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Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

Un démontage en règle de la rhétorique de ce VRP du transhumanisme

On peut penser ce qu’on veut de Laurent Alexandre, il n’est jamais décevant. En même temps un chirurgien urologue, diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA, spécialisé dans les questions de transhumanisme et d’intelligence artificielle avec une mise en marché façon guerre hybride à mi-chemin entre Jancovici pour le côté rationnel implacable et Attali pour le côté prophète de l’Apocalypse, il faut avouer que ça en jette.

 

Comme Jancovici démonte les illusions sur l’éolien du dernier des gauchistes écolo pour te vendre du nucléaire AREVA en oubliant comme par magie d’évoquer les solutions du nucléaire propre, il semble que le bon docteur Alexandre a quelque chose à nous vendre lui aussi.

Alors que vend Laurent Alexandre, et surtout à qui le vend-il ? Pour essayer de comprendre, petit dialogue a posteriori et analyse du discours tenu par Mr. 2.0 lors de sa récente interview sur Radio Sputnik à propos de son dernier livre La guerre des intelligences. Accrochez-vous, c’est du costaud.

 

 

« L’Europe n’a ni la puissance technologique des États-Unis et de la Chine, ni la vision géopolitique qu’a Poutine en Russie, […] elle n’a pas compris que l’intelligence artificielle est une guerre, l’Europe est devenue très bisounours, elle pense qu’elle est en paix pour les 1 000 prochaines années. Or ce n’est pas le cas. […] Le monde de demain sera un monde dur, et l’Europe n’est pas toujours armée ni technologiquement, ni militairement, ni psychologiquement pour comprendre le monde qui vient. »

Certes. Ceci a au moins le mérite d’être lucide. Mais toute personne un tant soit peu sensée a tout de suite sur le bout des lèvres une question relativement simple : pourquoi ?

La réponse ne sera pas donnée par Laurent Alexandre. Déjà parce que son interlocuteur ne la lui posera pas. Par contre ce qui est posé c’est le décor. Avec un champ sémantique fort, sans grandes nuances et sans appel.

Donc l’Europe, ça ne marche pas. En tout cas sur le sujet de l’IA. Quelle solution alors ? Moins d’Europe ou plus d’Europe ?

L’animateur de Radio Sputnik :

« Nous risquons donc, nous autres européens, de subir ? »

C’est généralement ce qui arrive lorsque l’on a aucune souveraineté, en effet...

Laurent Alexandre :

« L’école est importante, on voit bien que l’intelligence artificielle va, non pas dépasser l’intelligence humaine, dans tous les domaines, mais va faire mieux que nous à un nombre croissant de tâches. Gérer une comptabilité, conduire un avion, conduire une voiture, conduire un camion… on pourrait multiplier les exemples, dépister un cancer etc.. Dans toutes ces tâches-là, l’intelligence artificielle va être 10 fois, puis 1 000 fois puis 1 million, puis 1 milliard de fois plus rapide que les meilleurs esprits humains. »

On a envie de lui répondre que ce sont déjà des tâches de singes savants, de robots, de machines quoi. On ne parle pas d’inventer la philosophie, de peindre le plafond de la Chapelle Sixtine, ou même d’essayer de faire le bien autour de soi. Si demain des machines exécutent bien mieux que nous tout un tas de tâches mécaniques, après tout pourquoi pas ? Surtout si on peut alors se consacrer à quelque chose de plus intéressant par exemple. Et puis, après tout, ce sont bien les travailleurs d’aujourd’hui qui construisent les machines appelées à les remplacer demain. Donc pourquoi pas en retirer eux aussi les bénéfices et se la couler douce une fois que les machines feront tout mieux que nous à notre place ?

En tout cas Laurent Alexandre est tranquille, lui, il n’est pas prêt d’être remplacé. Il est encore beaucoup trop intelligent.

« Même une intelligence artificielle qui ne sait pas qu’elle existe peut diagnostiquer un cancer mieux que le meilleur cancérologue du monde. »

Alors là, nous nous inscrivons en faux, Laurent. Parce que c’est une question très importante et on ne peut pas te laisser asséner de telles affirmations péremptoires.

Question de paradigme. Forcément si on part du principe qu’un cancer est un symptôme complètement technico-mystique et qu’il faut détecter tout un tas de facteurs subtils pour savoir si on a le malheur d’être atteint par cette punition aveugle, si ce n’est relevant carrément de la loterie, alors là oui, fatalement, un robot finira par faire mieux. Par définition, oui, les machines arriveront un jour à faire mieux que nous tous les trucs stupides qu’on a été capables d’inventer. Et puis elles le font déjà. Enfin elle le fait déjà, elle est développée par IBM et elle s’appelle Watson. Elle gagne aussi au Jeopardy !, fait du conseil financier et juridique et, tant qu’à faire, se présente même aux présidentielles.

 

 

Au moins les Américains sont honnêtes. Même une machine peut tenir un rôle de marionnette comme celui de Président des État-Unis.

Mais revenons à la médecine. Si l’on considère que l’important n’est pas tant de diagnostiquer un cancer, mais plutôt de le guérir, et pour ça de le comprendre, on peut raisonnablement et rapidement s’avouer que ce ne sont pas des mecs qui n’y comprennent toujours rien qui vont programmer des machines qui y comprendront quelque chose. Logique. Au mieux elles feront les mêmes conneries… mais plus vite. Au moins on gagne du temps. Et le temps c’est de l’argent.

