison, encore une fois les "pauvres" democrates qui ne peuvent gagner des elections qu’en trichant vont se retrouver mal en point. L’affaire fait grand bruit en ce moment, renseignez-vous.

     

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  • Il portait en réalité sur la politique économique et opposait un Sud agricole et catholique à un Nord industriel et protestant.



    Le Sud a toujours été un bastion protestant au contraire. L’immigration catholique irlandaise et italienne s’est surtout établie au nord, et majoritairement après la guerre.



    Des historiens ont montré que, d’un point de vue culturel, ce conflit prolongeait aux États-Unis la guerre civile anglaise, dite « Grande rébellion » (qui opposa Lord Cromwell et Charles Ier). Cependant, à la différence de l’Angleterre, où les Puritains finirent par perdre, ce sont leurs descendants qui vainquirent aux USA.



    Cromwell est mort dans son lit alors qu’il avait le pouvoir absolu et la seconde révolution anglaise verra les catholiques perdre définitivement le pays 30 ans plus tard. Il y a beaucoup d’erreurs dans le texte de Meyssan...

     

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    • #2081681

      Je valide votre commentaire. L’analyse globale de l’auteur est valable. Mais les raccourcis historiques posent quelques problèmes. Effectivement, en Angleterre le vainqueur n’a pas été celui mentionné. Par la suite sa victoire n’est pas restée totale, mais tout de même.
      Sur la Guerre Civile américaine, l’auteur fait justement remarquer que la question de l’esclavage b’était pas prépondérante. Pourtant elle existait. Trois États restés unionistes maintenaient certes l’esclavage mais un seul était dans l’Union par choix véritable, à savoir la Virginie Occidentale, fondée à cet effet. Le Kentucky était en guerre civile localisée entre son nord et son sud. Le Maryland a été empêché militairement de faire sécession. La population y est restée très hostile à l’Union tout le conflit.
      Il n’en reste pas moins vrai que le vrai clivage portait sur la politique économique, le Nord étant protectionniste, ce qui nuisait au Sud. Presque aussi important , le clivage sur le fédéralisme. C’est du reste ce qui a poussé la Virginie Occidentale a faire sécession de la Virginie. L’esclavage venait seulement en troisième plan.
      Maintenant, si le Sud était catholique, je suis la Reine d’Angleterre. Les catholiques y étaient autant détestés qu’au Nord. Il est vrai que les catholiques de New York avaient une certaine sympathie pour les confédérés, mais ça s’arrête là. Le Sud n’était pas puritain mais très protestant. D’où l’évangélisme actuel. Le KKK fonda son discours sur la haine des noirs, des juifs et des catholiques.

       
    • #2081711

      Je vous rejoins dans votre critique. J’ai laissé un premier commentaire en ce sens mais il n’est pas passé.
      Le plus drôle c’est que globalement l’analyse de l’auteur est juste. Mais les éléments historiques pris comme démonstration sont pour le moins hasardeux.
      Il est exact de préciser que la guerre civile américaine n’a pas été motivée principalement par la question de l’esclavage. La question du protectionnisme était plus importante. Celle du fédéralisme également. L’esclavage venait ensuite.
      Sur ce point, le fait que l’esclavage était pratiqué dans les États de l’Union reste contestable. C’est vrai pour la Virginie Occidentale fondée à cette occasion. L’Union était trop heureuse du coup politique. Le Kentucky était en guerre civile interne tout en restant officiellement dans l’Union. Quant au Maryland, il a été empêché militairement de faire sécession en étant occupé par les troupes de l’Union. Baltimore était en état d’insurrection permanent.
      Le Sud catholique est une farce. Les sudistes n’étaient pas puritains mais tout autant hostiles aux papistes. Du reste, le KKK a fondé sa doctrine sur la haine des noirs, des juifs et des catholiques.
      Sur l’Angleterre, l’auteur fait effectivement une méprise intégrale.

       
    • #2081874

      En effet, et c’est bien dommage. Monsieur Meyssan nous donne une grille d’analyse intéressante sur ces élections, difficile à appréhender ici en France.

       
    • #2081929

      Quand même, Louisiane et les environs(les anciens territoires francais), etaient peuplé d’un bon nombre de catholiques.

       
    • #2081932

      ?
      Cromwell est mort décapité sur ordre du roi...

      Dans la tour de Londres, si je me souviens bien.

