Mein Kampf réédité en 2016

Un "appareil critique" protégera les lecteurs de toute contamination antisémite

Publié le : jeudi 15 octobre 2015
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L’éditeur Fayard, qui compte publier une réédition critique du livre d’Adolf Hitler en France, devrait fournir plus de détails concernant la sortie de l’ouvrage en janvier prochain.

La maison d’édition française Fayard publiera en 2016 l’ouvrage manifeste d’Adolf Hitler, Mein Kampf (Mon combat), accompagné de commentaires critiques de chercheurs, a annoncé Fayard dans un communiqué.

« Les éditions Fayard entendent mener à bien comme prévu la publication de Mein Kampf (…). La publication de ce livre central dans l’histoire du XXe siècle sera accompagnée d’un appareil critique, établi par un comité scientifique d’historiens français et étrangers », a indiqué Fayard dans un communiqué.

La nouvelle traduction française du livre, initialement paru en allemand en 1925, a été réalisée par le germaniste de renom Olivier Mannoni.

En janvier prochain, Fayard communiquera plus de détails « sur le dispositif scientifique et académique encadrant cette publication, les partenaires associés à cette entreprise ainsi que sur l’institution destinataire des éventuels bénéfices », lit-on dans le communiqué.

Fayard a envisagé dès 2011 de rééditer Mein Kampf en français dès qu’il tombera dans le domaine public. Le propriétaire actuel des droits du livre est le Land de Bavière.

Il s’agit de la troisième réédition de Mein Kampf en France depuis 1934 et de sa deuxième réédition par Fayard qui a publié en 1938 une version validée par Adolf Hitler et intitulée Ma doctrine (plutôt que Mon combat). Les deux livres sont toujours disponibles en France, précédés d’un court avertissement, et sur Internet, sans aucun appareil critique.

Selon la maison d’édition les Nouvelles éditions latines (NEL), qui a publié la première traduction française de Mein Kampf en 1934, près de 700 exemplaires de ce livre par an sont vendus dans l’Hexagone. L’institut spécialisé GfK estime, quant à lui, qu’environ 2.500 exemplaires de Mein Kampf sont vendus chaque année en France.

L’Institut d’histoire contemporaine de Munich a aussi l’intention de publier une édition critique de Mein Kampf en 2016. Ce sera la première édition en allemand depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le livre demeure pour l’instant interdit de commercialisation en Allemagne, aux Pays-Bas et en Russie, car il contient l’idéologie raciste, antisémite et belliqueuse du nazisme. Toutefois, sa commercialisation est autorisée en France, à condition de l’accompagner d’un avertissement et de ne pas l’exposer dans la vitrine d’une librairie ou d’un commerce.

Pendant ce temps, Alain Soral et Kontre Kulture ne semblent pas jouir des mêmes libertés que les éditions Fayard :

Le Salut par les Juifs interdit par la LICRA

... quand c’est Alain Soral qui l’édite !
L’avocat d’Alain Soral évoque le procès fait par la LICRA à son client pour avoir republié Le Salut par les Juifs de Léon Bloy. Une censure rétrospective dénoncée de la droite à la gauche par les connaisseurs de la littérature, la "censure pour antisémitisme" ayant été ordonnée le 13 novembre 2013. Une censure partielle, puis totale, qui ouvre un champ incroyable « d’interventions » sur le patrimoine (...)

Sur plainte du CRIF, le parquet lance une procédure au pénal contre les éditions Kontre Kulture

Sur plainte du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le parquet vient de lancer une nouvelle procédure, cette fois au tribunal pénal, contre les éditions Kontre Kulture. En cause, les cinq ouvrages déjà attaqués par la LICRA, parmi lesquels le dictionnaire de Paul-Éric Blanrue, Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme. Paul-Éric Blanrue comparaissait (...)

Justice d’exception pour les éditions Kontre Kulture !

Le juge des référés de Bobigny a condamné ce mercredi 13 novembre 2013 Alain Soral et les éditions Kontre Kulture à retirer de la vente un livre et à en censurer quatre autres. Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme de Paul-Eric Blanrue est donc totalement interdit à la vente, alors que quatre ouvrages historiques du XIXe et XXe siècles : La France juive d’Edouard (...)

