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Discours d’investiture du second mandat d’Obama : contenu et décryptage

AteliER
Article initialement publié dans l'atelier E&R

Ce 21 janvier s’est tenu le discours d’investiture du président Obama pour son second mandat. Ce protocole politique américain est important outre-Atlantique, car il reprend les grandes lignes directives du mandat à venir, ou du moins les positionnements officiels de la gouvernance qui s’installe.

Les cinq premières minutes sont consacrées aux habituels lieux communs. L’égalité, la liberté, l’unité, la constitution, les pères fondateurs, en bref, toutes les reliques sacrées sont déballées en vrac dans de magnifiques tirades émotionnelles.

On approche ensuite les moyens concrets d’atteindre ces beaux accomplissements démocratiques, et les lignes du programme de campagne d’Obama 2012 apparaissent. L’interventionnisme fédéral, l’amélioration des systèmes publics de santé et autres régularisations diverses sont présentés comme étant les outils nécessaires pour « protéger chacun contre les hasards et les malchances de l’existence » et permettre à tous de réussir, chance aujourd’hui réservée à une heureuse minorité de privilégiés.

La réalité des enjeux économiques n’est cependant que laconiquement approchée. Une simple promesse de réduction du déficit est lancée, entre deux emportements sur l’égalité et le courage.

Cette égalité et ce courage trouveront en fait leur écho ailleurs, dans deux autres priorités mises en avant : le droit des homosexuels à « être traités également face à loi » et la lutte contre le « réchauffement climatique ».

Les développements concernant la politique étrangère sont notables. Même si le discours transpire toujours le messianisme, en faisant des USA les « défenseurs de la dignité humaine et de la justice », le président confirme sa tendance à la modération du bellicisme militaire : « C’est la fin d’une décennie de guerre », nous dit il au début, en revenant plusieurs fois par la suite sur cette idée.

On retiendra de ce discours une tendance nette d’Obama, déjà dénoncée par ses détracteurs, à manquer de recherche d’unité comme il l’avait pourtant fait lors de la cérémonie de son premier mandat.

Effectivement, les divisions intra-classes, qui ont tendance à se confondre dans l’esprit du peuple avec les divisions ethniques, sont ici attisées par des promesses d’interventionnisme qui, présentées ainsi, sont interprétées comme du parasitage communautariste par la partie conservatrice des États-Unis. On peut, pour illustrer ce propos, se rappeler les levers de boucliers qu’avait provoqués la mise en place de l’« Obamacare » en 2010.

Derrière les beaux mots, on retrouve donc une méthodologie qui nous rappelle étrangement les montages médiatiques visant à provoquer des divisions intra-classes d’ordres religieux, générationnel ou sectoriel en France, avec par exemple les sombres histoires de pains au chocolat, ou les dénonciations de retraités « trop gâtés ». Les méthodes de domination par la division font visiblement recette dans toutes les « démocraties ».

Il est intéressant de voir comment l’édition du Monde du 22 janvier met l’accent sur les quelques mots concernant l’égalité pour les homosexuels et la lutte contre le réchauffement climatique. Comme le présentait déjà Alain Soral, une façon contemporaine de cacher les réels enjeux socio-économiques consiste à politiser des questions sociétales qui n’ont pas vocation à l’être. Comme « l’homme de gauche » français, l’électeur démocrate américain se croit certainement « progressiste » de part ses engagements verts et pro-gays.

Pendant ce temps-là pourtant, les bombes pleuvent au Moyen-Orient, et des travailleurs immigrés illégaux sont exploités dans l’industrie alimentaire (ce dernier point est bien illustré dans le documentaire Food, Inc.).

Pour les aspects diplomatiques, plusieurs interprétations géopolitiques vont certainement découler de ces déclarations. Doit-on y voir une relative désolidarisation des élites américaines protestantes avec les élites sionistes ? Ou s’agit-il d’une répercussion de la croissante autonomie énergétique américaine (autosuffisance à l’horizon 2030 grâce aux gaz et huiles de schistes d’après certaines analyses), qui rend moins nécessaire le contrôle de certaines régions ?

De nombreuses propositions sont possibles, et seul le temps nous dira si ce positionnement sera véritable et durable.