       
    • Les territoires français d’Amérique du Nord n’ont jamais été très peuplés. Pour vous donner un ordre d’idée, quand la guerre de 7 ans a éclaté, on estime qu’il y avait 80 000 Français faisant face à 1.5 millions d’Anglais répartis sur un territoire pourtant dix fois plus petit. Le Sud est très largement protestant.

      Vous confondez Thomas Cromwell avec Oliver Cromwell qui est celui dont parle Meyssan et qui lui, au contraire, a fait décapiter son roi.

       
    • #2082462

      @ Hmmm

      absolument exact.

      Boulette majestueuse, j’ai royalement foiré. Merci du recadrage.

      Quand a l’Amérique francaise, c’est vrai aussi, mais je soulignait seulement qu’il y a un certain pourcentage de catholiques qui au moment de la conquête, ont choisis de rester.

      Il en subsiste de nombteux patronymes et nom de lieux qui le rappelle encore. Sans parler de ceux ayant modifié leurs patronymes ; exemple, Vincent Furnier( Fournier) plus connu sous le nom d’alice cooper.

      Je ne vous dit pas la stupéfaction quand j’ai réalisé que ce type est de la même branche que moi...l’ancêtre était trappeur !

       
  • #2081568
    Le 14 novembre à 22:06 par Adolfo Stalini
    Ce que révèlent les élections américaines sur le conflit intérieur

    C’est une théorie amusante et même séduisante, mais comme disait l’écrivain allemand Goethe, "Les Français ont le génie de prouver que ce qui est faux est vrai et que ce qui est vrai est faux". Je crois qu’on a affaire à une jolie pirouette intellectuelle qui présente en outre l’avantage de rassurer à propos de l’éventualité d’une guerre civile aux USA et ailleurs en Occident. Cette théorie est confortable et anti-anxiogène. Elle ne tient pas compte de la tension ethnique extraordinaire qui parcourt ce pays. Ramener cette tension à une querelle entre Calvinistes et Luthériens (qui sont assez proches sur le plan doctrinal) est une jolie tentative d’anesthésier le malade. Bien essayé, mais je reste sceptique. Darwin explique mieux les grandes évolutions de l’animal humain que les querelles byzantines sur le libre arbitre et l’action plus ou moins inexorable de la divine providence.

     

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    • Effectivement,
      Je vous cite :
      " Darwin explique mieux les grandes évolutions de l’animal humain que les querelles byzantines sur le libre arbitre et l’action plus ou moins inexorable de la divine providence. "
      _

       
    • #2081805

      Darwin ?

      Les explications de Darwin ont autant de valeur que l’histoire de la terre du millieu...

      Darwin ne savait rien des chromosomes, de l’adn, du fonctionnement des cellules et j’en passe... mais il explique tout.

      Allez comprendre... Darwin est une sorte de dieu, pour les athées qui CROIENT en sa THEORIE.

      Quand on y pense, c’est plutôt drôle.

       
    • #2082385
      Le 16 novembre à 13:16 par Comprendre l’Empire... Pour le Christ
      Ce que révèlent les élections américaines sur le conflit intérieur

      @Le Malicieux Exactement. En réalité, il n’existe pas de vrais athées. Juste des personnes qui ont choisi de faux dieux (la science, principalement).

       
  • #2081641

    Que les voies du Grand Mickey, Suprêmissime Chamboultou de l’Univers, entende le Titi dans sa conclusion...

     

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  • #2081684

    Cette nomenclature est intéressante, amusante même, mais impertinente je crois. Premièrement le puritanisme américain n’est pas du tout nécessairement pro-establishment, il peut être très contestataire, et si cela peut vous étonner il n’est pas nécessairement puritain sexuellement. Les Quakers étaient originellement connus pour pratiquer une sorte de rituel collectif qui aujourd’hui serait mépris pour du yoga de montée de kundalini. Les puritains ont été en général le fer de lance des actions de changement social en faveurs des classes modestes même si la plupart de ces actions ont mal tourné comme tout ce genre d’action partout peu importe l’idéologie.

    Les Luthériens américains bien que numériquement très présents ne constituent pas une force significative politiquement, leur présence dans le débat religieux contemporain est presque nulle, c’est un phénomène surtout d’identification à l’origine allemande.

