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Guerre économique ou "guerre absolue" ?

S’appuyant sur la stratégie de sécurité nationale de Donald Trump, Jean-Claude Paye revient sur l’articulation des politiques économique et militaire de la Maison-Blanche. Il analyse l’opposition entre deux paradigmes économiques, l’un promouvant la mondialisation du capital (soutenu par le parti Démocrate) et l’autre l’industrialisation US (soutenu par Trump et une partie des Républicains). Si le premier conduisait à éliminer tout obstacle par la guerre, le second utilise la menace de la guerre pour rééquilibrer les échanges d’un point de vue national.

 

 

Dans le texte précédent « Impérialisme contre super-impérialisme » [1], nous avons soutenu que, en désindustrialisant le pays, le super-impérialisme états-unien avait affaibli la puissance des USA en tant que nation. Le projet initial de l’administration Trump était de procéder à une reconstruction économique sur une base protectionniste. Deux camps s’affrontent, celui porteur d’un renouveau économique des USA et celui en faveur d’une conflictualité militaire de plus en plus ouverte, option qui semble être principalement portée par le Parti démocrate. La lutte, entre les Démocrates et la majorité des Républicains, peut ainsi être lue comme un conflit entre deux tendances du capitalisme états-unien, entre celle porteuse de la mondialisation du capital et celle prônant une relance du développement industriel d’un pays économiquement déclinant.

Ainsi, pour la présidence Trump, le rétablissement de la compétitivité de l’économie US est prioritaire. La volonté de son administration d’installer un nouveau protectionnisme doit être lue comme un acte politique, une rupture dans le processus de mondialisation du capital, c’est à dire comme une décision d’exception, dans le sens développé par Carl Schmitt : « Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle » [2]. Ici, la décision apparaît comme une tentative de rupture d’avec la norme de la trans-nationalisation du capital, comme un acte de rétablissement de la souveraineté nationale US face à la structure impériale organisée autour des États-Unis.

 

Le retour du politique

La tentative de l’administration Trump se pose comme une exception face à la mondialisation du capitalisme. Elle se montre comme une tentative de rétablir la primauté du politique, suite à la constatation que les USA ne sont plus la super-puissance économique et militaire, dont les intérêts se confondent avec l’internationalisation du capital.

Le retour du politique se traduit d’abord par la volonté de mettre en œuvre une politique économique nationale, de renforcer l’activité sur le territoire US, grâce à une réforme fiscale destinée à rétablir les termes de l’échange entre les États-Unis et ses concurrents. Actuellement, ces termes se sont nettement dégradés en défaveur des USA. Ainsi, le déficit commercial global des États-Unis s’est encore creusé de 12,1 % en 2017 et se monte à 566 milliards de dollars. En soustrayant l’excédent que le pays dégage dans les services, pour se concentrer sur les échanges de biens uniquement, le solde négatif atteint même 796,1 milliards de dollars. C’est évidemment avec la Chine que le déficit est le plus massif : il a atteint, en 2017, le niveau record de 375,2 milliards de dollars pour les seuls biens [3].

La lutte contre le déficit du commerce extérieur reste centrale dans la politique économique de l’administration US. Privée par les Chambres états-uniennes de sa réforme économique fondamentale, le Border Adjusment Tax [4] destiné à promouvoir une relance économique grâce une politique protectionniste, l’administration Trump tente de rééquilibrer les échanges au cas par cas, par des actions bilatérales, en exerçant des pressions sur ses différents partenaires économiques, principalement sur la Chine, afin qu’ils réduisent leurs exportations vers les USA et qu’ils augmentent leurs importations de marchandises états-uniennes. Pour ce faire, d’importantes négociations viennent d’avoir lieu. Le 20 mai, Washington et Pékin ont annoncé un accord destiné à réduire de manière significative le déficit commercial US vis-à-vis de la Chine [5]. L’administration Trump réclamait une réduction de 200 milliards de dollars de l’excédent commercial chinois, ainsi que des droits de douane en forte baisse. Trump avait menacé d’imposer des droits de douane de 150 milliards de dollars sur les importations de produits chinois, et, comme mesure de rétorsion, la Chine se proposait de riposter en visant les exportations US, notamment le soja et l’aéronautique.

