Egalité et Réconciliation
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La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

Souvenir de Satan

Paul Ingram était un officier de gendarmerie respecté dans sa petite ville proche de Washington. Il vivait paisiblement avec sa femme et ses cinq enfants, et toute la famille fréquentait une église évangélique. Vers 1980, ses deux filles, Ericka et Julie, se mirent à fréquenter les retraites organisées par l’Église. C’est dans cette atmosphère charismatique de quête compétitive de l’Esprit saint et de combat contre le démon qu’Ericka eut son premier « flashback » d’abus sexuel.

Quelque temps après, d’autres « souvenirs » ayant émergé, Ericka raconta à sa mère, Sandy Ingram, qu’elle avait été régulièrement violée par son père et par ses deux frères aînés. Les viols avaient cessé, dit-elle, en 1975, lorsqu’elle avait eu neuf ans. Confronté par sa femme, Paul Ingram nia tout.

Puis c’est Julie qui commença à avoir des « souvenirs ». À son tour, elle confessa à sa mère qu’elle avait été molestée par son père et son frère aîné, jusqu’à l’âge de treize ans. Les deux filles firent des déclarations à la police : elles parlèrent alors d’avoir eu des relations sexuelles vaginales, orales et anales avec leur père, sous la contrainte, et ce, jusqu’à leur adolescence.

Paul Ingram fut arrêté. Il nia les faits et dit qu’il ne comprenait pas pourquoi ses filles l’accusaient. Mais il ajouta une phrase curieuse : « Je ne crois pas que j’ai une face obscure (a dark side). » Cette phrase lui était inspirée par la mythologie de son église, qui enseignait que le diable peut manipuler notre « face obscure » et nous faire accomplir des choses que nous oublions ensuite. C’est cette phrase qui perdit Ingram, d’autant plus qu’il la répéta plusieurs fois. Paul Ingram fut interrogé par des inspecteurs persuadés de sa culpabilité.

C’est alors qu’une chose extraordinaire se passa : Paul Ingram n’était plus très sûr de son innocence. Il commença à prier pour demander à Dieu de lui révéler ce qu’il avait fait. Et il obtint des visions dans lesquelles il se vit violer ses filles. Durant les interrogatoires, il arrivait à Ingram de partir dans une sorte de transe légère, et d’en rapporter des visions qu’il interprétait comme des « souvenirs » et qui étaient consignées comme des aveux.

Entre temps, les deux filles continuaient de « se rappeler » : elles racontèrent d’abord que d’autres hommes de la ville, notamment deux amis de leur père, les avaient violées et torturées en groupe. Ensuite, elles parlèrent d’avoir été forcées de participer à des rituels sataniques nocturnes, qui réunissaient des dizaines de personnes et où leur père jouait un rôle de prêtre ; entre autres horreurs, des bébés étaient rituellement tués et mangés. Au fur et à mesure qu’il était interrogé sur ces horreurs, Paul Ingram priait pour « se rappeler » ... et confessait.

Il fut seul sur le banc des accusés, car aucun indice ou aveu ne permit d’inculper d’autres personnes. Et, maintenant convaincu de sa « face obscure », il plaida coupable du viol de ses filles. Vers la fin du procès, cependant, il se rétracta ; soudainement, il venait de réaliser que ses visions n’étaient pas de vrais souvenirs, que les viols, les tortures et les rituels sataniques n’avaient jamais eu lieu ailleurs que dans la tête de ses filles et dans la sienne. Mais ses aveux antérieurs pesaient trop lourd : en avril 1990, il fut condamné à vingt ans de réclusion.

Si le procès avait eu lieu deux ou trois ans plus tard, Paul Ingram n’aurait peut-être pas été condamné, car il aurait entendu parler des « faux souvenirs ». Ce phénomène étant maintenant mieux connu, les bavures judiciaires se font plus rares.

L’histoire de la famille Ingram a été largement suivi par les médias américains et a fait l’objet d’un excellent livre, Remembering Satan, de Lawrence Wright, et plus récemment d’un remarquable film de 33 minutes par Nick Nerburn, PAUL : The Secret Story of Olympia’s Satanic Sheriff, visible sur Vimeo.

 

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La famille Ingram dans les jours heureux

 

Histoires vraies de faux souvenirs

Les faux souvenirs sont un phénomène qui a pris une dimension vertigineuse aux États-Unis avec la vogue des psychothérapies régressives (Recovered Memory Therapies), qui ont en commun de chercher la clé des problèmes psychologiques présents dans les souvenirs traumatiques refoulés de l’enfance, et d’utiliser pour cela l’hypnose ou des techniques approchantes, qui provoquent un état de conscience modifiée, hautement suggestible. Le phénomène touche très majoritairement des femmes.

Voici l’histoire typique d’Olivia McKillop. Dans les années 1970 Olivia avait toujours été une enfant heureuse et épanouie. Pourtant, durant sa dernière année de lycée, elle sombra dans une dépression et entama une thérapie avec Tricia Green. Dès la fin de la première séance, sans qu’Olivia ait évoqué le moindre abus de la part de ses parents (elle se plaignait plutôt d’avoir été trop protégée et choyée), la psychothérapeute Tricia Green lui confia un livre destiné aux adultes qui ont subi des abus sexuels durant leur enfance mais l’ont oublié. Ce livre était The Courage to Heal, de Ellen Bass et Laura Davis, paru en 1988 et vendu à plus de deux millions d’exemplaires.

Sous l’influence de cette lecture et des questions orientées de sa psy aux séances suivantes, Olivia se sentie entraînée dans un autre monde. « Progressivement, j’ai commencé à voir ma famille comme vraiment abusive et dysfonctionnelle. » Puis Tricia Green la conduisit à travers des séances de visualisation guidée, pour « faire remonter le passé ». Elle se concentra sur une scène banale de son enfance : un jour à la garderie, un réparateur était venu s’occuper du piano. « Et soudainement, j’ai visualisé qu’il se couchait sur moi. J’imaginais cet homme en train d’enlever mon pantalon et mon pull et se mettre à me lécher et à m’embrasser partout. »

Ce « flashback », comme l’appela sans hésitation Tricia Green, bouleversa Olivia. Après cette séance, Olivia acheta d’autres livres sur les abus sexuels, le refoulement et les souvenirs « récupérés ». Elle en fut profondément affectée. « Lorsque je me rendis à mon rendez-vous suivant, j’avais endossé l’identité d’une “rescapée de l’inceste” [incest survivor], et il n’y avait plus de retour possible. »

Au fil des séances, de nouveaux « flashbacks » l’assaillirent. « Finalement, je me suis mise à croire que j’avais été molestée par six hommes en tout, y compris mon grand-père, mon père et mon frère Jerry. » Olivia passa ainsi deux ans en thérapie. Elle quitta ses études et déménagea loin de ses parents. Toute sa vie et l’image qu’elle se faisait d’elle-même étaient maintenant dominées par la certitude d’avoir subi d’atroces sévices sexuels de la part de sa propre famille.

Un premier doute sérieux la frappa lorsqu’un enfant se confia à elle (elle était, cet été-là, animatrice dans un camp d’enfant) : « Mademoiselle, mon Papa fait quelque chose de mal avec moi, parce qu’il dort avec moi dans mon lit. » En regardant cet enfant, Olivia réalisa que, dans son enfance, elle n’avait jamais éprouvé la souffrance et la confusion qu’elle lisait maintenant dans ce visage. Grâce au soutien de quelques amis qui, la connaissant depuis longtemps, ne croyaient pas une seconde à ses histoires d’abus sexuel, Olivia parvint à retrouver sa raison et prit conscience d’avoir été manipulée par sa thérapeute. Lorsqu’elle entendit parler du phénomène des « faux souvenirs », ce fut une révélation. Aujourd’hui, elle a renoué avec ses parents et son frère, qui lui ont pardonné ses accusations.

Son cas est tout sauf rare. Des dizaines d’autres sont rapportés dans le livre de Mark Pendergrast, Victims of Memory, le plus complet des livres publiés sur le phénomène des « faux souvenirs » [1]. D’autres cas sont rapportés dans Le Syndrome des faux souvenirs, écrit par Elizabeth Loftus, spécialiste de la mémoire et présidente de l’American Psychological Association avec l’aide de Katherine Ketcham [2].

Aucun des auteurs qui ont exploré et dénoncé le phénomène des faux souvenirs induits par régression hypnotique ne remet en question l’ensemble des témoignages de victimes d’inceste, ni même le fait que des souvenirs d’abus sexuels dans l’enfance puissent être réellement enfouis pour surgir brutalement à la conscience à l’âge adulte. Le phénomène a été documenté et théorisé par Pierre Janet entre 1885 à 1887. Il est bien illustré par l’histoire de Marilyn Van Derbur, Miss America 1958, qui, à l’âge de 24 ans, a retrouvé spontanément (sans hypnose) les souvenirs des abus sexuels de son père depuis l’âge de 5 ans. Son histoire, qu’elle révéla publiquement en 1991, fit les premières pages de journaux et encouragea nombre de victimes d’inceste à rompre le silence. Voici comment elle explique sa dissociation dans son autobiographie Miss America By Day :

« Le matin, j’étais la jeune fille joyeuse, pétillante, respectée, disciplinée, hautement morale. C’était la réalité pour moi, l’enfant du jour. L’enfant heureux était réel. Mon esprit avait trouvé un moyen de prendre les souvenirs et les sentiments de terreur, d’humiliation, de rage, d’impuissance et de désespoir et de les compartimenter dans une autre partie de mon cerveau, de mon corps et de mon âme. La seule façon de survivre face à une autre nuit était de ne pas me souvenir de ce qu’il s’était passé. Comment pourrais-je passer une journée à l’école en jouant avec mes amis, en répondant aux questions posées par le professeur, en rentrant à vélo à la maison ? Comment pourrais-je survivre à une routine quotidienne si je me souvenais de ce qui m’attendait la nuit ? […] Sans m’en rendre compte, je me suis battu pour garder mes deux mondes séparés. Sans jamais savoir pourquoi, je faisais en sorte, dans la mesure du possible, que rien ne passe entre le cloisonnement que j’avais créé entre l’enfant du jour et l’enfant de la nuit. »

Ce n’est qu’à l’âge de 24 ans que les souvenirs de « l’enfant de la nuit » lui sont revenus. il fait peu de doute que cette histoire est véridique (voir les vidéos sur son site www.missamericabyday.com). Mais il faut noter que Marilyn Van Derbur n’a pas eu besoin de l’hypnose pour se souvenir. Les souvenirs sont remontés naturellement, lorsqu’elle a en quelque sorte décidé qu’elle était mûre pour les affronter.