    Les Catholiques américains sont à toutes fins pratiques des catholiques communautaires (irlandais, italiens et mexicains pour citer les principales communautés) et donc le public de choix des idéologies multi-culturelles qui sont à l’heure actuelle le principal fer de lance de l’idéologie impérialiste américaine dans le monde. À part les Irlandais, peuple traditionnellement très opprimé mais depuis récupéré par l’idéologie blanche, les communautés culturelles catholiques ont une influence impérialiste et anti-socialiste bien-pensante à saveur humaniste, c’est du catholicisme de mafia plus que d’assistance religieuse. Même si on trouvé beaucoup de grandes âmes catholiques au sein du parti anti-esclavagiste, les Catholiques étaient du temps de la guerre de Sécession partisans de la cause sudiste et du maintien des contrats féodaux pour les petits blancs comme pour les Noirs. C’est peut-être après le judaïsme la religion la plus prostituée au politically correct américain, la plus pétrie de la mentalité comme quoi les travailleurs doivent se serrer la ceinture pour accueillir plus d’immigrants, ce grâce en grande partie à l’icône sans tache de JFK.

    Les USA ne peuvent pas revenir de la politique impériale à une politique d’hégémonie républicaine car toutes leurs sources de revenus actuelles proviennent de l’économie mondialisée. Le rêve que vend Trump n’est qu’un mensonge éhonté, Trump lui-même étant un entrepreneur du type le plus mondialisé. Les USA voguent vers la guerre civile car c’est la seule manière de mettre fin au rêve américain.

     

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    • #2081997

      Merci pour la chute, finalement les Us vont inexorablement vers leur perte, leur histoire est fondée sur des conflits entre gens complètement différents les uns des autres, ils demeurent toujours irréconciliables d’ou ce communautarisme assumé. Sans parler de la nouveauté inexistante au début de la création de cette nation, israhel et son ambition démesurée de domination "empirique".

       
    • #2082247

      Au risque de vous décevoir, IsraHell était très présent dès les premières étapes de la formation de l’Amérique, même que le pourcentage de juifs (3%) était supérieur à l’actuel (2%) au moment de la Révolution et que cette influence communautaire fut aussi prépondérante lors de la Révolution américaine que lors de la Révolution Russe, ce qui n’est pas peu dire. Benjamin Franklin fut peut-être, même s’il était d’origine juive douteuse, un des partisans les plus enragés du racisme juif suprématiste : s’il n’en avait tenu qu’à lui l’Amérique aurait eu une religion totalitaire un tiers judaïsme, un tiers calvinisme et un tiers maçonnerie : il a fallu le lobbying du reste de la communauté plus traditionnelle pour le calmer et lui faire valoir les avantages d’un état religieusement neutre en apparence pour l’avancement des intérêts d’une religion fondée sur la ruse. Jefferson qui représente un peu le pôle opposé de l’idéologie américaine (moins fanatique impérialiste et plus humaniste universaliste) était quant à lui un juif de très bonne origine mais honteux de l’être et préférant s’identifier comme beaucoup de ses congénères aux Lumières, à l’esprit de Voltaire dont il se disait le successeur. Les non-juifs parmi les Pères fondateurs se prenaient tous pour des âmes juives de fait.

      La raison pour laquelle les livres d’histoire américaine pour ados font comme si les juifs n’existaient pas à l’origine est qu’en réalité ils étaient presque tous concentrés dans les états sudistes et fournissaient l’essentiel de l’expertise au fonctionnement de l’économie de plantation (un peu le commerce des esclaves, pas autant que ne le dit Farrakhan, mais surtout les secteurs connexes comme la vente d’équipements, l’ingéniérie, la spéculation sur les denrées coloniales, secteurs bien moins risqués et plus profitables) : c’étaient alors une communauté juive presque exclusivement sépharade et ultra-conservatrice, qui se retira de l’avant-scène après la guerre de sécession pour laisser briller la communauté ashkenaze de réputation beaucoup plus progressiste et grâce à laquelle l’identité juive se refit une virginité auprès du peuple américain.

      Juridiquement parlant la déclaration d’indépendance de 1776 était un transfert de loyauté du roi Georges jugé indigne car fou au roi de l’Israël à venir, pays que le nouvel état faisait promesse de tout mettre en oeuvre pour restaurer un jour. Le DC de Washington fut et est resté nominalement un district israélien.

       
  • #2084718

    "Par « judéo-chrétiens », j’entends les personnes qui fondent leur vie à la fois sur les écritures juives (Ancien Testament) et sur les écritures chrétiennes (Nouveau Testament) sans observer de contradiction entre elles." En gros de sacrés schizophrènes. On ne peut se dire chrétien et être du côté des assassins du Christ.

     

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