Pour programmer des machines capables d’appréhender le réel mieux que nous, déjà faudrait-il commencer par appréhender correctement l’étude du réel nous-même.

Et comme par définition ce ne seront jamais, a minima des philosophes, et encore moins des saints dévoués au bien de leur prochain, qui écriront des algorithmes, on est en droit de se demander quel pourra bien être le réel niveau d’« humanité » des intelligences en question.

« Les gens malins, les gens innovants, les gens intelligents auront demain encore plus de boulot et gagneront plus d’argent qu’aujourd’hui. Les gens moins doués, moins innovants… vont être dans une situation plus délicate parce que l’intelligence artificielle pourrait effectivement faire mieux que ce qu’ils font aujourd’hui… »

Rassure-toi, Laurent, leur situation est déjà assez délicate à vrai dire. D’ailleurs c’est peu ou prou le discours que devaient tenir certains sur les paysans à l’époque de la révolution industrielle et tu vois, Laurent, on a bien fini par en faire quelque chose de ces cons, enfin ces « gens moins doués » : esclaves dans les usines, chair à canon dans les guerres, consommateurs de bien matériels… on finit toujours par leur trouver une activité. Enfin, tant qu’on a effectivement besoin d’êtres humains à vrai dire. Parce qu’effectivement, le gros problème avec l’IA va être de savoir quoi faire de tous ces pauvres qui ne serviront plus à rien. Mais Watson doit savoir.

« Nous risquons d’avoir […] des dieux et des inutiles. »

Ce que veut dire Laurent : des inutiles à servir les dieux. Mine de rien ça va loin quand même. C’est fort comme discours. Un peu grossier mais pas innocent : des dieux et des inutiles. C’est l’un ou l’autre. Aucune alternative. Franchement c’est difficile de choisir...

 

 

« Un monde où une petite aristocratie de l’intelligence gouverne un monde avec, euh, des hordes de naufragés du numériques, abandonnés, n’arrivant pas à suivre l’évolution technologique et finalement réduits au revenu universel. »

N’arrivant pas à suivre l’évolution technologique, vraiment ? Un peu comme l’Europe tu veux dire ? Et est-ce que, comme l’Europe, cela ne serait pas parce que rien n’est fait pour qu’ils y arrivent justement ? Ou plutôt que tout serait fait pour être sûr et certain qu’ils n’y arrivent pas, disons-le ?

On peut comprendre que, dans la vision de Laurent, le revenu universel pour ces hordes de zombies que doivent représenter, d’après la loi de Pareto, 80 % de la population, cela soit vraiment l’horreur. Aujourd’hui ils peuvent encore serrer des boulons, conduire des camions ou même vendre des sex toys, mais demain ? Imaginez qu’il n’y ait vraiment plus de boulot ! Que du temps à tuer à lire des livres par exemple ?! Ou même faire des études comme Laurent Alexandre ?! Vous imaginez un peu l’enfer ?!

« Pouvoir changer l’ADN de nos enfants c’est quelque chose de bouleversant oui […] il est probable, pas forcément en Europe mais en Asie, en Chine, dans des pays comme la Corée mais aussi en Californie, que des parents souhaiterons manipuler l’ADN de leur enfant pour que leur enfant soit plus intelligent, mieux armé dans la guerre des intelligences avec l’intelligence artificielle. Je pense que l’eugénisme est devant nous. Je crois qu’il va être très très difficile d’empêcher les parents de 2050 de fabriquer des bébés plus intelligents. Parce que les parents vont être persuadés que si leurs enfants ne sont pas très doués ils n’auront pas leur place dans une société où l’intelligence artificielle sera omniprésente. »

Traduction : comme on ne va pas non plus empêcher les dieux de fabriquer des intelligences artificielles capables de leur torcher le cul mieux que vous, les futurs bons à rien, il va falloir faire un petit effort pour vous mettre au niveau. D’abord le dumping par les migrants, puis par l’IA. Et après ? L’euthanasie pour les surnuméraires ?

Pourquoi ne pas éduquer les enfants correctement déjà ? Parce que ça, on sait plus ou moins faire. On sait qu’il y a des choses qui rendent plus intelligents…et d’autres pas vraiment. Qui seraient les plus intelligents entre des enfants « normaux » mais bien éduqués (comme ceux des dirigeants des GAFA, au hasard) et des enfants éduqués à l’école publique française de 2050 mais avec un ADN de compétition ? Être augmentés, pourquoi pas, après tout ? Mais si c’est uniquement pour concurrencer des IA championnes d’échecs dans des tâches inhumaines, ça sent un peu l’arnaque.

