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Crise à l’école : "On ne forme plus à penser, alors les élèves se contentent de croire"

 

 

C’est le cri d’un révolté. Professeur de philosophie en lycée et membre du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), René Chiche publie un ouvrage où son attachement à l’institution scolaire se mêle à une rage sourde face à son état de ruine. Dans La Désinstruction nationale (éditions Ovadia), cet homme engagé déplore que le niveau de ses élèves soit désormais proche du néant. La faute à l’empilement des réformes, aux pressions de la hiérarchie, à la dégradation des programmes ou encore à la fragilisation des Humanités, entre autres. Entretien.

[...]

Ce qui a déclenché mon envie d’écrire, c’est tout d’abord le niveau inacceptable atteint par mes élèves. En classe, j’ai face à moi des élèves qui sont le produit de l’école : ils ont passé 15 ans en salle de classe et se retrouvent pourtant dans un état dramatique de quasi-illettrisme.

[...]

Il y a des causes qui sont très connues, comme par exemple la diminution du nombre d’heures de français et de philosophie, les modifications successives dans les programmes... Mais il y a quelque chose de plus fondamental derrière cette situation : le triomphe des Sciences humaines sur les Humanités. L’usage de langue, c’est l’instrument de la connaissance et de la pensée. Or, cet instrument ne peut s’acquérir comme tel que par la lecture de classiques, de grands auteurs. Pendant les années 70, l’université a commencé un processus de destruction de cet héritage pour promouvoir l’étude d’auteurs comme le psychanalyste Jacques Lacan, par exemple. Résultat : les professeurs, une fois en classe, ont ensuite développé une capacité à déployer un discours complètement artificiel sur des auteurs classiques qu’ils n’ont jamais lus. N’ayant que peu intégré cette culture classique, ils n’ont d’autre choix, devant les élèves, que de proposer autre chose. Ce sont les conséquences de ce mouvement que mon témoignage veut illustrer.

[...]

Je dois l’avouer, mes élèves sont très gentils... Mais ils ne savent, en général, rien. C’est-à-dire qu’ils ont été portés, pendant toute leur scolarité, dans un système qui ne leur a pratiquement rien donné, rien transmis. Ils sont donc une matière première idéale pour tout type de manipulations. Je ne dis pas que tout cela a été fait pour en arriver là, mais c’est un effet que je constate. Il suffit de lancer n’importe quel sujet pour observer qu’ils n’ont aucune distance critique.

[...]

Il y a quelque chose de très grave : Internet, par Wikipédia notamment, a donné l’illusion que le savoir pouvait se dispenser de la lecture. Comme si savoir une chose pouvait se résumer au fait d’en avoir vaguement entendu parler. L’école, finalement, au lieu de faire ce qu’elle a toujours fait, c’est-à-dire former l’esprit, se cantonne désormais à donner des informations partielles en disant qu’il s’agit là de « savoirs ». Mais ce n’est pas du savoir, ça ne forme pas l’intelligence ! Ce qui forme l’intelligence, ce sont des exercices comme la dissertation par exemple. Or, aujourd’hui, on constate que de plus en plus d’élèves arrivent en Terminale sans en avoir fait une seule de toute leur scolarité. Il n’est donc pas étonnant qu’ensuite, quand on leur demande d’exprimer, ils ne savent pas le faire. Et ça donne les copies que je lis... L’école ne forme plus à penser, alors les élèves se contentent de croire.

Lire l’entretien entier sur marianne.net

 

René Chiche chez Pascal Praud en juillet 2019 :

 

Avant La Désinstruction nationale de René Chiche, il y a eu La Fabrique du crétin de Jean-Paul Brighelli) et La Déséducation nationale d’Anne-Sophe Nogaret, elle aussi prof de philo :

L’Éducation antinationale, sur E&R :

 






