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Généalogie du darwinisme

Qu’est-ce que le darwinisme ? Karl Marx, après avoir dans un premier temps partagé l’enthousiasme de son ami Friedrich Engels pour L’Origine des espèces (1859), y trouvant « le fondement historico-naturel de notre conception », se ravisa en reconnaissant que Darwin projetait dans le règne animal et végétal « sa propre société anglaise ».

 

La théorie de Darwin, écrit-il alors à Engels, n’est que « la transposition pure et simple, du domaine social dans la nature vivante, de la doctrine de Hobbes : bellum omnium contra omnes [la guerre de tous contre tous], et de la thèse de la concurrence chère aux économistes bourgeois, associée à la théorie malthusienne de la population ». [1]

Autrement dit, Darwin est le rejeton spirituel de Thomas Hobbes, de Adam Smith (théoricien du libéralisme) et de Thomas Malthus. Marx a vu juste. Examinons cette généalogie.

 

Hobbes

 

Thomas Hobbes, auteur du fameux Léviathan (1651), est un théoricien politique révolutionnaire, qui rompt avec la tradition aristotélicienne remise à l’honneur par Thomas d’Aquin, selon laquelle l’homme est un être naturellement politique. Pour Hobbes, l’homme est sociable non par nature, mais par nécessité :

« Les hommes n’ont aucun plaisir (mais au contraire, beaucoup de déplaisir) à être ensemble là où n’existe pas de pouvoir capable de les dominer tous par la peur. »

Mû principalement par l’instinct de conservation et vivant dans l’angoisse permanente de la mort violente, « l’homme est un loup pour l’homme » à l’état de nature, et les relations humaines se résument à « la guerre de tous contre tous ». Pour éviter l’extinction, l’humanité invente l’ordre social, qui est un contrat passé entre les individus par lequel chacun transfère ses droits naturels à un Souverain. Hobbes est le premier théoricien du « contrat social », et sera la référence majeure de tous les philosophes politiques après lui, jusqu’à aujourd’hui.

Leo Strauss, par exemple, maître à penser des néoconservateurs, est un spécialiste de Hobbes. Il a défendu la thèse que Hobbes avait été influencé par Machiavel (1469-1527), et la preuve de cette influence a été trouvée récemment dans des écrits non-publiés de Hobbes [2]. Ce que Machiavel écrivait à demi-mots, Hobbes peut l’écrire plus ouvertement un siècle et demi plus tard. Machiavel, par exemple, indiquait de façon détournée qu’il ne croyait pas à l’immortalité de l’âme. Hobbes, lui, affiche clairement son matérialisme ontologique :

« L’univers est corporel ; tout ce qui est réel est matériel, et ce qui n’est pas matériel n’est pas réel. »

Hobbes est donc considéré comme le fondateur du matérialisme moderne. Mais Hobbes est le produit de son époque. Son œuvre et son succès s’inscrivent dans le contexte particulier de l’Angleterre puritaine de Cromwell. Ce dernier, après avoir signé en 1649 l’arrêt de mort du roi Charles Ier (l’acte est rédigé par un certain Isaac Dorislaus), s’est institué Lord Protecteur de l’éphémère Commonwealth, de 1653 jusqu’à sa mort en 1658. Cromwell fut un tyran sanguinaire pour les catholiques, et l’auteur d’une campagne génocidaire contre les Irlandais, mais il fut un grand ami des juifs qui, depuis la Hollande, orchestrèrent la propagande calviniste et financèrent l’armée révolutionnaire (en particulier le richissime Fernandez Carvajal, qui mit aussi à la disposition de Cromwell son réseau d’espions). Sous la royauté, les juifs étaient encore officiellement bannis du Royaume (depuis 1290), mais de nombreux marranes portugais ou vénitiens s’étaient installés à Londres sous le masque calviniste. Une campagne menée par le rabbin hollandais Menasseh Ben Israël (marrane portugais retourné au judaïsme), proche de Cromwell, contribua à la levée de fait du ban. Sous l’influence calviniste, le judaïsme jouit même d’un tel prestige que des auteurs rivalisent d’inventivité pour prouver que les Anglais eux-mêmes, nouveau peuple élu, sont les descendants directs des tribus perdus d’Israël. Cette théorie prend naissance dans The Rights of the Kingdom (1646), un plaidoyer pour le régicide écrit par John Sadler, secrétaire personnel d’Oliver Cromwell, hébraïste et ami de Menasseh Ben Israël.