 

Opposition stratégique entre Démocrates et Républicains

Globalement, l’opposition entre la majorité du Parti républicain et les Démocrates repose sur l’antagonisme de deux visions stratégiques, tant au niveau économique que militaire. Ces deux aspects sont intimement liés.

Pour l’administration Trump le redressement économique est central. La question militaire se pose en terme de soutien d’une politique économique protectionniste, comme moment tactique d’une stratégie de développement économique. Cette tactique consiste à développer des conflits locaux, destinés à freiner le développement des nations concurrentes, et à saborder des projets globaux opposés à la structure impériale US, tel, par exemple, celui de la nouvelle Route de la soie, une série de « corridors » ferroviaires et maritimes devant relier la Chine à l’Europe en y associant la Russie. Les niveaux, économique et militaire, sont étroitement liés, mais, contrairement à la position des Démocrates, restent distincts. La finalité économique n’est pas confondue avec les moyens militaires mis en œuvre. Ici, le redéploiement économique de la nation états-unienne est la condition permettant d’éviter ou, du moins, de postposer un conflit global. La possibilité de déclencher une guerre totale devient un moyen de pression destiné à imposer les nouvelles conditions états-uniennes des termes de l’échange avec les partenaires économiques. L’alternative qui s’offre aux concurrents est de permettre aux USA de reconstituer leurs capacités offensives au niveau des forces productives ou d’être engagé rapidement dans une guerre totale.

La distinction, entre objectifs et moyens, présent et futur, n’apparaît plus dans la démarche des Démocrates. Ici, les moments stratégique et tactique sont confondus. L’écrasement de ces deux aspects est caractéristique du schéma de la « guerre absolue », d’une guerre débarrassée de tout contrôle politique et qui n’obéit plus qu’à ses propres lois, celles de la « montée aux extrêmes ».

 

 

Vers une guerre « absolue » ?

La conséquence de la capacité du Parti démocrate à bloquer une relance interne aux USA est que si les USA renoncent à se développer, le seul objectif reste d’empêcher, par tous les moyens, dont la guerre, les concurrents et adversaires de le faire. Cependant, le scénario n’est plus celui des guerres limitées de l’ère Bush ou Obama, d’une agression contre des puissances moyennes déjà affaiblies, tel l’Irak, mais bien celui de la « guerre totale », telle qu’elle a été pensée par le théoricien allemand Carl Schmitt, c’est à dire d’un conflit qui entraîne une mobilisation complète des ressources économiques et sociales du pays, tels ceux de 14-18 et de 40-45.

Cependant, la guerre totale, de par l’existence de l’arme nucléaire, peut acquérir une nouvelle dimension, celle de la notion, développée par Clausewitz, de « guerre absolue ».

Chez Clausewitz, la « guerre absolue » est la guerre conforme à son concept. Elle est la volonté abstraite de détruire l’ennemi, tandis que la « guerre réelle » [6] est la lutte dans sa réalisation concrète et son utilisation limitée de la violence. Clausewitz opposait ces deux notions, car la « montée aux extrêmes », caractéristique de la guerre absolue, ne pouvait être qu’une idée abstraite, servant de référence pour évaluer les guerres concrètes. Dans le cadre d’un conflit nucléaire, la guerre réelle devient conforme à son concept. La « guerre absolue » quitte son statut d’abstraction normative pour se transformer en un réel concret.

Ainsi, comme catégorie d’une société capitaliste développée, l’abstraction de la guerre absolue fonctionne concrètement, elle se transforme en une « abstraction réelle » [7], c’est-à-dire une abstraction qui ne relève plus seulement du processus de pensée, mais qui résulte également du procès réel de la société capitaliste [8].

 

La « guerre absolue » comme « abstraction réelle »

Comme l’exprime le phénoménologue marxiste italien Enzo Paci, « la caractéristique fondamentale du capitalisme... réside dans sa tendance à faire exister des catégories abstraites comme catégories concrètes » [9]. Ainsi, en 1857, dans les Grundrisse (Fondamentaux), Marx écrivait déjà que « les abstractions les plus générales ne prennent au total naissance qu’avec le développement concret le plus riche… ».