« On passe d’un petit homme enchaîné à l’évolution, balloté par son ADN, à un homme qui conquiert le cosmos, qui modifie son cerveau, qui augmente son QI, qui fabrique des bébés à la carte… »

Sauf qu’à vrai dire, si l’homme a commencé, timidement, à conquérir le cosmos et tout le reste, c’est précisément le résultat de cet enchaînement à l’évolution et au ballotement de son ADN. Pas mal quand même l’évolution naturelle ! Mais ça c’est fini, trop aléatoire. Et l’incertitude fait baisser les cours, c’est bien connu. Maintenant que la dialectique de l’Histoire a permis l’émergence de la Silicon Valley, on peut enfin en finir avec toutes ces conneries. Et on ne sait pas vous, mais savoir qu’il existe enfin des mecs assez intelligents pour mettre un peu d’ordre dans cette connerie de nature toute mal fichue, on trouve cela tout de même super rassurant.

« Et vous avez vu le projet d’Elon Musk […] avec sa nouvelle société Neuralink, qui est destinée à mettre des microprocesseurs dans le cerveau de nos enfants pour augmenter leur QI et leur mémoire ? »

Quand on y réfléchit, c’est vrai qu’il n’y aura que des cerveaux augmentés pour réussir à lire en écriture inclusive.

 

 

« Oui, l’idéologie transhumaniste est une vraie religion, qui pense que Dieu n’existe pas encore, que Dieu va arriver. Dieu, c’est l’homme, augmenté par les technologies NBIC (nanotechnologie, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) et par l’intelligence artificielle. C’est un changement radical par rapport aux religions traditionnelles. Dieu n’est plus ce qui nous a créé. Dieu c’est nous demain, qui va avoir un pouvoir illimité sur l’univers. »

Pierre Hillard peut stopper ses recherches sur les prophètes du messianisme : on est tombé sur le meilleur en cliquant sur cette vidéo.

 

 

« L’intelligence est un tabou. Le fait que l’intelligence est à la source de tous les pouvoirs est un tabou. »

On connaît deux ou trois autres tabous, nous. Et ça ne concerne pas toujours l’intelligence.

« On fait comme si, les gens qui ont le pouvoir, économique, technologique, scientifique, financier n’étaient pas les gens les plus intelligents dans une société. »

Ahahahah, allez, mieux vaut en rire. Dans une société où la valeur fondatrice, structurelle, transcendante, serait l’intelligence on ne dit pas. Sauf que ce n’est pas dans cette société qu’on vit, Laurent. Enfin, sauf à considérer qu’une société fondée sur le fait que certains profitent, et de droit, des bénéfices du travail des autres soit une société où les gagnants sont par définition les plus intelligents.

C’est sûr que vendre des pantalons à une jambe, cela demande une certaine intelligence, mais c’est pas non plus Van Gogh, Weininger ou Turing. C’est un tout autre niveau que la plupart des mecs qui jonglent avec des milliards à la bourse. Et pourtant on a pas vraiment l’impression que les trois premiers aient eu le pouvoir dans la société pour autant. Pas assez intelligents les mecs. Alors qu’avec un bon implant Google, Van Gogh aurait arrêté ses conneries de gribouillis invendables pour vendre des homards en plastique à pendre à Versailles.

 

 

« Si Mélenchon est le patron des Insoumis c’est pas parce qu’il colle les affiches mieux que les autres, c’est parce que c’est le plus intelligent des Insoumis. »

Et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle, c’est vrai.

 

 

C’est un bon ce Laurent quand même. En effet, si Mélenchon est le patron des Insoumis c’est parce que c’est le meilleur. Le meilleur à jouer ce rôle. Ou plus prosaïquement et sans complotisme aucun… parce que c’est lui qui a créé le parti...

Le plus intelligent des Insoumis, il y a longtemps qu’il a dû quitter le radeau en toute logique. Si c’est le plus intelligent.

« Si Poutine a pris le pouvoir en Russie, c’est parce qu’il est plus intelligent que les autres hommes politiques à la sortie du communisme. »

Là on a envie de lui donner raison. Mais on se demande si cette grille de lecture infaillible fonctionnera aussi bien avec Hitler quand Laurent Alexandre ira vendre son bouquin sur France Culture chez son ami Attali aussi intelligent que lui.

« Cette prime à l’intelligence elle va devenir de plus en plus problématique dans le futur, parce qu’avec l’intelligence artificielle, les emplois qu’on destinait traditionnellement aux gens moins doués risquent de disparaître. »

Euh… ouais, OK. Comme les rempailleurs de chaises ou les bouilleurs de cru tu veux dire ? Ou comme les diésélistes ? Ou les réparateurs d’ordinateurs même ? Si le Capital a besoin de ces bras, ou a minima de ces « cerveaux », même lents, il leur trouvera de quoi faire au besoin, comme il a toujours réussi à le faire. C’est structurel. Les vraies questions étant plutôt : y aura-t-il encore besoin de bras ? Y aura-t-il encore besoin de cerveaux ? Et, in fine, y aura-t-il encore besoin d’êtres humains ? Et là, on est dans le dur. Ce que Laurent nous raconte en filigrane, c’est qu’à l’ère des robots et de l’IA, le Capital n’aura peut-être carrément plus besoin du prolétariat. Du tout. Ce qui est également structurel. Juste l’étape suivante.