Le matérialisme est depuis toujours constitutif du judaïsme, car il est fermement inscrit dans la Bible hébraïque, qui nie explicitement l’existence d’une âme immortelle individuelle : l’homme est poussière et retourne à la poussière (Genèse 3,19). Ce matérialisme a été, au fil des siècle, tempéré sous des influences extérieures (hellénistique puis chrétienne), mais n’a jamais été totalement abandonné de l’élite intellectuelle. De plus, il s’est très largement vulgarisé dans les milieux marranes, d’autant mieux que ceux-ci, par le biais du calvinisme, se sont émancipés du talmudisme pour retourner à la source de l’Ancien Testament. Si donc le matérialisme de Hobbes peut sembler révolutionnaire – et incompatible avec le monothéisme – dans le monde chrétien, il ne l’est aucunement dans le monde juif.

Hobbes est un puritain calviniste, mais ses idées religieuses sont si typiquement juives qu’on a émis l’hypothèse de son origine marrane (comme on l’a supposé de Machiavel, dont le néoconservateur Michael Ledeen écrit : « Écoutez sa philosophie politique et vous entendrez la musique juive ») [3]. Par exemple, Hobbes réduit la foi chrétienne à l’affirmation que « Jésus est le Messie », et défend une vision politique du Messie qui doit tout à l’Ancien Testament. Pour Hobbes, « le Royaume de Dieu fut d’abord institué par le ministère de Moïse sur les Juifs », car à cette époque, « Dieu seul est roi » [4].

Qu’il fût issu d’un milieu crypto-juif ou non, il est incontestable que le succès de Hobbes doit beaucoup à l’influence des juifs et marranes en Angleterre et au climat culturel qu’ils y ont diffusé. Hobbes n’est que le chef de file le plus visible d’un courant de pensée qui pénètre comme un corps étranger la chrétienté et y fait prospérer un complexe d’idées anthropologiques, sociologiques et politiques qui atteindra sa maturité à l’époque victorienne et rayonnera sur tout l’Occident pour fonder la modernité.

 

Mandeville et Smith

 

Adam Smith, auteur du fameux The Wealth of the Nations (1776), est un élève de Hobbes, mais au « Souverain » de ce dernier, il substitue le « Marché ». Postulant comme Hobbes que l’être humain est motivé exclusivement par son propre profit, il parie néanmoins que, dans une société de libre concurrence, la somme des égoïsmes individuels suffit à créer une société juste :

« Chaque individu […] cherche uniquement son propre profit, et il est en cela, comme dans bien d’autres cas, mû par une main invisible à promouvoir une fin qui ne faisait pas partie de son intention. »

Cette Main invisible est, en réalité, celle d’une ploutocratie régnant sur un monde totalement soumis à l’esprit marchand.

Le chaînon manquant entre Hobbes et Smith est Bernard Mandeville, philosophe politique né de parents huguenots réfugiés en Hollande, et installé à Londres en 1693. Très certainement influencé par les milieux marranes hollandais, et peut-être en réalité d’ascendance marrane, il publie en 1714 en anglais The Fable of the Bees, or Private Vices, Public Benefits, visant à prouver que :

« Les défauts des hommes, dans l’humanité dépravée, peuvent être utilisés à l’avantage de la société civile, et qu’on peut leur faire tenir la place des vertus morales. »