Ce processus d’abstraction du réel n’existe pas seulement à travers les catégories de la « critique de l’économie politique », telles qu’elles ont été développées par Marx, comme celle de « travail abstrait », mais porte sur l’ensemble de l’évolution de la société capitaliste. Ainsi, la notion de « guerre absolue » quitte, à travers les rapports politiques et sociaux contemporains, le terrain de la seule abstraction de pensée pour devenir également une catégorie acquérant une existence réelle. Elle ne trouve plus sa seule fonction comme horizon théorique, comme « concret de pensée », mais devient un réel concret. La guerre absolue cesse alors d’être un simple horizon théorique, une limite conceptuelle, pour devenir un mode d’existence, une forme possible, effective, de l’hostilité entre les nations.

Déjà, dans un article de 1937 « Ennemi total, guerre totale et État total » [10], Carl Schmitt suggère que les évolutions techniques et politiques contemporaines réalisent une identité entre la réalité de la guerre et l’idée même de l’hostilité. Cette identification conduit à une montée des antagonismes et culmine dans la « poussée à l’extrême » de la violence. C’est dire implicitement que la « guerre réelle » devient conforme à son concept, que la « guerre absolue » quitte son statut d’abstraction normative pour se réaliser en « guerre totale ».

Alors, le rapport guerre-politique se renverse, la guerre n’est plus, tel que le développait Clausewitz, pour caractériser son époque historique, la forme la plus haute de la politique et son achèvement momentané. La guerre totale, en devenant guerre absolue, échappe au calcul politique et au contrôle étatique. Elle ne se soumet plus qu’à sa propre logique, elle « n’obéit qu’à sa propre grammaire », celle de la montée aux extrêmes [11]. Ainsi, une fois déclenchée, la guerre nucléaire échappe au cran d’arrêt de la décision politique, de la même manière que la mondialisation du capital échappe au contrôle de l’État national, des organisations supra-nationales et plus généralement à toute forme de régulation.

 

 

De la « guerre contre le terrorisme » à la « guerre absolue » ?

Le 19 janvier 2018, parlant à l’Université Johns Hopkins dans le Maryland, le Secrétaire à la Défense du gouvernement Trump, James Mattis, a dévoilé une nouvelle stratégie de défense nationale reposant sur la possibilité d’un affrontement militaire direct entre les États-Unis, la Russie et la Chine [12]. Il a précisé qu’il s’agissait là d’un changement historique par rapport à la stratégie en vigueur depuis près de deux décennies, celle de la guerre contre le terrorisme. Ainsi, il a précisé :

« C’est la concurrence entre les grandes puissances – et non le terrorisme – qui est maintenant le principal objectif de la sécurité nationale américaine ».

Un document déclassifié de 11 pages, décrivant la stratégie de défense nationale en termes généraux [13], a été remis à la presse. Une version confidentielle plus longue, qui inclut les propositions détaillées du Pentagone pour une augmentation massive des dépenses militaires, a été, quant à elle, soumise au Congrès [14]. La Maison-Blanche demande une augmentation de 54 milliards de dollars du budget militaire, en la justifiant par le fait qu’« aujourd’hui, nous sortons d’une période d’atrophie stratégique, conscients du fait que notre avantage militaire compétitif s’est érodé » [15]. Le document poursuit :

« La puissance nucléaire : la modernisation de la force de frappe nucléaire implique le développement d’options capables de contrer les stratégies coercitives des concurrents, fondées sur la menace de recourir à des attaques stratégiques nucléaires ou non-nucléaires ».

Pour l’administration Trump, l’après-Guerre froide est terminée. La période pendant laquelle les États-Unis pouvaient déployer leurs forces quand ils le veulent, intervenir à leur guise, n’est plus d’actualité. « Aujourd’hui, tous les domaines sont contestés : les airs, la terre, la mer, l’espace et le cyberespace » [16].