Il faut se garder de généraliser, mais ce qui est en cause dans la controverse sur les faux souvenirs, ce sont les visions obtenues par des techniques de « régression » relevant de l’hypnose, généralement accompagnées de suggestions de la part de thérapeutes. Ce qui est également en cause est une conception quasi informatique de la mémoire humaine, très éloignée du modèle développé par Janet. Selon Janet, la « dissociation » ne s’apparente pas à l’enregistrement de souvenirs préservés de façon fidèle dans l’inconscient ; il s’agit plutôt de contenus psychiques chargés d’émotions négatives, qui prennent une vie autonome sous le seuil de la conscience ordinaire. Par ailleurs, Janet n’a jamais utilisé ni recommandé l’hypnose pour retrouver des souvenirs, car l’on s’avait déjà à son époque que l’hypnose pouvait générer de faux souvenirs.

Le scénario classique en question est le suivant. Une jeune femme consulte un psychothérapeute pour un problème relativement bénin (crise conjugale, problème de poids, dépression, etc.). Le psy, adepte de la théorie selon laquelle l’inceste explique tout, influence sa cliente dans ce sens et l’encourage à retrouver des « souvenirs refoulés », la soumettant pour cela à des conditionnements émotionnels divers, et souvent à des séances d’hypnose. La patiente finit par produire des « souvenirs » d’inceste. Au fil des séances, de nouveaux souvenirs apparaissent, de plus en plus atroces, allant éventuellement jusqu’à des scènes de viols collectifs, de meurtres rituels, de cannibalisme. Les thérapeutes qui accompagnent les patientes dans cette descente aux enfers soutiennent que les scènes visualisées correspondent à des événements réels de la vie de la patiente, dont le souvenir aurait été massivement « refoulé » (repressed). Mais loin d’avoir résolu son problème initial, la patiente se transforme en victime paranoïaque, et il n’est pas rare qu’elle finisse à l’hôpital psychiatrique, après avoir traîné ses proches au tribunal sous les accusations les plus horribles.

Certaines de ces patientes, de plus en plus nombreuses à mesure que le phénomène des faux souvenirs a été mieux connu, finissent par remettre en doute leurs « souvenirs » et parfois se retournent en justice contre leurs thérapeutes. Comme Olivia McKillop, elles passent du camp des incest survivors à celui des retractors. Selon leurs psychothérapeutes, elles ont cédé à la pression sociale et à la honte. Fuyant devant leur réalité intérieure et familiale, elles préfèrent retourner dans le « déni », sorte de refoulement bis.

Mais les « rétracteurs », eux, ne voient pas les choses ainsi : elles pensent avoir été victimes de manipulation mentale de la part de leurs psychothérapeutes. Les « flashbacks » qu’elles ont pris un temps pour des souvenirs réels n’étaient en fait que des productions de leur esprit, déclenchées par suggestion hypnotique, mais aussi par leur propre désir de satisfaire leur thérapeute et de trouver une explication à leur problème. Nombre des ces ex-patientes (ce sont très majoritairement des femmes) se sont regroupées en association et publient une lettre d’information, The Retractor.

Le débat est loin d’être clos. Peu de psychothérapeutes ont fait amende honorable. La plupart crient au complot, et s’efforcent de convaincre leurs patientes que les gens qui parlent de « faux souvenirs » sont motivés par une idéologie réactionnaire et veulent perpétuer le déni de l’inceste. La False Memory Syndrome Foundation est accusée d’être une couverture pour les pédophiles. Tout au long des années 1990, le sujet a secoué et divisé la profession des psychiatres et psychothérapeutes, qui restent encore incapables, d’un côté comme de l’autre, de donner une explication pleinement satisfaisante des phénomènes.

Depuis 1994, plusieurs livres ont commencé à répercuter l’opinion des sceptiques, à explorer l’hypothèse des « faux souvenirs ». Il ne s’agit pas, pour leurs auteurs (comme Elizabeth Loftus ou Mark Pendergrast), de nier la réalité des abus sexuels d’enfants. Cette réalité est courante et effrayante, et personne ne cherche à la minimiser. Précisément, soulignent ces auteurs, la mascarade des faux souvenirs d’inceste nuit fortement au combat légitime des vraies victimes d’inceste. Il ne s’agit pas non plus d’affirmer que tous les souvenirs obtenus sous hypnose sont faux, mais d’aborder le phénomène avec beaucoup plus de prudence.

 

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Mon mensonge. Une histoire vraie de faux souvenir, de Meredith Maran (2010)

 

Souvenirs programmés

Voici un autre récit de « rétracteur », tiré comme celui d’Olivia McKillop du livre de Mark Pendergrast.

« Laura Pasley est l’une des premières à avoir gagné son procès contre son thérapeute, Steve. Elle était allée le consulter pour tenter de résoudre sa boulimie et son obésité. “Dès ma première séance, en 1985, Steve me demanda si j’avais jamais été abusée sexuellement. Je lui ai dit que c’était le cas. Lorsque j’avais neuf ans, à la piscine, un garçon que je ne connaissais pas avait mis son doigt dans mon vagin, à travers mon maillot de bain, sous l’eau.” Mais cet incident, qui avait fortement marqué Laura et dont elle se rappelait parfaitement, n’intéressait guère Steve. “Il m’a dit que je devais découvrir des choses enfouies plus profondément. Il m’a dit que, puisque j’avais un trouble alimentaire, cela signifiait automatiquement que j’avais été sérieusement molestée. Nous sommes donc partis à la recherche de souvenirs enfouis.” »

De relaxations en visualisations, les « souvenirs » ont effectivement commencé à émerger. Laura fit bientôt apparaître dans son esprit des visions de sa mère pénétrant ses organes sexuels avec ses doigts, puis avec un cintre. Son thérapeute lui conseilla de participer à une thérapie de groupe qu’il dirigeait. L’effet de groupe est propice aux flashbacks. Il s’y produit une forme de transe collective, où les « souvenirs » et les ressentiments de chacun stimulent les autres. « J’avais ces flashbacks horribles de recevoir des lavements froids et des objets divers insérés dans mon vagin. Une autre fois, je vis mon frère et ses amis me pendre par les pieds. [...] Finalement, je vis des scènes de viol collectif et de viol par des animaux. » L’état de santé de Laura ne s’arrangeait pas. Mais Steve la rassurait : il fallait que son état empire avant de s’améliorer.

Comme bien d’autres, Laura commença à s’éveiller de ce cauchemar lorsqu’elle entendit parler des « faux souvenirs ». « C’était comme si une lumière s’était allumée dans ma tête. Lorsque j’ai réalisé ce qui s’était passé, j’ai appelé un bon psychologue. Je lui ai dit : “Ces flashbacks semblaient si réels ; ils étaient vraiment réels.” Elle me répondit : “Ils étaient réels, mais pas la réalité.” Je n’ai jamais oublié ces paroles. » Laura passa le mot aux autres femmes du groupe. « Maintenant, nous avons toutes arrêté, sauf une fille, qui est vraiment un cas tragique. Elle a accusé sa mère de rituel satanique, et d’avoir assassiné sa sœur jumelle à la naissance. Peu importe qu’il n’y eût qu’une seule naissance enregistrée sur le certificat : elle pense que la secte satanique a trafiqué le certificat. »

Aussi incroyable que cela paraisse, des cas comme ceux d’Olivia McKillop et de Laura Pasley se comptent par dizaines de milliers aux États-Unis. Beaucoup ont d’abord accusé leurs parents, encouragés par leurs psychothérapeutes qui considèrent cette démarche comme libératrice. Et bon nombre sont allés jusqu’à les attaquer en justice. Il y a dix ans à peine, plusieurs de ces procès ont abouti à des condamnations de parents, sur la base exclusive de « souvenirs » déclenchés sous hypnose vingt ou trente ans après les faits supposés.

L’un des cas les plus célèbres trouve son origine dans des souvenirs « retrouvés » par Eileen Franklin en 1988, concernant le meurtre de son amie Susan Nason en 1969. Eileen et Susan avaient alors 8 ans ; elles habitaient dans le même quartier et jouaient souvent ensemble. Susan fut retrouvée assassinée, le crâne défoncé par une pierre. On ne retrouva jamais le meurtrier... jusqu’à ce qu’Eileen, 20 ans plus tard, eut un flashback soudain dans lequel elle vit son propre père, George Franklin, violer et assassiner son amie Susan. Son témoignage, basé exclusivement sur des « souvenirs retrouvés » en thérapies, et jamais corroboré par le moindre indice, a suffi à faire condamner son père.

Dans certains de ces procès, le jury a été impressionné par le fait que les accusations émanaient de plusieurs personnes. Ce fut le cas de la famille Souza, qui aboutit à l’emprisonnement pour 9 et 15 ans d’un couple de 61 ans. Tout commença par les accusations d’une de leurs filles, Shirley Ann, qui se « souvint » en thérapie avoir été sexuellement molestée par eux durant son enfance. Suspectant que ses parents avaient peut-être, par la suite, aussi molesté ses deux enfants (leur petits-enfants), Shirley Ann traîna ces derniers chez un psychothérapeute pour enfants. Celui-ci conclut simplement que les enfants étaient victimes d’une pression anormale de la part de leur mère. Dépitée, Shirley Ann les emmena alors chez un autre psy, qui lui donna le diagnostic qu’elle cherchait : ses enfants montraient les symptômes d’abus sexuels. Après quelques séances, les enfants commencèrent à avoir des cauchemars à connotation sexuelle. Bientôt, ils étaient mûrs pour témoigner au procès. Nancy, 4 ans, déclara que ses grands-parents mettaient « toute leur main » dans son vagin, et même « leur tête ». Elle décrivit une machine grande comme une pièce entière, avec des mains qui « faisaient mal », que ses grands-parents actionnaient en appuyant sur un bouton. Cindy, sa sœur de 5 ans, raconta d’autres horreurs du même genre. Aucune trace physique d’abus ne fut relevée sur ces enfants. Pourtant, le jury déclara les Souza coupables.

Aujourd’hui, les condamnations de ce type sont plus rares. Le travail d’information de la False Memory Syndrome Foundation a porté ses fruits, et presque tous les États d’Amérique se sont dotés de lois interdisant à une Cour de prendre en compte des souvenirs obtenus sous hypnose. Cela ne règle que partiellement le problème, parce qu’il suffit à une plaignante de ne pas évoquer l’origine hypnotique de ses « souvenirs » pour que ceux-ci soient recevables, et parce que le pouvoir de suggestion ne se limite pas à l’hypnose au sens strict, comme on peut le voir dans l’histoire des Ingram, où ce sont plutôt les pratiques de l’évangélisme charismatique qui sont en cause.