Les vices privés contribuent au bien public tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire. Par exemple, un libertin agit par vice, mais « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Au contraire, la moralité n’est d’aucune utilité sociale, et même nuisibles à la prospérité collective, puisqu’elle condamne le luxe : une société ne peut avoir en même temps morale et prospérité. Cette théorie politique s’appuie sur une théorie anthropologique qui postule en l’homme une passion pour l’admiration d’autrui, que Mandeville nomme self-liking, l’amour-propre. L’amour-propre « se concrétise par l’exhibition de vêtements élégants et bien parés, des équipages, du mobilier, des bâtiment coûteux, tout ce que les hommes peuvent acquérir pour se faire estimer des autres. » C’est donc le moteur de l’économie du luxe. Mais, précise Mandeville, cette économie du luxe fondée sur l’amour-propre ne concerne que les consommateurs. La production doit être assurée par une classe industrieuse maintenue dans une économie du besoin, c’est-à-dire dans un état d’indigence les forçant à travailler pour vivre.

La société heureuse selon Mandeville est celle qui permet à une classe de vivre dans le plaisir et dans l’oisiveté, grâce au travail des pauvres : une opinion que partageait Voltaire. Rousseau, en revanche, dont la vision de l’homme était comme l’antidote de celle de Hobbes, consacra plusieurs écrits à critiquer le système de Mandeville, qui lui inspirait un profond dégoût et dont il entrevoyait les conséquences désastreuses. [5]

 

Malthus, Spencer et Darwin

 

Peu après Smith apparaît, dans la même filiation idéologique, Thomas Malthus. Sa fameuse loi, énoncée dans son Essai sur le principe de population (1798), postule que toute période de prospérité crée une augmentation exponentielle de la population qui, si elle n’est pas enrayée, finit par dépasser les capacités de production de nourriture, entraînant famines, guerres et surmortalité.

Malthus s’oppose par conséquent aux lois de protection sociale, car « ces lois créent les pauvres qu’elles assistent ». Par conséquent : « Si un homme ne peut nourrir ses enfants, il faut donc qu’ils meurent de faim. »

Le malthusianisme, qui s’adapte bien au climat mental victorien, inspire à la fin du 19e siècle Herbert Spencer, qui formule la loi naturelle de la « survie du plus apte » dans Progress, its Laws and Causes (1857). Spencer dénonce à son tour les initiatives socialistes visant à protéger les individus faibles des dures lois de la sélection naturelle.

Darwin admet lui-même dans son livre que sa théorie n’est que « la doctrine de Malthus appliquée au règne animal et végétal, agissant avec toute sa puissance ». Rappelons que Darwin n’a pas inventé l’idée d’évolution, c’est-à-dire d’une parenté généalogique entre les espèces animales, mais qu’il en a simplement proposé une explication malthusienne, fondée sur une sélection naturelle par adaptation à l’état des ressources naturelles. Pour Malthus, ce mécanisme s’applique à l’intérieur d’une même espèce, en l’occurrence l’espèce humaine. Mais Darwin pose l’hypothèse hardie et à jamais invérifiable que la sélection naturelle est aussi responsable de l’apparition de nouvelles espèces (une espèce étant définie comme un groupe d’individus capables de se reproduire entre eux, mais non pas avec des individus d’une autre espèce). Darwin est aussi influencé par Spencer. On stigmatise aujourd’hui la théorie de Spencer comme un détournement abusif de la théorie biologique de Charles Darwin, et on la qualifie de « darwinisme social ». Mais le livre de Spencer est paru deux ans avant celui de Darwin sur L’Origine des espèces (1859). C’est en réalité Spencer qui a préparé la scène pour Darwin, et c’est le darwinisme qui devrait être désigné comme « spencérisme biologique ».

Le succès de Darwin n’est pas dû à ses mérites scientifiques intrinsèques, et ce ne sont pas les naturalistes qui lui ont fait bon accueil. Darwin a été surtout bien reçu par la bourgeoisie victorienne parce qu’il apportait à la théorie spencérienne et à l’idéologie politique dominante une caution venant des sciences dures.