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  • Après 25 ans de vie active, titulaire d’un M2 en droit, je suis passée par la case pôle emploi. Après un an de recherche (du St Graal ?) et inapte à traverser ma rue, je me suis résignée à enseigner le droit et l’économie en tant que vacataire. Alimentaire ? oui assurément... moi, qui issue d’une famille modeste était passionnée par les études et la lecture, suis horrifiée de la misère intellectuelle de mes élèves et de la suffisance de mes "collègues" persuadés d’être les détenteurs du savoir.
    L’un de mes fils est dyslexique, ce qui impacte la qualité de ses copies, je lui ai souvent reproché la pauvreté de son français. A la lecture de certaines de mes copies de terminale ou de BTS, je pense avoir été très injuste envers lui. Tous les éléments propres à ce qu’on attend d’un élève, d’un étudiant ou tout simplement d’un citoyen sont absents, la capacité de lire et de comprendre des textes simples, de les paraphraser, de construire une phrase ou d’argumenter, la curiosité intellectuelle, la capacité de s’interroger ou d’analyser de manière systémique ou tout simplement de rédiger sans faire 75 fautes par copie (..ou plus j’ai arrêté de compter...).

    Quant aux programmes, je me marre, je suis vacataire, j’applique, point barre, parfois les objectifs pédagogiques et les notions (savoirs) sont si insipides et creuses que l’on ne se pose même pas la question, on applique...mécaniquement.

    C’est alimentaire... certains collègues y croient à hauteur de leur 2500 euros nets, certains atteignent peut être l’orgasme académique voir l’illusion de la grandeur de leur petit orteil... moi pas.

    J’ai été "inspectée" 6 fois en 3 mois, les conseils prodigués sont à mourir d’ennui, anachroniques et ridicules, aucun inspecteur ne prend en compte l’abrutissement général de la classe (et de l’éducation nationale), tout repose sur le prof, ou du moins sa pédagogie c’est à dire la forme (la didactique,c’est à dire le fond est creux)... cause toujours.

    Je n’oserais pas dire que j’apporte mon caillou à cet édifice branlant car malgré mon enthousiasme factice et ma culture générale, je pense intéresser 5% de mes élèves dans le meilleur des cas. Parfois pendant les "pauses", je m’intéresse à leurs intérêts, leurs convictions.... rien.... le vide c’est à dire H&M, Twitter, Instagram.

    C’est alimentaire...mais je ne pense pas tenir longtemps, ce boulot est chi*** à mourir. C’est la mort cérébrale tant pour les élèves que pour les profs.

    Liberté, égalité, débilité !

     

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    • Bonjour,

      J’ai 26 ans et j’ai également été enseignant pour une section STMG dans un lycée du 93.
      En arrivant dans cette classe, les collègues m’ont dit que j’allais avoir la classe pourrie du lycée, que j’allais m’ennuyer à y mourir , que je devais faire des cours très simples et basiques qui frôlant avec le niveau d’un collégien. C’est ce que font honteusement certains.
      Que nenni je leur ai d’emblée fait du hors programme d’histoire économique en puisant dans mes cours de prépa. Le niveau était plutôt fin de terminal - début de bac + 1. Et ben mes élèves ont adoré, ils ont tout suivit de A à Z, même les racailles de la classes ont suivit benoîtement mon cours . Mon tuteur de stage qui assistait au cours m’a même dit en plaisantant qu’il en était jaloux.
      Beaucoup de devoirs, de rédactions, de "cassage" , aucune tolérance sur les bavardages. Le premier qui bavarde passait un exercice au tableau , ce qui permettait à lui de se calmer et ses camarades de réfléchir à un exercice en le guidant.

      Cette anecdote pour dire à quel point certains profs sont indirectement ou directement responsables du nivellement par le bas du niveau des élèves. Mon tuteur de stage qui est également inspecteur à l’académie m’a dit que je pourrai faire le prof parfait alors que j’ai fait du hors-programme en n’appliquant aucun des conseils qu’il prodigue.

      Je pense qu’une grosse partie des profs voient leur métier comme un gagne-pain, poussent vers le bas les élèves et sont complètement déconnectés de la réalité du terrain. J’ai vu des collègues complètement craque en salle de prof parce qu’un élève participait sans lever la main ce qui est une misère à vivre selon lui. Par contre voir 7 élèves absents ne lui pose aucun problème.