Étant donné que l’idée, dans un système dirigé par l’argent, et dans l’immédiat, c’est de faire en sorte que le futur sans-emploi puisse quand même former son remplaçant au rabais avant de prendre la porte (ça s’appelle le beurre et l’argent du beurre), on peut tout à fait imaginer que, plutôt que de dire, toujours d’après Pareto, à 80 % de la population qu’elle ne va même plus être bonne à torcher le cul des 20 % restant pour espérer récolter les miettes du gâteau planétaire, il est plus intéressant à tous points de vue de lui expliquer qu’il existe une solution, et qu’il suffit de rester plus intelligents que les machines en question. Sans doute parce qu’il faudra bien déjà qu’il reste quelques humains plus intelligents tout de même pour perfectionner les machines qui permettront un jour, enfin, de complètement se passer d’humains. CQFD. Sans doute également que la solution ne sera pas gratuite. Et vu comme les gens ont l’air d’être stupides d’après Laurent Alexandre, ça va être un sacré business. On espère pour lui qu’il est déjà sur le coup.

« Et comme l’école n’évolue pas suffisamment vite, nous risquons effectivement d’avoir un apartheid intellectuel entre des gens doués qui maîtrisent bien l’intelligence artificielle, et puis des gens paumés, perdus, naufragés dans la nouvelle économie. »

C’est beau. C’est presque de la poésie. Et puis les mots sont forts. Et ça fait peur. Ça doit s’inscrire dans nos cerveaux obsolètes et bien nous faire profondément comprendre que c’est la puce ou le plus inimaginable des enfers.

La prose de Laurent Alexandre c’est un peu comme un retable du bas Moyen Âge de 3 mètres sur 5 dans le maître-autel d’une cathédrale qui nous aurait exposé l’enfer avec tout le génie et la technique picturale possibles pour nous expliquer la rédemption ou la damnation éternelle. Mais en moins beau et avec moins de boulot.

« Le tabou va cesser. Parce qu’au fur et à mesure que l’intelligence artificielle se développe il va bien falloir parler d’intelligence. Puisqu’il va bien falloir défendre les spécificités de l’intelligence humaine pour éviter que nous soyons submergés par l’intelligence artificielle. »

Pour sauver notre spécificité humaine face à l’inévitable concurrence des robots et de l’IA, il suffit de devenir nous-mêmes des robots plus intelligents. C’est simple. Et ça confirme bien ce qu’on avait déjà compris. Et c’est pratique en plus, parce que contrairement aux humains qu’il a toujours plus ou moins fallu essayer de ménager, que devient un robot une fois sa tâche remplie et son temps achevé ? Ça finit à la poubelle. C’est bien connu de toute manière, le meilleur moyen de ne pas perdre une guerre, c’est d’utiliser les outils que l’ennemi met à notre disposition.

Mais on doit être de mauvaise foi. Laurent Alexandre ne parle sans doute que de ce que l’IA ne pourra jamais espérer dépasser : l’intelligence des riches.

« Nous allons passer en quelques décennies d’un tabou de l’intelligence, et de sa mesure par le QI, à une obsession de l’intelligence. »

Pour Laurent, qui a quand même fait des études, il n’y a visiblement qu’une seule et unique forme d’intelligence : celle qui se quantifie. Avec le QI. Et puis on aime bien ce qui se quantifie. C’est plus facile à vendre, acheter, vendre acheter… Un peu comme le carbone. C’est pas que ça pollue vraiment en soi mais c’est bien quantifiable pour ce qui concerne les rejets d’origine humaine par contre. Donc ça se taxe bien. Et pour la lutte contre les réels polluants on repassera. De toute façon si ça nous brûle le cerveau on pourra toujours se le faire changer par Google.

On se demande quand même ce que seraient devenus tous les artistes géniaux avec des QI pas forcément terribles mais on ne le fera pas. Parce qu’on s’en fout. Parce que ça ne rapporte pas de fric. Donc c’est de la merde. Enfin pire que de la merde parce que la merde ça peut éventuellement rapporter du fric. Enfin si on est intelligent, justement.

 

 

« C’est indicible de dire aux gens qui n’ont pas beaucoup d’argent et qui ont un métier pas terrible que c’est parce qu’ils ne sont pas très intelligents. »

C’est vrai, c’est indicible. Mais Laurent Alexandre le dit. C’est grossier, assez puant, mais ça remplit parfaitement son but : ça rentre. Parce que le docteur Alexandre semble n’avoir qu’un seul but, nous laver le cerveau pour y inscrire un nouveau programme ensuite. Visiblement il a du potasser un peu la psychiatrie entre deux cours d’urologie.

« Les gens préfèrent penser que c’est l’absence de chance, que c’est un complot politique, que c’est la faute à la mondialisation. »

Tout ça n’existe pas, c’est juste que c’est impossible à comprendre sans le QI de Laurent Alexandre ou une intelligence artificielle. Et puis au passage on lance le mot « complot », auquel on associe deux concepts qui n’existent que dans des esprits malades. C’est vrai que naître fils ou fille de en Occident ou être enfant de quasi-esclaves au fin fond du tiers-monde ça ne change rien. Tout est question de QI on vous dit. C’est pour ça que le cinéma français est exclusivement tenu par des enfants de quasi-esclaves du tiers-monde d’ailleurs...

La mondialisation et la chance n’y changent rien ; et penser cela, c’est penser « complot ». Il est super fort, on vous avait prévenu. On dirait presque du Attali.