Dans le sillage de Darwin est arrivé son cousin Francis Galton, anthropologue et statisticien, auteur de Hereditary Genius, its laws and consequences (1862), inventeur de l’« eugénisme », dont l’objet est de corriger l’effet pervers de la civilisation. Celle-ci, en effet, et c’est regrettable, « diminue la rigueur de l’application de la loi de sélection naturelle et préserve les vies faibles qui auraient péri dans des terres barbares ». Par conséquent, le laisser-faire de Spencer ne suffit pas ; il faut que l’État intervienne, non pour aider les faibles, mais pour les empêcher de se reproduire. Et c’est Leonard Darwin, le fils de Charles, qui mènera le combat en tant que Président de la British Eugenics Society de 1911 à 1928.

Notons que le paradigme qui se met en place à cette époque dépasse les clivages droite-gauche ; le « laisser-faire » de Spencer est plutôt libéral, alors que l’eugénisme de Galton, qui valorise l’interventionnisme étatique, est historiquement de gauche [6]. Mais le second n’est au fond qu’une sophistication du premier ; il prétend soutenir la « survie des plus aptes » par la stérilisation des moins aptes. Le paradigme darwinien peut donc aussi bien être mis au service d’un État obsédé par la pureté raciale, comme le sera l’Allemagne hitlérienne, qu’au service du libéralisme marchand, comme en Angleterre et aux États-Unis.

En dernière analyse, l’anthropologie de Darwin, implicite dans L’Origine des espèces et explicite dans La Descendance de l’homme et la sélection naturelle (1871), est bien l’héritière de celle de Hobbes, car Darwin n’a fait que rendre littéral ce qui n’était encore qu’une métaphore chez Hobbes : l’homme est une bête. Non seulement l’homme civilisé descend du sauvage (Hobbes), mais le sauvage lui-même descend du singe (Darwin).

Dans son second ouvrage, Darwin apporte une froide justification au colonialisme et au génocide amérindien, en écrivant :

« Dans une période future, pas si lointaine et mesurable en termes de siècles, les races civilisées de l’homme extermineront certainement et remplaceront les races sauvages à travers le monde. » [7]

Darwin ne dit là rien de plus que ce qui avait été dit avant lui, mais il apporte à cette idée le cachet de la science naturaliste, et surtout, en la raccordant à sa théorie de l’origine des espèces, il place implicitement ce processus génocidaire dans la continuité d’une évolution positive qui a déjà produit l’homme sauvage à partir du singe.

 

Congruence judaïque

 

Darwin a aussi écrit dans La Descendance de l’homme :

« Si une tribu renferme beaucoup de membres qui possèdent à un haut degré l’esprit de patriotisme, de fidélité, d’obéissance, de courage et de sympathie, qui sont toujours prêts, par conséquent, à s’entraider et à se sacrifier au bien commun, elle doit évidemment l’emporter sur la plupart des autres tribus ; or, c’est là ce qui constitue la sélection naturelle. » [8]

On comprend aisément la réception favorable de cette idée parmi l’élite juive britannique, qui entretient une ferme conviction dans la supériorité du peuple juif, et qui trouve donc dans la Sélection darwinienne une nouvelle interprétation de l’Élection divine. Nul n’incarnait mieux cette disposition d’esprit que Benjamin Disraeli, futur Premier ministre britannique, ami du baron Lionel de Rothschild et précurseur du sionisme. Hannah Arendt qualifie Disraeli de « fanatique de la race » qui, dans ses écrits, « traçait le plan d’un empire juif, dans lequel les Juifs seraient la classe gouvernante, strictement séparée ». [9]

Sept ans avant L’Origine des espèces, Disraeli écrivait :

« Il est vain pour l’homme de tenter de déjouer l’inexorable loi de la nature qui a décrété qu’une race supérieure ne pourrait jamais être détruite ou absorbée par une race inférieure. » [10]