Que proposera l’« appareil critique » du « comité scientifique d’historiens » ?
Des éléments de réponse chez Kontre Kulture :


Le CRIF, un lobby au cœur de la République
d’Anne Kling
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Le 15 octobre 2015 à 21:04 par anonyme
#1293290

Un truc que je pige pas : il était donc interdit de le publier seulement parce qu’il n’était pas dans le "domaine public" ?

Pas logique : si c’était le seul obstacle, cela voudrait dire que s’il n’était pas édité avant, c’était parce que quelqu’un en détenait les droits et bloquait la publication... et forcément pas un état, qui aurait pu l’interdire sans autre forme de procès...

La question qui en découle donc : qui détenait les droits sur ce bouquin ?

Le 16 octobre 2015 à 13:25 par Fred89
#1293970

C’est écrit dans l’article :

"Le propriétaire actuel des droits du livre est le Land de Bavière."

Le Land de Bavière n’en interdisait pas la publication pour des raisons morales, mais se la réservait pour toucher les droits.

Le 16 octobre 2015 à 13:38 par jean
#1293984

C’est l’Etat de Bavière je crois, qui détenait les droits d’auteur d’Adolf Hitler. Mais il n’était pas interdit de le publier en France, il existait déjà une édition du livre, et tu peux encore la commander librement si tu en as envie.

Le 16 octobre 2015 à 14:46 par késako
#1294052

L’éditeur de Mein Kampf est Max Amann (24 novembre 1891 – 30 mars 1957)

En 1922, il est nommé directeur de la maison d’édition Eher-Verlag, qui publie Mein Kampf...

Arrêté à la fin de la Seconde Guerre mondiale, condamné en tant que membre important du parti nazi le 8 septembre 1948 et à dix ans de travaux forcés. Libéré en 1953, privé de ses biens et de ses droits à la pension, il meurt dans la pauvreté à Munich le 30 mars 1957.

Donc le Land de Bavière touche les droits depuis 1948… (Suite au procès de Nuremberg avec le Conseil de Contrôle Allié qui ordonnera la saisie des biens des dignitaires du IIIème Reich et leur transfert aux différents Lands du pays.

Considérant le détenteur de ce copyright comme non-identifié... Kontre Kulture aurait pu en imprimer aussi, une cour suprême ne reconnaissant que le copyright !

Et d’après d’autres recherches sur le web - aux USA de l’époque de la 2ème guerre mondiale… le copyright de l’œuvre a été saisi par le gouvernement d’alors dans le cadre d’une loi de 1917 interdisant le commerce avec l’ennemi, puis a été revendu en 1979 à un éditeur qui commercialise le livre...

Merde et la Bavière depuis 1948 alors ? Pas d’exclusivité alors ?

Tout çà demande des éclaircissements, non ?

2016, peut-on attendre une version KK en deux volumes comme l’originale… Qui sans aucun doute sera de meilleure qualité typographique que celle des Nouvelles Editions Latines qui a un certain charme de simplicité !

Rotatives…

Le 15 octobre 2015 à 21:06 par anonyme
#1293295

ok j’ai la réponse : "Le propriétaire actuel des droits du livre est le Land de Bavière."

mal lu, désolé ...

Le 15 octobre 2015 à 21:34 par Arrière garde
#1293355

C’est le sionisme hitlérien qui est content de cet accord !

Le 16 octobre 2015 à 06:34 par AC de V
#1293714

Pas directement lié mais j’ai relu "au cœur du troisième Reich" d’Albert Speer et je le recommande vivement à chacun. Un document unique bien entendu et parfois saisissant vu de l’intérieur. A bon entendeur.

Le 16 octobre 2015 à 07:55 par adolphe
#1293745

On lira tout, sauf l’avertissement et la critique !

Le 16 octobre 2015 à 13:07 par Francois Desvignes
#1293947

On lira tout.

Y compris l’avertissement et la critique...

....mais en les mettant à la forme négative...

Le 16 octobre 2015 à 14:52 par anonyme
#1294058

Perso je m’efforce de lire les préfaces etc... mais JAMAIS avant. Orienter une lecture a priori n’est jamais une bonne chose.