 

 

« Le drame de l’éducation c’est que l’éducation est une merveilleuse technologie qui marche très très bien sur les QI élevés, moyennement bien sur les QI moyens et l’éducation est une technologie qui marche très très médiocrement sur les QI médiocres. »

Donc l’éducation ne sert à rien, l’école on oublie c’est bon que sur ceux qui sont déjà intelligents à la base (et on rappelle que ça n’est pas de la chance !). La solution est à chercher ailleurs. Et on parie qu’elle a une forme de puce électronique.

« Autrement dit, les gens les plus impactés par l’arrivée de l’intelligence artificielle sont aussi ceux qui apprennent le moins vite et sont aussi ceux qui vont avoir le plus de mal à se réformer. »

Il faut savoir se réformer, purée ! Bougez-vous le cul, trouvez un stage ! C’est quoi votre projet au juste ?

 

 

Le problème de ces satanés pygmées, soyons honnêtes, c’est juste leur incapacité crasse à se réformer. Pas la mondialisation.

« Cette profonde injustice, cette double injustice pour les gens moins doués intellectuellement d’être les premiers à être laminés par l’intelligence artificielle et en même temps les gens qui ont le plus de mal à apprendre, à se former, elle va être terrible. »

Ça se précise. C’est pas une histoire de chance, c’est pas une histoire de mondialisation. Encore moins une histoire d’argent on l’imagine. Non, c’est une histoire de justice. Et c’est au nom de la justice qu’il va falloir se laisser ouvrir le cerveau. Qu’on va tous vouloir se faire ouvrir le cerveau même ! Parce qu’en France on a peut-être des cerveaux pas terribles, mais on a au moins la justice.

« On en parle jamais mais c’est une évidence. Quand vous êtes polytechnicien, ce que vous apprenez en 1/2h , un cantonnier ne l’apprendra pas en cinq ans. C’est dégueulasse, c’est injuste, c’est pas politiquement correct mais c’est comme ça. »

Ce n’est pas tout à fait ça. On en parle quand un pouvoir a intérêt à former des polytechniciens plutôt que des cantonniers justement. Par contre une fois que les polytechniciens ont pris toutes les places à prendre, c’est sûr qu’on en parle moins. Parce qu’alors on a plutôt besoin de cantonniers. Pour faire les trucs fatigants.

« Vous prenez un problème qu’un polytechnicien n’a jamais vu, vous lui donnez, en 1/2h il a tout pigé. Vous donnez la même chose à apprendre à un cantonnier, vous revenez dans cinq ans, il aura toujours pas appris. »

En attendant on vous déconseille de confier votre potager à des polytechniciens. Ni à Laurent Alexandre d’ailleurs. Enfin si vous voulez espérer manger quelque chose. Même dans cinq ans. On remarquera aussi la différence de traitement entre le polytechnicien et le cantonnier. Le polytechnicien on lui donne des problèmes à résoudre. Le cantonnier la même chose, mais à apprendre. Comme à un enfant. Si ce n’est pas révélateur de l’arnaque des gens comme Laurent Alexandre. Même quand ils essayent de mettre un pauvre et un riche sur un pied d’égalité dans un exemple ils n’y arrivent pas, il faut qu’ils trichent. En même temps c’est comme ça qu’on gagne en général.

On rappellera juste cette délicieuse anecdote de Clemenceau disant à Deschanel : « Si je vous ai choisi (pour être Président), c’est que vous êtes le plus bête ! ». Et Deschanel de répondre : « Je ne suis pas le plus bête, je suis polytechnicien ! ».

Tout est dit.

« Il faut qu’on cesse de se voiler la face, notamment parce qu’il faut qu’on réfléchisse et qu’on essaye de trouver des technologies pédagogiques, des technologies éducatives qui permettent de réduire les écarts intellectuels. Qui permettent à des gens initialement pas très doués de progresser intellectuellement. […] les études ont montré, notamment l’étude PPP aux États-Unis, ont montré que les gens qui avaient un QI médiocre (l’étude PPP a été faite sur des gens qui avaient 85 de QI) malgré des efforts importants, un coaching individuel, une éducation personnalisé, des efforts très importants faits par ces enfants et bien au bout de quelques années d’efforts importants leur QI n’a pas bougé. Alors que si vous faites un coaching personnalisé sur un gamin initialement doué, il va beaucoup beaucoup progresser. Plus on est intelligent, plus on apprend vite. Plus on est intelligent, et plus l’école marche, et vous fait progresser vite. On a là une injustice qu’il faut régler. Il faut absolument qu’on fasse des travaux scientifiques, des travaux pédagogiques, pour trouver des technologies qui permettent d’aider les gens pas très intelligents à devenir plus doués, à mieux comprendre le monde […] »

Et oui, c’est sûr, plutôt que de commencer par ne pas déglinguer toutes les méthodes éducatives éprouvées les unes après les autres, et accessoirement essayer d’apprendre aux enfants du vrai plutôt que du faux, il faut une solution technologique. Priorité absolue. C’est grâce aux solutions technologiques qu’on comprend mieux le monde. Surtout quand la solution technologique en question te dit quoi penser du monde d’ailleurs.