 

Souvenirs d’abus rituels sataniques

Dans les années 90, le thème des rituels sataniques est apparu de plus en plus fréquemment dans les « souvenirs retrouvés ». Dans leurs « flashbacks », des centaines de patients ont vu des scènes d’une obscénité et d’une violence inouïes, se passant dans un cadre diabolique. Sous hypnose, ils se « remémoraient » avoir subi, dans leur enfance ou leur adolescence, des sévices et des tortures atroces au cours de rituels sataniques impliquant de nombreuses personnes de leur famille ou de leur entourage.

Sur la base de tels témoignages, la rumeur s’est répandue qu’un vaste réseau sataniste sévissait en Amérique ; leurs rituels comportaient notamment des tortures horribles, des viols collectifs et la consommation de chair humaine, notamment celle de bébés qu’ils assassinaient devant leur mère. Ils possédaient des techniques de manipulation mentale leur permettant de faire oublier à leurs victimes tout ce qu’elles subissaient dans ces rituels nocturnes, de sorte que celles-ci menaient une vie d’apparence normale durant le jour.

La rumeur, relayée par les grands médias, prit une ampleur telle que le FBI fut mis sur l’affaire. Aucune trace n’a pu être trouvé des dizaines de milliers de fœtus et de bébés que les satanistes étaient réputés avoir massacrés. Mais, bien sûr, cela ne fit qu’agrémenter la rumeur du soupçon de la complicité du FBI.

La touche satanique des souvenirs récupérés avait été introduite en 1980 par un livre retentissant, Michelle Remembers. Michelle Smith, une femme de vingt-sept ans, souffrait d’une dépression consécutive à trois fausses-couches, lorsqu’elle consulta le psychiatre Lawrence Pazder. Au bout de quatre ans de thérapie, Michelle commença à « se rappeler », dans une forme de transe hypnotique, des scènes dignes d’un film d’horreur. Encouragée par l’écoute attentive, fascinée et crédule de son psychiatre, elle finit par se convaincre qu’elle avait subi, lorsqu’elle avait cinq ans et durant plus d’une année, des sévices sexuels et des tortures entre les mains d’une secte satanique, menée par le diable en personne, et dont sa mère (décédée à l’époque de la thérapie) aurait été membre. « Ses souvenirs profondément enfouis, restés virtuellement intacts durant vingt-deux ans, ont fait surface avec une pureté qui est un phénomène en soi », commente le docteur Pazder. Entre autres choses, Michelle aurait été enfermée nue dans une cage pleine de serpents, ou encore enterrée vivante dans une tombe ; elle aurait été témoin du massacre de plusieurs bébés et de fœtus humains, et elle aurait été forcée de commettre des actes sexuels d’une rare obscénité. Après chaque événement, un mécanisme de refoulement programmé par la secte serait entré en action, si bien que Michelle aurait continué une vie d’apparence normale et aurait tout oublié jusqu’à sa vingt-septième année (tandis que ses deux sœurs, elles, n’ont jamais rien remarqué). Michelle Remembers fut un immense succès de librairie, et fut largement responsable de la satanic panic des années 90. C’est le livre qui convainquit Ericka Ingram des pratiques sataniques de son père.

Certaines églises évangéliques américaines, obsédées par le démon, ont fait grand usage des souvenirs récupérés de SRA (Satanic Ritual Abuse). Plusieurs psychothérapeutes qui ont aidé des patients à produire des faux souvenirs de satanisme étaient des pasteurs évangéliques, ou pratiquaient dans un cadre religieux. Parmi la littérature chrétienne, on retiendra Dance With the Devil, un témoignage par Audrey Harper, une chrétienne born-again qui se « rappelle » avoir été plusieurs fois fécondée pour mettre au monde des bébés destinés à être consommés lors de rituels sataniques.

 

 

Souvenirs de vies passées … et futures

La vogue des régressions hypnotiques a produit d’autres phénomènes que des faux souvenirs d’inceste. Aux États-Unis, un vaste courant psychothérapeutique pratique les régressions dans les « vies antérieures ». L’Association of Past-Life Therapists (Association des thérapeutes de vies antérieures) compte plus de mille adhérents, mais les thérapeutes qui pratiquent occasionnellement les régressions dans les vies antérieures se comptent pas dizaines de milliers. Ces techniques de régression arriveraient, selon certaines sources, au troisième rang des thérapies alternatives [3].

La vogue a pénétré massivement en France dans les années quatre-vingt. Patrick Drouot, son importateur le plus connu, estime avoir fait effectuer des « retours » à environ 2 500 personnes, parmi lesquelles quelques célébrités comme Sheila, qui en tira un livre. Drouot aurait formé plus de 400 personnes à ce métier d’avenir. Bien entendu, il connaît ses propres vies antérieures. « À une époque où le temps existait hors du temps », il a volé sur un cheval ailé, à la rencontre de démons et autres êtres fantastiques. Il a parlé avec la déesse de la Lune à la peau bleu. Il a été aigle (« Comment vous faire part de ce sentiment de liberté que j’ai éprouvé quand le vent a caressé mes plumes ? »). Plus récemment, il y a 9 000 ans, il fut Rwhall, le valeureux guerrier [4]. Dans Nous sommes tous immortels, un livre qui s’est vendu à 350 000 exemplaires et lui a valu 60 000 lettres, il se présente sous les traits de la druidesse Govenka, expertes en cristaux magiques.

La version réincarnationniste des régressions mémorielles est un sous-produit de la vogue des psychothérapies dynamiques. Typique est le parcours du Dr Brian L. Weiss, psychiatre de Miami et auteur du livre à succès De nombreuses vies, de nombreux maîtres. Au départ, Weiss s’intéressait à l’utilisation de l’hypnose pour retrouver des souvenirs d’enfance refoulés. Une de ses patientes, Catherine, souffrait de diverses phobies : « Elle avait peur de l’eau, peur de s’étouffer en prenant des pilules, peur des avions, peur du noir, et enfin la mort l’épouvantait. » [5] Elle avait aussi des cauchemars. Le Dr Weiss tenta l’hypnose, dans l’espoir de déceler des souvenirs d’enfance refoulés qui pourraient expliquer ses troubles. Quelques épisodes traumatiques émergèrent dans un premier temps, mais sans effet thérapeutique notable. Il tenta donc de remonter plus loin dans la petite enfance. « Petit à petit, je ramenais donc Catherine à l’âge de deux ans, mais aucun souvenir significatif ne lui revint. Lorsque je lui ai ordonné, avec clarté et fermeté, de “retourner à l’époque où ses troubles avaient débuté”, j’étais bien loin de me douter de ce qui allait suivre. » En effet, Catherine visualise alors une scène qu’elle situe en 1863 av. J.-C. Puis défilent des « souvenirs » d’autres vies.

Enthousiaste, Weiss profite de l’occasion pour se renseigner sur ses propres vies antérieures : « Puisque Catherine avait reconnu sa nièce dans une vie antérieure, je ne pus résister à la tentation de lui demander si j’avais déjà fait partie de son entourage. J’étais curieux de connaître le rôle que je jouais dans ses souvenirs. » Docile, comme tout sujet sous hypnose, Catherine lui invente aussitôt un rôle : « Vous êtes mon professeur. Assis sur un rocher, vous commentez un livre. Vous êtes vieux et vous avez des cheveux gris. Vous portez une tunique blanche – une toge – à bande dorée. [...] Nous sommes en 1568 avant J.-C. » [6]

La « thérapie des vies antérieures » a donné naissance à un curieux développement, consistant à projeter les patients, non pas dans leurs vies passées, mais dans leurs vies futures. Le Dr Helen Wambach, pionnière de la réincarnothérapie dans les années 70, se livra dans les dernières années de sa carrière à quelque 2 730 « progressions » dans l’avenir, fascinée par le fait que tous les sujets « progressés« dans une vie future entre les années 2100 et 2300 rapportaient des visions similaires, d’ « un monde effrayant dévasté par un holocauste nucléaire et par la pollution, et vide de végétation », la moitié d’entre eux se retrouvant « dans des colonies spatiales en orbite autour de la terre  » [7]. Récemment, c’est Bruce Goldberg qui s’est spécialisé dans les « progressions », guérissant ses patients en décelant les causes futures de leurs présentes maladies. Depuis 1977, il « aide des patients à surmonter des habitudes, des phobies et d’autres séquences auto-destructrices qui ont commencé dans une vie future ». Dans son livre Past Lives, Future Lives, reconnaissant qu’il est plus difficile de faire « progresser » des patients que de les faire « régresser », il explique cela par le fait que nous avons tous été « programmés pour croire que le futur n’est pas encore arrivé ». Luttant contre ce préjugé, Goldberg parvient à projeter un jeune homme en 2542. Il est alors Zeku, fils d’un savant du nom de Lus-Lus qui avait pour mission de construire une ville sous la mer. Comme on s’en doute, à cette époque, des changements notables ont eu lieu dans les domaines des transports : selon Zeku, « on pouvait être téléportés d’un endroit à un autre, ce qui consistait à désassembler les molécules de votre corps et à les réassembler au centre de transfert de votre destination ». À l’occasion, Goldberg réussit le tour de force de changer le futur. Ainsi, un de ses patients, Pete, a commis en 2088 une erreur gravissime dans l’usine nucléaire où il travaillait alors, causant un véritable désastre écologique. Mais, grâce à cette « progression », non seulement Pete va mieux mais, lorsqu’il sera ingénieur nucléaire en 2088, il fera plus attention, « s’accordant à une fréquence différente » pour éviter la désastreuse boulette [8].

 

Souvenirs d’abductions extraterrestres

Cette visite guidée dans la foire grotesque des faux souvenirs n’est pas terminée. Il nous faut encore mentionner une dernière variante de cette vaste mouvance des psychothérapies régressives : les souvenirs de rapts extraterrestres.