Mais bien que plusieurs voix, comme les paléo-conservateurs, réclament la marche vers un non-interventionnisme diplomatique et l’acceptation d’une essence multipolaire du monde, on voit mal comment ce maintien à la tête de l’État de la même marionnette pourrait véritablement incarner le renoncement américain à ses penchants thalassocratiques, et un refus de continuer à être le principal bras armé du mondialisme et du sionisme qui, partout, se tapissent derrière les drapeaux nationaux pour ne pas être salis par le sang qu’ils font couler.

Non, ce ne sera pas par là que viendra le changement. Mais nous continuerons cependant à espérer le réveil national et populaire américain, comme nous l’espérons pour nous-mêmes.

Approfondir le sujet avec Kontre Kulture :

 
 



Article ancien.
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5 Commentaires

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  • Tout ceci me rappelle 2 choses.

    La 1ere, extraite d’une entrevue d’Alfred Hitchcock.
    " On a du mal à discerner le bon du méchant de nos jours. Le héros n’est plus un grand blond au profil parfait et le méchant ne donne plus de coups de pied au chien, c’est un charmeur … La brutalité arbore maintenant un sourire.
    C’est pire que la brutalité, vous savez, un homme qui entre, pointant une arme sur vous et qui dit : "désolé mais je vais devoir m’emparer de votre argent. J’ai horreur de faire une chose pareille car mon père m’a toujours dit qu’il ne fallait pas voler".

    Bon, il tire, et cette situation est horrible parce qu’il s’est exprimé d’une façon si raisonnable !"

    La 2ere chose est une citation de Douglas Reed dans "la Controverse de Sion" évoquant les législatives de 1906 à Manchester.

    "Les pensées intimes de Arthur Balfour concernaient beaucoup le sionisme. À aucun moment, d’après ce que les annales révèlent, il ne pensa aux habitants natifs de la Palestine, dont il allait provoquer l’expulsion dans le désert. Par coïncidence, l’élection tournait autour de la question du traitement prétendument cruel de quelques humbles êtres éloignés (c’est un exemple de la méthode propre à exciter les passions de "la foule", recommandée par le Dr Herzl et les Protocoles de Sion). Les électeurs ne connaissaient rien du sionisme et, quand ils y devinrent familiers par la suite, ils ne se soucièrent aucunement des Arabes menacés, parce que cet aspect de la question n’était pas mis sous leurs yeux par la presse alors "docile". Cependant, en 1906, leurs sentiments s’enflammèrent à propos de "l’esclavage chinois" et … ils en furent fortement indignés. À cette époque, des coolies chinois étaient liés par contrat à un travail de trois années dans les mines d’or sud-africaines. Ceux qui étaient choisis s’estimaient heureux, mais pour les buts électoraux propres à "inciter à la révolte" à Manchester, c’était de "l’esclavage", et la bataille fut menée et gagnée sur ce point.
    Les libéraux victorieux oublièrent "l’esclavage chinois" immédiatement après le dépouillement des votes.

    A méditer.


  • Quel est la différence entre le mariage gay et le réchauffement climatique ?
    .
    ..
    ...
    ....
    .....
    Aucun. Les deux sont la conséquence du progrès.


  • c’est mieux que les autres analyses que j’ai pu lire, mais nettement pas assez à mon goût. comme pour le premier opus il va falloir que j’aille voir ça moi même je sens. le coté "va-t-en guerre" du premier opus était ultra évident à mes yeux et n’avait été pointé par personne (même pas quand il avait reçu son prix nobel lol).
    déçu une fois de plus des prétendues analyses entre les lignes des discours...

     

    • ah tiens, mon commentaire bis n’est pas validé par la modération ?

      bon pour résumer, mon analyse est en adéquation avec celle déjà faite par d’autres du monde anglo saxons : les ricains vont en prendre plein la tronche de la part de leurs "élus". Les USA sont un état policier, ça se savait un peu mais là ils ont pour projet de vraiment utiliser les lois votées depuis 15 ans. D’ici à ce que ça ressemble à la corée du nord d’ici un quinquennat il n’y a qu’un pas.


  • Il ressemble à Apophis dans stargate (le goauld) LOL !