Le paradigme darwinien suscite une forte résonance dans la mentalité juive, et plusieurs penseurs juifs se distinguent parmi les plus enthousiastes disciples de Spencer, Darwin et Galton. Lucien Wolf, rédacteur en chef du Jewish World, mais aussi politicien et historien, est l’un des premiers à avoir élaboré une théorie « darwinienne » de la supériorité raciale des juifs. Il écrit en 1884, dans un article titré What is Judaism ? A Question of To-Day :

« Je crois que l’importance de la supériorité des Juifs consiste précisément dans le fait qu’elle constitue presque un degré dans l’évolution. »

Cette supériorité serait selon lui l’heureux résultat de « l’observance rigide pendant de longs siècles d’un légalisme "particulier" par un peuple particulièrement exclusif », par quoi il entend principalement la stricte endogamie :

« Le séparatisme juif, ou "tribalisme" comme on l’appelle maintenant, a été inventé pour permettre aux Juifs de conserver sans tache pour le bénéfice de l’humanité non seulement les enseignements du judaïsme mais aussi leurs résultats physiques comme illustrations de leur valeur. » [11]

En relation avec l’endogamie est souvent invoquée, comme explication darwinienne de l’intelligence supérieure des juifs, la valorisation juive du travail intellectuel, qui assure une forte compétitivité des rabbins sur le marché matrimonial : ainsi au Moyen Âge, les esprits les plus performants se faisaient moines abstinents s’ils étaient chrétiens, mais obtenaient les épouses de choix et une nombreuse descendance s’ils étaient juifs. [12]

Joseph Jacobs, qui travailla avec Francis Galton, mettait l’accent sur le rapport compétitif entre les races. On lit dans ses Studies in Jewish Statistics, Social, Vital and Anthropometrical (1891) :

« Dans le cas des Juifs, la persécution, quand elle n’a pas été trop dure, a probablement aidé à faire ressortir leurs meilleures potentialités. […] Finalement les membres les plus faibles de chaque génération ont été éliminés par la persécution qui les tentait ou les forçait à embrasser le christianisme, et ainsi les Juifs contemporains sont les survivants d’un long processus de sélection non-naturelle qui les a apparemment excellemment adaptés à la lutte pour l’existence intellectuelle. » [13]

Ce retournement positif de la persécution comme mécanisme spencérien assurant la « survie des plus aptes » par l’expulsion des juifs « mous » du pool génétique est un lieu commun parmi les juifs communautaires. Theodor Herzl l’évoque comme si elle allait de soi :

« Cette haine des Juifs n’aura jamais provoqué que la défection des plus faibles d’entre nous. Les Juifs les plus forts reviennent fièrement à leur peuple lorsque éclatent les persécutions. »

Comme le signale Claude Klein en note de sa traduction de L’État des Juifs, c’est dans la même logique que le Premier ministre israélien Itzhak Rabin (1974-1977) qualifiait de « chute de déchets » les juifs quittant Israël [14]. Quant à l’importance de l’endogamie pour la préservation de la race juive, elle a été résumée par Golda Meir en ces termes :

« Épouser un non-juif, c’est rejoindre les six millions [de juifs exterminés] ? » [15]

Laurent Guyénot

Notes

[1] Lettre de Marx à Engels en 1862, cité dans André Pichot, Aux origines des théories raciales, de la Bible à Darwin, Flammarion, 2008, p. 167.

[2] Arlene Saxonhouse, Three Discourses - A Critical Modern Edition of Newly Identified Work of the Young Hobbes, University of Chicago Press, 1997. Lire www.nytimes.com/1995/12/20/u...

[3] Michael Ledeen, « What Machiavelli (A Secret Jew ?) Learned from Moses », Jewish World Review, 7 juin 1999, sur www.jewishworldreview.com/06...

[4] Robert Kraynak, « The Idea of the Messiah in the Theology of Thomas Hobbes », Jewish Political Studies Review, Automne 1992, en pdf sur jcpa.org

[5] Conférence de Yves Vargas, « la critique du capitalisme par Rousseau », sur www.youtube.com/watch ?v=fRVy...