Mais au-delà de ça, avouons tout de suite que l’école c’était bien quand ça servait à former de bons futurs employés. Le jour où ça ne forme plus les employés dont on aurait besoin, il faut savoir tourner la page. L’école gratuite et obligatoire parce que formatrice de créateurs de richesse à qui extorquer de la plus-value c’est terminé. C’était une étape du processus. La suite c’est quoi faire de ceux qui ont servi à fabriquer les robots et les IA appelés à la remplacer ? La guerre mondiale ? Ben non, ça casserait les robots et il faudrait tout recommencer. On a qu’à leur mettre des ordinateurs direct dans la tête. Comme ça ils seront peut-être capables de fabriquer de meilleurs robots et de plus performantes IA encore. Et quand ils ne serviront vraiment, mais alors vraiment plus à rien, voire même qu’ils commenceront à se poser des question sur tout ça (ben oui, avec leur nouvelles intelligences), on pourra peut-être, qui sait, leur griller directement le cerveau à distance grâce à ces fameux ordinateurs. Par exemple.

Et puis admettons la réalité, tout cela est injuste, alors il faut tous se faire implanter des trucs dans la caboche pour devenir plus intelligents... Mais que va-t-il se passer ? Est-ce que ça ne va pas rendre les gens initialement plus intelligents toujours plus intelligents que les gens initialement moins intelligents ? Je veux dire, si leurs capacités sont augmentées d’autant, c’est logique, non ? Et cela, ça ne serait pas toujours injuste ? Enfin sauf si les puces cérébrales servent à rendre super intelligent mais insensible à la justice, qui sait… Ou alors peut-être que comme l’intelligence sera quantifiable il faudra une loi pour obliger tout le monde à avoir la même intelligence. Enfin sauf les riches bien entendu.

 

 

Franck Lepage n’aime pas Alain Soral, mais ça ne nous empêche pas, nous, d’être honnête et de reconnaître qu’il a raison lorsqu’il dit quelque chose de vrai. Même si pour ce qui est de la culture des bacheliers d’aujourd’hui par rapport aux ingénieurs d’hier, il oublie que ce n’est pas seulement avec de la culture qu’on fait voler des avions, et que c’est bien ça le problème de nos ingénieurs aujourd’hui...

« […] sinon nous allons vers une situation moralement dégueulasse, très injuste, et une situation révolutionnaire. »

Justement, ça tombe bien, avec les implants dans le citron les polytechniciens parviendront peut-être enfin à désactiver le gène de la révolution.

« L’écart entre les gens doués et les gens moins doués dans une société de l’Intelligence Artificielle va être insupportable. »

C’est quoi le pire ? Un monde où l’écart entre les gens doués et les moins doués est insupportable ou un monde où il n’y a plus d’écarts mais plus de gens non plus ?

« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons pas besoin de gens pas très doués. Jusqu’à présent il y a toujours eu plein de petits boulots pour les gens pas très malins. Mais à l’ère de l’IA et des robots, il n’y a plus besoin de gens pas très malins au 35h. »

C’est vrai qu’à l’époque de Cro-Magnon il devait y avoir plein de petits boulots pour les gens pas très malins. Comme technicien de surface rupestre ou télévendeur en peaux animales.

« Quand des robots ayant le QI de Bill Gates et travaillant 24h/24 arriveront, entre 2040 et 2060, vous imaginez bien que les gens pas très doués aux 35h ils vont être dans un grand grand grand grand souci si on ne les aide pas à monter l’ascenseur intellectuel. »

Il faudrait être sûr que des robots avec le QI de Bill Gates aient vraiment envie de travailler 24h/24. Après tout, si ils avaient le QI de Bill Gates, pourquoi ils n’essayeraient pas de s’en servir pour, au hasard… faire comme Bill Gates ? On ne veut pas forcément dire tenter d’éradiquer les Africains en leur injectant de la mort aux rats hein, mais a minima créer eux aussi des boîtes pour dominer un marché ou même pourquoi pas tout simplement se la couler douce ?

 

 

« Les gens qui ne seront pas transhumantes vont disparaître, vont devenir minoritaires. Pour deux raisons. La première c’est que comme ils ne voudront pas utiliser les technologies NBIC pour vivre plus longtemps, ils vont être moins nombreux, mécaniquement. Si vous avez d’un côté des transhumanistes qui vivent 1 000 ou 2 000 ans, et de l’autre des bio-conservateurs qui meurent à 80 ans, les transhumanistes vont êtres majoritaires, mécaniquement au bout d’un certain temps. Et d’autre part les transhumanistes vont être les premiers à accepter les technologies d’augmentation cérébrale, et donc ils vont être plus intelligents que les bio-conservateurs, et donc ils vont prendre le pouvoir. »

Dans « bio-conservateur » il y a trois trucs cons : bio, con, et conservateur. Pour bien nous faire comprendre que ce n’est vraiment pas la bonne attitude à adopter pour le futur.

La question qu’on se pose quand même : est-ce qu’un idiot de bio-conservateur finira par être plus con qu’un macroniste du futur avec une puce pour augmenter des capacités dont il faudrait déjà qu’elles existent ?