De quoi s’agit-il ? De souvenirs, là encore. Et d’un phénomène bien plus proche des faux souvenirs d’inceste qu’il n’y paraît au premier abord. Des Américains par dizaines de milliers se sont rappelé, généralement lors d’un traitement par hypnose, avoir été « enlevés » (ou « kidnappés », ou « ravis », trois traductions possibles du mot anglais abducted) par des extraterrestres. Ils rapportent avoir été aspirés dans leurs engins spatiaux pour y subir des expériences bizarres, qui comportent généralement des manipulations chirurgicales ou sexuelles. Bien souvent, ces souvenirs font irruption sans qu’on puisse les mettre sur le compte d’une suggestion de la part du psy hypnotiseur, ou d’une croyance prédisposante du sujet hypnotisé. John Mack, professeur de psychiatrie à Harvard, est l’un des principaux vulgarisateurs de ce phénomène. Il raconte dans Dossier extraterrestre le cas typique d’une femme qui était allée consulter un thérapeute dans l’espoir de retrouver des souvenirs d’inceste ou d’abus sexuel. Après plusieurs séances d’hypnose, aucun souvenir de ce type n’était « remonté » [9]. Au lieu de cela, elle se rappela avoir été enlevée par des extraterrestres lorsqu’elle avait six ans. Le phénomène est donc en tous points similaire aux premières apparitions de souvenirs de vies antérieures, apparus sur les divans de psy qui cherchaient des souvenirs de traumatismes enfantins. D’ailleurs, John Mack croit tout aussi fermement en la vérité des « souvenirs récupérés sous hypnose » : il a lui-même retrouvé les souvenirs d’une de ses vies antérieures en Russie au XVIe siècle, au cours de laquelle son fils fut décapité par les Mongols [10].

Dans de nombreux cas de souvenirs de rapts extraterrestres s’ajoute toutefois une composante particulière, absente des souvenirs de vies antérieures : l’entrée en thérapie et l’émergence des souvenirs sont précédées de disjonctions étranges de la mémoire. Le scénario typique est le suivant : une personne, en train de conduire sa voiture ou de vaquer à une autre occupation, aperçoit soudain une soucoupe volante dans le ciel, ou bien un extraterrestre assis à ses côtés, ou encore entend un bruit assourdissant, tandis que le paysage se modifie mystérieusement. Après cela, elle ne se souvient plus de rien. Elle revient à la conscience plusieurs heures après (quelquefois, mais plus rarement, plusieurs jours après), à des kilomètres de l’endroit où elle a disjoncté, avec une amnésie totale de ce qui s’est passé entre-temps (phénomène du missing time). Il arrive même qu’elle ne se rende compte que plus tard qu’il y a un trou béant de plusieurs heures dans sa mémoire (par exemple, qu’elle a mis deux heures de trop pour rentrer chez elle). En outre, elle souffre de troubles psychologiques divers. C’est alors qu’elle fait appel à un psychothérapeute. Elle parvient alors, à l’aide de l’hypnose, à combler ce trou de mémoire : elle se « rappelle » son enlèvement par des extraterrestres.

Voici par exemple un cas rapporté en 1989 au Kansas. Deux femmes étaient en voiture lorsqu’elles aperçurent un OVNI, qui semblait stationnaire par rapport à elles, même lorsque la voiture tournait (elles notèrent que la Lune, en revanche, se déplaçait normalement dans leur champ de vision). Elles observèrent l’OVNI pendant une heure environ. Soudain, une boule de lumière descendit, en émettant un cône de lumière. Les deux femmes se parlèrent pour vérifier qu’elles voyaient la même chose. La seule chose dont elles se souviennent ensuite, c’est de s’être garées, très troublées et épuisées, réalisant qu’elles avaient mystérieusement « perdu » deux heures. Elles souffrirent ensuite d’insomnie, d’anxiété et d’irritabilité. Elles croyaient n’être pas sorties de leur voiture et n’avoir rien vu d’autre que l’OVNI, jusqu’à ce qu’elles se soumettent chacune à une régression hypnotique. Celle-ci fit émerger un scénario d’abduction avec au moins 40 corrélations directes entre leurs « souvenirs » respectifs. Elles avaient d’abord été contactées télépathiquement par deux êtres, qui les rassurèrent. Puis elles étaient sorties en flottant hors de leur voiture, en position assise, avant de se retrouver mystérieusement dans un vaisseau circulaire qui ne comportait pas de porte. Elles furent attachées et examinées.

Généralement, de tels « souvenirs » produisent un profond malaise, car les extraterrestres de ces « rencontres du quatrième type » sont pour le moins ambivalents. Sur la base des témoignages hypnotiques de ses patients abductees, John Mack, tout comme Budd Hopkins et David Jacobs, considère que « le phénomène des abductions est lié, d’une manière essentielle, à un programme de croisement génétique visant à produire des enfants hybrides aliens/humains » [11]. Beaucoup d’abductees ont vu, dans les vaisseaux spatiaux, des bocaux contenant des fœtus humains ou hybrides flottant dans du liquide. La plupart des abductees ont en même temps compris que le but de ces expérimentations est lié à l’échec de l’espèce humaine actuelle.

Il faut insister sur le fait que, dans la majorité des cas, les témoignages d’enlèvements par des extraterrestres ne sont que des « souvenirs » retrouvés après une période d’amnésie et que, dans 75 % des cas, ces « souvenirs » sont produits sous hypnose. Dans les 25 % de cas de souvenirs spontanés, ils sont très vagues et flous et ne comportent pas de scénarios complexes comme les souvenirs produits sous hypnose. Un abductee résume bien la chose :

« Pour la plupart d’entre nous, cela a commencé par les souvenirs. Bien que certains se rappelaient des bribes de leurs expériences, plus généralement il nous fallait aller les chercher là où elles étaient, enfouies dans une forme d’amnésie. Et quels sentiments ambivalents nous avons éprouvé en découvrant ces souvenirs ! Presque sans exception, nous avons été terrifiés en revivant ces événements, comme submergés par leur impact. Mais il y avait aussi de l’incrédulité. Cela ne peut pas être vrai. Je dois rêver, ça ne peut pas arriver. Alors commencèrent les alternances de doute et de certitude, tandis que nous essayions d’incorporer ces souvenirs dans le sens que nous avons de qui nous sommes et de ce que nous savons. »

Le postulat nécessaire pour expliquer les souvenirs d’abduction refoulés puis retrouvés est que les extraterrestres provoqueraient chez leurs cobayes une amnésie partielle de façon à leur faire oublier l’épisode. Mais une autre hypothèse mérite considération : celle selon laquelle les « souvenirs » seraient des « faux », des fabrications, des produits de l’hypnose. Pour nombre de cas, cette deuxième hypothèse est la seule possible, car des éléments essentiels du témoignage sont matériellement impossibles : par exemple, une personne se rappelle que des extraterrestres lui ont enfoncé des appareils dans le ventre, ou lui ont découpé le crâne, ou encore lui ont enlevé un œil pour le remplacer, mais les examens médicaux ultérieurs contredisent tout cela. Les comportements loufoques de ces extraterrestres sont, de plus, en décalage avec leur niveau technologique supposé ; les examens médicaux consistent le plus souvent à tâter et gratter la surface du corps, enfoncer des aiguilles et placer des implants (jamais détectés ensuite) à l’aide d’un long tube. Ajoutons que, lorsque les séances d’hypnose sont répétées, les « souvenirs » de l’enlèvement se complexifient indéfiniment et finissent généralement par se contredire.

Il faut enfin verser au dossier les explications saugrenues et souvent contradictoires que fournissent aux abductees les êtres étranges qui les kidnappent et les tripotent, et qui ont, selon les « souvenirs », des aspects divers (les spécialistes distinguent plusieurs types d’extraterrestres, parmi lesquels les « petits gris », petits avec une grosse tête, les « scandinaves », longilignes aux cheveux blonds, les « reptiliens », avec leur peau écaillée, et, plus rarement, les « gnomes » ou trolls, sortes de nains barbus ; on a vu également des extraterrestres poilus avec des pieds de boucs et, plus rarement encore, des sortes de bonhommes Michelin). La plupart ne font que répéter des clichés qui semblent tout droit sortis de mauvais livres [12].

Tous les problèmes qui rendent douteuse l’origine extraterrestre des entités apparaissant dans les « souvenirs » retrouvés d’abduction ne doivent pas nous masquer le fait que ces « souvenirs » présentent des aspects paranormaux, et que le mystère de leur nature véritable reste à élucider [13]. En premier lieu, le fait que les souvenirs présentent des thèmes récurrents, même chez les abductees n’ayant au préalable aucune culture ufologique, pose problème. La même remarque vaut pour les « souvenirs » de rituels sataniques ; c’est d’ailleurs cette forte impression de recoupements entre les « souvenirs » qui a convaincu beaucoup de gens de l’existence d’un réseau satanique pratiquant les rituels en question.

Il y a aussi le fait, déjà signalé, que les abductions sont souvent liées à des apparitions d’OVNI, parfois attestées par plusieurs témoins indépendants. C’est le cas, par exemple, dans la fameuse histoire du pont de Brooklyn, traitée par Budd Hopkins dans son livre Witnessed, traduit en français sous le titre Enlèvements extraterrestres. Les témoins parlent [14]. Plusieurs témoins, dont un diplomate et ses deux agents de sécurité, ont vu Linda Cortile sortir par la fenêtre d’un appartement au douzième étage, en flottant dans un rayon de lumière. Linda et ses kidnappeurs, décrits comme trois hommes de petite taille, furent soulevés dans une soucoupe volante orange, qui s’éloigna ensuite. La voiture du diplomate, ainsi que celle d’un autre témoin, s’étaient brusquement arrêtées lorsqu’était apparu l’OVNI.

Mentionnons encore un élément récurrent des abductions, le syndrome de l’embryon ou du fœtus manquant (Missing Embryo/Fetus Syndrome, ou ME/FS) : la femme abductée ressent, après son expérience, tous les symptômes de la grossesse. Cela peut la perturber considérablement, notamment si elle n’a pas eu de rapports sexuels pouvant expliquer une grossesse. Un test sanguin confirme la grossesse. Puis, soudain, dans un délai de moins de trois mois, la grossesse apparente disparaît, sans qu’il y ait de fausse couche. Ou bien, si la femme décide d’avoir un avortement, le médecin qui pratique l’avortement est ébahi de constater qu’il n’y a pas de fœtus. « Le Missing Fetus Syndrome est arrivé si souvent à des abductees qu’il est maintenant considéré comme l’un des effets les plus communs de l’expérience d’abduction », commente John Miller, médecin par ailleurs hostile à l’hypothèse extraterrestre.

 

MK-Ultra selon Alexandre Breton

Résumons. Nous avons mis en évidence trois phénomènes dans lesquels sont produits, par hypnose dite « régressive », de prétendus « souvenirs » : 1) d’abus traumatiques durant l’enfance ; 2) de vies antérieures ; 3) d’enlèvements par des extraterrestres. De nombreux points communs existent entre ces phénomènes. Un spécialiste a relevé quarante-quatre éléments parallèles entre les souvenirs d’abus sexuels et les souvenirs d’abduction (il en a déduit que ces derniers ne sont que des souvenirs d’abus sexuels déguisés).