Le 16 octobre 2015 à 19:14 par Erdoval
#1294247

Petite réflexion sur la destination des droits d’auteur des oeuvres tombées dans le domaine public : l’expression "oeuvre tombée dans le domaine public" est trompeuse puisqu’en fait les bénéfices de l’exploitation de ces oeuvres vont à celui, particulier, entreprise ou institution, qui les publie. C’est donc le plus souvent une appropriation des droits d’auteur des oeuvres par des intérêts privés et non pas par l’Etat. Compte tenu que cet Etat, c’est-à-dire la solidarité nationale, subventionne la culture, finance d’une façon ou d’une autre les déficits des systèmes de protection sociale (chômage, retraite…)générés par le secteur culturel (l’énorme dossier des intermittents, souvenez-vous) que les recettes issues des droits d’auteurs des oeuvres tombées dans le domaine public soient affectées au financement des dépenses de solidarité du secteur culturel. On créerait ainsi une solidarité intergénérationnelle tout en faisant cesser un système hypocrite qui consiste en fait à déposséder un auteur ou ses ayants-droit au profit d’opérateurs économiques souvent à l’affût de bonnes affaires peu coûteuses. Il y a là, me semble-t-il matière à légiférer pour une fois utilement, au bénéfice de la culture et du social.

Le 17 octobre 2015 à 11:48 par Norbert
#1294757

Un jour j’ai dis dans une classe de première que j’avais acheté et lu Mein Kampf quand j’étais étudiant . Ils étaient estomaqués, je dû me défendre en leur disant : " Comment voudriez-vous que je vous parle d’un livre que je n’aurai pas lu ?" . Ils ne furent pas convaincus . Cela me fait penser à cette remarque de Céline : " Notre bon peuple a la manie de juger des livres qu’il n’a pas lu ".

Le 18 octobre 2015 à 13:54 par anonyme
#1295603

on va s’efforcer de contrer toute contamination antisémite. mais va-ton aussi contrer la contamination anti-française ? (Hitler avait une très mauvaise opinion des français parce qu’ils acceptaient le métissage avec leurs noirs) et la contamination anti-communistes ? etc.
Hitler ne parle pas que des juifs, il n’y a pas qu’eux sur terre, et dans le livre fait-il la promotion de l’eugénisme et de l’euthanasie ?

Le 18 octobre 2015 à 16:52 par Jérôme
#1295725

Pour plus de sécurité je pense que le livre devrait être lu en portant de gants et à l’aide d’un système de pinces (d’où "à prendre avec des pincettes" au sens littéral, du coup) après avoir bien sûr subi un examen psychologique de pré-lecture. Après le lecteur devra subir le même examen mais post-lecture. Il sera bien entendu constament entouré de la plus stricte surveillance durant la lecture pour parer à toute éventuelité. Enfin, pour exterminer toute trace éventuelle d’antisémitisme, qu’aurait pu laisser pareille lecture, je préconise que le patient soit ensuite exposé à toute les interviews et apparitions médiatiques de la lumière du monde : BHL. Il terminera le tout par un voyage, payé par la République et le peuple français qui a tant à se faire pardonner, en Israel, avec comme point d’orgue, la visite à Yad Vashem. A ce prix seulement nous porrons éviter le retour des heures les plus sombres pour l’Avant Garde de la République. A quand la réédition de "Bagatelle pour un massacre" ?

Le 20 octobre 2015 à 09:22 par anonyme
#1296976

Dans le tres beau "Woman in Gold" (2015), un film de la Weinstein Company d’apres une histoire vraie, Maria Altmann se bat devant les tribunaux pour récupérer les peintures que sa famille possédait, conseillée par un jeune avocat, qui n’est autre que le petit-fils du compositeur Arnold Schönberg. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Femme_au_tableau

Le 20 octobre 2015 à 22:13 par Gerard John Schaefer
#1297495

Merci, mais le problème -ouais, au moins un- c’est que si c’est pour récupérer des croûtes de Gustav Klimt... Le film est-il à l’avenant ? Klimt, c’est aussi des records de vente...ça "inspire".

Ici, le peintre Lucian Freud, entretien avec Sebastian Smee :

- S.S. "...que pensez-vous de ces artistes viennois de l’époque de votre grand-père, comme Klimt ou Schiele ?"
- L.F. "Je les ai toujours détestés. Je pense que c’est en raison d’un certain maniérisme que je ressens chez eux. Non que Klimt et Schiele se ressemblent, mais ils partagent une sorte d’affectation. Je pense que le désir de choquer véhicule parfois une certaine banalité empruntée. J’ai toujours trouvé plus excitant de dire la vérité."

Lucian Freud _Scènes d’atelier, Bruce Bernard, David Dawson, Thames & Hudson, 2007, p.34.