Puis vient la question des «  intellectuels qui refusent de voir le monde qui vient »... qui nous permet de revenir sur l’intéressante question des philosophes, vous savez, ceux qui réfléchissent avec leur cerveau humain mais qui ne savent pas programmer des IA... D’après Laurent Alexandre, à part Luc Ferry, Cynthia Fleury et Pascal Pic, trois intellectuels de haute volée quand même, les philosophes seraient des vestiges d’une autre époque, sans boîte mail et sans smartphone, et par définition il ne pourraient comprendre quoi que ce soit à ce qui vient. De toute façon plus besoin de philosophes quand on aura tous Google directement dans le cerveau.

 

On en a assez entendu de toute manière. Concluons. Au-delà de ce que dit réellement Laurent Alexandre, à qui parle-t-il, surtout ?

Parce que si on vous rappelle qu’il parle à tout le monde, il ne parle pas pour autant à n’importe qui ! Pas aux gens condamnés à se faire implanter des breloques entre les oreilles pour survivre en tout cas, parce qu’on ne peut pas dire qu’il soit très sympa avec eux, ni qu’il leur fasse très envie. Mais alors à qui ? Peut-être à ceux qui voient le peuple comme lui, et en pensent peu ou prou la même chose : ceux qui ont le pouvoir, le fric ou sont appelés à avoir l’un, l’autre ou pourquoi pas les deux. Ce qu’on appelle poétiquement les « décideurs ».

Comme dans les séminaires de la Banque Cantonale de Genève. Dans les séminaires des courtiers du Groupement Assistance Courtage Partenaire. Pour les conférences du laboratoire Innothera, les master class de La Tribune TV et bien évidemment à l’université d’été du MEDEF. Enfin ça c’est uniquement pour ses interventions du mois de septembre 2017. Et encore on en oublie. Laurent Alexandre est partout, à tel point qu’on se demande si il n’est pas déjà augmenté.

Et c’est là qu’on comprend que Laurent Alexandre est peut-être tout simplement... un lobbyiste. Un lobbyiste du transhumanisme auprès de ceux qui prennent les décisions (pour les autres). Qui l’écouteront parce qu’ils le perçoivent comme l’un des leurs et parce qu’il les comprend et qu’il sait ce qu’ils veulent entendre.

Comme quand il s’exprime au Sénat et qu’il explique à nos chers élus de la République que si les Français ne se mettent pas au niveau des Américains et des Chinois, d’ici 2080 on sera devenu le Zimbabwe de l’IA. Laurent Alexandre alerte une certaine caste de gestionnaires de l’appareil technocratique : il faut que l’UE se mette à niveau question IA. Car l’extinction de l’humanité est un marché à ne pas manquer.

 

Allez une dernière pour la route quand même :

« Nous ne pouvons pas accepter qu’une aristocratie de l’intelligence ait tous les pouvoirs et abandonne à son sort des millions et des millions et des millions de gens moins doués. »

Traduire : nous ne pouvons pas accepter que d’autres le fassent à notre place. Mon Dieu ! Si seulement Laurent Alexandre et ceux qui il s’adresse pouvaient être moins « humanistes » et acceptaient de nous abandonner à notre sort ! Quelque chose nous dit qu’on s’en sortirait bien mieux sans eux.

Échapper aux manipulations de Laurent Alexandre
avec Kontre Kulture :

Pour tout savoir du transhumanisme, voir sur E&R :

 
 






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  • #1844670
    Le 21 novembre à 17:41 par Pastounak
    Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

    "Transformer la vie ! Ceux qui parlent ainsi en ont peut-être vu de toutes les couleurs,
    mais la vie, ils n’ont jamais su ce que c’était, ils n’en ont jamais senti le souffle, l’âme.
    L’existence pour eux, c’est une poignée de matière brute qui n’a pas été ennoblie par leur contact
    et qui attend d’être travaillée par eux. Mais la vie n’est pas une matière ni un matériau.
    La vie, si vous voulez le savoir, n’a pas besoin de nous pour se renouveler et se refaçonner sans cesse,
    pour se refaire et se transformer éternellement.
    Elle est à cent lieues au-dessus de toutes les théories obtuses que vous et moi pouvons faire à son sujet".
    Le Docteur Jivago, de Boris Pasternak.

     

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  • #1844816

    Excellent !

     

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  • #1844824
    Le 21 novembre à 20:01 par Macron Bartoa
    Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

    J’aime bien l’aspect utopique où l’on préservera avec un salaire universel, les soit-disant retardataires ! Un virus, une catastrophe, une guerre, un vaccin seront malheureusement plus probable et moins coûteux, vu que nous sommes trop nombreux sur ce caillou. Dire que se sont les manuels qui auront aidés les intellectuels à nous éradiquer. Je plains mes enfants...monde de merde où nous aurions pu juste limiter les naissances afin de vivre tous en harmonie car en chacun d’entre-nous, il y a du talent encore faut-il ne pas se focaliser que, sur un domaine pour en faire une norme.