      Bref pour dire que les profs ont creusé leur tombe en creusant celles des élèves . La génération de prof de mon âge que j’ai côtoyé est complètement déconnectée et croit pouvoir révolutionner le monde de l’éducation en appliquant à la lettre ce qui est fait depuis le début.

       
  • Un élève con mais "bien-pensant" aura 20/20. Un élève intelligent mais "mal-pensant" aura 0/20. L’éducation nationale (républicaine) n’est rien d’autre qu’une école idéologique et les profs le savent parfaitement, alors qu’ils arrêtent de jouer les vierges catastrophées.

     

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  • Croire que l’instruction déformate et rend libre.... c’est juste risible ! Puisque tout est illusion, mensonge et formatage

     

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  • La Chute vertigineuse de la ...Gôche !

    L’école,centre du Pouvoir de la Gôche depuis Mai 68,
    s’effondre .Ce n’était plus l’école de l’église catholique,
    ni celle des Hussards de la république, mais l’école
    des nouveaux maîtres de l’ombre .
    Il est interdit d’interdire,tel fut le nouveau mot d’ordre !
    La démagogie politique classique ne suffisait plus,
    Le Pouvoir de l’Ombre allait désormais appliquer
    le Programme de la Perversion ,au nom de la Liberté .
    Peillon et Belkacem,l’un avec la drogue l’autre avec le sexe
    illustrèrent magistralement cette Politique à l’école
    sous le mandat de Monsieur Homais/Hollande .
    Paris ou Tell-Aviv sur Seine,avec Anne Hidalgo,devint
    le symbole mondial de l’application pratique de ce programme
    complété par l’indispensable politique migratoire de désintégration
    totale de la société.
    La Gôche n’avait pas prévu que sa réussite politique et financière,
    aboutirait à son propre naufrage idéologique.
    L’élite corrompue ,perverse et collaboratrice ne comprend pas
    le rejet de ses projets par les peuples .
    L’école des enfants est symbolique de cet échec global.
    L’Empire se fracasse à Paris ,comme Ailleurs .

     

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  • Et si l’on commençait dès le début par le b.a ba, la lecture syllabique, à l’ancienne qui a fait apprendre à lire depuis des siècles aux enfants… Il fut une époque où les papys ou mamys apprenaient à lire à leurs petits enfants sans problème surtout ceux qui n’allaient pas à l’école pour des raisons diverses.
    Le sabotage commence là… et tant que l’on ne réglera pas cela, tout le reste ne servira à rien.

     

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  • Le niveau des enfants baisse :la suprématie de leur mathématique castratrice de cancérisation généralisé mortifère ,d ’ignorance ,d’inversion voire d’aversion de la vérité est à l’oeuvre dans ce pays .
    Et l’éducation comme le reste n’est pas en reste ,des mains misent par les profanateurs inquisiteurs de nos vies de notre vivre ensemble de notre intelligence de notre environnement.
    Leur seul dogme ou pseudo Dieu la posséssion des démoniaks sur l’ensemble.(sans aucune limites pour limites leur frères et soeurs)
    L’abomination est en marche comme jamais, la place de ses désaxés
    devrait être en hopital psy si la justice avait encore un sens. Mais ils ont vendu la morale la justice et se targuent de t’apprendre la vie alors qu’eux même sont mort depuis longtemps à force de nourrir la materialité acharné . Zombifié par l’instrumentalisation de leur propre esprit critique confisqué criminalisé par des autorités autistes nuls et non avenue . Le terrosrime c’est déjà au sommet de notre état qu’il se pratique allègrement sur la population. Par l’ordure de l’usure décomplexé par leur lois sodomites faites pour être violé par eux même car connaissant le vice juridique.
    Dans le dossier culturel à par celui de la peur regroupant haine défiance et tous contre tous on peut y rajouter la bêtisse l’ignorance et la traîtrisse des ennemis de la France se prenant pour nos maîtres mais n’étant que les sous serviteurs de la bête immonde. Et puisque tous me traîte de fou je leur ferai remarqué que dans leur systeme de fou cela est la moindre des choses de refuser .
    Celui qui ne sait pas dire non est déjà ruiné par la faiblesse de son esprit. L’école soumise à leur dogmes d’infirment mentaux ou la fabrique des (esclaves) faibles corvéables vendables interchangeables manipulables à l’envie.
    NLSO cette France là n’a que le nom mais l’esprit n’y est plus idem de la justice de la police de la médecine et de la majorité des secteurs qui ne sont que des prétextes au bizness et à la marchandisation généralisé orchestré par les ennemis du vivants et de nos libertés.