Ces trois types de pseudo-souvenirs doivent être confrontés si l’on veut qu’une lumière puisse être apportée sur leur nature véritable. Je n’ai fait ici que jeter les bases d’une telle étude comparative. Il est évident qu’on est là à la frontière de la parapsychologie, un domaine qui relève de ce qu’on nommait, à l’époque où de grands savants s’y intéressaient, la métapsychique (psychical research pour les Anglais).

Mais je voudrais surtout insister maintenant sur une importante leçon pratique à tirer de ce dossier : le scepticisme s’impose lorsque des phénomènes de « souvenirs retrouvés » sont invoqués dans le dossier MK-Ultra, comme c’est le cas dans le livre d’Alexandre Lebreton, MK - Abus rituels et contrôle mental, un livre qui produit plus de confusion que d’éclaircissement par son manque de discernement.

Lebreton fait une grande place aux souvenirs d’abus sexuels retrouvés lors de séance de thérapie hypnotique. Il n’est pas troublé par le fait que, dans la plupart des cas de ce type, les « souvenirs retrouvés » vont s’élaborer au fil des séances. La patiente va d’abord se persuader qu’elle a vécu « des trucs incestueux », et après s’être documentée, finit par se souvenir de programmation Monarch. Ainsi Lebreton rapporte au sujet de Brice Taylor, traitée par la thérapeute Catherine Gould, « qui l’a beaucoup aidée. Ce sont d’abord les abus sexuels dans l’enfance qui sont remontés, puis les souvenirs d’abus rituels sataniques et enfin les mémoires concernant la programmation MK ».

 

 

Jamais Lebreton ne considère la possibilité que de tels « souvenirs » soient au contraire le produit d’un trouble de la personnalité, aggravé par des pratiques dangereuses d’hypnothérapies. N’est-ce pas pourtant une hypothèse à prendre en compte ? On admet facilement que certaines de ces patientes qui élaborent des scénarios complexes d’abus durant leur petite enfance ont réellement été abusées d’une manière plus classique, et qu’un traumatisme ait causé une fragilité. Parfois, le traumatisme ne se situe pas dans l’enfance. Ainsi en est-il de Claudia Mullen, mentionnée par Lebreton : j’apprends, en quelques clics, que ses « souvenirs » d’enfance sont « remontés » après que, ayant subi un viol à l’âge adulte, elle entra en thérapie en 1992 avec Valérie Wolf. Cette dernière estima qu’elle avait les symptômes du survivant d’inceste, la mit sous hypnose, et l’aida à produire les « souvenirs » souhaités. Dans certaines conditions, un traumatisme physique avec hospitalisation peut déclencher des troubles mentaux, qui vont s’aggraver en thérapie : « En 1985 et en 1987 Brice Taylor, écrit Lebreton, a eu deux graves accidents. Ce sont les chocs provoqués par ces accidents qui ont commencé à faire remonter les souvenirs de son passé… beaucoup de souvenirs. »

Loin de moi l’idée que tous les « souvenirs » produits sous hypnose s’expliquent facilement. Chaque cas est particulier, et certains sont extrêmement troublants, démontrant des facultés et des fragilités de l’âme humaine qui sont hors du commun. Mais ce qui frappe, c’est au contraire l’empressement des auteurs de littérature à succès à faire rentrer tous les cas dans un grand sac unique auquel ils attachent l’étiquette qui leur plaît – l’étiquette MK-Ultra dans le cas de Lebreton. Lebreton s’inscrit dans une école lancée par un livre paru en 1995, dont le titre français est L’Amérique en pleine transe-formation, et dont le sous-titre anglais est The true life story of a CIA mind control slave. Dans ce livre, Mark Phillips raconte comment il arracha Cathy O’Brien et sa fille d’un réseau gouvernemental qui avait fait d’elles des esclaves sexuelles. Sur la page Amazon du livre on lit que « C. O’Brien est une ancienne victime des expériences gouvernementales américaines de contrôle de l’esprit et a pu recouvrir ses "mémoires" grâce aux travail et soutien de son compagnon Mark Phillips. » Les « expériences gouvernementales » pratiquées sur Cathy depuis son plus jeune âge aurait fractionné son esprit en personnalités multiples, de sorte que, écrit-elle : « J’avais une personnalité pour la pornographie, une personnalité pour la bestialité, une personnalité pour l’inceste, une personnalité pour résister aux horribles abus psychologiques de ma mère, une personnalité pour la prostitution, et le reste de "moi" fonctionnait un peu "normalement" à l’école. » Cathy, donc, fonctionnait à peu près normalement à l’école, c’est pourquoi ni ses proches ni elle-même n’avaient rien remarqué. La manière dont Phillips aida Cathy à « récupérer » ses souvenirs est sans surprise :

« Mon plus grand défi était d’apprendre à contrôler l’état de transe constant de Cathy pendant qu’elle mettait ses souvenirs par écrit. [...] grâce à mes propres recherches intensives en hypnothérapie, j’ai appris à contrôler les états de transe de Cathy. Je considérais cela comme une façon de la déshypnotiser. J’en vins à être considéré par les médecins de santé mentale comme un "expert" dans l’application de cet outil clinique peu utilisé pour récupérer la mémoire. »

Phillips est souvent décrit comme « un familier de la CIA », mais rien n’étaye cette prétention, et son récit me fait l’impression d’un tissu d’affabulations de la part d’un personnage trouble, qui ne cache d’ailleurs pas ses fréquentations criminelles. Il me semble probable que c’est Phillips, et non la CIA, qui a fait de Cathy O’Brien son esclave par l’hypnose, dans un but à la fois narcissique et mercantile.

Le manque de recul critique de Lebreton par rapport à ce cas et tant d’autres provient en partie de sa conception de la mémoire humaine sur le modèle du disque dur d’ordinateur, programmable et compartimentable :

« Nous pouvons ainsi comprendre que l’esprit d’un individu est potentiellement programmable tel un ordinateur avec des fichiers et des codes d’accès. Ce phénomène de fracturation de la personnalité est la pierre angulaire des abus rituels car il "déverrouille" la psyché qui devient alors accessible pour y intégrer une programmation. »

Mais les limites de Lebreton viennent surtout du paradigme religieux qui domine sa vision du monde, et que résume bien cette phrase : « La puissance spirituelle ne peut venir que de deux sources : Jésus-Christ ou Satan… ». Mon expérience me dit qu’on ne peut attendre aucune rationalité sérieuse de la part de quelqu’un qui pense ainsi. C’est le problème que j’ai évoqué dans ma critique du film Out of Shadow [15]. Le paradigme de Lebreton, emprunté à un traditionalisme d’inspiration évangélique, détermine son regard sur les religions non chrétiennes. Son chapitre 2 est un bric-à-brac informe de clichés assimilant toutes les religions antiques au satanisme, « sans oublier le druidisme celtique », et la gnose, bien sûr, et ainsi de conclure que MK-Ultra n’a rien inventé. Ainsi, « le Livre des morts égyptien est un des premiers écrits faisant référence à l’utilisation de l’occultisme pour de la manipulation mentale ». Ou encore : « Le culte à Mystères d’Éleusis utilisait dans ses rituels une potion sacrée appelée Kukeon qui contenait de l’ergot de seigle et qui se rapprochait beaucoup du LSD actuel (puissant hallucinogène). » Et ce grotesque contresens : « Dans le texte Gnostique intitulé Gospel of Phillip (sic), il est mentionné que "Dieu est un mangeur d’homme. C’est pour cette raison que les hommes sont (sacrifiés) à lui". » Avec une telle méthode, on pourrait facilement démontrer que les chrétiens mangent des bébés. Comme tous les chrétiens arque-boutés sur « la parole de Dieu », Lebreton a intériorisé la jalousie du dieu des Juifs : « Le polythéisme des Mésopotamiens, des Sumériens, des Assyriens, des Perses et des Babyloniens était complètement lié aux entités démoniaques. » Il assimile tout ça à la « religion sans nom », autrement dit le satanisme. C’est en effet Satan qui gouverne le monde, par les Illuminati :

« Satan aurait donc un plan établi pour régner sur terre et il utiliserait certains humains (lui vouant un culte) comme catalyseurs pour mettre en place son projet terrestre, des humains passés par la contre-initiation, une inversion de la sanctification aboutissant à des pouvoirs et des connexions d’ordre surnaturel… Il est intéressant de noter ici que la franc-maçonnerie se réfère également à de mystérieuses entités d’une autre dimension qui inspirent (pour ne pas dire qu’elles dictent) ses propres actions pour la mise en place de l’Ordre mondial. / Les Illuminati, ou encore ceux qui composent "l’élite dirigeante" de la planète, semblent eux aussi avoir très vite compris l’avantage qu’ils pouvaient retirer de ces techniques pour dominer le monde. En fait, les Chrétiens auront reconnu que derrière ces techniques et ces tortures abominables, se cache la main de Satan, qui veut réduire l’humanité en esclavage, et se faire adorer comme Dieu, sous la forme de l’Antichrist (sic) annoncé par la Bible. »

Remarquons que, si Lebreton déteste toutes les religions sauf le christianisme, le judaïsme ne semble pas lui poser de problème. Il fait l’impasse sur les rituels juifs sataniques, qui ont pourtant fait l’objet de travaux historiques, notamment par Ariel Toaff dans The Bloody Satanic Sacrifice Rituals of the Jewish Race (lire cet article de Ron Unz). Rien non plus, évidemment, sur la circoncision au huitième jour, véritable rite traumatique.