 

« Guerre absolue » ou guerre économique

La possibilité d’une guerre des USA contre la Russie et la Chine, c’est-à-dire le déclenchement d’une guerre absolue, fait partie des hypothèses stratégiques, tant de l’administration états-unienne que des analystes russes et chinois. Cette faculté apparaît comme la matrice qui sous-tend et rend lisible la politique étrangère et les opérations militaires de ces pays, par exemple l’extrême prudence de la Russie, une retenue qui peut faire penser à de l’indécision ou à un renoncement, par rapport aux provocations états-uniennes sur le territoire syrien. La difficulté de la position russe ne provient pas tant de ses propres divisions internes, du rapport de forces entre les tendances mondialiste et nationaliste au sein de ce pays, que des divisions inter-états-uniennes balançant entre guerre économique et guerre nucléaire. L’articulation entre menaces militaires et nouvelles négociations économiques sont bien deux aspects de la nouvelle « politique de défense » US.

Cependant, Elbrige Colby, assistant du secrétaire à la Défense a cependant affirmé que malgré le fait que le discours de Mattis mette clairement l’accent sur la rivalité avec la Chine et la Russie, l’administration Trump veut « continuer de rechercher des zones de coopération avec ces nations ». Ainsi, Colby disait, « il ne s’agit pas d’une confrontation. C’est une démarche stratégique de reconnaître la réalité de de la compétition et l’importance du fait que "les bonnes clôtures font les bons voisins" » [17].

Cette politique prônant le rétablissement de frontières contrarie frontalement la vision impériale US. Bien résumée par le Washington Post, cette dernière pose une alternative : la persistance d’un Empire états-unien « garant de la paix mondiale » ou bien la guerre totale. Cette vision s’oppose au rétablissement d’hégémonies régionales, c’est-à-dire d’un monde multipolaire dont, selon cet organe de presse, « le résultat serait la future guerre mondiale » [18].

Jean-Claude Paye

Notes

[1] « USA : Impérialisme contre ultra-impérialisme », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 26 février 2018.

[2] Carl Schmitt, Théologie politique I, trad J.-L. Schiegel, Paris, Gallimard, 1988, p. 16.

[3] Marie de Vergès, « Les Etats-Unis de Donald Trump enregistrent leur plus gros déficit commercial depuis 2008 », Le Monde économie, le 7 février 2018.

[4] Jean-Claude Paye, « USA : Impérialisme contre ultra-impérialisme », Op. Cit.

[5] « Washington et Pékin écartent pour l’heure une guerre commerciale », La Libre et AFP, le 20 mai 2018.

[6] Voir C. von Clausewitz, De la guerre, ouvr. cit., p. 66-67 et p. 671 et ss., et C. Schmitt, Totaler Feind, totaler Krieg, totaler Staat, ouvr. cit, p. 268 : « Il y a toujours eu des guerres totales ; cependant il n’existe de pensée de la guerre totale que depuis Clausewitz, qui parle de « guerre abstraite » ou de « guerre absolue » ».

[7] Lire : Emmanuel Tuschscherer, « Le décisionisme de Carl Schmitt : théorie et rhétorique de la guerre », Mots. Les langages du politique, mis en ligne le 9 octobre 2008.

[8] Alberto Toscano, « Le fantasme de l’abstraction réelle », Revue période, février 2008.

[9] Enzo Paci, Il filosofo e la citta, Platone, Whitebread, Marx, editions Veca, Milano, Il Saggitario, 1979, pp. 160-161.

[10] C. Schmitt, « Totaler Feind, totaler Krieg, totaler Staat », in Positionen und Begriffe, Berlin, Duncker und Humblot, p. 268-273, voir note 1 in Emmanuel Tuschscherer, « Le décisionisme de Carl Schmitt : théorie et rhétorique de la guerre », op.cit., p. 15.

[11] Bernard Pénisson, Clausewitz un stratège pour le XXIe siècle ?, conférence à à l’Institut Jacques Cartier, le 17 novembre 2008.

[12] “Remarks by James Mattis on the National Defense Strategy”, by James Mattis, Voltaire Network, 19 January 2018.

[13] Summary of the National Defense Strategy of The United State of America.

[14] National Defense Strategy of The United State of America, The President of The United State of America, December 18, 2017. Notre analyse : « La Stratégie militaire de Donald Trump », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 décembre 2017.

[15] Mara Karlin, « How to read the 2018 National Defense Strategy », Brookings, le 21 janvier 2018.