     

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  • toute cette population allogène d’immigrés que la RF Maçonnique
    a imposé aux Français ... et qui tire vers le bas et à tous les niveaux
    les Français et dont l’éducation nationale en est un exemple flagrant !
    et qui résume à elle seule l’échec cuisant de cette soit disant intégration
    de tous ces allogènes et qui dans les faits serait plutôt une désintégration
    intégrale de l’identité Française !
    puisque chassez le naturel il revient au galop !
    et le communautarisme religieux et ethnique
    en est un exemple frappant et la résultante
    de ce mélange contre nature et contre fait
    que la RF Maçonnique a contraint et forcé aux Français !

     

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  • Comme je vis à l’étranger, mon fils suit les cours du CNED pour entretenir son français. Tout au long de l’année, il doit suivre 6 séquences.
    - Séquence 1 ça commençait très bien : Médée de Corneille, je n’en suis pas revenue (avec la marche à suivre pour savoir rédiger un commentaire de texte). Je me suis tout de suite emballée ("Le niveau est catastrophique en primaire et au collège, mais il est finalement resté élevé au lycée - blablabla)...
    ...avant de déchanter :
    - Séquence 2 : Rhinocéros de Ionesco avec 70 pages sur la montée des totalitarismes - la haine, comme dirait Dieudonné)
    - Séquence 3 : L’homme à la rencontre de l’autre - grosse leçon d’anti-racisme et d’anti-antisémitisme avec parmi les textes importants à étudier :
    • Zola, « J’accuse ! »
    • Primo Lévi, Si c’est un homme
    • Badinter, Discours à l’Assemblée nationale, « L’abolition de la peine de mort »
    • Aimé Césaire, Discours sur la Négritude

    Je ne connais pas encore ce que l’on nous réserve pour les 3 dernières séquences, mais il ne manque plus qu’un topo sur le féminisme (Beauvoir) et le LGBTisme mâtiné de pédophilie (Montherlant).

    Enfin bon, il nous reste Corneille... Même si Médée est une femme hystérique qui tue ses enfants pour se venger de son mari infidèle. Pas hyper positif comme exemple.

     

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  • Le problème majeur c’est quand même "les profs", en fait des élèves qui sont juste passé derrière le bar, ils n’ont jamais quitté cet univers bourré de "notes" de "supérieur" "d’autorité" de "contrôles"de "sanctions" de "salles de classe" de "salle des profs" de "surveillants" , de "conseils de classe", vivant au sein de bâtiments sans âme entouré de grillages : leur cerveau a été bridé, il est très enfantin et infantile finalement le prof/élève, carotte/bâton...
    Ecrasés par une telle hiérarchie,surveillés par des syndicats maçonnisés ils n’ont pas compris qu’ils participaient à la construction de la grande prison mentale que l’on nomme "matrice", ils ne veulent pas voir,ne peuvent pas voir, salaire assuré jusqu’au cercueil .
    L’éducation nationale est un univers totalement carcéral où la connaissance et sa transmission ne sont manifestement pas au programme.

     

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  • Rien de bien nouveau sous le soleil du capitalisme. Durant tte ma scolarité primaire de 6 à 14 ans on ne m a appris qu à faire fonctionner ma memoire. Mes annees 1950/58 gâchées par un système scolaire qui reproduisait des futurs ouvriers qui n avaient pas besoin de penser mais d executer des tâches plus ou moins spécialisées en fonction du rang de sortie grosso modo. Une seule fois mon instituteur a bien voulu entrer ds la compréhension d une formule, à ma demande expresse, mais "parce que c est toi" il m a dit. J etais le premier de la classe tte l annee : borgne au royaume des aveugles.

     

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