[6] André Pichot, L’Eugénisme ou les généticiens saisis par la philanthropie, Hatier, 1995.

[7] Charles Darwin, La Descendance de l’homme et la sélection sexuelle, 1891 (sur darwin-online.org.uk).

[8] Charles Darwin, La Descendance de l’homme et la sélection sexuelle, op. cit., p. 143. Ce principe, nommé « sélection par le groupe » (group selection), introduit une contradiction interne dans la théorie de Darwin : dans la mesure où les individus qui sont prêts à se sacrifier pour le groupe ont moins de chance de survie, l’altruisme, comme trait génétique, ne devrait pas se transmettre dans le groupe. Mais le darwinisme n’en est pas à une contradiction prêt.

[9] Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, 1. Sur l’antisémitisme, Calmann-Lévy, 1973, p. 164-170.

[10] Lord George Bentinck, 1852, cité dans André Pichot, Aux origines des théories raciales, de la Bible à Darwin, Flammarion, 2008, p. 397.

[11] André Pichot, Aux origines des théories raciales, op. cit., p. 359.

[12] Raphael Patai, The Jewish Mind, Wayne State University Press, 1977 (sur books.google.fr), p. 287, 305-306.

[13] Cité dans André Pichot, Aux origines des théories raciales, op. cit., p. 366-369.

[14] Theodor Herzl, L’État des Juifs (1896), La Découvete, 2003, p. 24

[15] Cité (sans référence) dans Edgar Morin, Le Monde moderne et la question juive, Seuil, 2006.

À lire, sur E&R :

Du même auteur, chez Kontre Kulture :

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  • #1832845
    Le 3 novembre à 22:22 par Adolfo Stalini
    Généalogie du darwinisme

    Darwin a bien insisté sur le fait que la sélection naturelle ne sélectionne pas les meilleurs mais les plus aptes à se reproduire dans un environnement donné. Exemple : lors d’une épidémie de peste, les plus beaux spécimens du genre humain (intelligents, beaux, sains, sympathiques) peuvent être balayés par l’épidémie tandis qu’un Quasimodo repoussant peut survivre grâce à un système immunitaire mieux adapté à la lutte contre le bacille de Yersin. Par ailleurs, la théorie de Darwin a évolué elle aussi car Darwin ignorait en son temps les lois de Mendel et la structure de l’acide désoxyribonucléique. Et bien d’autres choses encore. Dans l’hypothèse des équilibres ponctués, on suppose l’existence de gènes architecturaux dont la simple mutation entraîne des modifications majeures. Exemple : le requin marteau dont une seule mutation le sépare de sa lignée originelle. Darwin se trompait en supposant une évolution graduelle résultant d’un empilement de petites modifications retenues par le processus sélectif. Par ailleurs, certains évolutionnistes pressentent qu’il existerait un facteur caché qui agirait puissamment et rapidement pour accélérer l’adaptation à des changements d’environnement brusques. Tout se passe comme s’il existait un facteur intelligent ou du moins auto-organisationnel à l’oeuvre dans le processus d’adaptation aux changements environnementaux. Une espèce de dessein intelligent automatique dont le mécanisme se situerait en partie hors du champs de la biologie.

     

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    • #1832954
      Le 4 novembre à 05:37 par damien
      Généalogie du darwinisme

      J’ai bien peur que meme avec une remarque aussi fine, tu te mettes les creationnistes a dos. M’enfin.

       
    • #1833062
      Le 4 novembre à 11:55 par sered-dz
      Généalogie du darwinisme

      En même temps le requin reste un requin...

       
    • #1833100
      Le 4 novembre à 12:39 par ole
      Généalogie du darwinisme

      J’ai bien peur que meme avec une remarque aussi fine, tu te mettes les creationnistes a dos. M’enfin.



      Ce qui énerve légitimement les créationnistes, c’est qu’on leur serve ce genre de discours :



      Dans l’hypothèse des équilibres ponctués, on suppose




      Par ailleurs, certains évolutionnistes pressentent



      en martelant que l’évolution est un fait.