Par un autre réflexe qui ne surprend pas, Lebreton projette son prisme satanique sur les nazis. Comme dans Out of Shadows, on a droit à l’amalgame entre Paperclip et MK-Ultra. L’ayant lu dans toutes ses sources, Lebreton est convaincu que MK-Ultra est peuplé de nazis, et ignore qu’à sa tête se trouvait un fils d’immigrants juifs hongrois (Sidney Gottlieb, Joseph Scheider de son vrai nom), et que parmi ses collaborateurs figuraient des gens comme John Gittinger, Harris Isbell, James Keehner, Lauretta Bender, Albert Kligman, Eugene Saenger, Chester Southam, Robert Lashbrook, Harold Abramson, Charles Geschickter et Ray Treichler – tous juifs [16]. Voici un échantillon des méthodes de raisonnement de Lebreton. Ils nous informe que les nazis mettaient du fluor dans l’eau des camps de concentration. « Les nazis n’utilisaient évidemment pas ce produit pour améliorer la santé dentaire de leurs prisonniers, bien sûr que non, cette médication massive des réserves d’eau en fluor servait à stériliser les prisonniers et à les abrutir pour s’assurer de leur docilité. » Lebreton ne réalise même pas qu’il se contredit avec la phrase qui suit immédiatement : « Le chimiste Charles Perkins fut un des premiers à dénoncer les effets nocifs de la fluoraison de l’eau potable dans un essai qu’il publia en 1952. »

Les arguments de Lebreton sont souvent de ce niveau, et rendent son livre inutilisable. Encore un exemple : dans son premier chapitre, portant sur l’Institut Tavistock, Lebreton se base sur des auteurs comme John Coleman et Jim Keith, adeptes des théories les plus délirantes. Il reprend au premier l’idée que le succès des Beatles est un complot Illuminati, ou que Jimmy Carter était un « candidat Mandchou » programmé par son psychiatre de Tavistock. Lorsqu’il cite (de seconde main) des savants impliqués dans la recherche sur la psyché humaine, Lebreton leur fait des procès d’intention, comme si toute recherche sur la manipulation mentale était ouvertement ou secrètement au service de la manipulation mentale. Par exemple, il cite William Sargant, qui explique les principes du lavage de cerveau dans The Battle for the Mind : A Physiology of Conversion and Brain-Washing (1957), en laissant entendre que ce professeur recommande ou expérimente le lavage de cerveaux, ce qui est totalement faux, comme il est facile de le vérifier. Avec de telles méthodes, on pourrait facilement « démontrer » que Lebreton fait lui aussi l’apologie de la manipulation mentale. Et d’ailleurs, il me semble bien que, comme toute la sous-culture américaine qu’il recycle, son livre a un côté manipulatoire et donc contreproductif par rapport à son objectif affiché. Certes, tout n’est pas à jeter dans ce livre, et il aurait pu faire une synthèse utile s’il était deux fois moins épais et se limitait aux informations puisées dans des sources crédibles.

Laurent Guyénot

 

Notes

[1] Mark Pendergrast, Victims of Memory, Harper Collins, 1996.

[2] Elizabeth Loftus et Ketcham, Katherine, Le Syndrome des faux souvenirs, Éditions Exergue, 1997.

[3] Érik Pigani, Psi. Enquête sur les phénomènes paranormaux, Presses du Châtelet, 1999.

[4] Cité par Djénane Kareh Tager dans L’Actualité Religieuse, n° 143, 15 avril 1996, p. 20.

[5] Brian L. Weiss, De nombreuses vies, de nombreux maîtres, J’ai lu, 2015, pp. 12-13.

[6] Weiss, De nombreuses vies, de nombreux maîtres, pp. 29-30.

[7] National Enquirer, mai 1982, cité dans Paul Edwards, Reincarnation : A Critical Examination, Prometheus Books, 1996, p. 90.

[8] Chet B. Snow, Mass Dreams of the Future, McGraw-Hill, 1993, pp. 92-96.

[9] John Mack, Dossier extraterrestres, Presses de la Cité, 1995.

[10] Reincarnation International, juillet 1994, cité dans Paul Edwards, Reincarnation : A Critical Examination, Prometheus Books, 1996.

[11] Sauf mention contraire, les informations qui suivent sont tirées de C.D.B. Bryan, Close Encounters of the Fourth Kind, Knopf, 1995, volumineux rapport journalistique d’un colloque américain organisé par la prestigieuse université de M.I.T. en 1992.

[12] Bien entendu, le fait qu’une partie au moins des « souvenirs » d’enlèvements par des extraterrestres ne soit pas matériellement crédible ne prouve pas que la vie extraterrestre n’existe pas, ni même que les extraterrestres ne soient pas parmi nous (d’une manière générale, la non-existence de quelque chose ne peut jamais être prouvée, qu’il s’agisse des extraterrestres, de la réincarnation ou des licornes, mais la charge de la preuve revient aux tenants de l’existence). Simplement, il faudrait trouver d’autres preuves. Les apparitions d’Ovnis ne font guère l’affaire, puisque rien ne prouve non plus qu’elles soient d’origine extraterrestre.

[13] Pour une analyse objective et documentée du phénomène, aucun auteur ne vaut Jacques Vallée. Lire par exemple : Autres dimensions, Robert Laffont, 1989, J’ai lu, 1991.

[14] Budd Hopkins, Enlèvements extraterrestres. Les témoins parlent, Rocher, 1998.

[15] https://www.egaliteetreconciliation...

[16] Larry Romanoff, “CIA Project MK-Ultra,” https://www.unz.com/lromanoff/cia-p...

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  • #2966526

    J’ai envie de poser la question de la gôche soixante-huitarde à Mr Guyenot

    « D’où parles tu camarade ? « 

    As tu au moins une formation de psychologie où de psychiatrie pour t’aventurer en de tels domaine
    et pour juger à bon escient sur ce terrain ? Il y a beaucoup beaucoup de souffrance tout de même derrière tout ça.
    On ne peut pas s’aventurer et juger ainsi de tout avec cette prétendue « science » imbue d’elle même.
    On voit où cette « science » aveugle nous mene dernièrement…
    Que vaut le serment d’hypocrate aujourd’hui ?

    Ce jugement péremptoire sur Mark Phillips me choque personnellement. Je cite : « son récit me fait l’impression d’un tissu d’affabulations de la part d’un personnage trouble, qui ne cache d’ailleurs pas ses fréquentations criminelles. Il me semble probable que c’est Phillips, et non la CIA, qui a fait de Cathy O’Brien son esclave par l’hypnose, dans un but à la fois narcissique et mercantile. »

    Jetter la suspicion sur son témoignage et l’aide qu’il a tenté d’apporter à Cathy O’brien comme il en témoigne
    me semble ici à la limite de la diffamation. Il n’est question ici en effet que d’une « l’impression" de l’auteur qui juge "probable que"... Mais d’où parles tu camarade ?

    Mais c’est vrai que j’ai lu par ailleurs sur un autre article d’E&R :
    « dans la droite ligne du langage orwellien, tout doit être inversé pour se retrouver à l’endroit.

    C’est pourquoi je pose la question :
    « D’où parles tu camarade ? « 

    Quel est donc cette prétention à juger ainsi à propos de tout de façon si arbitraire sans autre forme de procès... au nom d’une prétendue "science" ? Mais en disqualifiant systématiquement la dimension spirituelle de la vie et son mystère au profit d’une "rationalité" qui doit juger en disséquant sans fin les choses au final ces choses qui était vivantes et mystérieuses elles sont là, mortes gisant devant les yeux indiscrets du prétendu "scientifique". La vie meurt tout simplement ; au nom de quoi la vie doit -elle ce soumettre à ce diktat absolu de la "science" ?

    Tout cela participe de l’effondrement et de la confusion qui règne aujourd’hui.

    J’ai peur que à force de scepticisme Mr Guyenot soit progressivement passé de la « science » à un obscur scientisme... Placer sa foi athée en la science, certes (il faut bien qu’elle aille quelque part…) mais il oublie trop me semble t’il que
    « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

    Bien à vous.

     

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  • #2966928
    Le 29 mai à 18:47 par Laurent Guyénot
    La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

    Aux US, il y a deux sortes de "théoriciens du complot" : ceux qui prennent Cathy O’Brien au sérieux, et ceux qui prennent son histoire pour de la merde et ne la toucherait pas avec un bâton. David Icke fait partie de la première catégorie (logique, puisque Cathy a vu Georges H.W. Bush se transformer en alien reptilien). Tous les investigateurs que je respecte font partie de la seconde catégorie. Il n’y a pas un seul début d’indice que l’histoire d’O’Brien repose sur autre chose que des faux souvenirs implantés sous hypnose par Phillips. O’Brien n’a même pas de personnalité multiple : elle a seulement des "souvenirs retrouvés" de personnalités multiples.
    Trouvez-moi un seul investigateur américain sérieux sur MK-Ultra qui prend Cathy O’Brien au sérieux, et je reconsidérerai mon jugement.
    En attendant : check this out : https://www.youtube.com/watch?v=oH0...

     

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  • #2967261

    Bonjour M. Guyénot.

    Que pensez-vous du Pizzagate et de la pédocriminalité de certaines élites évoqués par A. Soral ?

    Car s’y on y croit, il y a tout de même des indices que le satanisme fait parti de la culture d’une frange de personnes haut-placées. Et que ces gamins maltraités, qui deviendront adulte un jour, ont des chances d’avoir des personnalités fracturées.

     

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    • #2967363

      Et encore...pour ceux qui ont la chance de devenir adulte...et que fait on des quelques 10000enfants disparus en France chaque année qu’on ne retrouve jamais et dont personne ne parle ? Que fais t’on des affaires Dutroux, Emile Louis ou encore Allégre ? Et l’affaire Outreau où les enfants ont été traité de menteur pour que finalement quelques années aprés, certains des accusés se sont à nouveau retrouvés mêlés a des affaires de pédophilie ? Mais finalement le simple fait que des non lieux prononcés par une justice ,qui n’en a que le nom, ou des articles de Libération font foi à vos yeux, cela en dit long.

       
    • #2967844
      Le 31 mai à 08:57 par Laurent Guyénot
      La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

      Quel rapport avec les « souvenirs retrouvés » sous hypnose ? Je peux croire à la pédophilie de réseau et à la perversité sans borne de certaines élites, sans croire aux souvenirs retrouvés de Cathy O’Brien, qui, à mon avis, sont à MK-Ultra ce que la Terre Plate est à Apollo.

       
  • #2967394

    Et je voudrai juste ajouter camarade, quelque chose en ce qui concerne le parti pris anti-chrétien de Lebreton dont vous l’accusez pour raison qu’il applique son propre paradigme. Ce qui fausse selon vous le « sérieux » de la rationalité déployée inéluctablement

    Vous êtes dans un rapport dialectique de pensée avec Lebreton et le principe Oriental exposé par l’analyse de la « guerre sans limite » exposé par Michel Drac dans sa fiche de lecture peut fournir une solution du présent dépassement dialectique dans le paradigme intra-Occidental qui vous oppose à Lebreton.

    Il est dans le déséquilibre infime toujours à réinventer du principe rationnel qui vous projette sans cesse en avant au sein de accroissement constant de la conscience, en sorte que mu par ce principe « ils ne craindront pas un cygne noir au milieu d’un vol de cygne blanc. Mais cela ne peut se faire que dans une synergie de la ratio avec les énergies incrées provenant de « la Source »

    Et là on reconnait ce que les byzantins (l’Orient chrétien) avaient compris expérimentalement (la Russie aujourd’hui) (distinction des énergies incrées et crées refusé par l’Occident. Et la possible synergie expérimentale de la conscience entre les deux.