     

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  • #1844931
    Le 21 novembre à 22:06 par Boris Zéro
    Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

    Sans ironie l’être humain n’a aucune idée de ce qu’est l’intelligence. Nous confondons l’objectivité et l’intelligence. L’intelligence est à l’œuvre lorsque nous ne la limitons pas. L’humilité permet de débloquer l’intelligence en soi. En aucun cas le discours de cet homme est intelligent. D’ailleurs dans l’absolu personne ne peut être intelligent. Si l’intelligence est intelligente elle ne peut être possédée. Elle est la liberté même. Ce monde illusoire récompense justement les moins doués. C’est exactement l’inverse de ce qu’il explique. Lorsqu’un enfant n’est pas doué pour trouver facilement son équilibre à vélo on lui rajoute des roues sur les côtés. L’argent c’est exactement ça. La véritable intelligence conduit hors du monde.

     

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    • #1846459

      Bien vu Boris, pour citer Guénon :
      "la mentalité occidentale, tournée à peu près exclusivement vers les choses sensibles, fait une confusion constante entre concevoir et imaginer, à tel point que ce qui n’est susceptible d’aucune représentation sensible lui paraît véritablement impensable par là même ... c’est là, évidemment, tout le contraire de la pensée pure ; dans ces conditions, il ne saurait y avoir d’intellectualité au sens vrai de ce mot, ni, par conséquent, de métaphysique possible."

       
    • #1846462

      Bien vu Boris, pour citer Guénon :
      "la mentalité occidentale, tournée à peu près exclusivement vers les choses sensibles, fait une confusion constante entre concevoir et imaginer, à tel point que ce qui n’est susceptible d’aucune représentation sensible lui paraît véritablement impensable par là même ... c’est là, évidemment, tout le contraire de la pensée pure ; dans ces conditions, il ne saurait y avoir d’intellectualité au sens vrai de ce mot, ni, par conséquent, de métaphysique possible."

       
  • #1844998
    Le 21 novembre à 23:20 par Edouard
    Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

    J’ai lu son livre et il est très intéressant. A la fin ca détonne un peu dans des élucubrations mais il faut savoir que ce tranhumanisme est déjà là, que la Chine travaille sur un eugénisme par sélection des meilleures intelligences et que la société d’Elon Musk a pour objectif de faire communiquer le cerveau humain avec des micros processeurs.
    On est donc plein dedans et le transhumanisme est bien en route.
    Je vois 2 énormes inconvénients à cela.
    Le premier que l’auteur ne partage pas complètement même s’il le laisse entendre, à savoir que les emplois vont diminuer en nombre. On le voit bien avec les voitures sans conducteur, les caissières qui disparaissent dans les magasins, les entrepôts tout automatises, les systèmes d’information de plus en plus poussés qui détruisent le travail des comptables et des contrôleurs financiers, les prothésistes dentaires, etc…
    Le deuxième est que le monde sera encore plus inégalitaire avec une élite qui aura l’argent de faire le choix d’un eugénisme intellectuel et qui aura les moyens de s’augmenter et la multitudes des autres qui vivront au revenu universel.

     

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  • #1845307
    Le 22 novembre à 10:31 par eric mierti
    Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

    En gros, il part du postulat que l’intelligence serait uniforme... celle du polytechnicien ? Bon...

     

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  • #1845315
    Le 22 novembre à 10:39 par anonyme
    Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

    Alex est très impressionné, il est assis dans un triangle formé par un chinois qui veut faire de ses compatriotes les cellules d’un seul cerveau ; par un américain qui veut se dématérialiser (patience ça va venir...) et par un autre bipède qui veut vivre 2000 ans. Ceci, grâce à des surmachines duement programmées à cet effet (là, il va falloir faire un choix entre les items des 3 illuminés) De plus alex veut intégrer le ’’Hasard’’, ce qui est juste impossible dans une programmation (encore un choix). On peut tout imaginer, ça ne coûte rien, mais dans une organisation achevée du monde, tout ce qui est agit en dehors des lois universelles est une soustraction. Regarde autour de toi alex et fais un bilan objectif de ce que ’’l’intelligence’’ du bipède a engendré depuis les origines à part dévaster ses semblables et son biotope.

     

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  • #1845382
    Le 22 novembre à 12:05 par Gerard.bonnaud
    Laurent Alexandre a-t-il besoin d’un cerveau artificiel ?

    Pas sur que ce monsieur sache vraiment de quoi il parle
    Il s’inscrit en faux sur la supériorité de l’IA pour le traitement du cancer ?
    Connaît il le problème des thérapies ciblées basées sur des mutations génétiques détectées par des plateformes de séquencage ADN de plus en plus complexes et dont le nombre ne permettra pas longtemps à des cerveaux humains seuls d’analyser un si grand nombre de donnees pour diriger des thérapeutiques efficaces et extrêmement coûteuses ? Sait il que l’IA est déjà beaucoup plus performante qu’un radiologue pour détecter les nodules pulmonaires qu’un ophtalmo pour analyser une rétine et qu’un orthodontiste pour redresser des dents que les robots chirurgicaux sont prochainement capables d’opérer sans chirurgiens
    Nous sommes à l’aube d’une révolution médicale dont le monde medical n’a pas l’idée precise
    Les GAFA l’ont toutes s’intéresse à la santé et au neurosciences par hasard ?

     

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  • #1845501

    Salut,
    Ce type est un agent du système et un délirant convaincu des idioties qu’il déblatère.

     

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  • #1845667

    "Dieu, c’est nous qui va.." !?

    Voilà qui résume bien la grande intelligence du Docteur Alexandre.

    Charlatan va ! mdr

     

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