      Le débat serait plus apaisé si on commençait par reconnaitre le caractère hautement spéculatif de toutes les variantes évolutionnistes.

      Bien plus encore, le fait que l’espèce soit une notion héritée de la philosophie et qui se traduit difficilement dans le domaine empirique (il n’existe aucun protocole scientifique permettant de déterminer si tel individu appartient à telle espèce) rend plus que douteuse la prétention à déterminer scientifiquement l’origine d’espèces qu’on peine à déterminer par la même méthode*.
      Autrement dit, il n’est pas du tout factuel que les espèces naissent les unes des autres par transformation. Les évolutionnistes, en affirmant constamment le contraire, montrent combien ils sont des idéologues qui s’ignorent.

      La question des origines ne s’appréhende pas par la méthode scientifique, elle est métaphysique.

      *c’est toute la cocasserie de l’œuvre de Darwin, De l’origine des espèces, qui, incapable de définir l’espèce finit par la nier en la confondant avec les variétés. L’ouvrage traiterait donc de l’origine d’une chose qui n’existe pas !

       
  • #1833021
    Le 4 novembre à 10:18 par viceland
    Généalogie du darwinisme

    Où l’on voit un ouragan politique (Cromwell and cie) s’abattre tel un fléau et agir de concert avec des théoriciens du vice pour stimuler le cynisme érigé en vertu.
    La cruauté inhérente au matérialisme jamais dénoncée et pour cause !

     

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  • #1833122
    Le 4 novembre à 13:15 par RLC
    Généalogie du darwinisme

    Je vous conseille la page facebook Dédarwinisez-vous qui dénonce la théorie de l’évolution, tenue par un type qui a un très grand niveau dans le domaine de la biologie :
    https://www.facebook.com/dedarwinis...

     

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    • #1833748
      Le 5 novembre à 12:23 par Herold
      Généalogie du darwinisme

      qui a un très grand niveau dans le domaine de la biologie :



      Ha oui ? Quel niveau exactement ?

       
  • #1833135
    Le 4 novembre à 13:35 par The Médiavengers
    Généalogie du darwinisme

    Brillante généalogie de Laurent Guyenot qui confirme toutes mes impressions à ce sujet en creusant beaucoup plus loin et en remontant aux sources.
    Tout s’éclaire, dévoilant la vérité nue.
    A mon sens, c’est le sujet indispensable et le titre d’un futur livre...

     

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  • #1833203
    Le 4 novembre à 14:42 par deNNoch
    Généalogie du darwinisme

    La survie du plus apte.
    Est-ce que cela fonctionne réellement avec l’Homme ?
    Parce que Neanderthal était parfaitement adapté à son milieu, et ce durant des dizaines de millénaires, jusqu’à ce que sapiens arrive...

    Peut-être donc que de même l’Homme "blanc" est destiné à disparaître !

     

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  • #1833479
    Le 4 novembre à 21:47 par Paul82
    Généalogie du darwinisme

    Les protestants, et plus particulièrement les calvinistes ont des tendances judaïsantes. Ce n’est pas nouveau (et ils ne sont pas les premiers), donc que monsieur Guyénot arrête de voir des Juifs partout....

    Ceci dit, cet exposé mérite qu’on s’y attarde. Je me souviens un peu du livre de A Pichot : les théories raciales du 19e sont vraiment des montagnes de délires ! Les Britanniques ont été des champions toute catégorie ! Quant à nous Français, ca n’a jamais été (sauf deux ou trois exceptions) notre truc. Normal, nous sommes bons chrétiens, un peu trop peu-être....

     

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  • #1833576
    Le 5 novembre à 01:15 par dieudostar
    Généalogie du darwinisme

    Marx aurait donc lu Darwin ? Ben voyons, on en apprend tous les jours mais il est fastidieux d’avoir à redire que Marx s’est contenté de lire les articles de journaux de l’époque. Pas le moindre écrit atteste sa compréhension du sujet. Un passage dans une lettre évoque son enthousiasme et alors ? Il tente le concept d’historico-naturel qui n’est pas passé à la postérité. En espérant établir une passerelle avec ses propres constructions mentales il s’est malheureusement vu opposer une fin de non recevoir par Darwin lui même.