    Ce que précisément l’Occident chrétien n’a pas pu saisir et qui a conduit au schisme Orient Occident et par la suite a prété le flanc à la critique cartésienne tout à fait légitime dès lors. Ce qui a conduit à l’émergence de « la science » et qui finalement aboutit à l’effondrement actuel avec cette utopie dystopique du transhumanisme Luciferien et cette tentative (MKUltra) d’appropriation du conscient dans une perspective de domination en dehors de la synergie avec l’incréé participable.

    Je vous renvoie donc la pensée de Grégoire de Nysse qui culmine dans « l’epectase » de la conscience dans le paradigme du christianisme Oriental au sein de cette synergie avec les énergies incrées. (Le fondement du christianisme)
    Le principe de la perfection humaine consciente est dynamique et s’inscrit dans cette synergie avec l’incrée (principe actif du dépassement)
    C’est à partir de cette synergie que l’on peut saisir correctement et comprendre ce qui se joue avec MKUltra.
    Lebreton est tout de même interessant. Mais simplement il lui manque la distinction des énergies crées et incrées.

    Bien à vous

     

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  • #2967680
    Le 30 mai à 23:59 par Friedrich
    La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

    D’abord je tiens à vous dire, M. Guyénot, que je suis de près tous vos écrits extrêmement éclairants/pertinents... jusqu’à celui-là à mon humble avis, où vous essayez de démêler comme d’habitude le vrai du faux mais où pour une fois je ne vous rejoins pas complètement.

    On touche ici, avec cet article et + largement ce thème de la frontière ténue entre le délire de l’imagination dit "conspi" et la + sombre des réalités associée aux messes noires que pratiqueraient nos "élites" mondiales, au nœud de la manipulation mentale : les comploteurs veulent persuadés les complotés que les décomploteurs (ou dénonciateurs du complot) sont des affabulateurs "complotistes"/fous.

    Or les réseaux pédocriminels satanistes/diaboliques - que Soral a eu le grand mérite et courage de dénoncer avec ceux + strictement politiques du judaïsme le + machiavélique (ce n’est pas à vous pour le coup que je vais apprendre que le "yahvisme" est une sorte d’isisme inversé et relève de ce que nous autres de culture/tradition chrétienne nous appelons "satanisme" ou "luciférisme" - même si ces vocables sont eux-mêmes problématisables !), qui se recoupent l’un et l’autre (cf. "les peintures noires" de Goya appréciées par un Branco) et valent justement à Soral qui leur tient tête tous ses problèmes - EXISTENT MOCHEMENT ET MALÉFIQUEMENT.

    Je vous rejoins sur le fait que le christianisme dogmatique (et en fait judaïsé/yahviste) de Lebreton affaiblit son travail autrement très louable de dénonciation de la pédocriminalité et du MK Ultra : pour moi il méconnaît, comme tous les "judéo-crétins", l’essence du christianisme originel (vaste sujet !)...

    La meilleure manière de discréditer la dénonciation du complot mondialo-sioniste (la domination des nations par Sion), c’est de la "caricacaturer" (d’où un David Icke avec ses illuminati reptiliens). Et pour discréditer la dénonciation de ces réseaux de l’horreur, il faut multiplier la création de "faux souvenirs" chez des esprits faibles manipulables à souhait, pour finalement rendre suspecte la parole des enfants victimes de ces satanistes, comme on discrédite la parole des femmes (Tron par ex.) en nous expliquant que la plaignante est folle... de celui qu’elle accuse injustement ! Chutzpah !

    Bref, vous avez raison d’être prudent concernant des témoignages parfois délirants, mais si l’enquête d’Élise Lucet/Pascale Justice a été censurée/effacée, c’est bien parce que ces femmes courageuses soulevaient un coin du voile immonde de notre monde.

     

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    • #2970080
      Le 4 juin à 06:23 par Friedrich
      La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

      Je me suis mal exprimé dans mon précédent message et vais essayer d’être + clair dans celui-ci.

      La technique employée par nos élites satanistes pour contrer la dénonciation (de + en + répandue) de la pédocriminalité de réseau sataniste est la même que pour contrer la dénonciation du complot mondialiste pour asservir l’humanité : plutôt que de s’inscrire en faux et de contester la véracité de ces témoignages de victimes problématiques pour les satanistes (cela d’autant + que la parole se libère grâce à internet), ces derniers multiplient les cas avérés de fausses victimes du satanisme (mais vraies personnes abusées psychologiquement) de façon à rendre sceptiques les tiers face à la sordide réalité du satanisme, lesquels peuvent dès lors se raccrocher à cette bouée de sauvetage pour ne pas sombrer et rester de bons collabos du système en continuant de le servir corps et âme (ils ne se transforment pas en sauveur des victimes contre leurs bourreaux mais se font les défenseurs de ces derniers en rembarrant le lanceur d’alerte comme un taré/illuminé/gogo "échappé d’internet" !), système à la tête duquel nous retrouvons précisément nos zélites pédocriminelles satanistes seules vraiment démentielles dans tout ce mic-mac !

      En clair, ce sont les satanistes qui sont derrière la multiplication des "faux souvenirs", entendre la multiplication des manipulations de personnes sincères, pour, une fois leur témoignage invalidé par des enquêtes sérieuses, rendre ainsi suspect tout témoignage dénonçant ces réseaux de pédocriminels satanistes.

      La pédocriminalité de réseau satanistes existe bel et bien, qui implique des représentants de l’élite mondiale qui nous dirige dans le mur depuis des décennies en Occident (cf. témoignage des enfants du juge Roche qui étaient venus témoigner au Théâtre de la Main d’Or, si je ne m’abuse, dès lors dénoncé par nos autorités collabo-sionistes en la personne de Valls comme un lieu où se tenait des meetings politiques), en tout cas les victimes de tels réseaux (cf. fichiers Zandvoort).

      Mais comment faire pour contrer les témoignages qui se généralisent ? "Quand il y a le feu, il faut créer un contre-feu", comme le savait l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua. Autrement dit en créant et multipliant de "faux souvenirs", c’est-à-dire en introduisant de tels "souvenirs fabriqués" dans la tête de gens manipulables et effectivement manipulés, de manière à blanchir nos vrais tarés d’illuminés adeptes des messes noires bien réelles.

       
    • #2970382
      Le 4 juin à 16:32 par Friedrich
      La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

      (suite et fin)
      L’un des grands mérites de Lebreton est d’essayer de porter à la connaissance du public cette funeste réalité, même s’il est en effet critiquable sur son parti pris idéologique (judéo-)chrétien (ou "judéo-crétin" + judaïste que le juif), peut-être son absence parfois de prudence sceptique ou sa méthodologie (même si pour d’autres la grille de lecture de "bon chrétien" sera un gage de vérité ou d’authenticité de Lebreton).

      Votre grand mérite est de donner les éléments factuels qui permettent d’identifier la matrice judaïque derrière et le satanisme d’une part et le MK-Ultra d’autre part, et de bien souligner (dans un de vos commentaires sous cet article) qu’il faut distinguer les esprits sérieux des fantaisistes parmi ceux que le système appelle – de manière sciemment confusionniste (pour semer expressément la confusion dans les esprits) – "théoriciens du complot" ou "complotistes/conspirationnistes" (nous avons deux réalités distinctes sous une même dénomination : des complotistes fantaisistes d’une part et des complotologues sérieux d’autre part, dont vous êtes, qui sont discrédités par association amalgameuse intellectuellement malhonnête avec les premiers, produits et mis en avant par le système).

      Pour cela on ne vous sera jamais assez reconnaissant, envers vous et maître Soral, bien sûr ! ☝️ ????????

      Je vous cite :



      Nous avons mis en évidence trois phénomènes dans lesquels sont produits, par hypnose dite « régressive », de prétendus « souvenirs » : 1) d’abus traumatiques durant l’enfance ; 2) de vies antérieures ; 3) d’enlèvements par des extraterrestres. De nombreux points communs existent entre ces phénomènes. Un spécialiste a relevé quarante-quatre éléments parallèles entre les souvenirs d’abus sexuels et les souvenirs d’abduction (il en a déduit que ces derniers ne sont que des souvenirs d’abus sexuels déguisés).



      Je pense que ce spécialiste (qui est-ce ?) dit vrai concernant les fausses abductions extra-terrestres, maintenant il faudrait savoir ce que l’on met sous l’étiquette "abus traumatiques durant l’enfance" : "simples viols" ou viols/abus perpétrés lors de messes noires ?

      Mon avis est que nos "élites" "satanistes" sont derrière et les faux souvenirs d’abus traumatiques infantiles (pour discréditer la dénonciation de ces réseaux), et les faux souvenirs d’abductions extra-terrestres (pour préparer les esprits à la super manip "Blue Beam").

      En vous souhaitant le meilleur.
      Bien cordialement. ????

       
  • #2967923

    Je dois avouer que j’aimerais beaucoup avoir la réaction d’Alain Soral à cet article qui, en bien des façons, remet en cause toute la thèse de la pedo criminalité satanique.

     

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  • #2967982

    Je viens de voir l’extraordinaire Web Journal de RadioQuebec (Je suis bluffé par Alexis Cossette-Trudel) intitulé "L’AGENDA DE DAVOS DANS UNE IMPASSE" où MK ultra au passage est remis dans le contexte général, un fantastique panorama d’ensemble qui nous montre toute la trajectoire des élites mondialistes... Les pièces du puzzles se mettent en place c’est très très impressionnant (et un peu terrifiant il faut bien le dire)

    Ceci dit cela ajoute de l’eau au moulin que j’ai essayé laborieusement de vous communiquer ci-dessus. Car précisement cette synergie des énergies incréées participable est ce qui "verticalise" l’esprit ce qui structure la personnalité de la personne et la rend forte intérieurement... Et c’est ce que veut "liquéfier" le système.

    Vraiment le partage des informations est puissant et l’interconnection des "bonnes volontés" me semble irresistible.

    Je ressens une grande gratitude envers vous tous qui faites un travail formidable à E&R, à Alain bien sûr, à Laurent à Lucien, je ne peux pas tous vous nommer...

    Force et honneur ! On sent vraiment que "quelque chose" est en train d’émerger en ce moment, c’est grand ! C’est vraiment... très très grand.

    Bien à vous tous

     

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    • #2968312
      Le 1er juin à 07:20 par Oliro
      La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

      Peut-être faut-il moins se poser la question "est-ce vrai ou est-ce faux ?" que "est-ce juste ?" (au sens musical du terme). "vrai" cède la place à "authentique" plus fécond et ouvert me semble t-il quand "vrai" ou "faux" est un point final. Peut-être peut-on contourner par là bien des difficultés.