[16] Fyodor Lukyanov, « Trump’s defense strategy is perfect for Russia », The Washington Post, January 23, 2018.

[17] Dan Lamothe, « Mattis unveils new strategy focused on Russia and China, takes Congress to task for budget impasse », The Washington Post, January 19, 2018.

[18] « The next war. The growing danger of great-power conflict », The Economist, January 25, 2018.

Voir aussi, sur E&R :

Approfondir le sujet avec Kontre Kulture :

 
 



Article ancien.
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16 Commentaires

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  • #1976957

    *la caractéristique fondamentale du capitalisme... réside dans sa tendance à faire exister des catégories abstraites comme catégories concrètes » [9]. Ainsi, en 1857, dans les Grundrisse (Fondamentaux), Marx écrivait déjà que « les abstractions les plus générales ne prennent au total naissance qu’avec le développement concret le plus riche… ».

    Je sais que Voltaire n est pas aimé sur ER : si je ne soutiens pas sa philosophie pré-nietschéenne, j’ai par contre beaucoup appris en lisant son dictionnaire philosophique. C’est par certaines entrées lire Soral avant internet.
    Et les contes sont des écoles de logique, mais SURTOUT son style guérit.
    Vous pouvez secouer toute son œuvre, ainsi que la littérature de son siècle, vous ne trouverez pas un paragraphe aussi mal tenu, obscur, lassant, que le texte qui a été cité plus haut.
    L’influence germano-yiddish, Kant et Marx, et traduite en Français, a malheureusement eu une influence qui continue.
    C’est l’école d’Aristote.

     

    • #1977016
      le 31/05/2018 par candide
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      Oui combien vous avez bien raison : Voltaire c ’est la clarté française et l ’ironie légère , dissolvante loin de la lourdeur des auteurs dont vous parlez ; à croire que parler obscurément fasse passer pour plus profond . La guerre absolue c ’est l ’utilisation de l ’arme nucléaire , la rapidité de ses frappes et ses terribles conséquences non maîtrisables , excluant une riposte réfléchie dans l ’urgence la plus dramatique ; et pas plus en 1914 qu ’en 39 on ne sait aujourdhui ce que pourrait être cette guerre "moderne " totale dans ses conséquences mulitiples ; il faudra attendre de l ’avoir subie .


    • #1977313
      le 01/06/2018 par Pierron
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      Ce n est pas une critique c est juste le jugement d un ignare sans formation philosophique autre que la connaissance d un philosophe facile pour classe de terminale.
      Cela dit ce baratin sur le concret et l abstrait chez Marx ne semblait pas d une absolue necessite pour une demonstration contestable.
      Les dominants vivent trop bien pour risquer l hiver nucleaire et perdre châteaux jets privés putes de luxe dîners fastueux et esperance de vie prolongee. Les puissance nucleaires conjuguees de la Russie et de la Chine interdisent l usage de l arme nucleaire. Seuls les pro chinois version Mao 1960 et les communistes dogmatiques qui n ont rien compris au marxisme peuvent encore y croire.


  • #1976972
    le 31/05/2018 par anonyme
    Guerre économique ou "guerre absolue" ?

    Personne ne peut faire l’économie d’analyses politico-économiques permanentes appuyées aussi sur la stratégie. Mais quand cela concerne d’éventuels conflits avec deux nations dont l’une à ’’mangées’ les armées de Buonaparte et celles d’hitler et l’autre qui peut se permettre 100 millions de morts, les deux étant dotées de l’arme atomique et d’un niveau technologique à la hauteur de leur éventuels agresseurs ; mieux vaut maîtrîser ses pulsions suicidaires. Surtout si on n’est pas sûrs de grouper ses forces en terres vraimment alliées...


  • #1976974
    le 31/05/2018 par Le king
    Guerre économique ou "guerre absolue" ?

    Si j’ai bien compris, c’est le rétablissement des frontières qui amènera , à moyen terme, la guerre mondiale ! ( Et historiquement, il en a toujours été ainsi)... à l’inverse, les gros blocs régionaux favorisent le statu quo...

     

    • #1976992

      Que préfères-tu pour ta nation ? La servitude ou la liberté ? Il n’y a pas de liberté sans souveraineté nationale, c’est-à-dire sans frontières nationales.


