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La Hongrie demande à un groupe juif britannique de s’occuper de ses affaires à propos d’antisémitisme

La présidente du Conseil des députés des juifs britanniques avait exprimé ses inquiétudes quant à la position du Premier ministre et du gouvernement hongrois.

 

Un ministre du gouvernement hongrois a accusé une haute représentante des juifs britanniques de mentir pour des motifs politiques, en lui disant de « s’occuper de ses propres affaires » à la suite d’une réunion au cours de laquelle elle avait exprimé ses préoccupations concernant l’antisémitisme. Le secrétaire d’État hongrois, Vince Szalay-Bobrovniczky, a écrit cette semaine à Marie van der Zyl, présidente du Conseil des députés des juifs britanniques, pour contester le récit du Conseil concernant leur rencontre.

Le Conseil a déclaré que la réunion, qui a eu lieu le 8 février dernier, était

« une occasion importante de soulever directement auprès du gouvernement hongrois un certain nombre de préoccupations de longue date [du Conseil], notamment l’utilisation de rhétoriques antisémites et… les tentatives de minimiser le rôle des leaders historiques hongrois qui soutenaient l’Holocauste. »

Le Conseil a également évoqué l’attitude du gouvernement hongrois envers les musulmans et les migrants, ainsi que ses relations entre celui-ci et les communautés juives du pays. Le Conseil a notamment soulevé la question du langage utilisé par le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, à propos du philanthrope juif d’origine hongroise George Soros : « Que ce soit intentionnel ou non, il utilise la rhétorique antisémite la plus ancienne qui soit et cela doit cesser. »

Orbán a attaqué Soros lors d’un rassemblement électoral l’année dernière, en déclarant :

« Nous combattons un ennemi qui est différent de nous. Il n’est pas à découvert, il se cache ; il n’est pas franc mais malin ; pas honnête mais faisant preuve de bassesse ; pas national mais international ; ne croit pas au travail, mais spécule avec de l’argent ; n’a pas sa propre patrie mais a le sentiment que le monde entier lui appartient. »

Mercredi dernier, Szalay-Bobrovniczky, dans un courriel adressé à Van der Zyl, a déclaré :

« Je rejette une fois de plus vos allégations d’antisémitisme à notre encontre, et particulièrement à l’encontre du Premier ministre Orbán... Cela représente une honte pour vous et une honte pour toute la cause. C’est purement et simplement un mensonge. Les communautés juives du Royaume-Uni et de Hongrie mériteraient mieux que vos paroles, manifestement motivées par des raisons politiques. Je rejette à nouveau explicitement l’ensemble de vos accusations concernant nos déclarations sur Soros. Ce dernier organise l’immigration clandestine vers l’Europe et met ainsi en danger la sécurité européenne et la sécurité des vies juives sur notre continent. Cela fait partie de notre problème. Je suis extrêmement désolé pour les juifs que vous prétendez représenter ... Avec tout le respect que je vous dois, veuillez vous occuper de vos affaires et nous n’interférerons pas non plus avec les vôtres. »

Il a également accusé Van der Zyl d’avoir « blanchi de manière malhonnête et inacceptable » les « tendances manifestement antisémites du parti travailliste [britannique] ». Van der Zyl a déclaré en retour qu’elle était « étonnée et déçue » par sa réponse, ajoutant : « Nous sommes venus soulever de graves problèmes avec vous dans un esprit constructif. »

Les commentaires d’Orbán à propos de Soros avaient enfreint la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, a déclaré Van der Zyl. Elle a exhorté le gouvernement hongrois à « se distancier de ce genre de langage et à s’excuser ».

« Je trouve particulièrement bizarre votre allégation selon laquelle nous “blanchissons” le bilan du parti travailliste en matière d’antisémitisme. Le Conseil a mené une campagne à ce sujet, y compris une manifestation devant le Parlement. Nous ne faisons aucun compromis sur l’antisémitisme, qu’il soit de droite ou de gauche. »

Van der Zyl a ainsi pressé le gouvernement hongrois :

« Vous devez tenir compte de nos commentaires clairs mais constructifs afin de restaurer la réputation internationale de la Hongrie, qu’elle puisse redevenir un pays qui traite les juifs hongrois et les autres minorités avec la même dignité et le même respect que nous devons tous exiger pour tout le monde. »

Traduction à partir de l’anglais effectuée par Alimuddin Usmani

Orbán, Soros et le lobby, sur E&R :

 



Article ancien.
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