       
    • #2968381

      C’est tellement juste ce que vous dîtes Oliron ; quelqu’un n’a t-il pas dit :" l’’hypnose est une thérapie musicale." ?

       
    • #2968946

      En illustration de ceci le très pertinent Slobodan Despot : grande élégance de la pensée à la fois brillant et acéré et le tout très sereinement : (il me rappelle le style de Djokovic pour le tennis)
      https://youtu.be/yjuok5RlGp4

       
  • #2969330

    Cher Laurent
    Pour compléter ce que j’ai essayé de vous dire concernant la distinction fondamentale des énergies incrées participables Je voudrai attirer votre attention sur une page internet . Je ne connaissais pas l’oeuvre de Jean Romanides mais je me reconnais pleinement dans ce texte je n’y trouve aucune erreur et je m’y sens comme « à la maison ».

    Même les commentaires sont très bon, notamment le dernier intervenant qui répond (en anglais) très bien à l’objection sur le fiiioque d’un « latin ». Le filioque est un problème moins crucial que la distinction entre essence et énergie et le rejet de l’essence comme totalement inadéquat.

    Cette distinction absolument fondamentale est implicite dans toute la patristique Grecque c’est LA division radicale entre L’Eglise d’Orient et L’Eglise romaine. Elle a été clairement explicité à partir du moment où il a fallu défendre la foi chrétienne, selon l’Orient. (G. Palamas)

    Vous trouverez dans ce texte des éléments qui vous seront très utiles je pense.

    http://www.contrelitterature.com/ta...

    Bien évidemment il y a l’oeuvre de W Lossky « Théologie mystique de l’Eglise d’Orient » qui est un pur chef d’oeuvre.

    Bien à vous

     

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    • #2969594

      " Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés mais attendus.
      Car l’homme ne peut pas les trouver par ses propres forces,
      Et s’il se met à leur recherche, il trouvera à la place des faux biens
      dont il ne saura pas discerner la fausseté"

      Simone Weil (1909-1943)

       
  • #2970140

    @Laurent Guyenot,

    J’aurais des centaines de questions à vous poser mais j’en retiendrai juste 4 (après avoir lu l’article et vos commentaires) :
    - Le lobby américain qui a fait la promotion des "faux souvenirs" existe-t-il selon vous et est-il organisé ou est-ce une affabulation des rescapés MK ?
    - Le témoignage du témoin X Régina Louf est-il un faux souvenir selon vous ?
    - Le témoignage d’un autre témoin X parlant des parties de chasse (les mêmes qu’évoquées par Cathy OB) sont elles des faux souvenirs implantés ?
    - Outreau c’était aussi des faux souvenirs ? (C’est la thèse de Dupont Moretti)...

    Je suis assez perturbé par votre article (jamais je n’aurais cru pouvoir lire sur E&R une thèse poussant à la décrédibilisation grossière des témoignages de rescapés de ces abus rituels).
    Si j’ai bien compris : Cathy O Brien a affabulé, Mark Philips l’a hypnotisée pour inventer tout ce qu’elle a raconté, les enfants du film d’Elise Lucet ont dessiné des scènes de torture par suggestion hypnotique et quand ils chialent c’est aussi parce qu’on leur a fait peur par hypnose, ... ?!?

     

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  • #2970654

    J’ai eu l’occasion dans le temps de me rendre au Bénin pour étudier l’animisme sur place. (Le Bénin ancien Congo Belge est le coeur géographique de cette tradition liée aux sorciers vs guérisseurs)

    A Parakou j’ai rencontré un professeur qui avait fait ses études en France (science po) et était retourné au Bénin pour oeuvrer autant qu’il le pouvait au développement de son pays.

    Il m’a raconté la chose suivante : « Ma plus grande difficulté c’est que nous n’avons rien ici, pas même des cahiers ou des crayons. Ce qui fait que lorsqu’un élève obtient un peu de matériel nécessaire pour l’étude, les autres élèves lui jettent immédiatement un sort. Tous les élèves pratiquent la sorcellerie et les rituels d’envoutement. Ce qui fait que tous les élèves sont tous perturbés angoissés et malades les uns après les autres tous font des cauchemars terribles pratiquement toutes les nuits. Parce que chacun obtient un avantage sur l’autre, chacun à son tour, l’un après l’autre… Et la violence est terrible même si ça ne se voit pas. C’est le principal problème ici pour moi ; les choses n’avancent pas »

    Je me permets donc de recommander à l’auteur de cet article d’être prudent. Il a avoué lui même (cf plus haut) qu’il ne connaissait pas le sens des inscriptions en tête d’article sur la vignette graphique. S’il n’a pas le charisme de discernement des esprits, je doute qu’il puisse s’aventurer en ces domaines sans danger pour lui et pour les autres qu’il induit en erreur. (même avec la meilleure volonté du monde). Voyez par exemple le conseil de Gamaliel (qui avait reçu le charisme de discernement des esprits ) maître de saint Paul, héritier d’Hillel, à ses pairs , lors de la comparution des apôtres devant le sanhédrin : Actes 5 ; 35-39.

     

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    • #2970924

      (Suite) Je me suis également rendu en Chine pour rencontrer les moines taoïstes, en Inde aux sources du Gange auprès des ascètes de l’hindouisme, au Népal dans les monastères Boudhistes, au Mont Athos haut-lieu de l’hésychasme chrétien (même si malheureusement l’UE les accable avec un tombereau de ressources financières. Certes les monastères sont magnifiques et « flambant neufs » en vue du tourisme spirituel mais tout cela est bien destructeur et toxique concernant l’effort ascétique et la prière des moines) et en Palestine aussi.

      Si je vous dis cela en préambule ce n’est en aucun cas pour me vanter. Mais comme le dit souvent Alain Soral pour dire qu’il peut parler à bon escient, il dit souvent « j’ai fait le boulot » et c’est donc à l’aune de son exemple que je me décide à oser dire certaine chose, à l’occasion de cet article qui peut « perturber » ou « troubler » même si en aucune manière l’auteur n’avait cette intention. Je ne désire pas vous dire quoi penser, mais vous ouvrir des perspectives pour que vous puissiez par vous même regarder les choses selon un point de vue un peu plus clair qui vous permette de vous faire votre propre idée de façon sereine.

      Je me sens en mesure de vous offrir cette vue d’ensemble parce que j’ ai vécu expérimentalement en ces lieux au contact direct des différentes traditions. Je ne l’ai pas seulement lu dans les livres de Guenon ou autre même si j’ai lu aussi les livres.

      Je désire aider autant que je le peux Laurent, dans ses recherches sincères et vous aussi, en partageant un peu de mon expérience autant qu’il m’est possible de le faire. Et aussi plus secrètement à l’intime — il me faut le dire aussi même si je préférerai me taire— pour plaire à Dieu, comme son humble serviteur, pour Mon Seigneur et Mon Roi que j’aimerai pouvoir aimer au delà de moi même, et de tout moi même Lui qui a dit par la bouche de Jean « l’apôtre qu’Il aimait » : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » ou encore « sans Moi vous ne pouvez rien faire ». Mais il a dit aussi « il ne convient pas à une lampe de rester sous le boisseau ». Aussi je me risque à le faire sachant qu’ayant reçu beaucoup je dois pouvoir dire un jour « Seigneur tu m’as remis deux talents, voici j’en ai gagné deux autres… » et qu’il me dise à moi aussi « entre dans la Joie de ton maître »…

      Je ne ferai aucun prosélytisme bien au contraire. Parce que je sais que Dieu a horreur des mélanges. Tout au contraire chaque tradition est ...

       
    • #2971874

      … inscrite dans le paradigme suivant (amha)

      D’où provient la définition de votre être conscient ? Êtes vous défini à vos propres yeux (à priori)

      - Par l’extérieur ?
      C’est à dire in fine par le « pouvoir » temporel qui organise les « sociétés »
      (n° de sec.sociale, communauté scientifique, groupe d’appartenance, un groupe de gens « sérieux » etc…)
      Dans ce cas vous vous définissez vous même comme un être social : un « animal politique »
      Comme disait Aristote dans sa conception de l’homme

      - Par l’intérieur ?
      (Perception effective des racines internes de votre conscience)
      C’est le point de vue traditionnel qui engage une thérapeutique spirituelle empirique
      (Une pratique qui constitue la, « liaison » (cordon ombilical) à, une Source d’où provient tout ce qui existe)
      Et qui vise une conformité de l’être humain non à une forme sociale, mais à l’Univers lui même.

      En d’autre terme êtes vous un « individu » ou une « personne » ?

      Pour approfondir cette question voir Jean Zizioulas Du personnage à la personne
      In « L’être ecclésial « Labor fides -p.23

      Lié à cette problématique également :
      Les 2 vidéos de Gonzalo Lira sur « epistimistic vicousness »

      Êtes vous enfermé de fait dans une « bulle de conscience » ?

      A vous de voir…

       
    • #2972229
      Le 8 juin à 08:16 par Afrikaan
      La fabrique des faux souvenirs et le dossier MK-Ultra

      Le Benin ancien Congo Belge .. ???

       
    • #2972401

      Merci de me corriger @Afrikaan. je voulais désigner le royaume ancien du Dahomey. A une époque ancienne précoloniale il avait une extension (sauf erreur) qui ne recoupe pas les frontières politiques actuelles.

       
    • #2972483

      @ Afrikaan ; erratum : ancien Dahomey.

       
    • #2972790

      - Plus précisément : il faut distinguer pour situer un « berceau de tradition » civilisationnel entre langue véhiculaire et langue vernaculaire. C’est le langage ici et non les frontières politiques que je désignais. En l’occurence la langue fon ou fon-gbe (famille des langues nigéro-congolaise)
      - Le mot « vaudou » est distinct de « animisme » animisme est relatif au origines purement africaines. Alors que « vaudou » est relatif à l’animisme africain amené au Antilles et Haiti qui s’est « mélé » à des éléments du rituel Catholique. Ne pas confondre animisme et vaudou
      - Dans toute cette file de commentaires à propos de cet article, j’ai posé des petits « cailloux blancs » comme le petit Poucet qui rassemblés vous permettront d’obtenir « une perspective abyssale » sur vous même, à condition que vous partiez en « recherche » (à la manière du « stalker » de Andrei Tarkovski. (Cf son film chef-d’oeuvre « Stalker »)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Stalk...)

      Sur ce je m’efface sur la pointe des pieds…

       
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