    • #1977003
      le 31/05/2018 par panic-groom
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      Faux, Le King, encore une fois.

      Ce ne sont pas les nations qui font les guerres mais les empires, c’est-à-dire les nations qui, tels des fleuves, sortent de leur lit pour transgresser et leur frontière et les frontières des autres : France napoléonienne, Angleterre Victorienne, Russie tsariste, Allemagne impériale, etc.

      Il est étrange que de petites nations aux frontières bien clairement dessinées comme la Suisse, l’Italie (quand elle oublie le Césarisme), le Portugal, etc. sont plutôt en paix avec leurs voisins et évitent de les envahir.

      Désolé le King (de quoi ?) au lieu de veiller toute la nuit sur la ville, tu devrais étudier un peu plus avant d’énoncer des vérités fausses : l’écrasante majorité des petites nations aux frontières bien délimitées sont bien plus en paix que les grands blocs qui finissent par opprimer soit leurs voisins, soit les nations opprimées à l’intérieur de leur Limes.


    • #1977048
      le 31/05/2018 par Le king
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      Panic-room...

      Les petites nations enclavées comme par exemple la Suisse n’ont eu guère le choix car cerneés de toutes parts de nations fortes et belliqueuses ( France, Allemagne, Italie ) et surtout aux populations plus nombreuses. Si la Suisse en avait eu les moyens( militaires, démographiques, économiques), elle aurait sûrement cherché à chiper des bouts de l’Italie ou de la France...

      Le Portugal ensuite se lança lui aussi dans des guerres de conquête outre -mer et s’implanta au Brésil, en Angola , au cap vert, à Ceuta etc. Les petites nations ne sont moins bellicistes que parce qu’elles sont limitées par leurs moyens ou elles -mêmes colonisées ou tenues en respect par plus fortes...

      Si je suis votre raisonnement, vous militez pour la fragmentation des grandes nations en petites provinces et ainsi, la guerre cessera d’etre pour toujours, c’est bien ça ?

      Les contraintes économiques justifient, tôt ou tard l’ouverture des frontières à cause de la saturation des marchés ; c’est une loi d’airain contre laquelle il n’y a pas de solution...fermez les frontières , rétablissez les barrières douanières et la guerre recommencera...


    • #1977126
      le 31/05/2018 par taratata
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      @ La King

      Nous pourrions peut-être apprendre à raisonner autrement qu’en termes de "marché", non ?.

      Le "marché" devrait être là pour nous permettre de satisfaire nos besoins via des échanges équilibrés et pas pour nous asservir à ses besoins/lois. Il faut remettre les choses à l’endroit.


    • #1977180
      le 01/06/2018 par panic-groom
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      @ Le King

      Votre connaissance de l’histoire est vague (comme d’habitude) : la Suisse a débordé de ses frontières (la migration des helvètes qui a encouragé l’invasion césarienne) ou les guerres de la renaissance où la Suisse a envoyé ses mercenaires aux 4 coins de l’Europe ... Etrange que, hormis ces deux évènements : la Suisse soit restée calme. Au passage, quid de la Pologne qui n’est pas enclavée.

      Quant au Portugal : l’implantation de comptoirs n’est pas de l’impérialisme et on pourrait objecter que cette nécessité d’expansion hors des comptoirs pouvait être un peu encouragée par le cotoîement avec une puissance impérialiste terrible que fut l’Espagne du XVIème siècle.

      Au passage, j’ai donné ces exemples : qu’en est-il de l’empire du Laos ? Quid de l’empire de Corée ? Ou bien que dire de l’empire Mauritanien ? Vous ne répondez pas sur le fond : la majorité écrasante des nations ne sont pas impérialistes.

      Si je suis votre raisonnement, vous militez pour la fragmentation des grandes nations en petites provinces et ainsi, la guerre cessera d’etre pour toujours, c’est bien ça ?

      Non, ça, c’est votre raisonnement (un peu pervers, il faut le reconnaître) : il y a des grandes nations, il y a de petites nations, toutes ne sont pas impérialistes.