     

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  • #1833661
    Le 5 novembre à 08:31 par Socrade
    Généalogie du darwinisme

    Un truc que les croyants, créationistes et autres qui se laissent aller à l’ineptie du surnaturel oublient soigneusement dans leur "critique" délirante de l’évolution, c’est que depuis 2 milliards d’année et l’apparition des cellules à noyau sexuées, le moteur principal de l’évolution c’est la sexualité. Surtout chez l’homme, c’est tellement visible. Darwin l’a d’ailleurs dit. C’est ce qui se passe entre un homme et une femme qui fait que la génération suivante est ce qu’elle est. Mais la sexualité ça sélectionne l’humain en niant la pensée, c’est pour ça qu’on a ces organes hideux et ces poils grotesques et qui puent : pour que ça soit impensable et que ceux qui sont trop dans la pensée soient virés de la reproduction. Mais apparemment ça ne suffit pas vu la quantité de types qui se réfugient dans la pensée du surnaturel...

     

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  • #1833709
    Le 5 novembre à 10:22 par LDG
    Généalogie du darwinisme

    Article passionnant, comme toujours avec M Guyennot. Je me permettrai de nuancer sur "l’obsession racial de l’Allemagne nazi" : les chantres de "la race des seigneurs" au sein des cadres du parti étaient largement moqués par la population allemande. Comme l’a confirmé Schacht lors de son procès à Nuremberg. Il faut comprendre que les succès de l’Allemagne, jusqu’en 1941, en de très nombreux domaines étaient tels, que certains s’en sont gonflé la tête.
    (désolé si je suis hors sujet ; je suis en train de lire les "mémoires d’un magicien" de Hjalmar Schacht. Je le recommande absolument)

     

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  • #1833974
    Le 5 novembre à 19:14 par Mordicus
    Généalogie du darwinisme

    Question à Laurent Guyénot.

    Bonjour Monsieur,

    J’aimerais savoir dans quel livre sorti avant 1859 Spencer développe-t-il sa théorie sur la lutte entre les Hommes ?
    Je suis étudiant en biologie, niveau master. Effectivement, on nous a ressassé que l’utilisation politique du darwinisme était la cause de Spencer et non de Darwin, qu’il ne faut surtout pas enlever de son piédestal...
    Je profite de ce commentaire pour, si vous me lisez, vous parler un peu de ce que l’on peu entendre au sujet de la théorie de l’évolution dans les facultés. La question est très peu étudiée en fait. Dans ma filière le sujet est plus cité que vraiment enseigné. Il n’y a pas vraiment d’enseignement spécifique sur la théorie de l’évolution et ses mécanismes. Nous abordons ce sujet par bribes, parlant de phylogénie quant on étudie l’anatomie animale, parlant de soupe pré-biotique quant on parle de micro-organismes..Par contre un cours (de prétendu philosophie des sciences) a été spécifiquement destiné à décrédibiliser le créationnisme. Jamais il n’a été dit qu’ils ne rejettent pour la plupart que le principe macro-évolution et non celui de micro-évolution. Les créationnistes croient ce qu’ils veulent et sont dogmatiques, un point c’est tout. Par contre, dans un même cours magistral, le professeur (ex-doyen de la fac quand même...) a défini la science comme l’observation et l’interprétation de faits expérimentaux. Puis une heure plus tard, nous a dit que LUCA (l’ancêtre commun universel) a existé et que nous n’en aurons jamais la preuve car, de fait, il A existé...

    Autre sujet dont on nous rebat les oreilles : les femmes auraient été écartées par les hommes, avec les exemples des sacro-saintes Marie Curie et surtout Rosalind Franklin...
    Et j’en passe ! Bref, rien de nouveau sous le soleil républicain !

    Mordicus

     

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