      Les contraintes économiques justifient, tôt ou tard l’ouverture des frontières à cause de la saturation des marchés



      Alors, dans ce cas, pourquoi la Corée du Nord, Cuba ou la France de De Gaulle n’étaient pas impérialistes et bellicistes. Encore une fois, votre raisonnement est plein de trous. ^^

      Plus sérieusement, il y a une différence entre vivre totalement en autarcie et vouloir protéger son marché intérieur par exemple contre l’importation de produits qui peuvent être fabriqués sur place. Il est bizarre que les ultra-libéraux tels que vous, si prompts à vous désigner comme les plus intelligents, n’arrivent pas à comprendre une petite nuance comme celle-là ... ça m’échapperait si je ne me mettais pas à croire que cette fausse ingénuité ne cachait un biais idéologique bien gras, bien véreux, bref, bien macronnien.



      c’est une loi d’airain contre laquelle il n’y a pas de solution...fermez les frontières , rétablissez les barrières douanières et la guerre recommencera...



      Tiens, ils disent la même chose sur BFM TV ... Pas besoin d’en rajouer, on vous a compris à demi-mot. ^^


    • #1977301
      le 01/06/2018 par Pelagia
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      Dixit "Le king" : "fermez les frontières , rétablissez les barrières douanières et la guerre recommencera"

      Dans le modèle traditionnel de l’Europe des nations... oui, effectivement : la guerre recommencera... mais elle recommencera à l’intérieur des frontières de l’Europe. Si la Grande Serbie a été tuée dans l’oeuf par une guerre sanglante c’est bien pour cette raison. Bien vu. C’est juste le syndrome de Stockholm qui parle en ta bouche, "Le king", c’est tout.

      L’alternative au modèle traditionnel de l’Europe des nations c’est le modèle mondialiste dans lequel nous sommes en ce moment... et qu’apparemment tu défends, "Le king". Dans ce modèle, mon cher ami, la guerre n’a pas besoin de recommencer puisqu’elle est de toute façon permanente... seulement elle se déroule toujours en dehors de la sphère géographique de l’Occident.

      Donc, "Le king", voilà mes conclusions :

      1. Je conclus que tu vis dans un pays occidental.

      2. Je conclus que c’est parce que tu vis dans un pays occidental que tu préfères soutenir les guerres de l’Empire de Wall Street, guerres essentiellement localisées au Moyen Orient (comme par hasard) et que tu passes sous silence pour donner un air de cohérence à ton discours.

      3. Je conclus que tu soutiens ces guerres à l’étranger (j’insiste, en les passant sous silence) justement parce que tu ne veux pas les avoir chez toi, ce qui est une forme de lâcheté. Entre la Corée, le Vietnam, le Liban, l’Afghanistan, l’Iraq, la Syrie, la Palestine... des MILLIONS D’ENFANTS sont morts après 1945, DES MILLIONS, pour ne pas parler de ceux qui sont morts avant.

      En gros, d’après toi, "Le king", il ne nous faut surtout pas une Grande Serbie... pas plus qu’une France souveraine ou qu’une Grèce souveraine. Ce qu’il nous faut c’est un Grand Israël et que nous continuons tous avec le sempiternel syndrome de Stockholm pour nous coucher bien à plat devant le plan de domination mondiale des minorités financières. Ah, oui, j’oubliais : et le nombre de morts au Moyen Orient importe peu. Bravo, "Le king", bravo.


    • #1977718
      le 01/06/2018 par panic-groom
      Guerre économique ou "guerre absolue" ?

      @ Pelagia

      Bravo, magnifique, incisif, imparable !

      Il est dommage que LeKing, déjà recadré par AS, soit imperméable aux arguments qui soient contraire à sa vision des choses (la preuve, il ne vous répondra même pas, on parie ?) mais il n’empêche, quelle leçon magnifique vous imposez-là.


  • #1976976
    le 31/05/2018 par anonyme
    Guerre économique ou "guerre absolue" ?

    Fabuleux stratèges... Quand-est-ce que l’armée des états-unis est entrée seule en conflit direct avec une nation qui ne lui soit pas en état d’infériorité absolue ? Jamais. Pire encore, chacun se souvient comment et pourquoi elle à quittée, par exemple, le Vietnam...Ceci dit sans même prendre en compte l’éloignement des champs de bataille envisagés. Bonne chance !


  • #1977160
    le 01/06/2018 par baron william
    Guerre économique ou "guerre absolue" ?

    Ah ces Bo-Bo.... Ils têvent tant de remplacer leurs successeurs. Prêts à faire péter la planète, déja tout juste viable sous leur pollution ....
    Puissent leurs robots, gardiens équarrisseurs de bétails humains, se tourner au plus vite, contre eux.... L’éternelle choisira les siens, parmi lrs victimes de la faux aveugle.... Pour paraphraser Vladimir, ce sage Csar de toute la Russie .
    Nos teutons guermanes, toute l’Europe et ses colonies, offriront un champs de bataille propice, avec tous les gadgets adéquates haute-technologie, à ce carnage annoncé, tel un festin des dieux .
    Trump, au moindre dérapage fatal, risque de faire passer O’Bama pour un enfant de choeur angélique - avec son lehman crack, ses assassinats ciblés,sa Palestine libérée et son guantanamo - à moins qu’il soit ramené sur le devant de la scène ....
    Texte merveilleusement écrit, notifiant le psychologisme ambiant.... Si glamour .


  • #1977214
    le 01/06/2018 par Michelly58
    Guerre économique ou "guerre absolue" ?

    La réalité c’est que le dollar ainsi que toute l’ingénieurie économique qui est derrière est en train de s’écrouler, ils sont en train d’accélérer l’agenda belliciste uniquement pour empêcher les gens le moment venu de leur demander des comptes, comme en 1929. Quitte à disparaître, les Racailles-Unis sont bien décidés à emporter tout le monde afin d’éviter le retour d’un monde multi-polaire.


  • #1977314
    le 01/06/2018 par H. K. Daghlian
    Guerre économique ou "guerre absolue" ?

    La naissance même des états unis s’est faite dans le vol et le massacre de masse. Rien de bon ne risque de venir de leur coté. Durant toute l’histoire de ce pays il n’a été question que de guerres, dont les justifications sont plus ou moins fallacieuses. Une constante demeure, étant le fait qu’ils ne vont jamais en guerre contre un pays sans entrainer avec eux leurs vassaux, les seules exceptions étant des défaites cuisantes et ternissant largement l’image de ce pseudo-empire en tant que super puissance. Même leur soit disant victoire dans la deuxième guerre mondiale n’est que la conséquence de l’affaiblissement des puissances antagonistes en jeu, qui, après avoir été rongées par une guerre fratricide ont laissé la place à une poignée de soldats pour venir revendiquer une victoire qui n’est certainement pas la leur, effet accentué par la nouvelle menace atomique (volée) étant entrée en jeu.

    L’impossibilité pour eux de faire la guerre absolue réside dans le fait que personne ne risque de les y accompagner sans se prendre des dégâts considérables ce qui fera réfléchir à deux fois tout vassal quelque soit son degré de soumission. La défaite stratégique cuisante subie en Syrie est à bien des égards un révélateur de la vraie nature ces rapports que les EU entretiennent avec le reste du monde, un rapport de prédation sans aucune forme de principe. Vu ainsi, l’attitude aparamment incohérente de Trump est d’un coup plus claire. Sans foi ni loi, c’est la raison du plus fort.

    Demeure aussi le fait que les nations ne sont plus naïves comme autrefois et que personne n’est prêt à se faire tuer au nom d’un idéal commun - inexistant - comme ce fut possible pendant les deux guerres. Ils ont bien essayé avec le terrorisme islamiste mais ils savent que ça fait un flop, et que la supercherie ne prend pas cette fois, d’ailleurs, ils sont de plus en plus grossiers dans l’organisation des attentats, un peu comme un vendeur qui voit que sa marchandise ne fait plus recette et commence à crier plus fort et plus fréquemment pour attirer la clientèle résiduelle qui finira à son tour par se lasser.

    Tout le monde assiste à la mort du dollar sous le poids de ses propres contradictions et injustices, et personne ne prend le risque de remuer le couteau, car au final, c’est ce que les EU cherchent et ils savent pertinemment que le temps joue contre eux. Ils meurent à petit feu et cherchent par tous les moyens à y échapper par la guerre, comme ça a toujours été.